Un an, presque jour pour jour,
Loki, notre chat sable, un peu sauvageon,
Remet ça.
Encore blessé !
L’année passée, déjà, en novembre aussi,
C’était l’aisselle ouverte,
Un bout de peau en moins, beurk,
Sans doute un fil barbelé mal placé.
Cette fois, ce n’est pas mieux,
Mais différent.
Une garde vétérinaire, nous avons « testé »,
Ce 1er novembre, jour férié.
Forcément.
Ces chats vont finir par nous ruiner.
Hier soir déjà, il n’avait rien mangé.
Ni son poulet, ni ses croquettes,
Ses mets préférés.
Et quand j’ai voulu lui faire un câlin,
Il m’a soufflé, grogné,
Sa tête devenue zone interdite.
Notre fille peut encore le caresser.
Notre fils, non, car la gorge aussi est défendue.
Mon compagnon, oui, peut lui toucher la tête.
Et moi ? Toujours pas.
D’habitude, ce chat de plus en plus tendre,
Mais encore fier et libre comme l’air,
Passe ses nuits dehors,
En vadrouille avec Orion, son meilleur pote.
Mais hier, il a dormi à l’intérieur.
J’ai compris que quelque chose n’allait pas.
Je l’ai laissé tranquille,
Espérant que la nuit apaise.
À trois heures pile,
Monsieur demande à sortir.
Pas un miaulement, pas une ruse.
Je le laisse filer dans l’obscurité.
Je me doute qu’il ne reviendra pas avant l’aube.
Et pourtant, à cinq heures, le voilà !
Avec Orion, complice fidèle.
Ils se frottent à mes jambes,
Réclament à manger.
Je leur sers de la pâtée,
Molle, tiède, rassurante.
Loki mange avec appétit,
Et moi, je souffle de soulagement.
Mais en l’observant, douche froide.
Sa gorge, sa mâchoire, son museau, son menton :
Tout est gonflé, déformé !
Comment n’ai-je pas vu ça hier soir ?
Un souvenir revient.
Héra, l’été de ses trois ans,
Une piqûre d’insecte, abeille ou guêpe,
Jamais su.
Un gonflement semblable,
Puis, en vingt-quatre heures, tout s’était calmé.
Ici, c’est l’inverse.
En douze heures, ça a doublé.
Vite, vite ! Un vétérinaire de garde.
Heureusement, une urgence à domicile existe.
Car impossible de le manipuler
Sans risquer d’y laisser un doigt.
La vétérinaire arrive, douce et rapide.
L’endors pour l’examiner.
L’ausculte consciencieusement,
Sans rien négliger.
Des croûtes, des griffures et un seul petit trou.
Pas bien méchant, mais bien placé.
L’entrée de l’infection, elle, reste introuvable.
Pas de fièvre, pas de gêne pour respirer,
Mais mieux vaut prévenir.
Antibiotique, piqûre, surveillance.
Repos obligatoire.
Interdiction de sortir quarante-huit heures.
Pas d’eau, pas de croquettes avant le réveil complet.
Et moi, plantée là, à surveiller
Ce chat au visage double.
Quatre chats à la maison,
Et c’est toujours lui,
Toujours Loki,
Qui nous fait le coup des soins à foison.
Je le regarde dormir, encore groggy.
J’hésite entre rire et soupir.
Je sais que je vais bien m’amuser…
Encore.
Mais comment lui en vouloir ?
Avec sa tête toute ronde,
Son air contrit,
Et ce regard qui semble dire :
« Ce n’est pas ma faute, promis. »
Loki en novembre 2025 (en haut, en juillet de la même année) et avec son superbe body, Loki en novembre 2024…
Vous savez, Loki, ce chat, c’est aussi lui qui est aussi asthmatique et que je soigne déjà avec des puffs de Flixotide et une chambre d’inhalation !


























