Texte de Zygielle, concours achève-moi !

Voici la suite de Zygielle pour le concours Achève-moi. Elle a choisi le texte n° 4, avec le fameux président Rouvière qui se prend pour un cheval…  visiblement, ce début en a inspiré plus d’un(e) et c’est extra de lire tous ces textes différents ! Merci Zygielle pour ton texte.

Texte original de Jean-Claude Bologne (jusqu’au *)

Nosographie

Ceci est une fiction. Toute ressemblance avec un président existant ou ayant existé ne saurait relever que d’une pure coïncidence.

La rumeur se répandit au galop dans toute l’entreprise : le président Rouvière se prenait pour un cheval. Une demi-heure tous les matins, de 11h 15 à 11h 45, avec une régularité de métronome, il s’enfermait dans un réduit reculé, au premier sous-sol, et cavalait bruyamment en hennissant et en ruant dans les meubles. Puis il ressortait, impeccablement cravaté, le cheveu à peine en désordre, et retrouvait toute son autorité sur un conseil d’administration perplexe et des secrétaires tétanisées.

Personne n’osait rien dire. Personne n’aurait rien su, peut-être, si un archiviste maniaque n’avait eu besoin d’un dossier confié à la poussière des caves depuis on ne savait plus combien de générations. Attiré par les cavalcades fougueuses qui s’échappaient du fond du couloir, il avait reconnu dans les cris gutturaux le timbre de son patron et avait tenté d’observer la scène par le trou de la serrure. Peine perdue ; la clé était restée dans l’orifice et l’empêchait de distinguer quoi que ce fût. Il avait confié le terrible secret au gardien, qui l’avait vu sortir bouleversé du sous-sol, en lui faisant jurer sur les clés de saint Pierre de garder le silence. Le gardien promit tout ce qu’on voulut : un tel serment, n’engage le plus souvent qu’à ne transmettre l’information qu’à un ami sûr en exigeant de lui le même secret. Aussi le gardien ne s’en ouvrit-il qu’au portier, un homme de confiance, qui ne le révéla qu’à la standardiste en soulignant combien il comptait sur sa discrétion. La standardiste avait beaucoup d’amis sûrs qui prêtèrent le même serment, et le soir même, seuls des confidents fiables étaient au courant. En fait, pas un salarié, pas un administrateur n’ignorait la découverte du vieil archiviste
Sauf le président, c’était le principal.

Un conseil d’administration se réunit en urgence. Le président était encore jeune ; il avait succédé à son père l’année précédente, et avait fait preuve d’un dynamisme et d’une inventivité qui manquaient depuis longtemps à l’entreprise. Toute l’équipe en avait été revigorée et le cours de l’action avait bondi. Le succès lui était-il monté à la tête ? C’était l’avis du directeur général, qui avait servi sous Rouvière Senior et qui peinait à suivre le nouveau rythme. La secrétaire en chef soutenait qu’il avait été envoûté et qu’elle avait retrouvé une poupée de crin dans un tiroir de son bureau. Le comptable lui demanda si elle n’y avait pas plutôt vu des champignons hallucinogènes ou des dosettes de sucre glace. Les dactylos optaient pour un chagrin d’amour : le président n’avait-il pas dû, en succédant à son père, rompre une liaison qui lui était chère pour épouser dare-dare une héritière mieux dotée ?

Cela vous casse un homme. Le vieil archiviste rappelait que Richelieu lui aussi se prenait pour un cheval, et qu’on n’avait jamais su si c’était par dépit amoureux pour la reine ou à cause de l’ivresse du pouvoir. Cela fit bondir la responsable de la communication, qui souligna l’effet désastreux d’un président hennissant à l’époque du TGV et du supersonique. Un cheval ! Plus personne ne savait ce que c’était dans l’entreprise !

Le lendemain, à la même heure, le président se prenait pour une moto de grosse cylindrée. Cela ne rassura pas la responsable de la communication.

*

Sincèrement inquiète, elle fit part de ses craintes au médecin du travail qui dressa l’oreille. Les hommes de l’art font preuve d’un flair de limier pour les pathologies excentriques, toujours susceptibles de faire l’objet d’une publication dont la légèreté de la bibliographie garantira l’originalité et permettra à l’auteur de baptiser de son nom une composite batterie de symptômes. L’eau vint à la bouche du médecin, qui végétait depuis une dizaine d’années dans un salariat sans éclat. Il compulsa toute la nuit les moteurs de recherche médicaux de la planète, passa en revue des résumés de cas cliniques plus bigarrés les uns que les autres, écarta de justesse un syndrome de Gilles de la Tourette, raya de ses hypothèses les méningites de tous ordres, abandonna l’idée d’une intoxication et refusa d’envisager la schizophrénie. Le DSM V n’admettait pas en ses pages le fait qu’une personnalité animale puisse s’exprimer de manière aussi régulière quoique transitoire : même la lycanthropie ne présentait pas de telles caractéristiques. Quant au rugissement mécanique qui avait succédé au hennissement, il était désormais, de par sa singularité, l’atout principal du médecin, qui, de mémoire de traité des maladies de l’esprit et autres dérangements de l’âme, n’avait jamais entendu dire que quiconque pût se croire une BMW six cylindres.

Il se hâta donc de rassurer la responsable de la communication, qui voyait d’un œil inquiet l’évolution bolidique des bizarreries présidentielles et s’était ouverte de ses craintes au directeur des ressources humaines, plongeant du même coup le pauvre homme dans les affres de l’angoisse : allait-il devoir recruter un lad ou un pompiste ? Les stagiaires affectés à la direction discutaient désormais des mérites comparés de la luzerne et du super sans plomb, et certains envisageaient sérieusement une expérience professionnelle dans le bocage normand ou un DU de raffinage des combustibles.

Le président Rouvière semblait insensible aux conséquences de son étrange comportement. Il affichait une sérénité quasi-bouddhique, et tous les matins à 11h50, une fois recoiffé, se dirigeait avec son habituelle placidité vers son restaurant favori, sans s’apercevoir des regards atterrés et des sourires crispés de ses collaborateurs. Aussi, au bout de trois jours d’invariables chevauchée sauvage et vrombissement mécanique derrière la porte blindée des archives, le médecin du travail ajouta l’anosognosie à la liste des symptômes de son patron.

Avant le weekend de Pâques, alors que chacun commençait à apprécier en connaisseur le ronronnement des cylindres présidentiels, typiquement allemands, les bruits de galop reprirent. Les béotiens émirent l’hypothèse que le président s’était équipé de chaînes à neige, avant de devoir se rendre à l’évidence : les déviances hippiques de leur patron avaient repris le dessus. La secrétaire de direction, quoique bouleversée, édicta en urgence quelques notes de service, priant les responsables du restaurant d’entreprise de bannir la viande chevaline des menus, informant les délégués commerciaux que leur activité était suspendue à la signature d’un contrat de confidentialité leur interdisant toute indiscrétion à propos de l’état du président Rouvière, et précisant à l’ensemble du personnel que, quoi qu’il se passât derrière la porte des archives, cela ne remettait nullement en question le fonctionnement interne de l’entreprise. Puis elle se fit prescrire deux kilos de Lysanxia et se prépara à dormir pendant trois jours.

Le médecin du travail avait quant à lui décidé de mettre à profit ses journées vacantes. Il invita à déjeuner une amie, vétérinaire comportementaliste, et lui présenta le cas de son patron. La jeune femme lui fit un bref rappel des associations surprenantes entre animal et objet manufacturé : il était de notoriété publique que les vaches ruminaient avec plus d’ardeur quand passaient les trains, que les poules évitaient les couteaux et les ânes le bât, que les martinets, malgré une silhouette en faucille, étaient adeptes du fouet, que les chats noirs entretenaient avec les échelles et les miroirs d’étranges et inquiétantes relations et qu’enfin, mais ça tombait tellement sous le sens qu’elle s’étonnait que son ami n’y ait pas songé lui-même, que les motos développaient comme tout véhicule à moteur un certain nombre de chevaux. Ces liens évidents mais finalement, à y bien réfléchir, obscurs, n’avaient pas grand chose à voir avec les troubles de la personnalité multiple, et du reste, elle doutait fort qu’on puisse attribuer au cerveau d’un cheval suffisamment de complexité pour qu’il se prît pour une Harley, et inversement. C.Q.F.D.

L’érudition de son amie donna des ailes au médecin, qui buvait désormais du petit lait. Ni les héritiers d’Hippocrate, ni ceux de Bourgelat, ne lui contesteraient la paternité de la découverte et de la description d’une pathologie nouvelle, qu’elle fût humaine ou animale. Son nom prendrait place dans la nosographie, on ferait de cette cohorte inédite de symptômes des items de QCM au concours de l’internat en psychiatrie, bref, on citerait avec déférence dans les facultés, au même titre que les affections les plus rares, le Syndrome de Morteau.

Le mardi suivant, à 11h15, le président Rouvière s’enferma dans son bureau. Sa secrétaire, dont le weekend hypnotique avait brouillé le teint et flouté les idées, se demanda s’il était possible qu’elle pût ne rien entendre. Elle bailla, tenta une discrète manœuvre de Vasalva, s’enhardit à sonder son conduit auditif externe de l’extrémité toxique de son ongle carminé, puis n’y tint plus : elle s’en fut écouter le silence, l’oreille gauche collée à la porte de son patron. Mais aucun bruit n’était perceptible, ce qui était si surprenant qu’elle évoqua illico l’éventualité d’une surdité brutale autant que précoce. Après avoir lu quatre fois la liste des effets indésirables du Lysanxia, elle se résolut à demander à son stagiaire le plus docile de venir lui aussi écouter ce qui se passait dans le bureau du président. La conclusion fut sans appel : on n’entendait strictement rien, ce qui était plutôt de bon augure, sauf à considérer que la surdité aiguë suspectée par la secrétaire était éminemment contagieuse, ce que démentait le fait que chacun d’eux entendît ce que disait l’autre. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, un monde où les stagiaires pouvait s’en retourner à l’étude exhaustive de la notice de la machine à café.

Cela ne satisfit pas la secrétaire, qui résolut de mener une enquête plus approfondie. Dès le lendemain, par note de la direction interposée (quoique fictive) elle fit enregistrer par les caméras de sécurité les faits et gestes de son patron,. Ce qu’elle vit la stupéfia. Allongé sur la moquette grège, le président Rouvière mimait, avec une conviction telle qu’elle ne laissait aucun doute sur le fait qu’une pareille incarnation était totalement inconsciente, un concombre hybride F1. Le médecin fut convoqué en urgence, de même que quelques employés dont la discrétion n’était plus à prouver depuis deux semaines. Tous admirent l’excellence de l’interprétation, qui aurait fait mourir de honte le plus chevronné des adeptes de l’Actor’s Studio, et le médecin se résolut à inclure cet élément maraîcher à la symptomatologie de son syndrome éponyme.

Face à ce nouveau rebondissement, il fut admis en conseil d’administration extraordinaire qu’une absence aussi courte, même quotidienne, du président Rouvière, ne pénalisait en rien la bonne marche de l’entreprise, et que tant que son potager et ses écuries diverses ne débordaient pas du cadre spatiotemporel qu’il leur avait alloué, nul n’était besoin de mettre en péril l’emploi de dizaines de personnes en faisant du zèle. Les regards se tournèrent vers le médecin du travail dont les ambitions personnelles, qu’il commençait à afficher par vanité, suscitaient désormais quelques craintes et de nombreuses inimitiés.

A 14h 27, le docteur Morteau sortit furieux de l’immeuble. Il quittait le conseil d’administration, qui venait d’opposer une fin de non recevoir à la poursuite de ses observations. Il n’aurait plus accès aux vidéos de surveillance et devrait se tenir à bonne distance de son patron entre 11h 15 et 11h 45. Les employés s’étaient vus interdire de lui accorder leur témoignage. Or, sans preuves tangibles des surprenantes modifications comportementales du président, aucun journal scientifique digne de ce nom ne lui accorderait une publication. Il se précipita donc sur le trottoir, entama une course rageuse et mordit au passage le mollet de quelques passantes. Puis, après avoir pillé quelques poubelles et levé la patte contre les platanes de l’avenue, il rentra chez lui, se coucha dans son panier et, dépité, rogna son os en peau de buffle jusqu’à 14h 57.

mot d’enfant avec la petite souris

Et une canine en moins, une  :-)  après avoir donc perdu sa petite dent, ma fille (7 ans) s’en va chercher sa boîte à dents pour que la petite souris puisse la prendre et lui déposer en échange une pièce de monnaie.

Mais, cette petite boîte, est petite… et on ne la trouve pas de suite. Qu’à cela ne tienne, ma puce me tend un porte-monnaie assez grand et me dit :

– on pourrait prendre ça ?

– tu ne crois pas que c’est un peu grand pour ta petite dent ? dit la môman

– Ben quoi, si la souris veut mettre des billets, ça sera parfait !

– tu crois vraiment que la souris est si riche que ça ?

Heureusement pour la souris, on a retrouvé la petite boîte…

Rencontre au coucher de soleil

Je me suis amusée… je voulais essayer de croiser 2 contraintes : celle des Impromptus (mais je m’y suis prise trop tard) et celle de la Petite Fabrique d’Écriture du mois de février 2013.

Pour les Impromptus Littéraires, il fallait écrire un texte d’après une photo qui représentait un crépuscule et essayer d’inclure autant que possible des mots se rapprochant de ce moment de fin de journée, et pour la Petite Fabrique, il faut écrire un dialogue entre 2 personnes, dont on fait partie, et y inclure une voix off…

Cela donne : rencontre au coucher de soleil

En fin de journée, deux prétendants à l’amour se retrouvent pour la première fois. Ils se sont rencontrés sur Internet, dans un site de rencontres. Lui, Jean-Christophe, a quarante-quatre ans, mais il ne l’a pas mentionné clairement dans son profil, car il a coché la tranche des 35-40 ans.  Ce n’est pas très loin de 40 en fait… Sophie ne le sait pas.

Sophie, la femme qu’il rencontre ce soir, c’est moi. Pas encore vingt ans, mais je me suis un peu vieilli. Tout le monde me dit que je fais plus que mon âge… alors la case des 25-30 ans semblait être faite pour moi.

Nous nous sommes donnés rendez-vous sur un banc public, près de la place Valentin. Nous sommes bientôt à la mi-février, c’est bientôt la fête des amoureux, alors trouver cette place à mi-chemin de notre appartement respectif, c’est un signe ! On croit toujours que la sphère virtuelle est grande, immense, mais si on regarde bien, certains de nos contacts habitent à deux pas de chez nous !

C’est moi qui ai choisi l’heure de rencontre. Je voulais un moment magique, avec un coucher de soleil prévu ce soir à dix-huit heures, cela ne peut être que romantique. Nous voir en fin de journée, cela nous laisse le temps pour nous découvrir, manger au restaurant et rentrer pas trop tard, avant minuit.

 On s’est envoyé une photo, on sait donc à quoi s’attendre. Mais reconnaître une personne d’après une photo, ce n’est pas si évident que ça. Alors, pour être sûrs, on a décidé qu’on mettrait un pin’s de Monsieur Heureux, un bête smiley en fait, sur notre veste.

 Jean-Christophe et moi, on a chatté pendant une semaine et demi, avant ce soir. C’est peu et beaucoup à la fois. Tous les jours, tous les soirs, on parle durant deux à trois heures, sans jamais avoir de blancs entre nous, sans jamais hésiter sur notre conversation.

 Ah ! Le voilà. Le soleil couchant reflète sur son pin’s, je ne peux pas me tromper. Il est en contre-jour en fait, je ne distingue pas vraiment son visage. Il s’approche d’un pas sûr vers moi. Je n’ai pas le temps de comprendre ce qui se passe dans mon ventre, qu’il se tient déjà là, en face de moi :

–          Sophie, c’est toi ?

« Ben oui, qui veux-tu que ce soit d’autre, qui t’attend comme ça, plantée droit comme un i à regarder tous les mecs passer ? »

–          Bonjour Jean-Christophe. Ça fait plaisir de te voir en chair et en os !

« heu, il n’est pas vraiment comme sur la photo, il paraît plus vieux ! Il a le ventre d’une femme enceinte qui doit bientôt accoucher, et…Mon Dieu ! Je distingue quelques cheveux blancs déjà près de ses tempes !! »

–          Tu es ravissante, ce soir. La couleur mauve te va très bien, je trouve qu’elle se marie parfaitement avec la couleur de tes cheveux. Je n’aurais pas cru que tu serais rousse, cela ne se voit pas sur les photos que tu m’as envoyées.

« Moi qui me trouve toujours moche, c’est super gentil ce qu’il vient de me dire. Je dois sûrement rougir ! Mais, je ne suis pas rousse ! »

–          En fait, c’est auburn… ça se voit beaucoup plus à la lumière du jour, surtout avec ce soleil qui rase l’horizon.

–          On ne s’est jamais posé la question, mais tu as quel âge en fait ? Juste vingt-cinq ans, c’est ça ?

« Punaise, s’il sait que je n’ai que dix-neuf ans, il va tout de suite s’enfuir, il va me prendre pour une gamine. »

–          Exact, le mois passé, j’ai soufflé vingt-cinq bougies ! Bien deviné. Et toi ?

« S’il me dit qu’il a trente ans, je ne le crois pas ! »

–          En fait, j’ai bientôt quarante-cinq, mais comme j’ai l’impression que je n’ai pas vieilli ces dix dernières années, j’ai un peu triché en mentionnant ma tranche d’âge !

« Quoi ? Quarante-cinq balais ! Mais il est super vieux, il pourrait être mon père ! »

–          Oh ! Ben, c’est vrai que tu ne les fais pas. Mais ça fait quand même une sacrée différence entre nous, non ?

–          Oui, vingt ans, c’est beaucoup. Mais, cela ne me gêne pas. Et toi ?

« C’est-à-dire que je n’ai jamais connu pareille situation. Je ne m’étais même jamais posé cette question. C’est vrai que mis à part ses cheveux blancs, on ne dirait pas qu’il a presque cinquante ans ! Et puis, moi, je suis encore jeune pour avoir un enfant, les hommes n’ont pas de problème d’âge pour procréer. »

–          Aucunement ! On a tellement de points en commun que cela ne me dérange pas.

–          Très bien. Si on marchait un peu pour nous ouvrir l’appétit ? Après, nous irons dans un bon restaurant.

« Mais que fait-il ? Il me prend déjà la main ? Mais, mais, elle est poilue ! Il a des poils partout ? Ah ! Non, hein, ça je déteste. L’âge, les poils, il va trop vite, ça ne pourra jamais coller entre nous. »

–          Heu, Jean-Christophe, je dois te dire quelque chose.

« Je vais lui dire que je ne suis pas adulte, ça va lui faire peur de sortir avec une mineur. »

–          Dis-moi tout ma chère Sophie.

–          En fait, je… J’ai, je n’ai que dix-sept ans. Je suis désolée, on me dit toujours que je fais plus âgée, et les garçons de mon âge sont vraiment des gamins, alors, tu comprends,  j’espère. Excuse-moi, mais je crois que, cela te poserait des prob…

–          Vingt-cinq ou dix-sept, quelle différence ?  Tu me plais et je crois que c’est réciproque, non ?

« Mais, c’est un malade ! »

– Sophie ! Sophie ! Mais reviens ! Où cours-tu comme ça ?

Mot d’enfant, mot d’amour pas réciproque

Après une semaine « loin » de nous, notre petit garçon revient de sa classe verte très content. Il nous raconte tout ce qu’il a fait, et le super-pot-de-colle-avec-sa-maman-chérie revient en force. A son retour, il n’arrête pas de dire « Maman, tu m’as manquée, je t’aime, je t’aime, je t’aime. » Maman qui lui dit bien sûr la même chose, en le couvrant de baisers.
Puis au moment de le coucher, après la petite histoire du soir, les bisous et les câlins de maman, vient le tour du papa de souhaiter une bonne nuit.

Papa lui dit : « Comme tu m’as manqué, mon bonhomme », puis de lui faire un gros bisous.
Lui, répond, sans sourciller, sans le sourire aux lèvres : « Pas toi ! »

Pauvre pôpa. On t’aime tous tu sais :-)

 

Regouper nos textes du concours achève-moi !

Suite au concours Achève-moi 2012-2013, nous sommes plusieurs à nous dire qu’il serait intéressant de regrouper les textes non-élus afin de les regrouper dans un recueil. Si vous avez participé à ce concours, et que vous n’avez pas eu de réponses, c’est que vous n’êtes malheureusement pas sélectionnés parmi les gagnants… mais vous êtes les bienvenus dans ce recueil :-)  Selon le nombre de participants, on pourrait éditer ce recueil en papiers ou au format électronique.

Sur un blog, j’ai pu lire une autre nouvelle écrite dans le cadre de ce concours. J’en ai reçu une autre en lecture et je peux vous dire que les histoires sont très intéressantes et bien écrites ! Connaître l’univers d’autres participants, leur imaginaire, me plaît beaucoup. Comment, sur une contrainte similaire (même s’il y a eu plusieurs débuts de texte proposés), nous avons pu écrire des histoires différentes, ou au contraire, avec certaines similitudes ?

Envoyez-moi un mail pour me dire si vous êtes tenté par ce recueil collectif… :-)  ou répondez-moi en commentaire sous cet article…

Petit info intéressante : l’auteur Jean-Claude Bologne, qui a écrit la nouvelle avec le président Rouvière qui se prenait pour un cheval, est également partant pour nous faire découvrir la suite de ses aventures ! Quelle excellente idée !

Un rêve extraordinaire !

Il y a quelques nuits, alors que mon petit garçon revenait de sa semaine de classe verte, j’ai fait un bien étrange rêve. Mon fils m’a expliqué qu’avec ses petits camarades, ils sont allés voir des trous de fées dans la forêt… il n’en fallait pas plus pour faire travailler mon imagination dans mes rêves…

Je suis toujours curieuse des rêves, ce qu’ils pourraient signifier, combien de temps ils pourraient durer, si on rêve en couleurs ou pas, comment trouver les vrais signes dans les rêves, les interpréter, … pas vous ?

 Un rêve extraordinaire

 Je travaille dans une poste médicale. Oui, une poste qui consiste à soigner les gens. Mon boulot consiste à vérifier que les lettres d’attention et les petits paquets de bons rétablissements qui sont envoyés aux gens malades ne coulent pas, ne déteignent pas, ne puent pas.

Un jour, un petit garçon arrive à mon guichet. Il a dix ans tout au plus. Je lui demande son courrier afin de le peser et de savoir combien de timbres il peut y mettre dessus pour affranchir correctement. Son enveloppe est faite main, c’est un papier replié sur les bords. Il me demande mon aide car il faut appuyer sur les deux bords latéraux en même temps afin que l’enveloppe se ferme correctement. Je trouve ça bizarre, surtout que quand moi je continue d’appuyer, lui il relâche sa main. Après un instant, l’enveloppe se gonfle, et je peux apercevoir par transparence des petits bonbons, des chocolats et autres friandises. L’enveloppe de bons rétablissements est sûrement destinée à un enfant malade. L’enveloppe gonfle beaucoup et j’ai peur qu’elle éclate, mais au moment où je me fais cette réflexion, elle se dégonfle et semble se coller hermétiquement !

Je regarde le garçon qui ouvre sa main et me présente les timbres et autres pièces pour payer son affranchissement. Il a deux timbres bleu très clair représentés par des oiseaux. Ce n’est pas assez, malheureusement, même si ceux-ci sont beaux, et que cela doit faire des années que je n’en ai plus vu de pareils ! Quand je lui dis le montant qu’il doit encore payer, cinq euros et des poussières, je m’attends à ce qu’il me donne une pièce de deux euros, une bille de trois euros et encore quelques graines pour les centimes. Mais il n’en fait rien. A la place, il me présente de petits objets jaunes.

Je pense lui dire que ce n’est pas suffisant, quand j’hésite sur la valeur de la marchandise. Je m’en vais voir mon patron, qui a du mal à cacher sa surprise, en me confirmant qu’il s’agit bel et bien d’or !

Je retourne auprès du petit garçon, et lui dit qu’avec une seule pièce de ce style, j’ai assez pour affranchir sa lettre et même toutes les suivantes ! C’est à ce moment-là, que je vois l’or changer de couleur. Le jaune devient plus terne, devenant carrément beige !

Immédiatement, je sais que j’ai devant moi un petit lutin ou une fée. C’est de la magie.

Il part subitement. Je ferme mon guichet et je décide de le suivre. Il sort de la poste médicale, marche un peu dans la rue, puis s’arrête devant un trou. A même le trottoir, il soulève une porte et emprunte un escalier qui conduit sous le sol, dans la rue !

Là, il fait si noir que j’ai du mal à m’y retrouver. Finalement, c’est lui qui me voit et qui m’intercepte.

Il me raconte comment fonctionne sa magie.

–          Quand tu as une pièce en chocolat, tu prends une moitié, tu fais un vœu et tu la jettes par la fenêtre en pensant très fort à ce que tu as envie. Si tu veux retrouver la réalité, tu manges l’autre moitié de la pièce en chocolat. Tu te rendras compte que cela fonctionne quand tu remarqueras des choses incroyables arriver, comme le soleil d’été en plein hiver, ça voudra dire que tu es dans le monde magique.

 Je le remercie vivement pour son secret. Il me donne une seule pièce en chocolat et me quitte en me disant de bien réfléchir à ce que je veux. J’hésite entre « vivre de mon écriture » et « avoir une belle et grande maison à la campagne ».  Je me dis qu’être obligée d’écrire tout le temps pour avoir de l’argent, ça ne me plairait pas trop; je m’imagine dans un salon du livre, bourré de monde, occupée à signer des autographes sur une petite table entourée de plein de gens et de plein de bruit. Je n’aime pas ça et me décide donc à choisir le vœu d’avoir une belle maison dans un coin vert, pas trop loin quand même des commerces et autres services de proximités.

Je sépare ma pièce en chocolat, je me lèche les babines en voyant ce délicieux chocolat – je suis une grande gourmande – puis, je jette la moitié par la fenêtre de mon bureau de travail en pensant très fort à ma maison dans un grand territoire verdoyant. L’image de ma maison ne me quitte plus et je me rends compte que quand je ferme la fenêtre, c’est une magnifique fenêtre que je clos. Une fenêtre de château ! Je suis dans mon bureau, mais il est immense ! Ça y est, je suis dans le pays magique ! C’est fantastique.

Dans ce pays, je retrouve ma petite fée garçon. Il me sourit et me dit que si je cherche bien, il peut y avoir plein d’autres pièces en chocolat pour réaliser mes vœux.

Au début, je cherche très vite, hâte de réaliser d’autres vœux. Mais quand je vois, par un flash-back, que ce sont les petites fées qui travaillent très dur pour tromper m a réalité, qu’elles travaillent nuit et jour, qu’elles n’ont pas de repos et qu’elles sont exploitées, je mange l’autre moitié de ma pièce en chocolat pour revenir dans mon monde.

fee garcon

Thaïs Aubert participe au projet Faire pousser des oiseaux

Comme annoncé plus tôt, Thaïs Aubert fait partie des belles plumes que vous allez pouvoir retrouver dans le bonus de mon livre. Voici sa participation. Dans le livre, il y a 2 beaux dessins signés de sa main ! Clic sur l’image pour visiter son univers !fée plume thais