Un loup en rêve

Les rêves sont utiles, voir indispensables à comprendre le quotidien. Chez certaines personnes. Encore faut-il s’en souvenir.

Avant, autrefois, il y a longtemps, il était une fois une fille qui rêvait beaucoup et qui, souvent, se rappelait un, deux, trois rêves par semaine ! La fille a grandit, les rêves ont été moins nombreux. Peut-être étaient-ils toujours là, mais la jeunne fille les remarquaient moins. Ils s’évaporaient à son réveil, chassés par des pensées déjà actives dès potron-minet. Adulte, quelques fois par an, la femme a commencé à noter tous les rêves dont elle se souvenait à chaque réveil. Elle ne gardait que ceux qui sortaient de l’ordinaire et qui n’auraient pas été, à sa connaissance, une suite logique de sa journée écoulée.

Voici l’un d’eux. Sans rentrer dans les détails, elle retient un visage, elle répète un mot ou un nom. Une couleur, un chiffre, une musique, un bruit.

Des bébés. Elle était dans une maison non loin d’une forêt. Peut-être à la campagne. Nombreuses pièces au rez-de-chaussée. Tout d’ailleurs était en bas. Pas d’étage. Pas d’escaliers. Ce n’est pas chez elle actuellement. D’ailleurs dans son rêve, elle ne se sent pas chez elle. Elle doit être invitée ou de passage. Il y a de nombreux bébés, nombreux pour elle, trois ou quatre, dont il faut s’occuper. Nourrir. Changer. Consoler. (En écrivant ceci, ces bébés pourraient provenir d’un livre qu’elle a lu il y a une semaine et dont elle vous parlera sans doute ultérieurement). Le détail bizarre : l’un des bébés qui pleure de faim est dans un cadre ! Elle s’approche des pleurs, prend le cadre en mains et pouf ! le bébé prend consistance et se « déplie ». Dans ses bras, elle se dirige vers la cuisine pour préparer un biberon. Mais elle trouve les tétines sales et se demande quel autre récipient elle va pouvoir utiliser pour ce bébé quand, tout à coup, elle voit par la porte vitrée un loup adulte. Grand, massif, avec un pelage noir, gris et blanc cassé (ou était-ce plutôt jaune sale ?). L’animal ne semble pas agressif, mais lève son museau et hume une odeur. Il ne grogne pas. Ne montre pas ses crocs. Ne gratte pas ni ne saute sur la porte. Il est juste là, impressionnant rien que par sa nature. Sa posture. Sa prestance. Sa présence.

Dans le salon, il y a des mouvements, de l’activité, du remue-ménage. Entre les bébés, les chiens et les chats, il y a une joyeuse animation. Et puis, il y a plein de gens. Des amis, de la famille, des collègues. Un mélange de tout ce petit monde qui gravite autour d’elle dans la vie réelle. Elle reconnait la fille cadette de ses patrons; celle-ci s’occupe d’un bébé quand elle remarque elle aussi le loup à la porte vitrée. Sans montrer la moindre peur, elle ouvre la porte, pousse gentiment le loup et lui donne une carcasse bien saignante à se mettre sous les dents. Rapidement, d’autres loups rejoignent celui-ci. La fille rentre à l’intérieur et demande à ce que l’on ferme bien toutes les portes et fenêtres. Par précaution. Il n’y a aucun danger selon elle. Quand elle veut fermer la porte derrière elle, un bébé loup profite pour se glisser entre ses jambes. Elle dit qu’il ne peut mal, que ses parents sont occupés à se goinfrer dehors, qu’on le laissera sortir un peu plus tard.

Voilà le louveteau, petit comme un chien mais assez rond, avec un gros bidou d’un bébé qui a très bien mangé, qui se promène dans la maison comme s’il faisait partie de la famille. La vie continue ainsi quelques minutes. Une ou deux heures peut-être. La notion du temps est très difficile à appréhender dans les rêves. Toujours est-il qu’à un moment, la femme qui rêve s’aperçoit que le louveteau veut sortir. Il se tient devant la porte vitrée, gémit et gratte le sol. Son père ou sa mère se tient de l’autre côté. Il ou elle veut récupérer son petit. Personne ne voit cette scène, sauf la femme qui rêve. Que faire ?

Se réveiller pardis ! 😄

Et tendre l’oreille pour être sûre qu’il n’y a pas de loup. Et constater avec soupir qu’il n’y a que son chat qui miaule de faim, un samedi à 5h20…


L’image du loup, de l’adulte mais aussi du petit rondouillard, m’a frappée. Dès le réveil, j’ai nourrit mes fauves (4 chats) et je suis allée chercher ma petite boite : Oracle des animaux chamaniques.

Je savais bien sûr que j’allais y retrouver le loup. Avant de lire son interprétation, j’ai eu une idée, une envie, la naissance d’un projet, d’un nouvel avenir professionnel (lire prochainement mon article sur « il n’y a pas d’âge pour se former »). Cette formation, cette nouvelle idée concerne les livres. Vite, je note cette idée dans mon carnet « reflexions professionnelles et projets en tous genres ». Je suis enthousiaste à cette envie. Idée à creuser.

Et maintenant, l’oracle : développer l’intuition

La lecture intuitive est un atout que vous pouvez mettre au grand jour pour mieux la transmettre.

Vous pouvez être ce leader envoyé par le Grand Esprit pour éclairer les âmes de ceux qui se sont endormis dans les profondeurs de leur peur.

Tout est une question d’interprétation. Chacun et chacune y voit le signe qu’il ou qu’elle veut. J’aime ce que j’en comprends et je vais me laisser guider par ce que j’ai envie.

Pour relier le loup à une histoire, à un livre, voici un très chouette livre à lire si vous aimez les animaux : Histoires remarquables, les animaux. Écrit par François Moutou, illustré par François Desbordes et édité chez l’incontournable Delachaux et Niestlé.

L’affaire Agatha Christie, lecture coïncidence

Souvenez-vous, vers mars ou avril, j’avais eu l’idée d’un atelier d’écriture au sujet de la disparition de la célèbre romancière Agatha Chrisitie.

Quelle surprise ! Chez mon libraire, regardez ce que j’ai trouvé :

Parution avril 2023 aux éditions « le cherche.midi »

Et c’est tout à fait de cela qu’il s’agit : la disparition d’Agatha. C’est la maitresse du mari de la romancière qui parle (c’est un roman, Nan est le personnage principal). Un roman en « je » qui ne me déplaît pas puisqu’en trois jours, je l’ai déjà quasi terminé.

Tantôt dans la tête du colonel Christie, tantôt dans celle de sa maîtresse et même dans celle d’Agatha, on découvre avec délectation la plus plausible des histoires. Les versions diffèrent, certaines plus probables que d’autres. L’entre deux guerres, la petite fille du couple, le passé énigmatique de Nan, un hôtel spa poir se ressourcer, rien n’est laissé au hasard. Pas même un double meurtre commis devant un policier !

Nina de Gramont s’est inspirée de la disparition réelle d’Agatha Christie pour écrire ici son premier roman. Il faut savoir que cette disparition reste toujours une énigme encore aujourd’hui, 100 ans (ou presque) plus tard. Elle fait partie de l’une des plus grandes affaires jamais résolues du xxe siècle !

Grâce aux descriptions et aux détails, le lecteur est plongé dans une époque qu’il n’a pas connue et tout semble tangible, vrai, palpable. Entièrement prise par l’histoire et le style d’écriture, j’en oublie qui parle, qui raconte. J’ai parfois cette impression d’être une spectatrice de l’Histoire, je fais fi de l’identité du narrateur et m’en souvenir plus tard est… bizarre. Pour vous dire que je suis embarquée, ce n’est qu’arrivée au deux tiers du livre que les changements de temps, les aller-retour dune date à une autre me dérange. Je n’aime pas trop les sauts dans le temps, devant souvent faire appel à ma mémoire pour me remémorer les détails de ce moment précis déjà lu avant.

Je ne vous en dis pas davantage. Si l’intrigue, cette intrigue, vous plaît, vous savez ce qu’il vous reste à faire 😄

Mon ami l’arbre, jeu d’écriture dans les bois

Pour ma deuxième participation aux ateliers d’écriture dans les bois, animés par Isabelle de Time to C’ink, voici mon texte, retravaillé chez moi.

Pour ce soir d’écriture dans les bois, un extrait d’un texte de Le Clézio a été partagé à haute voix. J’ai naturellement embrayé sur le style tout en y apportant bien sûr ma touche personnelle.

J’ai choisi un arbre, un sapin, et Isabelle m’a offert quelques infos pour guider mon écriture : spiritualité, fluidité du lien, espoir, don, générosité, résistance, résilience


Mon ami l’arbre

Sylvestre, j’ai fait sa connaissance il y a tout juste dix ans. J’avais alors deux ou trois ans et, avec mes parents et ma sœur, nous venions d’emménager chez lui. Enfin, nous avons pris possession des lieux, de la maison et du jardin. Pas de Sylvestre. Sylvestre habite dans le jardin. Il est grand. Il est vert et brun. C’est un sapin. Sylvestre est un immense arbre. Il est le gardien de la maison.

Les précédents locataires nous ont raconté qu’il devait bien avoir 128 ans. Ça peut vivre très vieux un arbre. 128 ans pour un arbre, c’est grandiose ! C’est très vieux, et pas tant que ça. À l’école, j’ai appris que les arbres pouvaient vivre bien plus longtemps. Jusqu’à 4000 ou même 5000 ans.  Si on, les humains, on les laissait vivre. Si on ne les coupait pas. Si on les laissait grandir. Si on s’occupait d’eux. Si on les soignait quand ils tombaient malades.

Je veux donc bien croire que Sylvestre a 128 ans. Il est immense. Majestueux. Un vrai roc. Sa cime flirte avec les nuages. Bon, j’exagère un peu, mais il doit bien mesurer une dizaine de mètres de hauteur. Comparé à ma taille de nain de jardin, il a la tête dans les étoiles notre gardien ! Si un enfant peut grandir de 6 à 12 centimètres par an, je peux facilement m’imaginer qu’un arbre dont la croissance est infinie, peut très bien pousser de 12 à 18 centimètres par an. Non ?

Sylvestre, c’est mon ami. Il est mon confident. Mon guide. Conseillé à ses heures perdues, il a un langage qui lui est propre. Une voix caverneuse, gutturale. Il mâche ses mots et les consonnes sont littéralement hachées, voire étouffées, dans ses crissements, dans ses craquements voyellisés.

Il me conseille, il m’accompagne dans la vie de tous les jours. J’avoue ne pas toujours respecter son avis ou ses avertissements. Je ne suis qu’un enfant. Un adolescent buté qui, je le reconnais, ne suis pas facile à vivre tous les jours. Ses conseils, il me les donne quasi tous les soirs, quand, au printemps et en été, quand il ne pleut pas comme vache qui pisse, je peux rester des heures assis à ses pieds. Assis à lui parler, à me confier à lui, à lui poser des questions. Quand il est sûr que de vilaines oreilles ne traînent pas tout près, il me chuchote des mots, il me recommande une action, il m’encourage à faire ou à taire des choses.

Au début, quand nous avons fait connaissance, je ne comprenais vraiment pas bien ce qu’il me baragouinait. Il bredouillait ses sons incompréhensibles à mes oreilles, ses bras branchus en mouvement parasitaient le bruit environnant et couvraient sa voix éraillée, piquante, stridulante. Je me souviens qu’il m’a fallu longtemps avant de le comprendre enfin. Voyez-vous, Sylvestre s’exprime par expressions ! Il répète et répèpète les jeux de mots qu’il entend de-ci, de-là.  

Cette maison a été construite dans les années soixante. Elle n’a jamais connu aucune propriétaire, que des locataires. Elle a été construite par un architecte, qui n’y a jamais habité, pas plus que ses enfants ou les enfants de ses enfants. Pourquoi ? Je l’ignore. Toujours est-il que Sylvestre a connu pas moins de douze familles avant la nôtre. Nous sommes la treizième à occuper son territoire. A le voir grandir, s’épanouir, gémir sous le vent et la pluie. Les treizièmes locataires à le côtoyer. Je suppose que toutes ces gens n’étaient pas des spécialistes en expressions, mais en autant d’années, il a certainement dû en entendre des vertes et des pas mûres. Il les a emmagasinés, tous ces jeux de mots et drôleries d’humains, les a mis en aiguilles dans son tronc, les a bien tenus au chaud sous son écorce rugueuse pour pouvoir les ressortir un jour à quelqu’un comme moi qui le comprenait.

Pour vous donner un exemple, voici ce qu’il m’a dit quand j’étais tout petit. C’était la première fois que je l’entendais parler, me parler. Je venais de m’écorcher le genou en tombant sur le chemin de pierre devant la maison. Je pleurais de plus en plus fort, car un petit peu de sang perlait de ma plaie égratignée :

« Sèche donc tes larmes de crocodile, petit, et viens donc voir par ici. »

Sylvestre avait penché sa chevelure verte pour me parler. Du moins, c’est ce que j’en ai en souvenir. Aujourd’hui, je ne suis plus très sûre qu’il ait pu se pencher de la sorte, mais soit.

Évidemment, je n’avais rien compris. Entre ma morve qui coulait, mes yeux humides qui m’empêchaient de bien entendre et ma bouche qui vomissait des cris aigus, j’ai interprété quelque chose comme ça :

« èèèèsse on è aaaame e oo-oo-iile, eu-i, é hein on oi ar i-iii »

Et puis, par je ne sais quel miracle, un lien s’est formé dans ma tête. Un lien, un choc, une ficelle, un déclic, un éclair. Appelez-ça comme vous voulez. J’ai cessé de pleurer immédiatement. Intrigué par cette voix que j’étais, semble-t-il, le seul à entendre. Dans ma tête, une connexion s’est formée. Une traduction automatique. Et j’ai tout compris. Fluide comme si c’était maman qui m’avait consolé. Aussi clair que de l’eau de roche !

Depuis ce jour, lui et moi, on est devenus les meilleurs amis.

Image par WikimediaImages de Pixabay

La nature nous inspire

Fabienne et Marianne ont été inspirées par une photo que j’ai faite lors de mon 1er atelier d’écriture dans les bois, avec Isabelle, de Time to Cin’k. Pour aider à l’inspiration, je leur ai proposé quelques mots de ma liste et elle pouvait en choisir au minimum 3 :

  • gazouillis
  • femmes
  • arbres
  • oiseaux
  • vent
  • forêt
  • fauvette
  • banc
  • nature
  • calme
  • printemps
  • groupe
  • bois
  • toile

Texte de Marianne

Les héros minuscules

Marianne Debry

En ce mois de mai, mes pas m’avaient conduite sur un promontoire. Devant moi s’étendait une généreuse vallée, tout arborée. Un chant mélodieux s’éleva d’un taillis, celui d’une fauvette des jardins, à la robe brun-gris. Un petit oiseau assez terne, bien éloigné des chatoyants volatiles. Cette discrète demoiselle ne mesure que quatorze centimètres et pèse dans les vingt grammes.

Et pourtant, on aurait tort de la sous-estimer….

Car cette jouvencelle revenait tout droit d’Afrique du Sud où elle avait hiverné. Elle avait parcouru pas moins de dix mille kilomètres. Elle gardait dans ses ailes la trace de ce périple où elle avait joué sa vie.  

L’épreuve la plus terrible s’avéra la traversée du Sahara. Elle se souvient du désert avec ses courbes de femmes et son sable ridé, ses massifs de lave et ses regs caillouteux. Figée dans l’ombre en journée, elle ne volait que la nuit. Rien pour se sustenter, elle vivait sur les réserves de son corps. Elle ne pouvait compter que sur elle.

Alors, imaginez-la à présent épuisée et amaigrie. Elle qui a enduré, dans une extrême solitude, le chaud et l’aride. Elle dont le regard a bu, à longueur d’heures, l’ocre du désert.

Elle contemple ces forêts à perte de vue, touffues, mousseuses. Du vert, du vert à en perdre la tête, de la fraîcheur à s’y rouler. Et ces ruisseaux qui gambadent ; et ces insectes qu’elle débusque ; et ces baies qu’elle engloutit. Elle est transportée de joie !

Elle voudrait s’abandonner au vertige de l’extase. Elle rêverait de camper au septième ciel. Mais elle sait que, dans six mois, elle repartira vers le sud. Durant sa courte vie, elle entreprendra quatorze fois sa mythique odyssée. C’est son destin, sa tragédie, sa noblesse.

Je poursuivis mon chemin, la fauvette nichait dans mes pensées. Ce modeste oiseau, d’apparence si banale, doit nourrir une âme puissante. Elle me fit songer à tous ces héros minuscules, au courage surhumain. Ces invisibles pour lesquels mon cœur se gonfle d’admiration et de respect.

Cette grande voyageuse me donnait à voir une sagesse. Souffrir dans la traversée de nos déserts, porté par la force du désir, habité par la promesse de la joie à venir.

Refuser la vie en pantoufles, l’esprit grégaire. Choisir la découverte, le questionnement, l’exigence. Chercher dans l’épreuve une occasion de croître.

Et cette quête infinie, aller au bout de soi-même…


Texte de Fabienne

C’est encore le printemps et il fait déjà très très  chaud !

Par ces temps caniculaires, rien de tel qu’une promenade en forêt à l’ombre des arbres, à l’écoute du gazouillis des oiseaux .  N’est-ce pas une fauvette que j’entends à proximité ? Un petit vent circule. L’idéal pour s’asseoir sur un banc en pleine nature au milieu des bois.  J’aurais pu me joindre à un groupe de femmes elles aussi en balade mais j’ai préféré rester seule au calme…Il n’est pas impossible qu’en redescendant en ville je me fasse une petite toile….Mais je n’ai pas encore consulté le programme de cinéma.


Merci à elles deux d’avoir joué à ce petit jeu.

Atelier d’écriture : recueil collectif

Entre septembre 2022 et avril 2023, j’ai donné une quinzaine d’ateliers d’écriture dans une résidence pour adultes souffrant de troubles psychotiques.

Retour en chiffres :

  • 6-12 participants
  • âgés entre 40 et 60 ans
  • 2 fois par mois, durant 8 mois
  • 1 recueil collectif
  • livre de 84 pages, au format A5
  • 12 000 mots (environ)
  • 56 700 caractères (environ, sans les espaces)

Et toutes ces histoires, tous ces poèmes, ces chansons, ces textes, ces milliers de mots, ce sont eux qui les ont écrits !

Écrire à la main, ce n’est pas si facile. Nous écrivons beaucoup sur notre smartphone, avec le clavier de notre ordinateur et beaucoup moins dans un cahier. Le geste d’écrire, puis de se relire, est un exercice difficile pour certains.

Écrire nos pensées, nos idées, écrire cette petite musique qui joue dans notre tête, écrire ces dialogues, ces souvenirs, ces rêves, ces images fugaces qui ne se figent pas, n’est pas évident.

Et pourtant, ils l’ont fait ! Avec le sourire. Avec des rires. L’envie n’y était pas toujours. La fatigue était souvent là. Les microbes aussi. Mais la motivation a dépassé tout cela. Le désir de donner vie à leurs mots, de raconter une histoire, leur histoire, a été le plus fort.

Une première expérience très enrichissante humainement, émotionnellement, créative, dynamique et… fatigante pour moi.

On remets ça en septembre 2023 :-)

Carnet relié fait main, atelier Double-Page, Redu

Avoir des carnets, les fabriquer moi-même, les personnaliser, les remplir, les relier, les collectionner : j’aime ça ! C’en est même devenu une source de relaxation pour moi. Me concentrer, visualiser, fabriquer, façonner, ça me calme et me permet de ne penser à rien d’autres que ce à quoi je suis occupée.

Des carnets de dessins pour la plupart. Des carnets d’écriture pour certains. Des carnets mixtes où j’alterne, dessins, collages et écriture.

Pour l’été, j’ai eu envie d’en imaginer un tout spécialement sur le thème de la mer. Je vais alterner photos, dessins et écriture. De la poésie, des haïkus ou de très courts textes. Des dessins en noir et blanc, coloriés aux crayons de couleurs ou laissés en de simples croquis. Des aquarelles. Différentes techniques pour sublimer les habitants marins : des grains de sable aux coquillages. De la mer, ses vagues, ses mouvements, ses couleurs aux multiples coquillages. Du ciel, du vent, des nuages aux oiseaux.

C’est grâce à l’atelier Double-Page que la naissance de ce carnet a pu voir le jour.

Une reliure criss-cross, du papier à texture (ananas je crois), des motifs provenant d’une serviette (merci Valérie !) et des feuilles intérieures d’un carnet de papier créatif « craft sensations » du magasin Action.

Atelier d’écriture dans la forêt

Atelier d’écriture ce mercredi soir, dans les bois, pas trop loin de chez moi.

Un vrai plaisir d’allier balade dans la nature et écriture, en compagnie d’un petit groupe bien sympathique et d’une animatrice douce et souriante.

Mes traces à moi, en mots et en photos :-)

La nature et l’écriture
Ce sont des bulles d’air,
C’est mon oxygène, ma liberté.

Par beau temps,
En ce printemps fleurissant,
J’aime entendre les oiseaux chanter,
Les feuilles des arbres murmurer.
Faire abstraction du bruit.
Marcher, me ressourcer dans le vert
Gazouillis et pépiements au grand air
Profiter de l’instant présent
Ici et maintenant.
Voir un héron cendré
Haut dans le ciel et le photographier
Croiser une grive draine à l’entrée du bois
Et tout oublier de sa journée, oui, j’y crois

  • Le pinson pousse la chanson
  • La toile au sommet des fines branches à une histoire d’araignées à nous raconter
  • Au croisement des feuilles, il y a un secret à trouver.
  • Dévoile la toile et perce le mystère.
  • Entrelacs de branches
    des nœuds naturels
    lianes montantes
    grimpantes
    des liens
    un tricot de liens de bois
    un tissage a l’air très sage
  • Jeux de lumière
    chemin du soleil
  • Angle à 90 degrés
    petit arbre tout cassé
    que s’est-il passé ?
    que t’est-il arrivé ?
  • Champignon blanc esseulé
    solitaire, isolé, abandonné
  • Cric
    Crac
    ça crique et ça craque
    sous nos pas, des traces
  • Deux petits sapins
    deux frères
    deux Noëls oubliés
    perdus, à sauver !
  • Chemin tout tracé
    autour, partout, de la vie !
    Vie discrètes
    parmi elle, une note différente
    se fait entendre
  • Invitation à grimper les échelons du bonheur
  • Au bout du fil, il y a la vie qui pétille

Toile
Des maisons, un toit, un refuge, un garde-manger.

Toile
Elle se tisse, elle se hisse, elle se fixe.

Toile
Pour la vie, pour la mort, elle se tricote, elle se défait, elle se peaufine, elle se répare.

Toile
Témoignage de présences, de vies grouillantes, trépidantes, galopantes.

Toile
Des visages, des corps, des pattes et des yeux dissimulés, cachés, à l’affut, à l’abri.

Toile
Comme un voile, une protection. Comme une arme, une sécurité.

Toile
Tissage, métissage, la broderie d’une vie ; d’une leçon à apprendre

Toile
C’est la patience, c’est le travail, c’est un piège, c’est un foyer.

Toile
Rapidité, précision, ingéniosité si simple, si naturelle.

Toile
Solidité, finesse, délicatesse, géométrie à reproduire.

Toile
Ressemblance et différence. Fascination et répulsion