Rencontre au coucher de soleil

Je me suis amusée… je voulais essayer de croiser 2 contraintes : celle des Impromptus (mais je m’y suis prise trop tard) et celle de la Petite Fabrique d’Écriture du mois de février 2013.

Pour les Impromptus Littéraires, il fallait écrire un texte d’après une photo qui représentait un crépuscule et essayer d’inclure autant que possible des mots se rapprochant de ce moment de fin de journée, et pour la Petite Fabrique, il faut écrire un dialogue entre 2 personnes, dont on fait partie, et y inclure une voix off…

Cela donne : rencontre au coucher de soleil

En fin de journée, deux prétendants à l’amour se retrouvent pour la première fois. Ils se sont rencontrés sur Internet, dans un site de rencontres. Lui, Jean-Christophe, a quarante-quatre ans, mais il ne l’a pas mentionné clairement dans son profil, car il a coché la tranche des 35-40 ans.  Ce n’est pas très loin de 40 en fait… Sophie ne le sait pas.

Sophie, la femme qu’il rencontre ce soir, c’est moi. Pas encore vingt ans, mais je me suis un peu vieilli. Tout le monde me dit que je fais plus que mon âge… alors la case des 25-30 ans semblait être faite pour moi.

Nous nous sommes donnés rendez-vous sur un banc public, près de la place Valentin. Nous sommes bientôt à la mi-février, c’est bientôt la fête des amoureux, alors trouver cette place à mi-chemin de notre appartement respectif, c’est un signe ! On croit toujours que la sphère virtuelle est grande, immense, mais si on regarde bien, certains de nos contacts habitent à deux pas de chez nous !

C’est moi qui ai choisi l’heure de rencontre. Je voulais un moment magique, avec un coucher de soleil prévu ce soir à dix-huit heures, cela ne peut être que romantique. Nous voir en fin de journée, cela nous laisse le temps pour nous découvrir, manger au restaurant et rentrer pas trop tard, avant minuit.

 On s’est envoyé une photo, on sait donc à quoi s’attendre. Mais reconnaître une personne d’après une photo, ce n’est pas si évident que ça. Alors, pour être sûrs, on a décidé qu’on mettrait un pin’s de Monsieur Heureux, un bête smiley en fait, sur notre veste.

 Jean-Christophe et moi, on a chatté pendant une semaine et demi, avant ce soir. C’est peu et beaucoup à la fois. Tous les jours, tous les soirs, on parle durant deux à trois heures, sans jamais avoir de blancs entre nous, sans jamais hésiter sur notre conversation.

 Ah ! Le voilà. Le soleil couchant reflète sur son pin’s, je ne peux pas me tromper. Il est en contre-jour en fait, je ne distingue pas vraiment son visage. Il s’approche d’un pas sûr vers moi. Je n’ai pas le temps de comprendre ce qui se passe dans mon ventre, qu’il se tient déjà là, en face de moi :

–          Sophie, c’est toi ?

« Ben oui, qui veux-tu que ce soit d’autre, qui t’attend comme ça, plantée droit comme un i à regarder tous les mecs passer ? »

–          Bonjour Jean-Christophe. Ça fait plaisir de te voir en chair et en os !

« heu, il n’est pas vraiment comme sur la photo, il paraît plus vieux ! Il a le ventre d’une femme enceinte qui doit bientôt accoucher, et…Mon Dieu ! Je distingue quelques cheveux blancs déjà près de ses tempes !! »

–          Tu es ravissante, ce soir. La couleur mauve te va très bien, je trouve qu’elle se marie parfaitement avec la couleur de tes cheveux. Je n’aurais pas cru que tu serais rousse, cela ne se voit pas sur les photos que tu m’as envoyées.

« Moi qui me trouve toujours moche, c’est super gentil ce qu’il vient de me dire. Je dois sûrement rougir ! Mais, je ne suis pas rousse ! »

–          En fait, c’est auburn… ça se voit beaucoup plus à la lumière du jour, surtout avec ce soleil qui rase l’horizon.

–          On ne s’est jamais posé la question, mais tu as quel âge en fait ? Juste vingt-cinq ans, c’est ça ?

« Punaise, s’il sait que je n’ai que dix-neuf ans, il va tout de suite s’enfuir, il va me prendre pour une gamine. »

–          Exact, le mois passé, j’ai soufflé vingt-cinq bougies ! Bien deviné. Et toi ?

« S’il me dit qu’il a trente ans, je ne le crois pas ! »

–          En fait, j’ai bientôt quarante-cinq, mais comme j’ai l’impression que je n’ai pas vieilli ces dix dernières années, j’ai un peu triché en mentionnant ma tranche d’âge !

« Quoi ? Quarante-cinq balais ! Mais il est super vieux, il pourrait être mon père ! »

–          Oh ! Ben, c’est vrai que tu ne les fais pas. Mais ça fait quand même une sacrée différence entre nous, non ?

–          Oui, vingt ans, c’est beaucoup. Mais, cela ne me gêne pas. Et toi ?

« C’est-à-dire que je n’ai jamais connu pareille situation. Je ne m’étais même jamais posé cette question. C’est vrai que mis à part ses cheveux blancs, on ne dirait pas qu’il a presque cinquante ans ! Et puis, moi, je suis encore jeune pour avoir un enfant, les hommes n’ont pas de problème d’âge pour procréer. »

–          Aucunement ! On a tellement de points en commun que cela ne me dérange pas.

–          Très bien. Si on marchait un peu pour nous ouvrir l’appétit ? Après, nous irons dans un bon restaurant.

« Mais que fait-il ? Il me prend déjà la main ? Mais, mais, elle est poilue ! Il a des poils partout ? Ah ! Non, hein, ça je déteste. L’âge, les poils, il va trop vite, ça ne pourra jamais coller entre nous. »

–          Heu, Jean-Christophe, je dois te dire quelque chose.

« Je vais lui dire que je ne suis pas adulte, ça va lui faire peur de sortir avec une mineur. »

–          Dis-moi tout ma chère Sophie.

–          En fait, je… J’ai, je n’ai que dix-sept ans. Je suis désolée, on me dit toujours que je fais plus âgée, et les garçons de mon âge sont vraiment des gamins, alors, tu comprends,  j’espère. Excuse-moi, mais je crois que, cela te poserait des prob…

–          Vingt-cinq ou dix-sept, quelle différence ?  Tu me plais et je crois que c’est réciproque, non ?

« Mais, c’est un malade ! »

– Sophie ! Sophie ! Mais reviens ! Où cours-tu comme ça ?

Mot d’enfant, mot d’amour pas réciproque

Après une semaine « loin » de nous, notre petit garçon revient de sa classe verte très content. Il nous raconte tout ce qu’il a fait, et le super-pot-de-colle-avec-sa-maman-chérie revient en force. A son retour, il n’arrête pas de dire « Maman, tu m’as manquée, je t’aime, je t’aime, je t’aime. » Maman qui lui dit bien sûr la même chose, en le couvrant de baisers.
Puis au moment de le coucher, après la petite histoire du soir, les bisous et les câlins de maman, vient le tour du papa de souhaiter une bonne nuit.

Papa lui dit : « Comme tu m’as manqué, mon bonhomme », puis de lui faire un gros bisous.
Lui, répond, sans sourciller, sans le sourire aux lèvres : « Pas toi ! »

Pauvre pôpa. On t’aime tous tu sais :-)

 

Regouper nos textes du concours achève-moi !

Suite au concours Achève-moi 2012-2013, nous sommes plusieurs à nous dire qu’il serait intéressant de regrouper les textes non-élus afin de les regrouper dans un recueil. Si vous avez participé à ce concours, et que vous n’avez pas eu de réponses, c’est que vous n’êtes malheureusement pas sélectionnés parmi les gagnants… mais vous êtes les bienvenus dans ce recueil :-)  Selon le nombre de participants, on pourrait éditer ce recueil en papiers ou au format électronique.

Sur un blog, j’ai pu lire une autre nouvelle écrite dans le cadre de ce concours. J’en ai reçu une autre en lecture et je peux vous dire que les histoires sont très intéressantes et bien écrites ! Connaître l’univers d’autres participants, leur imaginaire, me plaît beaucoup. Comment, sur une contrainte similaire (même s’il y a eu plusieurs débuts de texte proposés), nous avons pu écrire des histoires différentes, ou au contraire, avec certaines similitudes ?

Envoyez-moi un mail pour me dire si vous êtes tenté par ce recueil collectif… :-)  ou répondez-moi en commentaire sous cet article…

Petit info intéressante : l’auteur Jean-Claude Bologne, qui a écrit la nouvelle avec le président Rouvière qui se prenait pour un cheval, est également partant pour nous faire découvrir la suite de ses aventures ! Quelle excellente idée !

Un rêve extraordinaire !

Il y a quelques nuits, alors que mon petit garçon revenait de sa semaine de classe verte, j’ai fait un bien étrange rêve. Mon fils m’a expliqué qu’avec ses petits camarades, ils sont allés voir des trous de fées dans la forêt… il n’en fallait pas plus pour faire travailler mon imagination dans mes rêves…

Je suis toujours curieuse des rêves, ce qu’ils pourraient signifier, combien de temps ils pourraient durer, si on rêve en couleurs ou pas, comment trouver les vrais signes dans les rêves, les interpréter, … pas vous ?

 Un rêve extraordinaire

 Je travaille dans une poste médicale. Oui, une poste qui consiste à soigner les gens. Mon boulot consiste à vérifier que les lettres d’attention et les petits paquets de bons rétablissements qui sont envoyés aux gens malades ne coulent pas, ne déteignent pas, ne puent pas.

Un jour, un petit garçon arrive à mon guichet. Il a dix ans tout au plus. Je lui demande son courrier afin de le peser et de savoir combien de timbres il peut y mettre dessus pour affranchir correctement. Son enveloppe est faite main, c’est un papier replié sur les bords. Il me demande mon aide car il faut appuyer sur les deux bords latéraux en même temps afin que l’enveloppe se ferme correctement. Je trouve ça bizarre, surtout que quand moi je continue d’appuyer, lui il relâche sa main. Après un instant, l’enveloppe se gonfle, et je peux apercevoir par transparence des petits bonbons, des chocolats et autres friandises. L’enveloppe de bons rétablissements est sûrement destinée à un enfant malade. L’enveloppe gonfle beaucoup et j’ai peur qu’elle éclate, mais au moment où je me fais cette réflexion, elle se dégonfle et semble se coller hermétiquement !

Je regarde le garçon qui ouvre sa main et me présente les timbres et autres pièces pour payer son affranchissement. Il a deux timbres bleu très clair représentés par des oiseaux. Ce n’est pas assez, malheureusement, même si ceux-ci sont beaux, et que cela doit faire des années que je n’en ai plus vu de pareils ! Quand je lui dis le montant qu’il doit encore payer, cinq euros et des poussières, je m’attends à ce qu’il me donne une pièce de deux euros, une bille de trois euros et encore quelques graines pour les centimes. Mais il n’en fait rien. A la place, il me présente de petits objets jaunes.

Je pense lui dire que ce n’est pas suffisant, quand j’hésite sur la valeur de la marchandise. Je m’en vais voir mon patron, qui a du mal à cacher sa surprise, en me confirmant qu’il s’agit bel et bien d’or !

Je retourne auprès du petit garçon, et lui dit qu’avec une seule pièce de ce style, j’ai assez pour affranchir sa lettre et même toutes les suivantes ! C’est à ce moment-là, que je vois l’or changer de couleur. Le jaune devient plus terne, devenant carrément beige !

Immédiatement, je sais que j’ai devant moi un petit lutin ou une fée. C’est de la magie.

Il part subitement. Je ferme mon guichet et je décide de le suivre. Il sort de la poste médicale, marche un peu dans la rue, puis s’arrête devant un trou. A même le trottoir, il soulève une porte et emprunte un escalier qui conduit sous le sol, dans la rue !

Là, il fait si noir que j’ai du mal à m’y retrouver. Finalement, c’est lui qui me voit et qui m’intercepte.

Il me raconte comment fonctionne sa magie.

–          Quand tu as une pièce en chocolat, tu prends une moitié, tu fais un vœu et tu la jettes par la fenêtre en pensant très fort à ce que tu as envie. Si tu veux retrouver la réalité, tu manges l’autre moitié de la pièce en chocolat. Tu te rendras compte que cela fonctionne quand tu remarqueras des choses incroyables arriver, comme le soleil d’été en plein hiver, ça voudra dire que tu es dans le monde magique.

 Je le remercie vivement pour son secret. Il me donne une seule pièce en chocolat et me quitte en me disant de bien réfléchir à ce que je veux. J’hésite entre « vivre de mon écriture » et « avoir une belle et grande maison à la campagne ».  Je me dis qu’être obligée d’écrire tout le temps pour avoir de l’argent, ça ne me plairait pas trop; je m’imagine dans un salon du livre, bourré de monde, occupée à signer des autographes sur une petite table entourée de plein de gens et de plein de bruit. Je n’aime pas ça et me décide donc à choisir le vœu d’avoir une belle maison dans un coin vert, pas trop loin quand même des commerces et autres services de proximités.

Je sépare ma pièce en chocolat, je me lèche les babines en voyant ce délicieux chocolat – je suis une grande gourmande – puis, je jette la moitié par la fenêtre de mon bureau de travail en pensant très fort à ma maison dans un grand territoire verdoyant. L’image de ma maison ne me quitte plus et je me rends compte que quand je ferme la fenêtre, c’est une magnifique fenêtre que je clos. Une fenêtre de château ! Je suis dans mon bureau, mais il est immense ! Ça y est, je suis dans le pays magique ! C’est fantastique.

Dans ce pays, je retrouve ma petite fée garçon. Il me sourit et me dit que si je cherche bien, il peut y avoir plein d’autres pièces en chocolat pour réaliser mes vœux.

Au début, je cherche très vite, hâte de réaliser d’autres vœux. Mais quand je vois, par un flash-back, que ce sont les petites fées qui travaillent très dur pour tromper m a réalité, qu’elles travaillent nuit et jour, qu’elles n’ont pas de repos et qu’elles sont exploitées, je mange l’autre moitié de ma pièce en chocolat pour revenir dans mon monde.

fee garcon

Thaïs Aubert participe au projet Faire pousser des oiseaux

Comme annoncé plus tôt, Thaïs Aubert fait partie des belles plumes que vous allez pouvoir retrouver dans le bonus de mon livre. Voici sa participation. Dans le livre, il y a 2 beaux dessins signés de sa main ! Clic sur l’image pour visiter son univers !fée plume thais

Faire pousser des oiseaux vu par l’illustratrice

Un très bel article de mon projet de livre sur le site de l’illustratrice : La Ninette.

Il est vrai que j’ai oublié de le re-préciser : les illustrations à l’intérieur du livre, seront en noir et blanc, différents tons de gris – et ça donne aussi pas mal en fait !  c’est pourquoi je mets sur le blog plein de couleurs :-)

Fleur1_coul

Couverture Faire pousser des oiseaux

On se rapproche du but ! Voici la superbe couverture concoctée par IzaCat. Je l’adore !! Petite précision : si la couverture est en couleurs, les illustrations à l’intérieur sont en noir et blanc…

couverture faire pousser des oiseaux blog

  Merci Isabelle  !

Fleur_bisous

Et bien sûr, cette histoire n’aurait sans doute jamais vu le jour sans l’image d’Emma, ma source d’inspiration, ni sans Evelyne Wilwerth, auteur et animatrice d’atelier qui m’a donné la contrainte de cette histoire : bizarre ce bazar.