Les escargots se cachent pour dormir

Dès que le soleil se déguise en brouillard, ou qu’il joue à cache-cache avec les nuages, les escargots ne sortent plus de leur maison qu’ils ont sur leur dos.

— Hélas, on voudrait bien dormir, mais on est tout le temps réveillés par :

un cheval qui court pas mal,

une mouette qui n’arrête pas de faire la fête,

un goéland qui joue avec le vent,

un goéladolescent qui se prend pour la star du moment,

une coccinelle qui veut se montrer comme elle est belle,

un rayon de soleil qui nous réchauffe les antennes,

et un autre escargot, complètement sot, qui se prend pour un yoyo.

Nous, quand il fait froid, on veut dormir et ne faire que ça !

Comme eux deux, ces amoureux

On s’en fout des paysages, on a le mal du voyage

On n’aime que la plage et ses coquillages,le sable,

et ses merveilleux grains admirables.

Je ne veux pas être l’unique

à dormir sur une branche qui pique.

À plusieurs, c’est vraiment plus comique !

Les lutins en Afrique

Un petit texte connu pour certains, nouveau pour d’autres.

Bonne lecture.

Trois petits lutins ont atterri dans un pays qui leur est encore inconnu. Dès les premiers instants, quelque chose leur fit peur. Leurs sensibilités accrues leur permirent d’entendre un cœur qui bat très fort. Après une rapide évaluation, ils estimèrent tous trois que le cœur devait peser au moins dix kilos !

–          Mais quelle bête peut avoir un cœur pareil ? questionna le premier

–          Tu crois qu’un renne peut vivre dans une telle chaleur ? Lui répondit le second lutin.

Le troisième lutin ne parla pas. Il devient tout à coup pâle comme de la neige. Rigide comme une statue, il pointa un doigt vers le ciel ou plutôt vers la cime d’un arbre. Tout en haut, des feuilles avaient été mâchouillées. Au même instant, ce lutin eut une vision qui le glaça.

–          40 centimètres, parvient-il à balbutier à l’intention de ses compagnons.

–          40 centimètres ?! Tu crois que c’est la taille de cet animal qui doit peser pas loin de 1000 kilos ? Tu plaisantes, j’espère ?

–          Non, 40 centimètres, c’est la hauteur d’une de ses vertèbres ! Lâcha-t-il soudain.

Et le troisième lutin tomba à la renverse à l’annonce de cette vision.

–          Un dinosaure ? Je ne vois que ça avec les éléments que nous avons en notre possession. Mais ils n’existent plus, nous a-t-on assurés ! Nous aurait-on menti ?

 

Soudain, une masse énorme se déplaça rapidement. Hauts de leurs cinquante centimètres, les lutins paniquèrent quand la silhouette qu’ils n’arrivaient pas à identifier fonçait droit sur eux.

Le plus courageux des trois petits lutins, celui qui avait supposé avoir affaire à un dinosaure, cola son oreille sur la terre sèche et aride.

–          30 kilomètres par heure ! et je devine qu’il peut encore aller plus vite ! Mais qu’est-ce donc pour une créature ?

–          Je ne veux pas le savoir, dis le second. Courons nous cacher, nous mettre à l’abri.

Mais le troisième, le plus peureux, mais aussi celui avec le plus de pouvoir, projeta devant eux une image de l’animal qu’il pensait deviner. L’image grandit, grandit à tel point, qu’elle leur donna le tournis à tous les trois.

Pendant qu’ils dévisageaient cette apparition, la bête s’approcha d’eux, à pas de velours. Une ombre de 6 mètres les avala et une langue aussi grande qu’eux sortit de la bouche de l’animal.

Même les genoux du plus courageux se mirent à trembler et à cogner l’un contre l’autre.

Les mains sur les yeux, ils n’avaient plus que les oreilles pour entendre la peur.

–          Ah vous voilà enfin ! Dis une voix perchée haut dans les arbres.

Cette voix, il la reconnaîtrait entre mille. Ils n’avaient même pas besoin de se retourner pour avoir la confirmation qu’il s’agissait bien là de l’esprit qui les avait appelés ici.

Sans savoir où était cet esprit qui était aussi leur amie, ils articulèrent une phrase de soulagement : « Ah ! Sophie, c’est toi. Tu viens à point. »

Et au moment où ils enlevèrent les mains de leurs yeux et levèrent la tête pour la saluer, ils virent que l’apparition avait pris vie et que la créature leur parlait. Tous trois s’évanouirent.

 

–          Je n’aurais sans doute pas dû prendre l’apparence de la girafe, mais c’est tellement plus pratique pour trouver ces petits lutins, dit Sophie, l’esprit.

Poème pour mon filleul à naître

Voici un poème que j’avais écrit il y a un bon bout de temps à l’occasion d’un jeu d’écriture pour la communauté de la Petite Fabrique sur over-blog. Il fallait s’inspirer d’une photo (que je ne retrouve plus !)

Aujourd’hui, à quelques semaines de la naissance de mon filleul, je dédie ce poème à Alexandre et à sa maman.

Être dans son ventre
Et tout le temps l’entendre.
Ce cœur qui n’est pas le mien
Mais dont j’ai grand besoin.

Ceci est ma bulle d’eau
Et il vaut tous les berceaux
Du monde, même les plus doux,
Même les plus fous.

Je suis avec elle, tout le temps,
A chaque instant présent.

Mais bientôt, il va falloir partir
Et quitter ce nid du désir.

Une nouvelle vie va commencer,
Et je vais le crier au monde entier.

Maman, papa,
Me voilà !

Un petit monstre d’ABC

ABC me permet de vous faire (re)lire le très beau poème qu’elle a écrit sur un petit monstre.

Retrouvez celui-ci et bien d’autre encore dans son livre Mots en farandole

 

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui a toujours faim

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui a du chagrin

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui n’a pas de copain

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui rencontre un lapin

C’est l’histoire d’un lapin

D’un gentil lapin

Qui mange du pain

C’est l’histoire d’un lapin

D’un gentil lapin

Qui est bien malin

C’est l’histoire d’un lapin

D’un gentil lapin

Qui cherche un copain

C’est l’histoire d’un lapin

D’un gentil lapin

Qui partage son pain

Le petit monstre qui a tellement faim

En parle à son papa

Son papa lui dit : du chagrin

Ce n’est rien !

En parle à sa maman

Sa maman lui dit : un copain

C’est bien !

En parle à sa cousine

Sa cousine lui dit : du pain

Tu n’es pas un lapin !

En parle à son cousin

Son cousin lui dit : un lapin

Quel festin !

Le petit monstre réfléchit

Rêve toute la nuit :

Un monstre, un lapin

Un lapin, du pain

Du pain, un copain

Un copain, un chagrin

Un chagrin, une grande faim

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui aime tant son copain

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui ne mange pas de pain

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui redouble de chagrin

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui meurt de faim !!!

***

ABC

 

La mer d’un bleu si…

Il m’arrive parfois de vouloir absolument écrire quelque chose. N’importe quoi mais quelque chose. Un peu histoire de voir si mon imagination m’est toujours aussi fidèle ; ou pour je ne sais quelle autre véritable raison, j’ai ce besoin de faire naître un petit bout de quelque chose qui n’existe pas mais dans lequel j’aimerais bien plonger pour m’évader, un tout petit instant seulement.

Alors voilà, c’est un soir, dans le lit, mon cahier et un crayon à la main que je regarde mon compagnon et que je lui demande :La mer d’un bleu si…

–          Tu veux bien me donner cinq mots au hasard, cinq mots qui te viennent comme ça à l’esprit sans réfléchir ?

Mon homme, un peu malade, son ebook à la main me sort :

ebook – papillon – bleu – chien – bateau

Le premier ne me surprend pas, les autres un peu… aurait-il besoin de prendre l’air, de voir du paysage, de faire une balade dans la nature ? Voudrait-il un chien ? un bateau ? Rires !

Bref, cela me suffisait et j’étais partie…

Il fait beau. Les papillons volent avec le vent. Ils dansent dans la bise tel ce bateau avançant dans l’océan si librement. Toutes ailes déployées, toutes voiles sorties, ils naviguent sur le chemin de leur destinée.
Le ciel et la mer sont bleu, bleu cobalt, bleu profond, bleu beauté et plaisir partagé.
Un chien jappe de plaisir et brise le silence de la solitude. Ses petites pattes l’amènent où son odorat flaire de bonnes odeurs. Il est content, il est joyeux et ça s’entend.
La belle vie…
Soudain, un objet métallique casse l’horizon tout doux de la nature. Le chien s’arrête. Il renifle l’objet et lève la patte.
Voilà à présent un ebook immergé d’urine et recouvert de sable doré, se dissimulant à mon regard, l’intrus du paysage.

Non, non ! Je n’ai absolument aucun compte à rendre avec les liseuses… au contraire, j’en ai une moi-même. C’est jusque que ce soir-là, pour écrire un petit texte avec ces cinq mots, c’était l’intrus du moment :-)

1ère lectrice de mon recueil

ABC, auteur et lecteur, a découvert mon recueil. C’est la première a l’avoir lu et à m’en faire un retour. Voici ce qu’elle en dit sur son blog.

Je la remercie beaucoup pour son intérêt et ses encouragements !

Ses histoires préférées sont :

Princesse Clématite et Il faut sauver le petit Dio ! Et vous ?