La clé du bonheur (5 et fin)

— Voici la clé de ton bonheur, lui dit Iris sur le ton de la confidence en pointant le doigt sur la feuille morte qu’elle a replacée pour faire croire à la fleuriste qu’elle n’y a pas touché.

Myosotis roule des yeux, ne voit rien de particulier et commence à perdre patience : elle n’aime pas ce ton rempli de sous-entendus que la fée a utilisé. Comme si la réponse était là sous les yeux et qu’elle n’a jamais été capable de le voir.

— Je ne vois rien. Il n’y a aucune clé, tu me fais marcher et je n’aime pas ça, lui reproche-t-elle en croisant les bras.

Iris réalise à quel point la fleuriste est triste et désespérée. Elle est aveuglée par la colère, à un point tel qu’elle prend tout au pied de la lettre.

— Bien sûr, il n’y a pas de clé à proprement parler. Je voulais dire que nous pensons avoir trouvé une partie du mystère qui t’empêche de sourire à la vie. Regarde cette feuille morte, la vois-tu ? Qu’en penses-tu ?

La fleuriste ravale un sanglot, réfléchit à toute vitesse, et lâche d’une voix tremblotante :

— Il n’y a plus aucune feuille sur un arbre, nous sommes en plein hiver malgré des températures très douces pour la saison. Cette feuille ne devrait pas être là…

— Tout à fait exact ! s’exclame Iris. Donc si elle est là, c’est qu’elle a quelque chose à te dire… rapproche-toi d’elle et examine-la plus attentivement. Quand je parle de clé du bonheur, il faut comprendre que la solution est là.

Myosotis s’approche davantage par curiosité que par certitude. Elle a raison, il n’y a plus de feuille sur les arbres. Comme tout ceci est étrange ! Une petite bise l’accompagne sur le chemin de la vérité. Le vent qui souffle à présent est aussi doux que les températures du jour, et ce malgré la froidure qui va s’abattre, plus tard, dans la nuit. La fleuriste s’accroupit comme l’ont fait nos amis un minute plus tôt. C’est à cet instant que le soleil décide de jouer à cache-cache. Un rayon arrive entre les branches du noyer et vient illuminer la feuille morte. La fleuriste découvre par transparence l’image d’une clé un peu particulière ! Puis, le soleil disparaît derrière un nuage et la vision de la clé se volatilise aussitôt. Le temps s’est arrêté. La fleuriste ne bouge pas d’un centimètre et garde la position qui devient vite inconfortable. Iris et son compagnon se regardent et pensent passer à côté de quelque chose car eux n’ont pas vu le jeu de lumière qui s’est joué là juste sous les yeux de Myosotis. Puis, tout là-haut, le nuage passe. Le soleil revient. La clé réapparaît aussi, en ombre chinoise, sur la feuille morte du noyer. Alors la fleuriste, aussi délicatement que possible, soulève la feuille et découvre une tige avec une fleur esseulée de myosotis ! Surprise doublement, et par la présence de cette fleur, de SA fleur, ici, et par la disparition du dessin de clé. Elle repose aussi vite la feuille sur la fleur et la magie recommence. Par quelque effet d’optique ou de lumière et de coïncidence, notre Myosotis perçoit à nouveau la silhouette éphémère d’une clé, une vraie clé avec une tige, une sorte d’anneau végétal et même des formes qui ressemblent étrangement à des rouets destinés au moule d’une serrure particulière… cette serrure, son image vient percuter les idées de notre fleuriste aussi soudainement qu’une idée jaillit de notre tête.

« Mais oui ! Bien sûr ! La petite fleur, la clé, c’est moi et la feuille du noyer, la serrure, c’est mon ami le Journal que j’ai mis de côté ! L’un ne va pas sans l’autre. Nous sommes unis comme les deux doigts d’une main, nous sommes les meilleurs amis, nous sommes inséparables ! » pense-t-elle.

Notre fée, son ami et sa conseillère essayent de percer les pensées de Myosotis. Iris voit aussi dans la présence de la petite fleur bleue, la jeune fleuriste, elles portent le même nom, c’est facile à deviner. Myosotis a donc la solution en elle, ou avec elle, mais Iris n’a pas encore tout deviné. Elle ne sait pas que le meilleur ami de la fleuriste, c’est un journal où elle note toutes ces idées, tous ses sentiments et tous ses secrets.

Myosotis redépose la feuille sur la fleur. Elle est souriante, lumineuse. Elle se dirige vers la cabane avec une idée précise. Elle en ressort tout aussi vite avec son journal entre les mains et déclare :

— Mes amis, je vous présente Monsieur Journal, c’est mon ami, mon meilleur ami. On s’est disputé, c’est pour ça que je ne vous l’ai pas présenté, j’en suis désolée. Je réalise maintenant queje lui demandais de résoudre tous mes problèmes alors que c’est moi qui avais la solution.

— Tu crois que c’est lui qui a saccagé ton carré de muguets ? Lui demande alors le papillon d’un air étonné.

Myosotis ne répond pas tout de suite, car Iris lui demande de regarder discrètement sur la tranche de Monsieur Journal… une belle tache, couleur chocolat, s’étale jusque sur l’arrière de la couverture. Il n’y a donc aucun doute sur le rôle qu’il a joué, mais la fleuriste répond quand même :

— Je ne sais pas, peu importe celui qui a fait ça, j’ai enfin trouvé ma potion magique pour innover mes bouquets de fleurs. En été ou en hiver, j’ai chez moi tout ce qu’il vous plaira !

Ce slogan, Myosotis va l’afficher tout en haut de sa porte d’entrée. Sur cette nouvelle pancarte, sont dessinées des fleurs uniques, petites, parfois fanées mais toujours colorées et parfumées. Elles sont enrobées d’une feuille morte ou de deux ou de trois… Trempées dans une sorte de colle naturelle et transparente, les feuilles mortes se transforment en support magique, solide mais pas rigide, noir, jaune ou brun, idéal pour faire ressortir les petites fleurs qui ont peur du froid et même les plus grandes qui ont une tendance à pencher sur un côté. Et grâce à la forme que la fleuriste leur donne, ils gardent le parfum de la fleur bien plus longtemps !

— Bon, et bien, mon ami… nous devons repartir. Je crois que Myosotis a trouvé sa clé du bonheur, claironne Iris en faisant quelques petits pas de danse tellement elle est heureuse de voir la fleuriste épanouie.

Sale nuit

Sale nuit

Punaise, la vache, j’ai des voisins hyper bruyants,
Pourtant, ils ne sont pas bien méchants,
Mais la maison est mal insonorisée,
Aucun bruit n’est dissimulé,
Même quand ils pissent, je les entends,
C’est pas pire qu’à Bruxelles pourtant,
Mais dans ce silence de campagne,
Le moindre bruit me réveille, et j’ai la hargne.
A passé minuit, je fais un rêve,
Je pense vraiment que je me lève,
Pour aller leur demander de baisser le volume,
De leur musique, de leur voix qui se propage sur le bitume,
Les chaises qui raclent sur le sol,
De tous ces bruits qui déchirent et qui résonnent.
Et puis je réalise qu’ils ont tout jeté dans notre jardin,
Je suis calme et je leur dis que ce n’est pas bien,
Je les préviens qu’il faut tout nettoyer,
A défaut, la facture, je vais leur envoyer.
La mère semble compréhensive,
En fait, elle est complètement ivre !
C’est quand je commence à perdre patience,
A m’énerver, à crier, à des objets que je balance,
Que je me réveille dans tout ce bruit,
Car, oui, malgré tout, je m’étais rendormie !
Plus le courage de descendre, de se lever,
Pour tout dire, je suis vraiment trop fatiguée.

Et puis, après mon dos blessé,
C’est mon épaule qui est abîmée,
Et les lendemains de kiné,
Les douleurs sont toujours à hurler.

J’ai quasi pas dormi,
A peine fermé l’œil de la nuit,
Que sonne mon réveil biologique,
5 heures et quelques, c’est automatique,
Je dois me lever, m’activer,
Alors, je tape sur ce clavier,
Pour libérer toute ma colère,
En faisant quelques vers.
C’est pas génial, je le sais, plutôt nul,
Mais ch’suis pas à l’école, y a pas de bulle !
Ça me libère, c’est le principal,
De toute cette impatience qui me fait mal.
De toute cette douleur qui me ronge,
Qui s’immisce jusque dans mes songes.

La clé du bonheur (4)

Chapitre 2

La visite du jardin est précieuse. Iris et son papillon observent tout avec grande attention. Il est vrai que ce jardin ressemble un peu à celui d’Iris, autrefois, quand Monsieur Boudin ne se sentait pas bien. Aussi discrètement que possible, nos deux compères regardent discrètement chaque coin et un regard échangé leur permet de comprendre le nœud du problème.

Le papillon, tout beau, tout blanc, pose sa question avec un accent charmant :

— Myosotis, tout se passe bien avec les voisins ? Il n’y en a pas un qui est jaloux de toutes ces belles fleurs, de cette explosion de couleurs dans ton jardin ?

La fleuriste trouve cette question étrange, car jamais personne ne lui a fait la moindre remarque, pas même un voisin car tous profitent de son superbe jardin.

— Non, j’ai d’excellents contacts avec eux, répond-elle d’un ton très sérieux.

À ces mots, la coccinelle s’envole pour se poser plus loin, à l’entrée de la cabane où Myosotis travaille. Tout de suite, Iris et son ami y découvrent là un signe. Ils demandent à leur hôte s’il leur serait possible de visiter la cabane en bois, tout là-bas.

Chemin faisant, Iris se demande qui pourrait faire du mal à cette fleuriste bien sympathique ? Tout à coup, la coccinelle virevolte au ras des pâquerettes et notre fée manque de peu de l’écraser. Elle s’arrête tout net, observe sa conseillère et tente de donner un sens à ce vol en zigzag.

— Oh ! Eh ! Wouah ! Du calme belle conseillère, tu voles trop bas pour moi, je ne peux pas lire ton message, aide-moi à l’interpréter !

Le petit insecte s’arrête. Il souffle un peu et sautille sur une toute petite fleur bleue. Enfin, la fleur est cachée sous un tas de feuilles mortes, si bien qu’Iris ne comprend pas tout de suite le message codé. C’est son compagnon, le grand, le majestueux papillon qui lui révèle la solution. Dès qu’il vient se poser à côté de la fée il fait s’envoler le petit tas de feuilles. Iris s’accroupit et soulève le coin de la dernière feuille restée couchée, pour découvrir une splendide fleur, une seule, minuscule mais oh combien extraordinaire ! Une fleur qui d’habitude se retrouve en grappe avec d’autres, une fleur qui a toute sa raison d’être ici, une fleur commune, mais qui, par sa seule présence ici donne toute son importance.

Grâce à la coccinelle, grâce à son ami aussi, Iris est sur le point de découvrir le fin mot du mystère qui empêche notre délicieuse fleuriste d’être heureuse et joyeuse. Elle attend que Myosotis arrive à son niveau pour lui prendre la main et l’emmener vers la réponse à son destin.

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Claustrophobie, pas que chez les humains

Un éthologue pourrait mieux vous expliquer le pourquoi du comment, ou trouver l’origine de cette phobie… toujours est-il que si certains humains ont une trouille bleue de se retrouver enfermer dans une pièce ou être dans un endroit confiné, clos, avec ou sans lumière, sachez que chez les chats (bon fourche-langue ça :-) ), c’est pareil.

Personnellement, je suis claustrophobe uniquement dans des endroits clos, petits et sans lumière. J’en ai fait l’expérience l’année dernière dans le labyrinthe de Durbuy. Il fallait passer dans un petit labyrinthe en bois, haut de 2 mètres environ, fermé et sans lumière, pour arriver de l’autre côté où il y avait une porte de sortie. Il fallait suivre de la main les planches en bois et essayer de retenir par où on était passé pour ne pas se retrouver bloquer… J’étais à 2 doigts de faire une crise de panique, je croyais que j’allais m’étouffer, j’avais perdu tous mes repères et mes idées… car je n’ai même pas pensé à allumer mon gsm pour trouver la sortie… Je me focalisais sur l’idée que je ne devais surtout pas paniquer pour ne pas que mes enfants paniquent à leur tour… heureusement mon homme était là, ouf, il m’a sauvé hihi

Bon, pour en revenir aux chats, je pense que l’un de mes 2 chats souffre de claustrophobie. Ce chat a 12 ans, c’est une petite femelle adoptée à la SPA quand elle avait 1 an, elle s’appelle Chouna. Elle a sans doute été maltraitée dans son enfance car elle est très craintive avec tout le monde (sauf moi), souffle et crache très régulièrement (moyen de défense). La voilà en photo. Ici, c’était en 2012, la 1ère fois que notre fille, alors âgée de 6 ans, a pu la caresser ! Vite, vite, j’ai immortalisé l’instant. Depuis ce jour, elle se laisse caresser par les enfants mais sous certaines conditions (calme, pas de bruit, pas de cri, approche avec douceur). Elle ne s’entend pas avec l’autre chat, Vicky 11 ans.

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Chouna donc a, pour reprendre le terme de mon homme, un sale caractère. Un jour, on décide d’acheter un bac à litière plus grand pour que l’autre chat, qui est plus grand, soit plus à l’aise pour ces moments-là. Ce nouveau bac a une porte et on avait oublié pourquoi on avait enlevé la porte au précédent bac, on croyait qu’elle s’était cassée… que nenni…

Très vite, on a remonté la porte de façon à ce que Chouna puisse aller faire ses besoins là-dedans car on voyait bien qu’elle n’osait pas pousser le truc en plastique qui fait un peu de bruit et qui se referme tout seul sur sa queue…

Le week-end passé, nous revenons d’une balade et je sens une mauvaise odeur… il y avait des excréments, tout plein, juste à côté du bac à litière. Je  pensais que Chouna avait dû avoir peur et qu’elle n’avait pas su se retenir… Je nettoie, puis le lendemain, je me dis « Ah, peut-être que la porte s’est refermée ? » Je marche sur le tapis qui est juste devant le bac et puis mes chaussures collent, et puis ça sent, et puis ça se voit, c’est humide… le tapis était rempli de pipi, car oui, la porte s’est refermée !

Dès que j’ai réouvert la porte, Chouna était là, dans les escaliers, à attendre que je parte pour qu’elle puisse enfin profiter de cet endroit… c’est quand même mieux dedans que dehors. Si ça se trouve, ses miaulements voulaient me faire comprendre ça, mais je n’ai pas su interpréter à temps son message…

A regarder plus attentivement le bac et sa porte : elle est sombre, on ne voit pas au-travers et il est vrai qu’il faut que les chats passent d’une telle façon pour que la porte ne se « referme » pas sur leur queue. Cela est doux, ça ne doit pas leur faire mal, mais cela doit faire assez de bruit et être trop « rapide » pour notre Chou-choun. Et puis, surtout, Chouna, une fois dedans, ne peut pas voir si Vicky l’attend derrière… C’est un endroit pas très sûr pour elle.

Aposématique – vocabulaire

Même en jouant avec les enfants, on apprend des mots de vocabulaire. Grâce au jeu « défi nature – les insectes« , voici un joli mot typique scientificonature :-)

Aposématisme : Quand un animal n’est pas bon à manger, il peut le signifier par différentes façons : visuelle avec des couleurs particulières connues dans tout le règne animal comme étant un poison (le rouge et noir, ou le jaune et noir), chimique avec une odeur particulière, ou même sonores.

Ce moyen de défense (comportement de protection) sert aussi bien la « proie » que le « prédateur », l’un pour ne pas se faire manger, l’autre pour savoir que ce qu’il convoite n’est pas comestible, toxique, voir mortel.

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Bien sûr, certains animaux, rusés, peuvent utiliser le mimétisme en « utilisant » cette méthode d’avertissement pour faire croire qu’ils ne sont pas bons à manger. Ceux-là, sont… intelligents ha ha ha

Les autres, qui ne savent pas « mentir » sur leur goût, ont d’autres ressources pour essayer d’échapper à leur destin de repas : camouflage ou comment se fondre dans le décor, « faire le mort », déstabiliser l’adversaire par des bonds prodigieux, la fuite, la tromperie (faire croire qu’ils sont blessés, empoisonné), et j’en passe.

 

Jeu d’écriture via Béa Kimcat

Béa Kimcat participe à des jeux d’écriture sympas :-)  Celui de Lady Marianne avec un anagramme me tente particulièrement. Cela fait plusieurs fois que je me dis que je vais jouer le jeu… alors voilà, je me jette à l’eau avec leur jeu n° 55 où le mot le plus long à trouver dans l’anagramme est STENOGRAPHIE.

Jeu de Lady Marianne

Participation de Béa Kimcat. Je suis partie de son texte pour faire le mien haha

Et mon texte, enfin, mes idées, avec 2 textes : un long et un très court ;-) Les mots en gras et puis ceux soulignés sont une partie des mots que j’ai trouvé en mélangeant donc les lettres proposées.

L’inspecteur Stéphane est sur une affaire bien spéciale. Une étrange lettre, visiblement codée, a été retrouvée sur le corps mutilé d’un homme en costume gris. A la lecture de cette sténographie sur papier orange, tout laisse à penser qu’il s’agit d’un crime passionnel. Mais cet inspecteur n’est pas dupe. En vingt ans de carrière, on ne la lui fait plus à lui. Les courriers, aussi codés soient-ils, ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

L’homme ne vivait pas seul et l’espoir de clôturer rapidement l’affaire en arrêtant la femme de la victime paraît trop beau. Plus tôt dans la soirée, le couple avait été patiner au centre-ville. Juste après, ils avaient dîné avec un gratin fait maison et le dessert, un soufflé aux poires avait été délicieux d’après la voisine qui était venue à l’improviste demander des graines de sarrasins pour son propre plat. Il y avait là paquet d’alibis et, pour l’inspecteur Stéphane, ce couple vivait le parfait amour, pas le moindre mobile à l’horizon pour accuser cette pauvre femme de ce crime horrible.

Pendant que l’inspecteur interrogeait une dernière fois l’épouse de la victime, une araignée courait au plafond du salon, un serpent sifflait dans son terrarium et, sur le coin d’un tapis brodé en points de croix, une éponge vivante mourait d’asphyxie. Tout cela, alors que dehors, un héron se posait maladroitement sur le toit en pente de la maison d’en face. Aucun détail n’échappait à l’inspecteur, sauf peut-être le bloc de correspondances orange qui se dissimulait à peine sous une thèse de géographie à corriger et un peigne posé là par hasard. L’inspecteur se voyait mal mettre l’épouse en prison pour un crime qu’elle n’a pas commis, aussi, il songea à rentrer chez lui non sans une dernière phrase de condoléance à sa maîtresse, épouse de sa victime.

* * *

L’araignée, éprise d’amour pour le serpent, allait lui faire parvenir la plus belle sténographie quand tout à coup, le héron se jeta sur elle et la dévora sans regret. Après avoir passé l’éponge sur ce crime ma foi tout naturel, l’échassier se coiffa avec son plus beau peigne, pour aller patiner avec sa fiancée sous la lumière du phare allumé pour l’éternité.

Je dis… et…

Je pensais ne pas « pouvoir » participer à la proposition 55 de Tisser les mots de ce mois car je ne me sentais pas l’inspiration nécessaire pour pondre quelque chose de valable. Puis, en rangeant un peu mes fardes d’écriture, j’ai ouvert celle consacrée à la Créativité Écrite, ces ateliers par correspondance de la communauté française auxquels j’ai participé en 2006 et 2013 partiellement pour cette année-là. Le premier devoir qu’il fallait rendre était aussi basé sur le poème d’un auteur belge : Albert Ayguesparse.

Alors, je tente de m’y mettre, je commence une série de « Je dis… et… », puis une seconde. Aucune des deux me conviennent. Puis, ayant finit le livre « Aux bords du lac Baïkal » depuis peu, une idée traverse mon esprit : et si je faisais un poème avec tous les animaux présents dans ce livre ? Et c’est parti…

Comme à chaque fois que je suis « prise » par une idée, j’en oublie certains détails de la proposition… ici j’avais omis la contrainte de commencer le poème par « Je dis murmure, et… » alors je viens de modifier le début de mon exercice ;-)

Je dis murmure, et que ce poème vous inspire une envie irrésistible de lecture.

Je dis aigle, et tout là-haut dans le ciel, il crève l’horizon pour s’abattre sur sa proie telle une pierre coulant tout au fond du lac.

Je dis marmotte, et sur ce brin d’herbe vert et tendre tout occupée qu’elle est, le danger à proximité n’est pas évalué.

Je dis ours, et cette masse brune imposante discute avec une drôle de pie en toute innocence.

Je dis taupe, et les galeries souterraines qui courent sous mes pas sont autant de labyrinthes pour l’étranger qui passe par là.

Je dis glouton, et je vois cet animal avec un estomac sans fond tailler une bavette avec une petite pâquerette.

Je dis mouette, et leur rire dans les airs rebondit sur les nuages au-dessus de la mer.

Je dis escargot, et avec sa maison sur son dos, il veut nous faire croire qu’il est le plus beau de tous les animaux.

Je dis tigre, et le félin fier mais fainéant cherche sa pitance d’un pas arrogant, sans aucune patience.

Je dis pie, et la queue aux doux reflets bleutés s’agite au gré du vent par les esprits dont le corps est parti se reposer.

Je dis rats, et grouillent sur le sol ces petites bêtes pressées qui tout en s’aimant ne cessent de se chamailler.