Incitation à l’écriture, by WP : une recherche en ligne, pourquoi ?

Proposition quotidienne de rédaction
Quelle est la dernière chose que vous avez recherchée en ligne ? Pourquoi avez-vous effectué cette recherche ?

La dernière chose que j’ai recherché en ligne, c’étaient des infos sur l’écriture thérapeutique, aussi appelé « écriture introspective ». C’est ainsi que j’ai trouvé le chouette site de Louise Morel et celui de Pauline Atti.

Quelques jours auparavant, j’ai trouvé, plus près de chez moi, l’institut Narration qui m’a permis de m’offrir deux formations à distance sur ce sujet qui m’intéresse beaucoup !

Grâce à cette recherches et ces trouvailles, j’ai appris beaucoup de choses. J’ai trouvé pas mal de livres en français (souvent de langue étrangère traduits en français) et il y en a deux ou trois qui me tentent beaucoup.

Avec tout ça, on rajoute les deux nouveaux magazines que j’ai trouvés : « La machine à écrire » et « Mon journal créatif » et ça me donne matière, beaucoup de matière sur l’écriture « pour soi », mais aussi sur la façon d’aider les autres grâce à l’écriture.

Ici, il ne s’agit pas de faire la chasse aux fautes ou aux mauvaises tournures de phrases. Ici, c’est le ressenti, les émotions, les pensées, les projets qui nous tiennent à cœur, les rêves et les envies, les doutes et les surprises qui sont de mises.

Et personnellement, je trouve que cette technique qui ne coûte vraiment pas chère est très positive pour mon esprit embrouillé et rempli de doutes au quotidien.

J’ai tenu brièvement un journal intime quand j’étais jeune ado. Je ne sais même pas ce qu’il est devenu ! Je me souviens juste que je l’avais commencé quand, pour la première fois, j’étais tombée amoureuse d’un garçon. J’avais 11 ans. Il s’appelait Nicolas.

Il y a tellement de questions qui peuvent trouver une réponse, un apaisement rien qu’au travers l’écriture. En jouant avec les mots, avec les sonorités, avec nos sens en éveils, avec nos souvenirs. En répondant à des questions « anodines », en associant des mots, en en trouvant d’autres, paf ! ça débloque un truc et on voit la lumière, on y voit plus clair, le brouillard a disparu, le sourire est revenu. La joie est là.

Cela ne convient pas à tout le monde, mais si j’arrive déjà à m’aider moi et si j’illumine la vie d’une seule autre personne, j’en serais déjà super contente.

J’aime écrire et je commence même à différencier l’écriture manuscrite de l’écriture dactylographique ! Et puis, il existe même l’écriture automatique … Mais ça, c’est une autre histoire, un autre article en devenir ;-)

Planifier des objectifs : comment je fais ?

Proposition quotidienne de rédaction
Comment planifiez-vous vos objectifs ?

C’est marrant cette incitation à l’écriture du jour : j’ai justement ouvert un carnet hier sur ce sujet. Je l’ai customisé. Je l’ai préparé. C’est mon carnet « Sur la route de mes objectifs », pap à pas, pas si bête :-)

J’ai appris mon fonctionnement. J’ai compris qu’il me faut fixer plusieurs petits objectifs. Pour ne pas me décourager. Pour pouvoir les « cocher ». Il me faut des objectifs réalistes, réalisables pour que je puisse avancer, pour que je puisse voir ma progression. Me féliciter, me louer de gratitudes. M’envoyer des fleurs. Ces objectifs seront mentionnés par période, par mois. Je ne me suis pas donné un nombre d’objectifs, leur nombre peut en effet varier selon mes envies, mon humeur et les saisons.

Depuis trois ans, en décembre, je me fais un tableau de visualisation. Mais pour moi, c’est voir à trop long terme. J’ai encore du mal à me projeter plus loin que quelques semaines à venir. Donc, on fait petit à petit.

J’ai eu cette idée hier. J’ai customisé et noté des objectifs pour les quinze derniers jours de ce mois d’août. J’ai noté ces objectifs le matin, sur une feuille volante que j’ai transposé dans le carnet. Je vais sans doute en rajouter un ou deux, car hier soir, j’en avais déjà réalisé un tout à fait et un autre à moitié.

Dans l’idéal, je devrais planifier des objectifs à court terme (un mois), à moyen terme (6 mois) et à long terme (2 voire 5 ans). Je vais déjà essayer de tenir ce carnet d’objectifs mensuel jusqu’à la fin de l’année civile. Il reste quatre mois.

Une fois mes objectifs atteint dans le temps que je me suis imparti, je coche, je mets un « OK » ou un petit « V » à côté. Si un objectif n’est pas atteint, je le colorie au crayon rouge et je le reporte au mois suivant jusqu’à ce qu’il soit terminé. Je rajouterai d’autres choses que j’ai faites et auxquelles je n’ai pas pensé à noter, car je ne pensais pas le faire à ce moment-là ou je le prévoyais pour plus tard.

J’aime les listes et donc ce système de tout noter sous forme de liste me plait beaucoup. Je crois qu’il faut trouver son « truc » pour avancer, à son rythme, à sa façon. Il faut tâtonner. Il faut essayer. Il faut comprendre. Parfois, il faut passer à autre chose.

J’ai essayé de ne pas trop réfléchir quant au choix des images et des mots que j’ai découpé dans différentes revues « zen » et « nature ». Bien que l’image du dos du cahier soit dans le mauvais sens, je l’ai quand même choisie, car j’aime tous ces petits poussins à la queue leu leu, ils avancent les uns derrière les autres, doucement, à leur rythme. Ils montrent qu’il ne faut pas se presser et qu’il faut attendre que celui devant soi avance pour pouvoir avancer à son tour. Comme des objectifs ;-)

Ce qui me plaît le plus dans l’écriture

Proposition quotidienne de rédaction
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans l’écriture ?

Je suis allée rechercher une proposition d’écriture de WP (incitation d’août 2023)

J’allais justement consacrer un article sur l’écriture. Ce qu’elle m’apporte, comment et pourquoi j’écris, quand, etc.

Cet article sera donc une ébauche d’un autre, plus complet, à venir ultérieurement.

Qu’est-ce qui me plaît le plus dans l’écriture ?

L’écriture a toujours été mon moyen d’expression préféré. Timide à l’oral, j’écrivais bien plus que je ne parlais. Encore aujourd’hui.

L’écriture a d’abord été comme une thérapie pour moi. Ayant vécu un traumatisme dans mon enfance, j’ai trouvé ce moyen pour me libérer d’un poids difficile à porter. Depuis, j’écris, un peu, beaucoup, passionnément, parfois jusqu’à la folie :-)

Ce qu’il me plaît dans l’écriture, c’est que je peux tout dire. L’écriture a d’abord été une libération, pour moi. Un exutoire. Ensuite, j’ai commencé à écrire pour les autres. Depuis un an, j’ai repris l’écriture manuscrite avec des stylos-plume. Et j’aime ça, écrire à la main, avec des encres différentes, remplir des cahiers, former des lettres, dessiner des phrases, donner vie à des lignes et des lignes de Mon Écriture, de mes mains, de mes doigts. J’ai repris également depuis peu une écriture quotidienne. Je couche sur papier mes idées, mes pensées du jour, du matin, du soir.

Écrire libère.

Écrire, c’est partager.

Écrire, c’est voyager.

Écrire, c’est soigner, panser, guérir.

Écrire, c’est vivre.

Une profession que j’admire

Proposition quotidienne de rédaction
Quelle profession admirez-vous le plus et pourquoi ?

J’admire beaucoup de professions, mais celle que j’admire le plus et qui le plus « proche » de moi : auteur et autrice.

Écrire et vivre de son écriture n’est pas donné à tout le monde. J’admire le plus ces artisans des mots qui sont complètement autonomes dans la fabrication de leurs livres : les autoédités.

Non seulement, ces personnes doivent avoir l’imagination, la créativité au top, mais en plus, elles doivent tout gérer de A à Z : relecture, correction, marketing, impression, ventes, dédicaces, rencontres et salons en tous genres. Elles doivent s’entourer des bonnes personnes pour que la couverture soit toppisime, que le contenu soit sans fautes, que la qualité d’impression soit irréprochable, mais aussi pour que leur réseau multi-social soit actif et à jour, tant dans le virtuel (communication) qu’en présentiel (salons, rencontres et dédicaces).

Pour ces personnes, il faut de la motivation, de l’énergie à revendre. Comme pour tous les autoentrepreneurs.

Il ne faut pas croire que c’est un métier de tout repos et qu’une fois un livre écrit et imprimé, le boulot s’arrête là. Il faut se montrer, se vendre, entretenir une relation, parfois difficile, avec son lectorat et autres fans qui les suivent sur les réseaux sociaux.

Voilà toutes les raisons pour lesquelles j’admire cette profession, ce métier, cette passion.

Il en va de même pour les auteurs et autrices édité.e.s par une maison d’édition. Là aussi, quand « ça marche », il faut pouvoir faire montre d’une volonté de fer dans un gant de velours afin de rebondir aux desideratas des éditeurs, du service marketing et des lecteurs. La célébrité veut arriver, parfois vite, parfois plus lentement, mais elle peut tout aussi retomber à la même vitesse. Pour diverses raisons. Je me souviendrai toujours des mots d’une amie autrice, éditée par une maison d’édition reconnue :

_ Je ne choisi pas toujours ce qui va être publié. Il faut que j’écrive un livre par an pour pouvoir continuer à avoir un salaire qui me permette de vivre de mon écriture. La maison d’édition me commande parfois d’écrire sur tel sujet. Et là, c’est le plus difficile. Quand je ne suis pas à l’aise avec ce sujet, que jamais je n’aurais pensé par moi-même écrire sur ça. Mais vivre de ma passion, est ma plus belle réussite.

C’était un témoignage qui date d’une dizaine d’années à présent. Quand on sait qu’un livre publié reste en « vitrine » entre 3 et 6 mois, je pense que le rythme imposé par les maisons d’édition doit être plus soutenu encore désormais.

Capture d’écran d’un fichier PDF émis par l’ADEB (Association des Éditeurs Belges »

Une vision de cauchemar

Une jeune mésange prend un bain de fourmi. Elle semble vachement apprécier ce nettoyage gratuit. Elle se dresse sur ses deux minuscules pattes, se fait grande et écarte les ailes pour n’oublier aucun endroit.

Une enfant et une adulte que je suppose être sa mère ne remarque pas l’oiseau à terre, affairé à se nettoyer. Je n’ai pas le temps d’immortaliser cette scène de la nature en photo, l’oiseau s’est envolé, les fourmis sont tombées. Il n’y a plus rien à voir. Circulez.

Quelle déception.

Je prends ma voiture pour une destination inconnue. Je me dirige vers un chemin incertain. Au gré de mes envies, vers le destin. Dans la rue à ma droite, qui descend, enfin, normalement, en voiture, on la monte depuis en bas, il y a un feu qui a été installé.  Il est orange. Une file commence à se former. C’est déjà arrivé que le sens de circulation, qui est unique en temps normal, soit modifié. Jamais, il n’a été installé un feu pour permettre une circulation dans les deux sens. C’est aberrant. C’est une toute petite rue. Une petite rue étroite et longue de près de 500 mètres (je dirais, à vue de nez), avec une pente estimée à 11 %. Avant d’avoir ma voiture, je la prenais souvent à pied pour retrouver ma maison. En haut de la montée, le rythme de mon cœur dépassait les 150 battements à la minute ! Même si je suis contente d’avoir Titine, ma toto, même si j’apprécie qu’elle ne souffle pas comme un bœuf quand elle arrive en haut, cette montée, à pied, me manque parfois. Il y a un bois qui longe toute cette route et je vois toujours une chouette faune.

Donc ce feu de circulation, étrange. Je n’y pense plus, car voilà que sur l’autre route que je prends, une nationale, limitée à 50 km/h, mais que tout le monde, y compris moi, ne respectons presque jamais pour cause qu’on longe deux parties boisées, il y a aussi un feu mobile. « Mais qu’est ce qu’il se passe ici ? ». Au croisement, une policière fait la circulation. Je freine un peu tard pour l’apercevoir dans mon rétroviseur. Elle s’est mise à un drôle d’endroit. Je ne vois donc pas si elle me dit que je peux y aller. Et j’y vais. Il n’y a personne à ce croisement. Je descends cette route sinueuse. Je n’entends pas de coup de sifflet. C’est que c’était OK. Et là, stupéfaction. Consternation. Dans les arbres, à ma droite, à ma gauche, dont les branches font un pont entre les deux côtés de la route, j’aperçois un pigeon blanc et gris mort, puis un rapace. Ma voiture avance toute seule, je mets souvent le point neutre dans cette descente de près d’un kilomètre. Y a pas de petites économies. Des pigeons morts dans les arbres, j’en vois plein. Impossible à compter. Et, en réalité, ce ne sont pas des pigeons, mais des rapaces. Je crois des Élanions blancs. Je n’en ai jamais vu de mes propres yeux, mais en photos, oui. Ils sont magnifiques. Blanc et gris, avec des yeux rouges. Des larmes roulent toutes seules sur mes joues, inondant brièvement ma vision. Je ne sais plus où regarder. Je connais cette route par cœur, Titine aussi. Elle se laisse descendre sans effort. Un vrai massacre ! Certains oiseaux pendent tristement comme s’ils avaient été lâchés du ciel, comme s’ils étaient tombés inconscients en plein vol. Il a plu des rapaces. Une horreur. Il y en a absolument partout, dans presque chaque arbre.


Je me réveille avec le cœur palpitant trop vite. La gorge serrée, je pleure réellement.

Là, un souhait. Un vœu ardent. Une envie irrépressible : retourner dans ce cauchemar et changer la destinée de ces pauvres malheureux. Rêver que ce n’était qu’un rêve. Souhaiter que les oiseaux se réveillent. Désirer ardemment que je me suis trompée, que ce n’était qu’une illusion. Une simple illusion d’optique.

Mais je n’y arrive pas. Contrôler ses rêves, je l’ai toujours espéré, je n’y suis jamais arrivée malgré la tonne de volonté que j’y mets.

Ce rêve, ce cauchemar, je le dois à une insomnie qui m’a prise vers les deux heures du matin. Ma vessie, tendue à se vider à la moindre pression ou éternuement m’a fait me lever. Mode zombie, je suis allée la soulager. Sans allumer la lumière. Sans chat dans les pattes. J’ai fait ce que je devais faire et me suis aussitôt recouchée, les paupières déjà à moitié fermées. Mais le sommeil m’a fui. Morphée n’a plus voulu de moi. Mon cerveau s’est réveillé malgré mes sommations, mes ordres lâchés et ignorés. Finalement, à force de ne pas lui accorder plus d’importances que ça, les songes sont venus me happer. Et ils me l’ont bien fait payer. Les bougres.

Quand j’ai ouvert les yeux, il était 5 heures passées de quelques minutes. Sachant qu’un rêve, même un cauchemar, ne dure vraiment pas très longtemps, je n’ose calculer la durée de mon insomnie.

Pourquoi avoir rêvé de cet oiseau ? Et pourquoi cette vision de cauchemar ? Les éléments de réponse se trouvent dans ma vie réelle :

  • Les tourterelles turques qui ont niché dans l’arbre et dont les bébés ont été dévorés par un rapace. Les tourterelles ont les yeux rouges, du même rouge que cet Élanion.
  • En deux jours, deux de mes chats ont essuyé une bagarre et ont été blessés. Le sang frais des plaies de l’un, m’a attristée. Je l’ai bien sûr soigné. Tous les deux.

Pour le reste, le nombre, les positions, les arbres, l’endroit… Je cherche encore. Peut-être l’écureuil roux et le petit hérisson vus écrasés un peu plus haut sur cette route, il y a une semaine, hantaient-ils encore mon esprit nocturne ?

Photo : © Jean van der Meulen, Pixabay

Incitation WP

Dogs or cats?

Faut-il vraiment que je donne la réponse ?

Les chats évidemment. J’aime aussi les chiens et tous les autres animaux, mais ma préférence va aux félins.

Je n’ai jamais eu peur des chats. Aujourd’hui, je me méfie des chiens depuis que je me suis fait mordre par deux chiens quand j’étais adolescente.

Le premier était un berger allemand qui était « parqué » sur le trottoir devant une supérette. Je ne faisais que marcher sur le trottoir pour me rendre à l’école. J’avais 12 ans. Sans aucune raison (j’étais dans doute trop près de lui, mais je n’ai pas fait mine de le toucher), il m’a sauté dessus et mordu à la cuisse ! Plus de peur que de mal, le pantalon en jean a été déchiré, et la plaie n’ a pas dû être recousue. J’étais en ordre en vaccin Tétanos après mon accident de vélo contre une voiture !

Deux ou trois ans plus tard, chez des amis de mes parents. Un caniche que je caressais a tout à coup attrapé mon poignet. Là aussi, plus de peur une de mal, quelques gouttes de sang, non gravissime.

Alors, quand à 20 ou 21 ans, je croise deux dobermanns à mon boulot, même si le maître qui était mon supérieur, m’a rassuré qu’ils ne me feraient rien, franchement, heureusement que je sortais de la toilette sinon je me serais fait pipi dessus 😂

Malgré tout, j’aime beaucoup les chiens, mais je demande deux fois au maître avant de m’en approcher.

Quant aux chats, c’est une grande histoire d’amour entre eux et moi. D’ailleurs, l’un de mes quatre chats aujourd’hui, est mon dernier « bébé ». Je lui passe beaucoup de choses, il me suit comme un petit chien, on se comprend et on discute souvent ensemble.

Ça tombe à pic

Pic vert

Pic épeiche

Pic mar

Pic épeichette

Pic noir

Pic cendré

Pic de Levaillant

Pic à dos blanc

Pic tridactyle

Pic et Pic et collegram

Bourre et bourre et ratatam

Am stram gram


Près de chez moi, c’est là-bas, il est là, je le vois. En fait, ils sont trois. Je n’en reviens pas. Ils sont là à quelques pas de moi. J’en suis complètement baba. Je suis gaga.

Grands, grands, ils sont. Beaux, beaux, ils sont. C’est merveilleux. Merveilleux.

Je me promène. Je ne suis pas seule. Les autres autour de moi n’existent pas vraiment. Je suis dans ma bulle. Comme dans un rêve. Je longe un chemin bordé d’arbres de toutes sortes. Dans un sapin, immense sapin, tout en haut, il y a du monde. Ça vole, ça vit, c’est le vivant qui fait battre mon cœur : des oiseaux. Plein d’oiseaux. Ça chantonne, ça siffle, ça gazouille, ça crie, aussi. Tout à coup, un oiseau, long et grand, grand et long, noir et blanc, blanc et noir, se distingue des autres. Jumelles aux yeux, je le repère sans difficulté. Il ressemble à un pic épeiche, en cinq, non, en six fois plus grand. Hallucinant. Gigantesque. Un nom me vient en tête « pic royal ». Mais je crois que je l’ai inventé. Pourtant, ça lui va comme un gant. Je fouille l’endroit du sapin où je l’ai vu. Il a plein de copains avec lui : mésanges de toutes sortes, moineaux, pigeons, tourterelles, roitelets, fauvettes, et ainsi de suite. Puis, je vois d’autres comme lui. Longs et grands. Grands et longs. Noir et blanc. Blanc et noir. Ils sont trois. Et même quatre. J’imagine un couple avec deux enfants. Je me demande s’ils ont des différences. Souvent, chez les oiseaux, il existe un dimorphisme sexuel. Mâle et femelle sont différenciés tantôt par les couleurs de leur plumage, tantôt par leur taille. Les jeunes aussi sont différents. Mais ici, les quatre se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

Je n’en reviens pas de la diversité que je vois. Je n’arrive cependant pas à mettre un nom sur ces quatre-là. Ils ressemblent vraiment au Pic épeiche (+/- 24 cm) , mais les rayures noires et blanches sont plus nombreuses, plus régulières. Et puis, la taille. Ils sont grands, grands comme le Pic noir (+/- 50 cm). Une nouvelle espèce ? Un croisement ? Autant en une fois ? À un seul endroit ?

Stop ! Personne d’autre ne doit le savoir. Ce sera mon petit secret. Rien qu’à moi.

Pourtant, je ne suis pas seule. Près de moi, autour de moi, devant moi, derrière moi, d’autres gens. Des promeneurs. Des hommes et des femmes qui passent. Qui marchent. Aucun ne lève le nez. Tout ce qu’ils ne voient pas !

Je prends du recul. Je recule. Quelques pas en arrière. Je rêve sûrement. je m’assieds cinq minutes sur un banc en bois. Je laisse flotter mon regard partout. Devant moi. loin devant. À gauche. À droite. Je reprends mes jumelles et je balaie l’horizon. Doucement, tout doucement, je dirige mes mains et mes yeux vers le sapin. Je pars d’en bas, du tronc puis, je monte doucement. À chaque étage, il y a du monde, il y a des becs, il y a des couleurs. Les Quatre sont toujours là. Avec des tourterelles à côté d’eux, je compare leur taille. Ils sont encore plus grands que le Pic noir. À vue de nez, mais je n’ai pas le compas dans l’oeil ni une bonne notion des distances et des mesures, ils doivent s’approcher des 70 centimètres, du sommet de la tête au bout de la queue. Pic Royal. Ça leur va bien.


Ce que je vois, ce que j’observe est tellement incroyable que je me réveille. J’aimerais bien que la réalité dépasse mon rêve.

Mon rêve s’explique par la réalité. C’est une douce continuité de ma réalité, de ma vie. Ils font souvent ça les rêves : poursuivre le quotidien vécu. Souvent en bien, parfois en mal. Quand ils tournent mal, on les appelle des cauchemars.

Certains rêves deviennent réalité. Ils faut pour cela qu’ils soient suffisamment grands pour qu’on ne les perde pas de vue. Ils faut qu’ils se répètent. Ils doivent marteler nos songes, imprimer notre conscience endormie pour marquer. Ils faut qu’ils soient forts. Il faut que nous croyons en eux. Alors, seulement, ils pourront se réaliser.


Belle journée

Et ce soir, cette nuit, faites de beaux rêves.


N.B.

Je crois que le Pic royal n’existe pas. Il est le fruit de mon imagination endormie.

Cette observation m’a permis de faire un beau rêve. Un rêve marquant. Un rêve plein de promesses. Un rêve d’avenir.

Mais chuuuut, c’est un secret. Je n’en dis pas plus.