Lecture d’un kamishibaï : les 7 petits monstres

Je lis pour la 2ème fois à mes enfants « Les 7 petits monstres » au format Kamishibaï des éditions du Taillepage. Des rires et une interactivité garantie à chaque fois ! Texte de Annie Murat, illustrations de Alex Murat. Un duo qui fonctionne bien chez mes loulous de 5 et 7 ans. L’histoire existe aussi en album carré.

7 petits monstres pas bien méchants veulent jouer à saute-mouton, enfin saute-monstre, mais aucun ne veut se lancer le premier, sauf un…

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Expressions à gogo

Un texte dans lequel je me suis amusée à mettre le plus d’expressions possibles… cela n’a pas vraiment ni queue ni tête, mais j’ai pris plaisir à l’écrire.

Voyage bizarre

Nu comme un ver, Monsieur Lecoq faisait les cent pas devant la bibliothèque, quand tout à coup, un cri dans la nuit lui donna la chair de poule. Aussi muet qu’une carpe, Auvin Lecoq regarda partout autour de lui pour déterminer la source de ce cri horrible. Ses yeux derrière la tête s’ouvrirent également et scrutèrent l’horizon. Mais il ne vit rien. C’est sur ses pattes de velours qu’il avança discrètement jusqu’à l’entrée de la bibliothèque. Celle-ci, aussi aimable qu’une porte de prison, l’attendait au tournant du premier couloir. Monsieur Lecoq l’évita de justesse et s’en alla par le quatrième chemin.  C’est là qu’il vit le rat, propriétaire des lieux. L’animal épiait les moindres faits et gestes des visiteurs nocturnes. Auvin progressa doucement mais sûrement. Petit à petit, ce drôle d’oiseau faisait bien son nid. Il connaissait l’agencement de la bibliothèque sur le bout de ses nombreux doigts. Aucun couloir, aucun recoin n’avait le moindre secret pour lui. Il connaissait les lieux comme sa poche de pantalon qu’il n’avait pas mis aujourd’hui.  Aussi agile qu’un serpent, il rampa sur le sol jusqu’à l’allée des romans. Là, il se fit aussi petit qu’une souris. Il était si silencieux qu’on pouvait entendre une mouche voler. Il patienta que le chat, gardien de ce rayon, soit parti pour se faufiler entre les livres. Mais aussitôt le félin parti, Auvin aperçu une dizaine de souris venir de nulle part ! Celles-ci utilisaient l’allée comme une piste de danse et s’éclataient, bougeaient à qui mieux mieux. Ces drôles de rongeurs lui faisaient penser à la ferme qu’il venait de laisser derrière lui, car les souris caquetaient, gloussaient sans arrêt. Si elles continuaient ainsi, elles allaient finir par lui attirer des ennuis, le chat-gardien reviendrait, sans parler du rat-propriétaire ! Auvin était sûr que ce dernier, si on le dérangeait encore une fois, se mêlerait de ses oignons et fermerait définitivement les portes de la bibliothèque aux étranges visiteurs nocturnes. Or, pour lui, c’est l’endroit qui le fait rêver. Avec les livres, il voyage ! Oui, sans jeux de mots, il part à l’aventure rien qu’en lisant !

 Monsieur Lecoq était fatigué de ses sorties nocturnes. Il portait sous ses yeux de si grosses valises qu’on croyait chaque fois qu’il partait pour longtemps. Mais de ses voyages, il revenait toujours, avec de plus en plus de sous rires aux lèvres. Oui, sur sa bouche, de petites pièces rondes se dessinaient au fil du temps. Des petites pièces qui riaient à chaque fois qu’on ne leur adressait pas la parole.

 Dehors, cinq chats gris veillaient sur la nuit. Auvin, que l’aventure excitait, était déterminé à trouver l’objet rare. Celui qui allait le conduire au septième étage du ciel. Ce livre, unique, qui allait lui en faire voir de toutes les couleurs. Cette histoire qui allait le faire dormir debout sans passer par la frontière des trente-six chandelles. Et pour cela, il était prêt à tout, même à vendre la peau de l’ours qu’il n’avait pas encore tué. Hier, il avait déjà mis à sa main au feu, cela ne l’avait même pas atteint car, sachant que cela le blesserait, il avait joué de lui et avait brûlé sa main de fer, au gant de velours.

Mais tout à coup, alors qu’il se prenait pour une fouine, un dictionnaire tomba de l’étagère et s’écrasa à ses pieds. A un cheveu près, il était raplati, complètement ratatiné, écrasé par des milliers de mots. Avec ses valises, il n’avait pas froid aux yeux.  Il en fallait plus pour le décourager. Prenant son courage dans ses deux mains immenses et poilues, il grimpa comme une araignée le long des armoires. Gardant son sang-froid, cet animal étrange buvait chaque histoire des livres grâce à une paille qu’il enfonçait dans chaque reliure. Ces livres, c’était comme du petit lait, il en buvait, buvait, tant et si bien qu’il finit par en être malade. Il avait tant lu et donc tant bu, que son ventre était aussi rond qu’une citrouille. Malgré la quantité de livres ingurgités, Auvin n’était pas repus. Il cherchait toujours chaussure à son pied ou plutôt le livre qui lui ferait prendre son pied. En parlant de pieds, il ne fit pas attention où il grimpait et il les mit carrément dans un plat. Que faisait ce plat de raviolis en haut de l’étagère des contes et fables ? Nul ne le sait. Toujours est-il que Monsieur Lecoq, ses pattes de velours dégoulinant de sauce tomate, glissa et tomba comme un cheveu dans la soupe de cochon du terrible et grand méchant loup. Naturellement, il cria « au loup ! », mais comme il était muet, rien ne sorti de sa bouche et personne ne l’entendit. Comme s’il avait le feu aux fesses, Auvin couru aussi vite qu’il pu et se réfugia dans l’allée des thrillers. Il n’était pas sûr que cela était une bonne idée, mais comme il avait semé la pagaille derrière lui, il ne réfléchissait pas plus. A court d’idées, ne voyant pas plus loin que le bout de son petit nez crochu, il s’installa dans ce rayon et s’écroula de fatigue. Il dormit en chien de fusil, et sombra dans un sommeil aussi profond que celui d’un bébé qui fait ses nuits.

 Le hasard fait parfois bien les choses. Vidé de ses forces, Auvin dormit tout le reste de la nuit et une grosse partie de la journée suivante, dissimulé dans les livres. Quand il se réveilla, le soir n’était pas loin et il se trouva coincé entre un chien et un loup. Se secouant comme s’il avait des puces, il glissa de l’étagère. Mais agile comme un singe, il retomba sur ses pattes et pris les jambes à son cou devant l’air féroce du loup qui se tenait devant lui.

Murmures de légumes

Pour les Impromptus Littéraires, j’ai participé avec ce petit texte.

Le fermier s’arrête et prête une oreille attentive aux murmures de ses légumes.

La carotte se plaint d’être aussi petite qu’une crotte de lapin.

Le poireau gazouille comme un oiseau fripouille.

Et la pomme de terre, elle, tire la tête d’un air sévère.

Le fermier veut les arracher délicatement pour une potée raffinée, mais là, il hésite à les entendre gémir de la sorte.

–          Si vous continuez ainsi, dit le fermier, comment voulez-vous faire partie des grands goûts sélectionnés ? Que dirait mon aîné en vous dégustant ? Il se métrait peut-être à pépier ou pire, il tirerait une tronche jusque par terre ! Cela serait d’ailleurs bien le comble, pour une patate comme lui. Cela dit, la carotte, tu as tes chances avec ma femme. Elle qui plaint d’être « dérangée », elle serait peut-être doublement constipée avec un légume de ta taille : crotte de carotte.

Que dites-vous ? Et le chou ? Il est aussi fou que vous, il ne sait que sauter sur mes genoux, se parer de ses plus beaux bijoux, et jeter pleins de cailloux à ce pauvre hibou qui se bat avec ses poux.

Ah, les légumes, ils ne sont plus ce qu’ils étaient !

 

Mot d’enfant sur les légumes

Maximillian, 5 ans, futur cuisinier ?

– Un haricot, c’était une princesse avant.

Je réagis au quart de tour en écrivant cette petite histoire…

Il était une fois une princesse qui avait désobéi à sa maman et qui était sortie du château sans sa permission. En chemin, la princesse rencontra un fermier pas plus haut que trois pommes. Ce dernier cultivait des légumes car il en avait marre de se farcir une salade de fruits chaque fois qu’on faisait une remarque sur sa taille. En effet, dès que quelqu’un disait qu’il n’était pas bien grand, guère plus haut que trois pommes, le fermier subissait un sort et se voyait obliger de se couper en quatre dans le sens d’un cheveu afin de pouvoir manger. Alors, le fermier eu une idée. S’il cultivait des légumes, peut-être que les gens cesseraient de le prendre pour un fruit. Il était mûr quand il croisa le chemin de la princesse. Elle était fine, et portait une très belle robe verte. Il n’en fallu pas plus pour que le fermier voyait un haricot marcher dans sa direction. Et quand la princesse la salua, il lui dit :

-Enchanté Haricot Princesse.

On va se griller une seiche

Texte n°3 pour mes cours d’écriture créative. Écrire un texte à partir des mots « cigarette » et « noir ». Voici ce qu’il m’est passé par la tête en pensant à ces deux mots.

–          On va se griller une sèche ! dit Marc d’un ton désinvolte en se dirigeant vers le jardin.

–          On va faire quoi ? demande Ludivine qui n’est pas dans le même courant que ses copains. Son vocabulaire n’est pas mis à jour régulièrement, et cela lui pose parfois des petits soucis de compréhension quand elle échange avec eux.

 Marc ne lui répond pas, pas plus qu’André, Natacha ou Brigitte. Ludivine les regarde s’éloigner et se regrouper au fond du jardin, près du barbecue. Même si le printemps est annoncé depuis dix jours, il fait frais pour la saison. La jeune fille voit de la fumée s’élever parmi le groupe. Elle n’a pas envie de les rejoindre, elle a froid. Dans sa tête, elle tente de comprendre ce qu’ils font. Perdue dans ses pensées, elle ne remarque pas que ses camarades la regardent et lui montrent d’une main une sèche grillée. Ludivine s’imagine une seiche qui cuit sur le barbecue. De nombreux points d’interrogation flottent autour de cette image cocasse… et pendant ce temps-là, la seiche continue à rôtir sur la grille. Et elle cuit, encore et toujours, donnant à sa peau une couleur dorée, puis caramélisée, et enfin carbonisée. Oui, la seiche commence à brunir et à avoir une teinte qui se rapproche davantage du noir charbon que du brun croquant. Un autre nuage se promène dans ses visions, celui-ci a une odeur de mollusque brûlé, et est plus foncé que la fumée qui sort des narines de ses amis.

 –          Eh ! Ludivine, tu rêves ou quoi ? Viens ! lui lance Brigitte, une clope entre deux doigts.

 Ludivine chute de son petit nuage gourmand et répond par un signe distrait. Natacha avance vers elle et l’interroge du regard.

– Ben quoi, j’ai froid, je préfère rester ici plutôt que de m’empoisonner les poumons avec votre drogue dégoûtante. En plus ça pue ! Et puis, elle est où cette seiche que vous deviez griller ? J’ai faim, moi !

Texte avec tourisme et bleu

Devoir n°2 pour l’EAD. A partir d’une liste de mots tirée depuis TOURISME et BLEU, écrire un texte.

J’ai toujours rêvé d’un voyage sans doute irréalisable pour moi : les îles des Galapagos. Déjà que je ne voyage pas beaucoup, alors là-bas, si loin de moi, ça tient un peu du rêve. Mais, les rêves, les miens, je les entretiens. Certains songes sont éveillés, quand je me projette volontairement dans cet ailleurs qui m’est inaccessible. Un ailleurs qui se rapproche de moi selon l’intensité et la fertilité de mon imagination.

Aujourd’hui, face à ce ciel immensément bleu, je pense à ces oiseaux fabuleux qui fendent l’air, qui se laissent tomber d’une hauteur extraordinaire – une vingtaine de mètres, pour pénétrer dans la mer. C’est ainsi qu’ils pêchent, à la recherche de leur mets favori : le poisson. Je parle bien sûr de ces fous, ces oiseaux au corps fuselé, nés pour piquer l’océan, les rois des plongeurs. Dans cette famille des fous, il y a, je crois, trois ou quatre espèces. Celle qui attire ma curiosité et qui se rencontre facilement sur ces îles éloignées, c’est celle aux pieds bleus. Une couleur si intense et profonde à la fois sur des pattes ! Indigo, azur ou plutôt tiré sur le vert turquoise, on pourrait se demander d’où leur vienne cette couleur, si c’est comme celle des flamants roses qui se nourrissent de crevettes roses…

Vocabulaire : véliplanchiste

A vos dictionnaires, pour ma part, je viens d’apprendre ce que cela voulait dire ! Certains mots semblent connus, mais pas pour moi… alors je les mets ici dans ma petite liste.

On peut jouer avec ce mot, le décortiquer, mélanger toutes ses lettres et refaire de nouveaux mots. Avec ces nouveaux mots, un texte ! Et ça, cela sera pour la semaine prochaine.

VELIPLANCHISTE, cela m’inspire bien des choses. (dérivés du mot ou en mélangeant les lettres)

planche, voile, vélo, plancher, hante, vent, plante, schiste, chante, vite, etc.