J-Cl. Mourlevat, la rivière à l’envers et la ballade de Cornebique

A nouveau deux petites fiches de lecture (pas récentes), d’un auteur que j’apprécie beaucoup. Jean-Claude Mourlevat est l’auteur de nombreux livres pour enfants et adolescents. Je ne les connais pas tous et je n’ai certainement pas la moitié de ses livres dans ma bibliothèque :-)

La rivière à l’envers. Tome 1 : Tomek.

Cette histoire se passe il y a si longtemps. Du temps où les téléphones n’existaient pas et où des enfants pouvaient être orphelins et vivre seuls ou tenir des boutiques sans l’aide de personne.

C’est l’aventure d’un jeune épicié de treize ans qui succombe au charme d’une fillette de douze ans. Celle-ci lui demande s’il vend une certaine eau (car ce jeune gaçon a vraiment de tout dans sa boutique, si si, je vous l’assure). Cette eau magique a le pouvoir de donner vie éternelle à celui qui la boit. Mais cette eau « coule » à l’envers d’une rivière et elle ne trouve repos qu’au sommet d’une montagne étrange. Avant d’arriver à cette montagne, il faut encore pouvoir traverser la forêt de l’oubli et ses ours et des champs de fleurs étonnantes !

Et voici le second tome de « la rivière à l’envers ». Tome 2 : Hannah.

Dans le premier livre, c’était l’histoire et l’aventure de Tomek que l’on suivait. Ici, c’est du côté de Hannah, jeune orpheline qui cherche désespérement l’eau magique pour son petit oiseau. Comme le premier volume, j’ai été transportée dans ce monge imaginaire d’une manière totalement légère et enchantée.
On retrouve la forêt de l’oubli, bien sûr, et les petits parfumeurs mais on découvre aussi de nouvelles contrées comme la traversée du désert ou de l’océan.

A lire sans modération.

Ces deux livres se lisent si aisément qu’on est transporté dans ce monde merveilleux de l’imagination sans la moindre difficulté. Ils sont rafraîchissants, innocents et sans véritable méchant ! Néanmoins ils savent tenir le lecteur en haleine et donnent du « gentil » suspens.

La ballade de Cornebique

 Ne vous y trompez pas, il s’agit bel et bien de l’histoire d’une bique qui part en balade suite à une peine de coeur et qui emporte avec elle son banjo car elle adore pousser la chansonnette. Sur son chemin, alors que Cornebique se sent seul, une minuscule boule de poils lui tombe littéralement du ciel. La petite bête, c’est Pié, un loir encore bébé qui dort profondément en cette saison froide. Pié a beau être riquiqui, cela ne l’empêche pas d’être poursuivi par une armée de fouines. Et ces deux-là, ils vont devenirs les meilleurs amis. Plus rien ne pourra les séparer… mais pour pouvoir rester en vie, il va leur falloir traverser bien des épreuves. Cornebique et Pié – et plus tard – un troisième personnage incroyable mais vrai – vont à coup sûr vous faire rire, vous surprendre, vous émouvoir.

Pour les enfants à partir de 8-9 ans et aussi pour les plus grands qui aiment s’évader et qui veulent rigoler un bon coup.

A lire, à relire, à conseiller absolument.

Site Internet de l’auteur

Moulin à paroles

Avec un peu de retard, je joue avec Rébecca. Le jeu du « sandwich » consiste à écrire un texte entre deux phrases imposées.

La première phrase est tirée de l’album C’est moi le plus fort de Mario Ramos : « Un jour, un loup, qui avait très bien mangé et n’avait plus faim du tout, décide de faire une petite promenade dans les bois. »

La dernière phrase de l’album Mon lapin et moi de Pascale Francotte : « On ne se quittera plus jamais ! »

 

Un jour, un loup qui avait très bien mangé et n’avait plus faim du tout décide de faire une petite promenade dans les bois.

–          Pom, pom, pom, pom. J’ai bien mangé, j’ai bien bu, j’ai le ventre bien tendu… Une bonne promenade, rien de tel pour une digestion tout en douceur. Eh ! Mais que v’là ?

Alors que le loup chantait, son regard s’arrêta sur une petite chose rouge. L’objet en question était une croix rouge.

–          Qu’est-ce que c’est que ce bazar ? se demandait-il en se grattant les poils de sa barbe.

La croix dormait, paisiblement et confortablement installée sur une litière d’aiguilles de pin. Quand le loup s’approcha d’elle, il pouvait même entendre qu’elle ronflait !

–          Une croix qui ronfle ? J’aurai tout vu dans cette histoire… rigolait-il doucement quand même pour ne pas réveiller la croix.

La croix avait un sommeil profond et n’entendit donc rien du rire étouffé du loup moqueur.

Tout à coup, un bien étrange bruit brisa la quiétude des bois. C’était une sorte de glouglou accompagné par une plainte aiguë qui ressemblait à « aïe, ouille ».

–          Oh, non ! gémissait le loup. Voilà que mes crampes au ventre reviennent.

À vouloir être tout le temps trop gourmand, notre ami le loup avait souvent des crampes au ventre. Cela lui arrivait au moins trois fois par semaine. Il le savait pourtant bien qu’il mangeait trop, qu’il avait les yeux plus grands que le ventre. Hélas ! Rien n’y faisait, son appétit était plus fort.

À ce gargouillis douloureux, la croix s’éveilla. Tout de suite, elle reconnut le mal et, très sûre d’elle, s’adressa au loup :

–          Monsieur le loup, vous mangez trop ! Vilain gourmand que vous êtes. Mais, parce que votre chemin vous a conduit jusqu’à moi, je vais aujourd’hui vous aider à ne plus avoir mal.

Le loup qui n’en croyait pas ses oreilles (ni ses yeux), écouta bien la petite croix.

–          Pour éviter de trop vous goinfrer, vous devrez boire, avant chaque repas, les paroles d’un enfant-moulin.

–          Un enfant-moulin ? demanda le loup. Où est-ce que je les trouve ?

–          Ils sont un peu partout. Vous ne risquez pas de ne pas les trouver, ce sont de vrais moulins à parole, ils ne cessent de parler, de bavarder, de babeler, du matin au soir et du soir au matin. Il vous faudra attraper au moins dix phrases avant de pouvoir vous mettre à table pour votre repas.

Le loup qui trouvait cela de plus en plus bizarre nota quand même les consignes de la croix.

–          Normalement, après cette boisson coupe-faim tout à fait extraordinaire, vous aurez un appétit plus réduit. Essayez donc cela pendant une semaine, à raison de trois fois par jour. Si cela ne va pas, revenez me voir, dit la croix en sautillant gaiement.

–          Mais, et comment est-ce que je vais bien pouvoir vous retrouver ? C’est la première fois que je vous vois, demanda-t-il.

–          Ne vous inquiétez pas, si vos gargouillis continuent, ils vous mèneront une nouvelle fois près de moi.

Le loup qui se demandait s’il ne rêvait pas décida de tenter sa chance. Il marcha encore un tout petit peu, plié en deux par les douleurs, quand il entendit une petite voix.

Pour ne pas faire peur à l’enfant, il se cacha derrière un arbre. Les paroles de la fillette s’envolèrent aussi légèrement qu’une plume est portée par le vent. Le loup n’avait plus qu’à lever les bras pour attraper les phrases et ouvrir la bouche pour boire cette potion soi-disant magique.

Là, dès la première gorgée, le loup sentait quelque chose de vraiment bizarre au fond de lui. Non seulement la douleur au ventre disparaissait, mais en plus il n’éprouvait plus cette sensation de faim. Mieux encore, il se sentait léger. Heureux, repus et léger !

–          Formidable ! Cette croix est vraiment une magicienne, dit-il en cachant sa joie pour ne pas effrayer la petite fille qui continuait de parler.

Il fila dans les bois et retrouva sa maison. Là, dans sa cuisine, il prit un énorme bocal et s’en alla aussi vite qu’il était venu. Il se cacha une nouvelle fois derrière le moulin à paroles et attrapa autant de phrases qu’il put, jusqu’à en remplir son bocal en verre.

Il regarda son précieux trésor avec des yeux de merlan frit et dit :

On ne se quittera plus jamais !

Sacha et le printemps dans la classe de ma fille

Il m’arrive d’écrire de petites histoires pour les classes de mes enfants. J’avais commencé quand ma fille était en moyenne section de maternelle. Ils ont un doudou en classe qui va chez l’un, chez l’autre, le temps d’une nuit ou d’un week-end. En maternelle, mes petites histoires se sont retrouvées dans la bibliothèque de l’école, c’était déjà chouette ! Aujourd’hui, je découvre que ma dernière création en date, est actuellement utilisée comme « leçon de lecture », pour la classe de ma puce, en 1ère primaire :-)

Je suis occupée à redécouper cette histoire afin qu’elle soit utilisable dans un kamishibaï.

Dès que je le pourrai, je ferai des photos de l’histoire, insérée dans mon butaï A4.

Sacha et le printemps

Princesse Clématite, histoire pour enfant

Voici une des 13 histoires qui compose mon dernier recueil : Un oiseau peut en cacher un autre (et autres contes pleins d’animaux).

Pour 8 euros (hors frais d’envoi), vous pouvez commander mon livre directement chez Atramenta ou, si vous êtes de Belgique, contactez-moi ! Une séance de présentation, d’information et de jeux d’écriture pour enfants est prévue bientôt, à Bruxelles. clic sur l’image pour découvrir le sommaire.

Princesse Clématite

Il était une fois une fleur très spéciale qui n’avait pas le moral. C’était la Princesse Clématite. Un jour de grand soleil, celle-ci expliqua à Dame Rose (une fleur voisine très gentille, mais aussi très curieuse) le pourquoi de sa tristesse :

— Je ne sais plus très bien à quoi je sers ni si je suis encore utile. Personne ne sait que j’existe, aucun bourdon, aucun papillon ne vient jusqu’à moi. Même le jardinier n’a pas un regard envers ma petite troupe de sépales.

La jeune Princesse pleurait son sort. Elle était l’unique survivante de sa famille et malgré sa petite taille, elle résistait encore et toujours aux aléas de la vie florale. Ses parents avaient établi leurs racines à côté de l’abri de jardin, derrière un imposant et magnifique rosier. À cette époque, ils devaient se cacher, car un fougueux mangeur de Clématites sévissait dans les environs. La bête en question n’était autre que la légendaire Limace Géante ! Depuis la dernière saison de pluie, ce gastéropode hors normes avait décimé toutes les fleurs bleues, clématites ou non, mais principalement celles-ci.

Ses parents avaient succombé alors qu’ils protégeaient leur unique enfant. L’assassin était passé juste à côté de la princesse, la trouvant trop chétive pour s’arrêter pour elle. Princesse Clématite cessa de grandir depuis ce terrible jour.

— Oh ! C’est terrible ce que vous me racontez là, Princesse ! Il est vrai que grâce à nos piquants, la Terrible Limace Géante ne s’intéresse pas à nous, lui dit Dame Rose en essayant de la réconforter.

Les épines de Dame Rose frissonnaient de tristesse. Et dans ses pétales, une certaine agitation commençait. Un bourdon qui butinait son pollen avait tout entendu. Ce dernier, indigné par l’histoire, s’empressa de s’envoler pour raconter le malheur de la princesse des Fleurs.

— Pardon, pardon, laissez-moi passer. J’ai un message urgent à transmettre au peuple des ailes. L’insecte au gros ventre jaune orangé poussait de son corps massif ses autres congénères à qui il avait demandé de se rassembler.

— Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, papa, maman, belle-maman, beau-papa, et cetera, j’ai une importante mission à vous confier. Pas plus tard qu’à l’heure où le soleil était entre nos deux arbres préférés, j’ai entendu une terrible histoire que je dois vous conter.

Le bourdon, chef de sa colonie, imposa le silence. Il expliqua en détails toute la mésaventure de la Princesse Clématite. Après quelques bourdonnements de stupéfaction, tous étaient d’accord pour venir en aide à la princesse. Chacun avait pour mission de raconter l’histoire à une autre famille d’insectes. C’est ainsi, qu’après bien des distances parcourues, bon nombre de papillons, d’abeilles et autres butineurs avaient vent de l’affaire en cours.

Le Chef Bourdon élabora un plan diabolique pour exterminer la Limace Géante.

— Que les membres de ma colonie continuent à travailler. Il ne faut surtout pas montrer que nous nous occupons d’autre chose, ça pourrait éveiller des soupçons. Vous les papillons, vous irez vous poser – et butiner si vous le souhaitez – sur toutes les roses de la cabane pour veiller sur la Princesse Clématite et enfin, vous les guêpes, vous assurerez notre protection à tous. Une guêpe par insecte devrait suffire. Je répète, il ne faudrait pas éveiller les soupçons du Tueur de Clématites. Enfin, quand je décrirai trois cercles au-dessus de la Fleur Solitaire, ce sera le signal pour dire que le jardinier arrivera. Seuls les papillons resteront près de la Princesse pour guider le Grand Maître du jardin. Est-ce clair ? Des questions ? Non ? Alors au travail mes amis !

Bien dissimulée par les mauvaises herbes et par un tas d’orties, la Limace Géante a tout capté du plan.

— Ainsi donc, la Princesse Clématite vit toujours, quelle délicieuse nouvelle ! dit la plus terrible des créatures rampantes en se léchant la bouche gluante.

Le monde ailé est en ébullition et chacun se met en place, prêt à tout pour sauver la dernière Clématite de cette propriété.

Quelques instants plus tard, le Chef Bourdon décrivit trois cercles au-dessus de la Fleur Solitaire. Le soleil se coucha lorsque le jardinier ouvrit la porte de la maison de briques et sortit avec son arrosoir pour donner à boire à tout végétal en terre ou en pot. La journée avait été chaude et sèche, tous attendaient avec impatience cette eau divine.

Dans le jardin, un doux bourdonnement éveilla la curiosité du Grand Maître du jardin.

— Tiens, que font ces insectes encore debout à cette heure tardive ?

Quand il s’approcha des rosiers, il stoppa net et déposa l’arrosoir. Devant lui, sur chacune des treize roses se tenaient trois papillons ! Ce ne fut pas tant le nombre d’espèces différentes de ces papillons qui l’étonna, mais bien leur comportement. Tellement surpris par ce spectacle, il ne prit pas la peine d’aller chercher son appareil photo et voulut comprendre la raison de ce soudain regroupement. Aucune aile ne bougea quand il toucha une tige du rosier. Puis, tout à coup, les roses qui entouraient la Princesse Clématite bougèrent, poussées par certains papillons qui avaient ouvert leurs ailes. Dame Rose encourageait ses sœurs à fournir un dernier effort et à ne pas crier alors que les pattes des insectes tiraient leurs pétales. Petit à petit, une minuscule fleur bleue apparue au regard du jardinier qui gardait des yeux immensément ouverts devant une telle volonté de la nature !

— Oh ! Mais que fais-tu là toute seule, Petite Fleur ? Tu es bien trop jolie pour te cacher. Même un ciel bleu dégagé de nuages n’a pas autant de lumière que toi. Ne sois pas timide, montre-toi, je ne te ferai aucun mal, bien au contraire !

Pendant ce temps-là, l’horrible créature tueuse en série rampait doucement, mais sûrement vers sa victime convoitée. Mais c’était sans compter sur une jeune coccinelle qui admirait le spectacle depuis l’envers d’une feuille de rose.

Alors que le Grand Maître du jardin rentrait en vitesse chez lui pour aller chercher tout le matériel nécessaire à la protection de sa dernière Clématite (ficelle pour attacher certaines tiges des rosiers afin que La Petite puisse avoir du soleil, tuteur pour lui permettre de garder la tête bien droite, purin d’amour pour une bonne croissance,…), la Limace Géante arriva au pied de la Princesse !

Miss la coccinelle avait des contacts dans tous les rangs d’insectes. C’est ainsi qu’elle eut l’idée de contacter Tica, une amie de longue date. Cette amie, élevée au rang de Tique Solitaire, a élu domicile sur un aimable hérisson. Lequel ne doit plus faire sa réputation d’amateur de limaces ! Et à l’instant même où la Terrible Limace commença son ascension sur la tige de la Princesse Clématite, la terre se mit à trembler et une forte odeur de mammifère affamé arriva rapidement dans toutes les narines.

— Hum, je sens un fumet puissant de limace ! Le festin va être exceptionnel, car l’odeur est forte et… exquise ! Elle est où ? Elle est où ? dit le hérisson hors d’haleine qui arriva en courant et en regardant de tous côtés.

Personne ne dut lui préciser le chemin. En moins de temps qu’il ne faille à un papillon pour s’envoler, la Limace Géante fut dévorée ! D’aussi grande taille fut-elle, la Terrible Créature n’a pu faire face devant une bouche si immensément gourmande.

Le jardinier arriva juste après, se désolant de ne pas avoir été plus rapide. Lorsqu’il aperçut la tige abîmée de la Princesse Clématite (elle avait été un peu écrasée par la patte puissante du hérisson), il se retourna, arracha une toile d’araignée proche et entoura la blessure du doux filet apaisant.

— J’espère que cela suffira. Je suis désolé pour toi l’araignée, mais c’est pour la bonne cause !

Lorsque le jardinier dévoila la Princesse Clématite à tous les habitants du jardin, un magnifique papillon aux reflets azuré, inconnu jusqu’ici, arriva et posa ses pattes délicates sur la petite fleur rayonnante de bonheur.

— Princesse Clématite ? Comme je suis heureux d’enfin vous trouver ! Laissez-moi me présenter : Prince Argus pour vous servir. Mes ailes ne doivent leur couleur qu’à votre pollen. Accepteriez-vous ma trompe ?

Princesse Clématite ne sut que dire… Si ce n’est que pour toute réponse, elle ouvrit davantage ses sépales pour offrir son cœur tendre au Prince.

Devinette, liponomie

Pour le jeu 14 de Rébecca, on joue avec une liponomie. (ne pas utiliser certains mots)
–> Écrire un texte sans les verbes « être », « avoir », « faire »… c’est pour moi, une grande nouvelle et un grand défi. Je n’ai jamais essayé de faire cela, car comme vous le lisez, je suis plutôt médiocre pour éviter ces verbes !

Mon ami, il se prend pour un éclair. Il rivalise avec lui en rapidité… En moins blanc, pas vraiment jaune, je dirais même plutôt orange. Vraiment orange ! Ou roux, comme vous préférez…

Son corps se compose d’une belle et épaisse queue en panache, plus brune que son pelage, un ventre plutôt blanc et deux mignonnes petites oreilles bien touffues. Vous devinez déjà : il s’agit bel et bien d’un animal.

Il peut se vanter de gagner à un jeu : celui de cache-cache. Il peut en effet postuler aux côtés des vrais maîtres du camouflage en automne !

Il mange des noisettes et autres fruits secs. En hiver, il ne trouve pas beaucoup de nourriture. Aussi, il enfouit ce qu’il trouve, il se constitue de véritables réserves.

On le retrouve bien sûr dans la forêt, mais également dans les jardins privés, et même les parcs publics.

Il bondit, il saute, il vole de branche en branche ; il grimpe tête en haut ou queue en l’air tel un véritable dompteur d’arbres.

C’est (aïe, un point en moins) de l’écureuil que je parle, bien évidemment.

Concours Livres Monsieur Madame

A ma librairie, j’ai découvert un petit papier annonçant les 30 ans de Monsieur Madame, ces fabuleux petits livres écrits par Roger Hargreaves. C’est toute mon enfance, j’adorais ces petites histoires. Et pour cet anniversaire, les éditions Hachette Jeunesse lancent, entre autres, un grand concours pour les enfants de moins de 12 ans. (dommage, j’aurais bien voulu participer moi !)

J’ai demandé à ma fille si elle voulait jouer le jeu… elle a dit oui, pour mon plus grand plaisir (rires). Elle a commencé à dessiner et elle a déjà sa petite idée pour l’histoire.

Pour les enfants qui seraient tentés, voici le règlement :

1) choisis ton personnage Monsieur Madame préféré
2) invente une nouvelle histoire de ce personnage. Pour cela écris et dessine son histoire en 10 pages maximum.
3) à envoyer à l’adresse ci-dessous avant le 28 avril 2012, ton histoire et tes coordonnées (avec la signature d’un de tes parents)

Hachette Jeunesse Image
Concours d’écriture Monsieur Madame
43 quai de grenelle
75905 Paris cedex 15

Seuls les gagnants seront avertis par courrier. Le 1er prix est ton histoire imprimée dans un vrai livre + la collection complète des Monsieur Madame ! Et bien d’autres cadeaux pour les autres gagnants.

Concours ouvert pour tout enfant résidant en France métropolitaine, dans les DOM-TOM, en Belgique et en Suisse. Une seule participation par personne. Œuvre originale du participant (et non des parents!), qui respecte au mieux le format des livrets à savoir le texte à gauche et le dessin à droite.

Promenade sur le lac

J’ai essayé de vous décrire ma première rencontre avec cette créature extraordinaire :-)  je n’ai pas réussi à vous faire passer la magie de l’instant passé… il faut y être pour pouvoir ressentir toutes les émotions qui m’ont parcourues cette nuit-là.

Noémie participe à un stage en pleine nature. Avec trois autres camarades et leur moniteur, ils avancent silencieusement sur un étang appartenant à une réserve naturelle. L’ornithologue qui les accompagne mène la barque sans la moindre difficulté.

Le ciel est dégagé, et certaines étoiles, les plus lumineuses, sont visibles à l’œil nu. Noémie n’aime pas le noir mais depuis l’été passé où elle a fait connaissance avec une chouette effraie, elle se sent intriguée par ces animaux nocturnes. Une autre chouette, toute brune, aux gros yeux ronds et sombres a déjà salué son courage lorsqu’elle s’embarquait dans le petit bateau de bois. L’ornithologue a identifié sans le moindre doute l’oiseau, il s’agit d’une chouette hulotte u chat huant. Le petit surnom qu’on donnait parfois à ce rapace l’avait intriguée et ils avaient commencé leur petite expédition par un cours d’étymologie.

Noémie ne voit rien à l’horizon mais ses oreilles sont toutes ouvertes. Petit à petit, ses pupilles s’habituent à l’obscurité. Après un quart d’heure à naviguer sur l’eau, elle peut enfin discerner la silhouette des arbres. Le quart de lune éclaire certains endroits. L’ado perçoit la limite de la roselière.

Une grenouille croasse et tous les enfants sursautent tellement ce bruit se répercute dans le silence. Tous sont attentifs. L’ornithologue, guide depuis cinq ans dans cette réserve sait quand il faut se taire ou quand il faut tourner la tête.

Ce soir, ils devraient pouvoir le voir ou du moins l’entendre. Il n’a rien dit, ni au moniteur, ni aux élèves. Il aime que les visiteurs découvrent par eux même la richesse d’une faune méconnue.

Le vent léger qui souffle parvient à faire dresser les oreilles du plus distrait des élèves. Les adolescents réalisent que la nuit, dans la nature, le silence n’existe pas. La chouette de tout à l’heure chante à nouveau. Noémie devine qu’elle s’est déplacée car le son qu’elle a entendu ne parvient pas de l’endroit où elle avait aperçu le rapace.

Des mouvements désordonnés et de petits cris perçants font lever les cinq têtes.

– Des pipistrelles, les chauves-souris les plus communes dans notre pays. Il existe…

L’ornithologue continue son explication à voix basse mais Noémie est déconcentrée. Elle a cru percevoir un étrange son sourd. « Un son sourd » s’interroge-t-elle d’elle-même, ça ne veut rien dire ! » La jeune fille tâche de faire abstraction des chuchotements près d’elle, ferme les yeux et oriente son oreille droite vers le son qu’elle a cru entendre. Mais il n’y a plus rien. Ses yeux se réouvrent automatiquement, comme pour mieux voir ce que l’ornithologue raconte.

« J’ai du rêver ».

Le guide, tout en continuant la description de la pipistrelle, sourit à Noémie. Noémie ne comprend pas la signification de ce sourire. A-t-il cru qu’elle s’était endormie ? Avant même qu’elle ne lui pose la question, il enchaîne avec :

– Tu l’as entendu n’est-ce pas ? Tu as une ouïe fine.

Ses camarades la dévisagent. Son moniteur également. Noémie rougit mais heureusement, dans cette obscurité, personne ne le voit.

Voumb

Le rugissement est nettement plus clair à présent ! Tout le monde l’a remarqué mais personne ne sait l’identifier clairement.

– C’était quoi ça ? un boeuf ? ose le petit rigolo du groupe.

– Un boeuf, ici, t’es bête ou quoi ! lui répond son copain.

Noémie est la seule fille qui a osé accompagner les garçons à cette sortie nocturne. Elle reste silencieuse. Elle observe les roseaux. Il lui semble avoir vu bouger quelque chose dans ce coin là bas.

L’ornithologue lui a fait signe de changer de place pour se rapprocher de lui. Il lui chuchote : « Son cri peut faire écho jusqu’à cinq kilomètres à la ronde ! Il faut avoir de bons yeux et savoir où chercher. »

Noémie a soudain des frissons qui lui court sur tout son dos, sa nuque et jusque dans ses cheveux. Un cri qui peut s’entendre sur des kilomètres, elle n’ose pas y croire. Quelle bête gigantesque peut fournir un pareil son ?

L’animal ne renouvelle pas ses vocalises. Noémie reste intriguée.

La barque se dirige lentement vers le fond de l’étang. La rame ne fait aucun bruit lorsqu’elle brasse l’eau. Les gestes se font au ralenti. Le guide tend un bras et pointe du doigt un endroit précis à une dizaine de mètres d’eux. Il donne un monoculaire à vision nocturne à Noémie. La jeune fille tremble un peu, de froid, d’incertitude. Les images en vert et noir sont floues mais elle remarque quelque chose d’étrange dans les lignes de la roselière. Un dessin particulier semble bouger au rythme d’une respiration ! Sans s’en rendre compte, Noémie retient son propre oxygène dans ses poumons, pour ne pas bouger, pour ne pas effrayer. Soudain, une volumineuse masse, aussi grande qu’une buse, décolle! De larges ailes se déploient et peinent à faire monter le corps de l’oiseau dans les hauteurs du paysage. Les battements sont mous et silencieux. Les yeux de l’adolescente n’arrivent que très difficilement à se réhabituer à la noirceur de la nuit. Ses copains, qui ne se doutaient de rien, son recroquevillés dans la barque, les genoux ramenés à leur menton, la tête repliée dans leur cou, le regard interrogateur.

– Messieurs, vous venez de faire connaissance avec le Butor ! Magnifique échassier de la famille des hérons. C’est lui que vous avez entendu, il y a quelques instants. Jolie bête n’est-ce pas ?

Ne s’attendant à aucune réponse de la part des gamins, l’ornithologue fait un plus large sourire à Noémie et à son moniteur. Ce dernier, intrigué ose demander s’il y a encore d’autres animaux de la sorte à être aussi dissimulateur, invisible, et surprenant.