Un, deux, trois, l’escargot s’envolera

Je vous ai déjà dit que j’adore regarder, observer, photographier, les escargots (non, je n’en mange pas !!)… pour son anniversaire, mon compagnon a osé en dévorer sous mes yeux, quel toupet ! :-)  ce jour-là, les escargots se sont vengés, ils nous en envahit, encerclant la maison. Il y en avait partout, certains ont même pris des cours de… vol !

La preuve, en images :-)

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Les dessous d’un escargot oh ! oh !

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Sur cette photo ci-dessous, on voit mieux tout l’effort qu’il doit fournir pour décoller… il en oublierait presque de prendre sa coquille avec…

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Bon, vu les crasses sur cette dernière photo, vous avez compris où se trouvaient ces apprentis voleurs ? –> sur nos fenêtres.

Quand je vous disais qu’ils nous envahissaient, ce n’était pas une expression.

Voyager en train, toute une histoire

Mes voyages en train ne se ressemblent pas. Il n’y a pas un jour qui soit exactement pareil à un autre ! Quand je suis fatiguée mais que je ne veux pas dormir par peur de louper mon arrêt, ou quand je viens de finir un livre et que je ne veux pas en lire un autre juste après pour garder encore quelques heures, un jour ou deux, l’histoire dans ma tête, dans ma peau, je me mets à observer les gens.

Un jeu d’écriture existe où il faut décrire un moment ou une personne sans rien inventer, dire simplement les choses telles qu’on les voit. Un exercice pas si facile qu’il n’y paraît car on met toujours des suppositions, on croit ceci ou cela.

La coïncidence a voulu que le même jour je me suis exercé à ce petit jeu. A l’aller je venais de finir un livre, au retour, j’étais fatiguée. (à lire ultérieurement sur ce blog)

Dans la même semaine, trois jours plus tard, alors que j’ouvrais un nouveau livre, il y a eu quelques échanges de mots entre 2 hommes, juste devant moi. La plupart du temps, pour me couper du monde qui grouille tout autour de moi, pour me plonger complètement dans un livre (et dans ma petite bulle), je mets de la musique dans mes oreilles. Il suffit qu’il y ai trop de monde (l’heure de pointe débute à 7h !) et que je ne trouve pas une place que j’aime bien, pour que des gestes, une sensation électrique, une tension, perturbe mon attention. Avant même d’enlever mes écouteurs pour entendre la raison de leur différent, je savais qu’ils n’étaient pas contents et que « ça » râlait sec.

J’emprunte tous les jours le train, et je pourrais presque vous raconter une anecdote quotidienne.

Un jour, je me surprends à trouver mignon deux hommes qui se draguent, car faire la cour, séduire, toucher la corde sensible, attirer l’attention de l’autre, que l’on soit de sexes opposés ou du même sexe, c’est la même « procédure » ;-)

Un autre jour, ma voisine est une institutrice primaire qui corrige des exercices (ou une interrogation), et je suis étonnée de découvrir autant d’écritures différentes chez des élèves d’une même classe, de même âge.

Un autre jour encore, sur le chemin du retour, des voyageurs se retrouvent. Ils se connaissent, car ils « réservent » les places sur les sièges de 4. Ils rigolent, ils parlent fort, ils échangent des souvenirs de voyage. J’aime entendre des commentaires d’habitués comme : « Oh, on est à l’arrêt, j’espère que ça sera rapide, pas comme la dernière fois où on est resté coincés plus d’une heure. » Le tout dit dans la bonne humeur, avec un sourire ou un rire qui appelle un autre souvenir à partager.

Parfois, moins drôle, c’est autre chose qui me perturbe, pas besoin d’enlever mes écouteurs ou de lever les yeux pour sentir le vomis d’une personne malade qui n’est pas arrivée à temps à la toilette. J’ai un odorat très sensible, beurk…

Il y a aussi les enfants, les bébés, qui crient et qui courent dans le wagon…

Mais il y a aussi des gens, comme moi, qui s’enferment dans leur bulle. Un jour, au retour, je m’installe sur un fauteuil côté fenêtre où il y a 2 places. Je roule à l’envers, mais cela ne me dérange pas dans le train, je n’ai pas le mal de transport (ouf). Au moment où je mets mon sac à dos à côté, que je lève la planche pour mettre mon petit et vieux pc portable et que je choisi ma musique, mon champ visuel périphérique capte une similitude : de l’autre côté du couloir, à la même rangée que moi aussi installée côté fenêtre, une jeune femme. Mon double : la trentaine, cheveux châtain mi-longs rangés dans une couette, jeans bleu, basket, chemise à carreaux, sac à dos, et pc sur tablette ! Physiquement, elle ne me ressemblait pas, mais on avait le même style vestimentaire, la même façon de ranger nos cheveux, la même idée pour passer le temps dans ce voyage en train. Une autre habituée… qui tapait aussi à l’aveugle sur son clavier ! ça fait bizarre quand même, presque effet miroir :-)

D’habitude, le matin, il y a 3 catégories de voyageurs dans mon wagon : les dormeurs (la moitié), les lecteurs et les travailleurs sur pc. C’est très calme, je ne dois parfois même pas mettre mes écouteurs sur mes oreilles.
Le soir, enfin au retour, l’après-midi car je finis tôt, c’est différent : quelques dormeurs, des profs, des étudiants, des lecteurs, des voyageurs occasionnels, c’est moins calme.

Je me dis parfois qu’il y a peut-être des gens avec lesquels je vais finir par lier connaissance… mais tout ce bruit, tous ces gens, tout ce monde, tout ce brouhaha, tous ces empressements,… je ne suis pas sûre de m’y habituer un jour !

Au début, je me mettais en « arrière », j’attendais que tout ce monde pressé rentre dans les wagons… mais alors, je n’avais pas toujours une place assise ! J’ai compris que les places sont précieuse, ceux qui gagnent sont ceux qui visent juste… faut que le train arrive pour voir toutes ces fourmis se presser sur le bord du quai, calculer l’endroit approximatif où les portes du wagons s’ouvriront… le matin, c’est horrible comme sensation. Il n’est pas 8 heures que tu dois déjà te battre pour avoir une place assise dans ton train.

Voilà, je voulais partager avec vous ces quelques mots :-)

Le silence est … dehors

Je cherche des papiers… ça me prend du temps… je descends, je n’entends plus rien… où sont mes enfants ? que font-ils ?

Le silence est dehors… et d’or car rares sont les moments où ils sont ensemble, sans un bruit, sans un cri  :-)

Ramasser, déposer, observer, trier les escargots… ça prend un temps fou ha ha

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Il pleut, il mouille… trop,
C’est la fête aux escargots  :-)

Les disparus de la 58 explications

D’abord, un lien pour chaque texte afin que chaque auteur de « départ » puisse retrouver la suite que j’ai imaginée pour leur personnage.

Dominique   –   Dorothea   –   Josée   –   Lilyne   –   Lyn   –   Martine   –   Michel   –   Odile   –   Paul Eric   et   Ginette

Une petite explication supplémentaire à propos de ces textes, de ces 10 textes, que vous avez lus.

J’ai démarré l’écriture très vite, parfois l’histoire venait rapidement, parfois non. C’est quand j’ai commencé à être bloquée que j’ai eu l’idée de prendre des contraintes (du livre d’Eva Kavian) pour m’aider à terminer le défi que je m’étais imposée ;-)

Donc pour les premiers textes qui étaient déjà écrits, je suis revenue un peu en arrière, et je les ai retravaillé légèrement afin de coller à la contrainte. Mais, comme l’a si justement bien expliqué Stéphane Van Hoecke lors de l’atelier d’écriture, les contraintes existent pour nous aider à démarrer, à approfondir notre texte, notre histoire, elles ne doivent en aucun cas être un frein à l’imaginaire. Donc, on peut, parfois, s’écarter légèrement de la contrainte, c’est ce qu’il m’est arrivé 2 fois je pense, pour 2 textes différents.

Comme je ne suis pas quelqu’un qui écrit de longues histoires, bah, oui, j’avoue qu’à la fin, pour le dernier texte (désolée Ginette), j’en avais un peu marre. J’ai voulu faire court en racontant que tout cela n’était qu’un rêve, mais en lisant le tome 2 du livre d’Eva Kavian (oui encore et toujours elle, hihi), j’apprends que clôturer un suspense par l’explication d’un rêve, c’est d’un banal horrible sans parler que l’effet tombe à plat, bref, c’est nul.

Donc, je ne l’ai pas fait… et j’ai essayé d’écrire vite fait 3 minis versions pour ce personnage. Pourtant, ce jeu, cette contrainte d’écrire plusieurs versions d’un même événement, vu par différents protagonistes est super intéressant… je le referai donc une prochaine fois avec un autre texte :-)

Enfin, je remercie Nicole, de Tisser les mots et tous les auteurs des 10 textes pour leurs imaginaires et leurs histoires…

Les disparus de la 58 – 10

Texte de Ginette sur la proposition 58 de Tisser les mots.

Contrainte du livre d’Eva Kavian (écrire et faire écrire, tome 1)

Contrainte page 85 : crime ou délit au sens large. Texte en 3 morceaux : 3 narrateurs différents (coupable, victime et témoin)

Nada est stressée. Elle a peur. Elle ne maîtrise rien de ce qu’il se passe ici. Elle, tout ce qu’elle voulait, c’était partir. Fuir sa vie passée, ses autres vies. Femme de ménage que ce soit dans un hôpital, chez un privé ou ailleurs, c’est le même job, et elle en a marre. Mais rien ne va comme elle veut, d’abord ce train, puis ces gens, cette ville, cette fille pour un taxi… puis, elle comprend, elle doit certainement être dans un mauvais rêve… Elle veut se pincer la joue, comme dans les films, pour voir si elle va se réveiller. Mais rien ne se passe, aucun réveil, mais une douleur, c’est qu’elle n’a pas été de main morte.

Quand elle se retourne pour répondre à la question, elle sent que sur son dos, dans son sac, ça bouge. Que vient faire cette stupide boule de poils dans son sac ? On dirait un hamster, un hamster nain, et dans sa gueule, il tient un morceau de viande indéfinissable…

*

Le désir d’une nouvelle vie débute assez mal, je l’avoue. Prendre un petit morceau de souvenir partout où j’ai bossé, n’était pas une bonne idée. Ce sac m’encombre plus que tout autre chose. De plus, je ne sais pas où je suis, tout à l’air bizarre ici, le train, les gens, la ville. J’ai l’impression que je suis dans un foutu cauchemar où à chaque micro réveil, je me rendors aussitôt, sans avoir la capacité de me réveiller complètement, puis, malgré moi, je poursuis ce mauvais rêve.

Voilà qu’on m’apostrophe ! Manquait plus que ça. Mon sac, mon sac, pourquoi elle veut voir mon sac celle-là ? La bestiole est toujours vivante, j’aurais dû la tuer quand j’en avais l’occasion, car carnivore comme elle est, elle va finir par me dévorer tous mes souvenirs. Tiens, et si je lançais ce hamster à l’estomac surdimensionné à son visage ? Je ferais d’une pierre, 3 coups : je me débarrasserais de ce stupide animal quitte à perdre un souvenir, mon sac serait plus léger et on me foutrait peut-être la paix après ça. Bonne idée Nada. Tu vois que quand tu veux, tu peux réfléchir. T’es pas stupide au fond !

*

Cette bonne femme est tarée ! Ce n’est pas la prison qu’elle mérite, c’est l’asile psychiatrique, la camisole de force ! Jean-Philippe en est certain, il n’est sûrement pas le seul à s’être fait avoir de la sorte par cette femme complètement frappadingue ! Lorsqu’elle l’avait menacé avec sa fourchette, bien qu’elle ai manqué de peu son œil, il avait eu un bout d’oreille en moins ! Il s’était enfuit en courant, se retournant une dernière fois pour la voir ramasser et le lobe de son oreille et la fourchette. Elle avait mis ces deux objets dans un mouchoir en papier et puis elle avait sourit !

Aujourd’hui, sur cette île, même s’il ne peut toujours pas déterminer avec précision à quelle latitude et longitude il se trouve, quand il la voit au loin ouvrir son sac à dos et parler avec l’homme invisible, il se dit que la folie est contagieuse et qu’il doit être lui aussi chez les fous pour la rencontrer ici, elle aussi !