Dans le rayon enfant, j’aimerais une fille et un garçon…

Voici, tout de go, mon texte imaginé suite à mon précédent article … , merci Bernard Friot pour cette idée :-)

Si je pouvais, si j’avais le droit de changer d’enfant ? Oh ! la bonne idée… Faut pas me le demander deux fois…

Alors, je fais mon choix. Je me dirige dans le rayon des 5-7 ans. Pour ne pas refaire mon stock de vêtements, je choisi d’abord une fille qui a environ la même taille que celle qui dort chez nous : 126 cm, d’ossature robuste, pour un poids de 26 kg. Peu importe la couleur des cheveux même si j’apprécie que les gens se retournent et engagent la conversation sur le ton roux-auburn du modèle qui ronfle actuellement dans la pièce d’à côté.
Étant moi-même d’un tempérament dynamique, je vais plutôt aller dans la section des sportives. J’en vois bien l’une ou deux qui correspond à l’idée que je me fais d’une petite fille modèle que j’aimerais bien avoir chez moi : la première a les yeux noisettes, quelques petites taches de rousseur sur le nez et en-dessous des yeux (tiens, comme la « mienne »), une peau claire, des fossettes quand elle sourit et de petits pieds. La seconde est d’allure un peu plus fine, plus féminine je dirais, les yeux bleus, les cheveux châtains clairs et raides, et celle-ci est habillée d’un ensemble de tenniswomen. D’ailleurs, elle a des baskets blanches et un bandeau « éponge » à chacun de ses deux poignets.

Je marque mon choix sur ces deux petites filles, je le validerai après être passée dans le rayon des garçons.

Alors, pour les petits trésors… voyons voir ce qu’ils proposent. Toujours pour ne pas changer toute la garde-robes, je vais directement vers ceux qui mesurent environ 105 cm. Le mien est tout frêle, donc j’élimine ceux qui sont un peu ronds. Pour être sûr du poids, je soupèse les cinq qui me semblent se rapprocher des 16 kilos. Une fois cette pré-sélection effectuée, je m’attache à observer, comme pour la future grande soeur, la couleur de leurs cheveux, l’allure générale, et la forme des pieds pour ne pas devoir m’habituer à d’autres chaussures. Celui qui se lève discrètement dans l’appartement a des pieds tout fins, à peine plus petits que ceux de sa soeur… j’en vois un seul qui aie cela donc c’est sur lui que je marque une croix. Pour ne plus me faire avoir, j’entame une discussion avec ce petit garçon, histoire de voir s’il parle bien (parce que le mien, franchement, il se bat encore avec sa langue et tous les « s, j, ch » sont des CH dans sa bouche !), s’il a un vocabulaire étendu (parce que le mien, il en connait pas mal de choses, il retient beaucoup ce qu’on lui dit). D’ailleurs, comme test, pour comparer, je lui demander de nommer tous ces dix doigts… Aïe, ça commence mal, il sait juste le pouce et l’index, les autres, connaît pas. Bon, ce n’est pas grave… ce ne sont que des doigts. Voyons voir s’il est doux, affectueux. QUOI ? Qu’est-ce que je lis sur le mode d’emploi ? Il n’aime pas faire des bisous !? Bon, j’espère au moins qu’il mange bien. Ah, ouf ! Soulagée… Je continue à lire le mode d’emploi, même ce qui est écrit en tout, tout petit. Mais quoi, comment ? Tu ne manges que des légumes cuits à la vapeur ? Bon ça, ça pourrait encore aller… de la viande BIO et des fruits qui ont poussés dans ton jardin ? mais chouchou, on n’a pas de jardin, nous, on vit dans un appartement…

En fait, ce n’est pas si évident que ça que de changer d’enfant… Revenons-en aux filles. Y en a bien une qui « rentrera » dans mon moule ?

Je commence avec la seconde vu que chez les petits gars, celui qui ressemble le plus au modèle que chez moi est en fait à l’opposé de ce que je cherche… Alors ma grande, comment vas-tu ? Comme elle ne me répond pas tout de suite, je lis l’étiquette se trouve à sa nuque et je reprends :
Alors n° ISBN 2005F814, comment vas-tu ?

– Bonjour Madame. Je vais bien, et vous remercie pour votre question. Savez-vous que chez les joueuses de tennis, chez les enfants, il y a beaucoup d’entraînement ? Qu’il faut me sortir deux fois par semaine, sans compter le week-end bien sûr, et qu’il faut venir m’encourager à tous mes matches. En vêtements, je ne suis pas difficile, il me faut du Ralph Laurent, et…

-STOP ! ma grande… je crois que, financièrement, on ne peut pas se permettre du Ralph Lauren…

– Pffff, excusez-moi madame, si je peux me permettre, vous n’êtes pas les parents que je souhaite avoir !

– Qu… Quoi ?

Heu… cela m’en bouche un coin ! Je n’ai même pas envie de savoir si celle qui ressemble le plus à la mienne, est moins bavarde, moins speedée… tout compte fait, je préfère garder les miens,  finalement, je n’aime pas les changements et j’adore mes petits loulous à moi :-)

Jeu d’écriture pour les mamans, papas, grands-parents… et enfants !

Hier midi, en mangeant à mon travail, j’ai fouillé dans la petite boîte de Bernard Friot et de sa fabrique à histoires.  Avec la fin de l’année scolaire – à présent enfin terminée – nos loulous sont un peu surexcités, survoltés, déchaînés… aussi, j’ai souri et des images me sont de suite apparues quand j’ai choisi ces deux outils pour me mettre en appétit :

Jeu de carte « Et si… ? » :
Et si
les parents avaient le droit de changer d’enfant
ET pour vous les enfants :
Et si
les enfants avaient le droit de changer de parents.

Moulin à mots « Qui parle ? » :
Tais-toi, je ne veux pas t’entendre ! Et arrête de gigoter comme ça, tu me donnes le tournis ! Tu ne sais donc pas t’occuper tout seul ? Tiens prends ton livre de français et révise tes conjugaisons, au moins tu ne perdras pas ton temps. Tu ne pourrais pas tourner les pages plus doucement ? Tu m’as fait rater une maille (ou plutôt : tu m’as fait rater mon jeu sur mon iPad…). Mais comment fait ta mère (ton père) pour te supporter ?

Je n’ai pas honte, ces dernières semaines, j’ai bien du leur dire au moins 3 phrases de ce style ! (3 fois sur … une journée bien sûr ! ;-) )

Et je n’avais pas encore pensé à ce jeu « avoir, en tant que parent, le droit de changer mes enfants », donc c’est avec joie que je m’y prête volontiers… et je compte bien demander ce qu’en pensent mes petits monstres… si eux ils pouvaient changer de parents – ben oui, ça va dans les deux sens !

A vos plumes et envoyez-moi par email ou en commentaire votre texte – vous aussi les enfants ! … je me ferai un plaisir de les mettre sur mon blog.

BONNES VACANCES

Porte ouverte

Je rejoue enfin avec Rébecca :-)  pour ce jeu, vive les rêves ! Le but de l’exercice est de faire travailler son imaginaire. On se promène dans un champ quand tout à coup, une porte, seul, se dresse devant nous, en plein milieu du champ.

Alicia, jeune enfant intrépide, s’amuse à courir dans un champ de maïs, quand tout à coup, sa course est interrompue. Face à elle, se dresse une grande porte en bois clair. La petite fille est curieuse et elle entrouvre cette porte pour voir ce qu’il y a derrière.

Au début, elle entend juste deux voix. L’une qui semble demander quelque chose, l’autre, plus ferme, est davantage autoritaire. Quand elle cherche du regard à qui peut bien appartenir ces petites voix, elle est surprise de constater que ce sont deux lapins qui se parlent, tout près de l’autre côté de la porte.

L’un porte une casquette sur sa tête et tient une barre de maïs géante dans une main. Il semble interdire la route à l’autre lapin.

L’autre, tape frénétiquement le sol d’une patte. Celui-ci a l’air plutôt fâché !

–          Nom d’une carotte croquante, laisse-moi donc passer. Puis-ce que je te dis qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort, dit-il au lapin gardien.

–          Je ne peux pas te laisser franchir cette porte. Tu le sais bien. Trop de lapins partis, ne sont jamais revenus. Et de ce que je sais, la plupart vit une vie difficile de l’autre côté. Qu’est-ce que tu crois pouvoir trouver là-bas ?  lui répond l’autre avec des oreilles qui marquent son impatience.

–          Il existe un maître des histoires. Une corneille exceptionnelle qui dompte les mots et qui joue avec les phrases. Je suis sûre qu’elle saura trouver la formule magique qui m’aider à enfin dormir tranquillement.

–          QUOI ? Toute cette scène pour que tu puisses mieux faire dodo ? Je rêve !

–          Tu ne comprends pas ! Je manque cruellement d’heures de sommeil, je suis à bout, je n’en peux plus. Ma femme ronfle, n’arrête pas de bouger et de faire des cauchemars, chaque soir. J’espère que le maître des mots puisse inventer une merveilleuse histoire qui fera que ma douce s’endorme comme un bébé et fasse de jolis rêves sans plus jamais me réveiller.

Soudain, Alicia a le nez qui chatouille. A… Aaa….ATCHOUM ! Oups, vite, elle ferme la porte, faut pas que ces lapins sachent qu’ils sont épiés.

–          Puisqu’il est interdit de voyage par ici, je vais trouver ce maître des histoires et l’envoyer de l’autre côté, dit la petite fille désireuse de vouloir aider ce petit lapin fatigué.

Sur ces paroles, elle se retourne et cherche du regard un oiseau noir.

Il me dit quelque chose : expressions en veux-tu en voilà

Début d’une histoire… (en cours d’écriture)

 

Il me dit quelque chose

 

Introduction

Cette nuit, j’ai mal dormi. Je n’ai pas réussi à poser mes deux oreilles sur mon oreiller. C’était toujours sur l’une ou l’autre que je dormais, mais jamais sur les deux ensemble. Ce qui fait que j’ai entendu la mouche voler, toute la nuit ! Je n’ai pas besoin de miroir pour savoir que j’ai, sous mes yeux, les valises que je prends habituellement avec moi pendant les vacances.

Comme j’ai passé une nuit blanche à cause de la pleine lune qui illuminait entièrement ma chambre, je vous avertis, je suis d’une humeur massacrante. Je suis donc à prendre avec des pincettes. Vous voilà prévenus.

Bon, revenons-en à nos moutons. Si je suis là, si je prends forme sous vos yeux, c’est grâce à cette personne qui me donne vie en tapant sur les quelques touches du clavier de son ordinateur. Et aujourd’hui, vous allez découvrir, grâce à moi, que les créatures extraordinaires existent belles et biens ! La preuve en mots, ci-dessous. Bonne lecture.

Chapitre 1 :

Un oiseau s’est posé sur le rebord de ma fenêtre. Encore à moitié endormi, je ne réalise pas tout de suite l’étrangeté de cet animal.

De mon lit, j’aperçois le haut de son corps, il a une tête de linotte, petite, plutôt ronde et brune.

Derrière lui, le ciel est gris et menace de se déchirer. Le soleil n’a pas envie de se montrer ce matin, peut-être qu’il s’est fâché avec les nuages ? Allez savoir, ce ne serait pas la première fois. On dit souvent « Le chat est parti, les souris dansent », moi, aujourd’hui, j’ai envie de dire « Le soleil est parti, la pluie danse » Sauf, que je n’aime pas la pluie. Ni la danse !

Toujours est-il que malgré mes mouvements, l’oiseau reste là. Il ne bouge pas une plume, pas même quand je jure et secoue mes pieds. Quelle idée de s’énerver au réveil ? Au lever du lit, je mets les pieds dans le plat de raviolis refroidis de la veille… Cette sensation de nourriture, froide, écrasée par mes pieds nus m’arrache un juron pas piqué des vers. Le gros mot, qui est aussi gros qu’une maison (je ne sais pas en faire des plus petits), me vaut une remarque de ma mère. Bien entendu, ma chère maman n’est pas sourde et elle se mêle toujours de ce qui ne la regarde pas, même des gros mots qui ne lui sont pas destinés ! Mais pour lui faire plaisir, et pour me calmer, je lui jette des fleurs par la fenêtre. Elle aime ça, ma maman.

Assis sur le bord de mon lit, de la sauce tomate, dégelasse, encore entre mes orteils, je discerne une autre partie de l’oiseau. Piqué par je ne sais quelle mouche – ou plutôt par un moustique car tout le monde sait que les mouches ne piquent pas, pas même celle qui m’a harcelé toute la nuit et qui m’en veut sûrement à mort depuis que je lui ai jeté la première pierre – je ne prête soudain plus aucune attention à la texture répugnante qui me colle aux pieds. Non, mon regard est scotché à la fenêtre. Maman serait sûrement encore fâchée si elle voyait des cils collés à la vitre, mais tant pis, je veux en avoir le cœur net : quel est ce drôle d’oiseau ?

Chapitre 2 :

Le volatile, que je ne parviens donc pas à identifier clairement, est occupé à essayer de pénétrer dans ma chambre ! Quel toupet !

Quand je réalise cet étrange comportement, je me pince la joue pour être sûr que je ne me suis pas endormi, sait-on jamais, ce serait normal avec la nuit que je n’ai pas eue.

Dehors, la pluie fait une entrée fracassante. Voilà qui explique un peu la réaction de la bestiole : elle veut se réfugier chez moi, elle aussi doit sûrement détester la pluie.

Un oiseau tout mouillé, ça ne sait plus bien voler. Et l’oiseau en question, celui qui nous intéresse et qui n’est pas plus haut que trois pommes, tente de soulever ma fenêtre !

(Oui, je sais, je n’ai pas des fenêtres normales, ce sont des guillotines, mal isolées, horribles à la vue et qui grincent du tonnerre quand elles veulent bien s’ouvrir.)

L’oiseau sue à grosses gouttes. Pensez ! Une petite bête de cette taille rivaliser avec ce bois pourri qui date des années trente. Au moins la pluie le rafraîchit…

Or, à ma grande surprise, et sûrement à la vôtre aussi, la tête de linotte parvient à arracher un cri grinçant au chambranle ! Je suis certain que le bruit se fait entendre à des kilomètres à la ronde car ma mère, toujours la même bien sûr, on n’en a qu’une et on la choisit pas, me rouspète une nouvelle fois. Elle me précise qu’elle n’est pas dupe et que si elle me surprend une nouvelle fois à essayer de me faire la malle par la fenêtre, « ça va chauffer pour moi ». Je suis un peu distrait, et je ne saisi pas tout le sens de sa remarque car, premièrement, je n’ai pas de malle dans ma chambre et deuxièmement, je ne comprends pas pourquoi elle voudrait « me chauffer » car mon radiateur fonctionne merveilleusement bien.

Je laisse tomber la remarque de ma mère. Elle ne fait pas grand bruit car la remarque est amortie par le tapis. Ouf !

Je scrute à nouveau l’oiseau, ébahi par sa force herculéenne. Je ne peux pas vous dire pourquoi, mais lorsque mes yeux s’arrêtent sur ses doigts, oui des doigts et pas des plumes ni des ailes, je ne suis guère étonné de voir deux mains gauches.

Ce … cette chose, cet animal ou appelez-le comme vous le voulez, me fascine ! Je suis sûr qu’avec lui, je ne suis pas au bout de mes surprises.

Trahison de lapin

Le texte ci-dessous démarre grâce à une contrainte de jeu d’écriture de Rébecca : « apprendre à développer une idée ». Et tout démarre avec ce début d’histoire banale. (on ne choisit pas toujours son inspiration… :-) )

« Décembre. Loïc et Myrtille se promènent. Ils rencontrent Gaëtan et discutent avec passion. La nuit tombe. Ils rentrent chez eux. »

 Le terrier de Loïc et de Myrtille est saccagé ! Complètement sens dessus dessous ! Le trou est rempli de boue, des coups de griffes lacèrent l’entrée, et des crottes qui ressemblent étrangement aux leurs parsèment les alentours.

 Celui de Gaëtan, qui est à vingt bonds de lapins de là, est sauf.

Le couple tape de la patte à l’entrée du terrier de leur ami :

–          Gaëtan ! Excuse-nous de te déranger, mais notre terrier a été vandalisé ! Aurais-tu une petite place pour nous jusque demain ? On va en faire un nouveau, mais là, nous sommes trop fatigués.

Gaëtan, célibataire depuis longtemps, a un petit sourire en coin et leur répond :

–          Oh ! Heu… bien sûr avec plaisir. Toutefois, je crains que mon trou ne soit un rien trop petit pour nous trois. J’ai bien une petite place à côté de ma litière, mais c’est tout. Mais,

avant que leur ami ai pu terminer sa phrase, le bon Loïc intervient :

–          Cela ira, n’est-ce pas Myrtille ? Tu dormiras à côté de Gaëtan, j’irai juste à l’entrée, je n’ai pas besoin d’herbes sous mes fesses.

Myrtille, qui connaît Gaëtan depuis sa première sortie de terrier, est bien contente de pouvoir dormir sur de l’herbe tendre et délicieusement odorante.

–          Merci mon lapin. Gaëtan, merci à toi pour ton hospitalité.

 Loïc qui se frotte les pattes de devant l’une contre l’autre, se fait une dernière beauté avant de répondre que c’est tout naturel, entre amis, de s’aider.

 Le couple est si fatigué que Myrtille s’endort presque aussitôt. Loïc ne tarde pas non plus à fermer ses petits yeux. Il se tourne et se retourne sur sa couche sèche. Il cherche sa position quelques instants puis sombre dans les bras de Morphée.

Gaëtan fait semblant de bâiller et s’installe tout content à une moustache de Myrtille. Il attend que les ronflements de ses invités deviennent réguliers pour se rapprocher de celle qu’il aime secrètement depuis longtemps.

Il n’a pas collé sa tête sur le dos de Myrtille depuis deux minutes qu’un gargouillement s’entend.

–          Pfff ! Ces nouvelles fleurs que j’ai mangées tout à l’heure ne sont pas de premier choix !

Il s’éclipse discrètement et frôle Loïc pour pouvoir sortir de son terrier. Pour ne pas le réveiller, il marche aussi silencieusement qu’il peut et va se soulager à quelques mètres de là.

Une fois sa grande commission faite, il revient sur des pattes de velours et se réinstalle tout contre Myrtille, les yeux pétillants de joie. Depuis le temps qu’il attendait de l’avoir si près de lui… son plan fonctionne à merveille.

 Quelques instants plus tard, c’est au tour de Loïc de se réveiller avec des crampes au ventre. Les fleurs que Gaëtan lui a fait goûter le soir ne sont décidément pas faciles à digérer.

Comme son ami plus tôt, il va sur la pointe des pattes se soulager plus loin. La coïncidence veut qu’il aille se cacher au même endroit que Gaëtan !

–          Crotte de renard ! râle-t-il en apercevant les excréments ronds et foncés. On dirait les mêmes qui entourent notre terrier. Celui qui a détruit notre terrier habite donc près d’ici ?

Loïc serait bien tenté de les observer de plus près, mais son ventre lui fait un mal de chien. Tant pis, il fait ses besoins là aussi.

Tout à coup, alors qu’il trouve que ses crottes sentent diablement mauvais, il constate :

–          Mince alors ! Cette odeur, je la connais ! Ce n’est pas possible…

Alors qu’il fait non de la tête, il met son museau sur les autres crottes, rondes et plus foncées que les siennes, et dit stupéfait :

–          ça par exemple ! Ce parfum dégelasse est aussi horrible que celui que je viens de sortir.

Il tâte les crottes et constate qu’elles ne sont pas tout à fait froides. Il tourne le dos et regarde ce qui s’offre à lui :

–          Gaëtan !!

Le terrier de celui qui les héberge est pile en face de lui. Furieux, il fait des bonds de géants puis à deux mètres de là, il s’arrête net.

« Mais pourquoi a-t-il fait ça ? » se demande-t-il alors.

Pour une raison qu’il ne sait pas très bien, il décide de continuer doucement, lentement. Il se fait aussi léger qu’une petite souris et marche comme sur des œufs.

 Arrivé dans le terrier, il ne peut que réaliser qu’il s’est fait rouler par son ami. Gaëtan est à présent collé contre Myrtille.

–          Traître ! crie-t-il.

L’effet de surprise est total. Gaëtan se réveille en sursaut et Myrtille aussi. Loïc ne doit même pas dire pourquoi il a crié comme ça, Gaëtan bafouille tout de suite :

–          Excuse-moi, excusez-moi, je ne l’ai pas fait exprès, mais j’aime Myrtille depuis des années. Seulement, je suis trop timide et je ne le lui ai jamais dit. Pardon, pardon mes amis.

 La belle Myrtille en rougit, mais elle lui dit tout de suite :

–          Tu as détruit notre terrier pour qu’on vienne ici et que je dorme près de toi ?

–          Oui, oui, je suis désolé. Prenez mon terrier, je m’en vais. Je ne mérite pas de rester votre ami.

 C’est alors que Myrtille a une idée. Elle ne lui en veut pas trop, car dans sa famille, quelqu’un est aussi secrètement amoureux d’un lapin… et pas de n’importe quel lapin : Gaëtan en personne !

– Écoute, demain, tu viens avec nous pour nous aider à faire un nouveau et spacieux terrier, car je vais bientôt avoir des petits. Et parce que ce que tu as fait est vilain, je te demande de mettre ta timidité de côté et de parler à ma sœur… Je suis sûre que vous allez très bien vous entendre.

Les aventures de Mérédith

L’été passé, je me suis amusée à écrire 9 petites histoires sur les aventures d’une certaine Mérédith… cette femme a, malgré elle, connu des déboires avec le monde des Insectes.

Toutes ces histoires (les 3 premières sont sur ce blog) peuvent être lues et téléchargées sur Atramenta. (clic)

Au menu :

Meurtre dans la baignoire (1)

Baignoire maudite (2)

Mérédith :3 — Insectes : 0 (3)

Entre deux ongles, la mort (4)

Le guetapan ou la guêpe tapée (5)

La tique (6)

La vengeance d’une mouche (7)

Inspecteur Hexapode (8)

C’est la fin, mais pour qui ? (9 et fin)

Mettre les points sur les i

Dans le jardin des écoles volantes, une petite coccinelle apprend à écrire. Comme tout jeune insecte, elle commence par dessiner les lettres de son nom en grand caractère : C O C C I N E L L E.

Rêveuse, elle imagine que les lettres bougent devant elle et dansent sur une musique muette.

C’est bien plus gai d’apprendre à écrire quand on peut jouer avec les lettres. Le C se transforme alors en une capucine, mademoiselle capucine. Le O devient un beau petit oeillet, tout bleu. Deux autres capucines se joignent à la première quand un iris (pour le i) est emporté par le vent. Un nénuphar prend la place du N. Il a du mal à caser ses deux jambes dans la fleur mais la gymnastique qu’il fait pour y parvenir démontre qu’il est bien souple. Deux edelweiss (le E) rougissent lorsqu’elles se retrouvent entourées par deux magnifiques lys (L).

La coccinelle observe tout ce petit monde et rigole doucement pour ne pas se faire remarquer.

Soudain, l’institutrice parle plus fort :

– Mademoiselle la coccinelle, puisque l’écriture en majuscules ne te pose plus de problème, viens donc essayer d’écrire ton nom en lettres minuscules.

L’insecte se réveille et s’envole sur le tableau. Elle trempe le bout de ses six pattes dans la poudre de craie et écrit :

c o c c I N E LL E

– Bien essayé Coccinelle, mais ce n’est pas tout à fait cela, lui répond l’institutrice. Il ne suffit pas d’écrire avec des pattes de mouches, ou de coccinelle en ce qui te concerne, pour réussir l’exercice. Minuscule ne veut pas dire dessiner les lettres majuscules en plus petit.

Le petit insecte rouge à points noir va retrouver sa place.

Dans deux chants de criquets, ce sera la récréation. Elle va pouvoir se dégourdir les ailes et penser à autre chose qu’à écrire les étranges formes qu’on appelle « mots ».

Le temps passe toujours trop vite quand on s’amuse. Et notre coccinelle va avec des ailes de plomb se poser sur son brin d’herbe, dans la dernière rangée, tout au fond de la classe.

La fin de matinée est consacrée aux calculs. Ouf ! Coccinelle préfère ça. Elle aime bien compter.

Tout à coup, mademoiselle l’institutrice annonce qu’elle ramassera les copies avant l’après-midi. Vite, coccinelle se dépêche de tremper le bout de ses pattes une dernière fois et remplit les cases manquantes d’autant de petits points que le demande l’exercice de mathématique.

– Et n’oubliez pas d’inscrire votre nom en haut de la feuille, précise la maîtresse.

– ZUT ! et rezut ! rouspète l’insecte, pourquoi faut-il toujours noter son nom ?

La coccinelle s’applique du mieux qu’elle peut. Tout à coup, une image lui revient en mémoire : le clavier de son ordinateur de jeu.

« Mais oui ! », pense la petite bête. Je vais écrire comme sur l’ordinateur, c’est plus facile.

Et elle écrit donc : c o c c I n e l l e

Le lendemain, coccinelle, fière d’avoir pensé à son clavier, est impatiente de recevoir sa note.

Quand elle reçoit sa copie, elle est à la fois très heureuse et triste. Très heureuse d’avoir une si jolie note, mais triste car elle ne comprend pas pourquoi madame ne lui a mis que 9 / 10, alors qu’elle n’a fait aucune faute dans ses calculs.

L’institutrice attendait sa réaction. Quand Coccinelle lève la patte, elle l’autorise à poser sa question à voix haute :

– Madame, pourquoi est-ce que j’ai neuf et pas dix ? Je n’ai pourtant fait aucune erreur.

– En effet Coccinelle. Tu n’as fait aucune erreur dans l’exercice, mais regardes un peu en haut de ta feuille… Que lis-tu ?

L’insecte voit un gros point rouge au-dessus de son i, sur son prénom. Elle semble ne pas comprendre.

– Tu oublies toujours de mettre les points sur tes i. C’est quand on écrit en majuscules, qu’il ne faut pas mettre de point.

Et le petit insecte demande alors aussitôt :

– Mais maîtresse, pourquoi est-ce que je dois mettre un seul point dans mon prénom alors que sur mon dos, j’en ai sept ?