Quand un mot d’enfant devient inspiration

Ce matin, mon fils m’a raconté son rêve et c’est en y reparlant ce midi que j’ai réalisé que je pourrais intégrer un élément de son rêve dans le roman que j’écris ! L’inspiration vient d’où elle veut :-) Il y a un oiseau rare dans mon histoire, au vrai sens du terme…

Son rêve dans lequel il y a un lapsus, une confusion.

J’ai rêvé que j’avais un oiseau rien qu’à moi : un colibri. Et toi tu avais aussi ton oiseau, c’était une chouette aigrette. Ma soeur avait une mésange bleue. Mamy plein de petits oiseaux : des mésanges, de différentes sortes, des moineaux, et tout et tout. Papa, lui n’en voulait pas. Parrain et nanou avaient un oiseau pour eux deux : un grand perroquet rouge. Et papy une poule qui bouffe tout… elle mangeait même ses mégots de cigarettes. Mon cousin, un petit oiseau, un moineau, qui volait partout dans sa chambre, il volait partout autour de lui. Ma petite cousine n’en avait pas, elle est trop petite, mais elle pouvait jouer avec celui de son frère. Marraine et Philippe un bébé ara bleu. Même grand’Mamy en avait un : un hibou. Et moi, je visitais toute la famille. J’ai vu tous les oiseaux que vous aviez. Mais moi, j’avais le plus beau, un colibri !

C’est trop chou et très révélateur  :-) J’ai rigolé pour la poule de papy… papy est une bonne fourchette ha ha Et j’ai eu aussi un pincement au cœur quand il m’a dit qu’il a même vu Grand’Mamy avec un oiseau… elle est décédée il y a un peu plus de 4 ans.

A part cela, avez-vous remarqué le lapsus ? l’erreur ?

Merci à ma maman pour ce petit montage photo !

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Mon village au 1er juillet

projet village

Cela se passe de commentaire… sauf peut-être que le livre de Chris Baty, via le Nanowrimo, conseille, pour un roman, d’atteindre l’honorable chiffre de 50.000 mots en 30 jours.

Et juste encore un détail (je suis trop bavarde, je le sais), le document entier, c’est avec les 1ères idées écrites lors du week-end d’écriture !

Expressions Torsepied et clin d’œil

Les expressions relevées dans le livre Torsepied (clic pour avis de lecture) :

  • Chercher de midi à quatorze heures
  • Tuer dans l’oeuf
  • Prendre au pied de la lettre
  • Se coucher avec les poules
  • Pousser le bouchon un peu loin
  • Porter le chapeau
  • Être une poule mouillée
  • Être dur de la feuille
  • Prendre la poudre d’escampette
  • Se mettre martel en tête
  • Faire chou blanc
  • Être mené en bateau
  • Prendre les jambes à son cou
  • Se plier en 4
  • Être comme un coq en pâte
  • Se fourrer le doigt dan l’œil

Et le petit clin d’œil, c’est pour le nom de l’étrange chat… Otto l’a baptisé Chester, comme dans le chat d’Alice au pays des merveilles ;-)

Le pigeon descend du troll

Le pigeon descend du troll

Ce matin, en prenant la route habituelle du travail, en quittant ma maison, ma famille, et foulant l’allée de pierre qui traverse un petit coin de verdure, j’ai découvert une chose extraordinaire ! Stupéfaite par cette révélation, j’ai d’abord pris cette photo, puis, chemin faisant, l’image encore imprimée à l’encre invisible sur ma rétine, l’évidence est venue comme une ampoule qui s’allume lorsque l’on a une idée lumineuse et subite : le pigeon descend du troll !!

Bien que je sois certaine de cette information grâce à la photographie indiscutable qui ne jette aucun doute quant à son authenticité, je ne m’autorise pas l’honneur de le crier sur tous les toits… je n’aime pas attirer l’attention sur moi… Aussi, seuls mes fidèles lecteurs ont droit à cette nouvelle scientificofantastique, en primeur !

Le bébé pigeon, quand il naît, sort de l’œuf, presque nu et aveugle. De gros yeux globuleux tendent la fine membrane de la paupière encore fermée, la peau du visage est de couleur grisâtre est parfois remplie de plis, son bec, long, large et souple, semble disproportionné par rapport au reste de sa tête dodelinante et ses pattes quasi invisibles sont tellement faibles qu’elles ne portent pas encore les quelques grammes de l’oisillon fragile et entièrement dépendant des parents.

Quelques jours plus tard, le duvet s’étoffe et des plumettes jaunes poussent un peu partout, disparate, sans aucun ordre nous semble-t-il… Oui chez un pigeon, du jaune poussin !

Et c’est à ce stade que les gènes du troll apparaissent momentanément. Les oreilles, qui normalement sont inexistantes (il n’y a qu’un trou habituellement), poussent en pointe ! C’est en effet à cet âge que le pigeonneau passe en phase « sale caractère ». Encore incapable de se débrouiller seul, il peut néanmoins rendre la vie impossible à ses parents en poussant sans cesse de petits cris plaintifs faisant croire à une mort imminente par famine. Il va jusqu’à tendre son cou pour donner des coups de bec afin de faire semblant qu’il est prêt à dévorer n’importe qui et n’importe quoi ! Un vrai troll en somme, n’est-ce pas ?

Si vous en doutez encore, sachez que certains comportements dignes d’un sale caractère ont été rapportés par certains éminents ornithologues (coups de becs qui se perdent dans une fraternité, excréments déposés sur la tête des plus jeunes, expulsions hors du nid, coups de patte qui se perdent trop régulièrement, ailes tordues dès que les parents ont le dos tourné, etc). Néanmoins, ne voulant pas faire dans l’anthropomorphisme, ces agissements ont été interprétés d’une autre manière afin de rester plausible au regard du plus grand nombre de la communauté scientifique.

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Un texte tout à fait abracadabran, je l’assume  :-)  … au départ d’une photo… que ce pigeonneau repose en paix… dans l’estomac de je ne sais quelle bête (chien, chat, souris, rat ou oiseau ??)

Tranche de vie d’un navetteur

La semaine passée dans le train… un navetteur pas comme les autres. Ils sont tous différents, nous sommes tous différents… parfois l’un ou l’autre attire mon attention, comme ce jeudi matin passé…

J’écris tout de go, j’écris comme ça se passe, sans notion de justesse, mais plutôt dans le détail des retranscriptions…

Homme d’une 70aine d’années je dirais… marche avec difficultés, s’aidant d’une béquille… ne semble pas très propre sur lui avec un pantalon noir, aux multiples poches, jauni par endroits, chiffonné de partout, comme son visage.

Casquette noire vissée sur sa tête, barbe et moustache blanche et jaunie par un cigarillos (éteint, je fais gaffe à ce qu’il n’allume pas) collé à ses lèvres. Lunettes avec des verres assez épais. Parle d’une voix forte… ouvre sa canette de bière à 7 heures du matin… précise qu’il va bouffer dès qu’il arrive à Ostende… que hier il a voulu engloutir des moules mais pas moyen d’en trouver…

Il lit le journal et passe la moitié à son voisin d’en face qui le lui demande…

A 7h30, juste avant le 1er arrêt, des relents de bière mélangés à la cigarette arrivent jusqu’à moi, juste un siège et un couloir me séparent de ce parfum écœurant.

Il a fini son journal, alors il sort son petit carnet de mots fléchés ou mots croisés… il se frotte le genou droit, il doit avoir mal…

Ses ongles sont longs, légèrement courbés vers l’intérieur, prolongeant le bout des doigts, jaunes et noirs… Le bic dans sa main droite est tenu par 2 doigts, presque avec le poing fermé, serré… des doigts remplis d’arthrose tordus par la douleur de la vie.

Je « l’aurai » jusqu’au bout… logique car il descend plus loin que moi… Avant que son voisin navetteur ne se lève pour se préparer à descendre au prochain arrêt, il l’informe que lui aussi travaillait avant. Il était dans les ascenseurs, son dernier boulot était à Bruxelles et quand il a terminé, le dernier jour, son chef l’a raccompagné jusque chez lui en voiture. Oui, il l’a raccompagné jusqu’en voiture (il répète… il devait apprécier son patron)

Il montre sa béquille et précise qu’il l’a payée 100 euros, c’est parce qu’il s’est tordu le genou. Au début, il louait 1,50 euro par jour, il valait mieux l’acheter vu qu’il l’utilise tous les jours.

Oui, il se promène beaucoup maintenant, il aime ça.

Grosse veste au motif quadrillage. Un petit sac brun en bandoulière sur son épaule… genre cuire ou simili cuir, foulard aux motifs taches de léopard enroulé autour de son cou.

Quand personne ne lui répond, il fait silence… mais l’odeur est toujours là… m’incommode… l’inconvénient des transports en commun, on ne peut pas « fuir » si on veut garder sa place lolll

Il n’est pas méchant, juste un peu seul et un peu sourd pour parler si fort… Il me fait beaucoup penser à mon beau père qui est décédé : surtout quand ce navetteur a lâché pour une raison que j’ignore (je n’ai pas tout entendu) : « je vais lui péter la gueule » ! ça c’était tout à fait le style de mon beau-père (le second mari de ma maman), qui, quand il avait un peu trop bu accompagnait le geste à la parole même s’il ne tenait plus trop sur ses quilles et était sujet de railleries de la part des jeunes « frappes » du quartier.

Vocabulaire

Eh oui, même dans les livres pour enfants, je « découvre » des mots… enfin, pas nouveaux mais disons plutôt pas familiers; des mots que je n’aurais pas moi-même utilisés sans passer par un dictionnaire de synonymes avant :-)

Racionisation : raisonnement trop subtil (Larousse)

Raconter des monards : raconter des cracks, inventer, des bobards (cela dit, je n’ai pas trouvé de définition sur internet !)

Des commentaires dithyrambiques : des commentaires élogieux

Etai d’un navire : câble qui sert à maintenir le mât sur un bateau

Une affaire de moustique

Ou comment écrire une petite histoire sans en avoir l’air ? Voici le 10ème titre des aventures de Meredith by … moi :-) (clic ici pour lire les 9 autres textes)

Une affaire de moustique

Meredith pensait être quitte avec les moustiques. Après les tiques, les mouches, les guêpes, les poux, les fourmis, les araignées et les moustiques, voici donc, tout naturellement, le retour triomphant de ces dernières petites bêtes pas sympathiques. Normal pour des moustiques !

L’histoire commence ainsi :

Calmement posée sur le mur de la salle-de-bains, Dame Moustique observe l’humaine qui rentre dans son repaire, l’air insouciant. Meredith n’a pas encore vu la petite bête, il faut dire qu’elle ne regarde pas systématiquement au plafond étant donné que sa crainte habituelle est, hélas toujours, de voir une énorme araignée se planquer au fond du bain. Mais, voilà que son geste mécanique est d’attraper le pommeau de la douche qui est accroché en hauteur, à l’endroit même où son mari de 25 centimètres plus grand qu’elle, l’a laissé hier. (25 centimètres de différence entre eux, ce n’est pas grand-chose, pourtant son mari ne cesse de lui répéter sa taille quand elle ose ranger des choses un peu trop bas pour lui… Dernièrement, elle lui a fait la même remarque, mais en précisant sa taille à elle ; lui, il peut s’abaisser, elle, ne voit carrément parfois pas l’objet en question vu son emplacement hors de portée de ses yeux) La hauteur du pommeau de douche nous importe peu, sauf que cette information au départ sans importance va s’avérer capitale pour la suite étant donné que Meredith doit, sur la pointe des pieds et en râlant quelques peu, étirer complètement son bras et pencher sa tête en arrière pour l’attraper et que, en toute logique, son regard périphérique capte une tache noire juste à droite, un peu plus haut, que le pommeau. La tache aurait pu être banale, une tache d’humidité ou… Ou une bête ! Car soyons réaliste, il n’y a pas grand choix dans une salle-de-bains, à cette hauteur, qui peut correspondre à une tache noire.

L’histoire se répète donc. Meredith aurait dû flairer le danger à l’instant même où elle a repéré le moustique, mais malgré son âge, elle reste naïve et pense bêtement que le moustique va se tenir tranquille s’il tient à sa vie. En effet, au début, le comportement de la bestiole, aurait presque pu donner raison à Meredith. Encore ensommeillée par une nuit courte, Dame Moustique ne bouge pas une patte, profitant un maximum du spectacle qui s’offre à elle, à savoir une belle et grande superficie de peau délicieusement parfumé à l’odeur de sang sucré. Elle a l’embarras du choix, n’est-ce-pas ? Qu’auriez-vous fait à sa place ? Hein ? Affamé, car vous n’avez rien mangé depuis des plombes, voilà qu’un repas vous est servi sur un plateau d’argent, enfin une baignoire qui n’est pas en argent, mais qui est là, devant vous, à portée de vos dents…

Tous les sens de Dame Moustique se réveillent. Tel un chat, elle étire ses pattes, nettoie ses antennes, secoue ses ailes sans s’envoler. Meredith peut même interpréter le désir du moustique par une certaine excitation palpable. Fébrile, l’humaine peut même voir l’appendice buccal frétiller de plaisir ! Oui, Dame Moustique fait vibrer sa bouche pour préparer son proboscis allongé (sa trompe quoi, comme les éléphants, si j’avais utilisé le terme de rostre, ma fille m’aurait dit que le moustique n’est pas un dauphin…) à piquer et sucer… après une longue période d’extrême disette, il lui faut bien la nourrir elle, mais aussi ses œufs. Le sang est primordial pour les œufs, il contient plein de protéines, si, si…

Serait-ce donc ici de l’extrapolation ? Meredith ne se préoccupe même pas de cette question car l’insecte bouge à présent de tous ses membres.

Si nous avons bien suivi les aventures de Meredith, cette histoire devrait, pour équilibrer un peu le score, donner Dame Moustique grande gagnante. Mais, toujours si nous avons bien lu les histoires de Meredith, nous pouvons dire que cette humaine-là, bien qu’elle soit compatissante avec les petites bêtes, n’en est pas moins une redoutable combattante. Têtue, pensant à ses enfants (dont le fiston a déjà été dévoré à de nombreuses reprises par on ne sait quelle vilaine et exécrable bête), on peut supposer que l’affaire ne va pas s’arrêter là… sinon, il n’y aurait tout simplement pas d’histoire !

Meredith ne s’affole pas malgré ses poils qui commencent à se redresser sur sa peau découverte. Elle a comme l’impression d’un déjà-vu… avec raison ! Vu l’heure matinale, et étant donné que la maisonnée dort encore à poings fermés, l’humaine chuchote à son agresseur quelques mots d’avertissements du style : « Ne sois pas stupide, j’ai la douche comme arme fatale. Sauf si tu es suicidaire, je ne te conseille pas d’avancer plus que ça. » Mais ces menaces n’ont aucun effet sur le moustique. En effet, si Meredith est têtue, elle n’est pas la seule. Ce que Meredith ignore c’est que cette espèce de Dame Moustique a besoin de son sang pour ses œufs, sans sang, pas d’œufs. Le nectar des fleurs ne suffit plus à cette bestiole. Tous les moustiques n’ont pas cette particularité, il fallait bien sûr que celui-ci tombe sur Meredith ! Et comme pour cette jeune femelle, c’est sa première ponte, elle a toute la fougue et le tempérament nécessaire à cette épreuve oh ! combien périlleuse.

Appâtée par le fumet de l’humaine, Dame Moustique a du mal à se contrôler, ses mouvements sont saccadés, son vol imparfait. Rasant le mur du mieux qu’elle peut, l’insecte a tellement d’énergie et de volonté qu’elle finit par prendre des risques et à se rapprocher dangereusement du visage de Meredith. Erreur fatale ! Sans plus réfléchir, Meredith, tout à fait consciente de son geste meurtrier, oriente le jet de la douche directement sur le moustique. Mais que se passe-t-il ? Le moustique est toujours là, il vole toujours maladroitement, mais il évite les centaines, les milliers de gouttes ? Impossible ! Meredith n’en croit pas ses yeux ! Cette moustique, est une pilote de Formule1, elle évite les projectiles comme aucun moustique n’a fait avant elle ! Finalement, après un temps qui a paru abominable à Meredith, et qui a dû paraître autant interminable à Dame Moustique, l’incroyable phénomène se pose au plafond, presque dans le coin, le cœur battant à mille pulsations à la minute, au moins ! Meredith peut voir tout le corps de la petite bestiole reprendre son souffle. Intrépide et courageuse, Dame Moustique n’est pas moins stupide. Elle s’est posée hors de portée de main, et Meredith n’a pas l’intention d’asperger son plafond pour si peu… Elle pense bien à prendre l’essuie pour en finir une bonne fois pour toutes, mais d’expérience, elle sait que le moustique peut s’emmêler les pattes dans l’essuie et qu’il lui faudra l’enlever de là avec les doigts. Chose impensable pour elle.

Alors, elle le laisse tranquille… enfin pour le moment, car Meredith, avant de quitter la maison, informe sa famille de l’intruse. Avec un mari sans peur ni remords pour la gente Culicidé, elle sait que la vilaine, bien que remarquable par sa vitalité et son audace, a peu de chances de s’en sortir vivante.

Quelques heures plus tard…

Le soir arrive. Meredith revient de son travail, sans aucune pensée pour la pauvre moustique. Alors qu’elle se revêt de vêtements plus confortables, Meredith croit halluciner : ELLE est toujours là ! ELLE est devant elle, à sa hauteur, plus fraîche qu’un gardon, ayant recouvré toute son énergie et son désir de sang ! Les insecticides ne sont pas présents dans la maison… Mais Meredith a trouvé une alternative toute aussi efficace qui sied parfaitement à la situation trouve-t-elle : le spray du parfum « nectar de nature » !

Non seulement, elle asphyxie la moustique, mais elle parfume la salle-de-bains. D’une pierre, deux coups.

Lorsque Meredith pensait s’en être enfin débarrassée, quel ne fut pas son étonnement de la voir agonisante à ses pieds. Là, sans aucun remord, elle l’écrase avec sa pantoufle. Elle lui épargne ainsi une fin de vie longue, difficile et cruelle.

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FIN.
Fin ? Vous êtes sûrs ? Je n’ai pas encore parlé des puces… :-)