Chat-ours (4)

Partie 3

Chapitre 4

Elina trouve rapidement une place à une table, où il y a déjà deux autres filles de son âge. Aujourd’hui, elle a demandé à ce que l’on prépare une boulette de viande froide, coupée en fines rondelles et insérées dans deux tranches de pain légèrement beurré. Au moment où elle mord pour la deuxième fois dans ses tartines, elle s’arrête de mâcher, ouvre légèrement la bouche et essaye d’enlever un de ses cheveux qui s’est malencontreusement glissé à l’intérieur de sa nourriture. L’inconvénient d’avoir de si longs cheveux, c’est qu’ils sont plus embêtant quand ils tombent et qu’ils s’insèrent là où ils ne devraient pas, comme dans son repas. Une fois l’indésirable ôté et jeté à terre, Elina ouvre sa tartine pour bien vérifier qu’il n’y en a pas encore un petit morceau qui traînerait.

Il est douze heures passées de trente-cinq minutes, quand la jeune fille semble perdue dans la contemplation de ses tartines. Si elle n’avait pas caché le dessin qu’elle a trouvé, elle aurait crié au tout réfectoire que la bête illustrée s’est matérialisée sous ses yeux en lieu et place de son pain aux boulettes. Elle distingue clairement le corps brun de l’animal, avec le bout de ses pattes blanches.

Emmenée par cette illusion, Elina se projette aussitôt aux côtés de l’étrange chat-ours. Elle atterrit, sans trop se demander comment, dans un monastère. Elle qui d’habitude se pose trente-six questions à tout bout de champ, reste admirative devant les fresques tibétaines qui ornent les deux longs murs latéraux du bâtiment. Dans son autre école, elle avait participé à un cours du soir un peu particulier car il s’agissait de découvrir le mandarin. Durant ces neuf mois, elle était restée fascinée par l’écriture calligraphique, par l’encre de Chine et les plumes utilisées. Elle s’était appliquée à reproduire la même graphie que son professeur, gardant une concentration maximale tous ces vendredis soirs.

En dessous de chaque peinture ronde, il y a des calligraphies plus sophistiquées, mais plus jolies que celles qu’elle a apprises. Est-ce un titre ou un diction qui explique l’origine de l’œuvre ? En se rapprochant des murs, qui sont légèrement inclinés pour résister aux tremblements de terre qui sont fréquents dans cette région montagneuse, Elina constate que les peintures décoratives sont en fait des mandalas créés grâce à de la poussière colorée, celle-là même qui est appliquée avec soin sur le dessin qu’elle a trouvé dans la bibliothèque ! Elle tourne sur elle-même pour embrasser tout l’intérieur du monastère. C’est lumineux, c’est grand, c’est beau. Elle en reste bouche bée. Les nombreuses vitres permettent au soleil d’illuminer presque chaque recoin du lieu, et les deux statues de dragons placées tout en haut de la gigantesque porte d’entrée, projettent leur ombre sur la cour intérieur. Elina n’aime pas trop le silence qu’il y a dans cet établissement, quand, tout à coup, un animal furtif surgit de nulle part, galope devant elle sur des pattes de velours. Il ne fait aucun raffut malgré la rapidité avec laquelle il se déplace. Pas besoin de se poser la question, l’animal en question est le personnage vivant du dessin qu’elle a trouvé et qu’elle avait cru reconnaître à l’intérieur de ses tartines : une bête moitié chat, moitié ours, brune et blanche.

La fille n’en croit pas ses yeux. Se serait-elle retrouvée dans un monde imaginaire, un monde parallèle au sien ? Et puis surtout, comment serait-elle arrivée là ? Rêve-t-elle ? Qu’elle que soit la réponse, Elina n’hésite pas plus longtemps et se hâte de retrouver la trace du petit animal. Malgré sa carrure d’ours, il est rapide et agile, il doit tenir ça de sa moitié féline. Ni une, ni deux secondes plus tard, Elina est là, derrière un pilier haut d’au moins quatre mètres, et espionne « son » animal. Il est debout sur ses pattes arrières et lui tourne le dos. La pièce dans laquelle il se trouve ressemble à une salle de gymnastiques, il y a des espaliers en bambou fixés à un mur, une barre d’équilibre aussi en bambou, un énorme coussin de forme ronde qui semble rempli de feuilles étroites et allongées et il y a même une corde tressée suspendue au plafond, avec des nœuds à intervalles réguliers. Un petit trampoline complète la scène surréaliste.

L’enfant ne sait plus où donner de la tête, quand le chat-ours, toujours immobile à cinq ou six mètres d’elle, lui parle tout à coup :

– Ne te cache pas voyons. Tu peux entrer et me dire qui tu es ?

Elina regarde derrière elle, est-ce à elle qu’il s’adresse ? Cet animal est doué de parole ? Elle n’en revient pas, ce rêve est de plus en plus … fou, mais cela lui plaît !

– N’aie pas peur, tu ne crains rien ici. Je vois en toi de nombreuses images de pandas roux, de chats, de chiens et même de dauphins. Tu aimes beaucoup les animaux. C’est sans doute cela qui t’a conduit dans ce lieu un peu particulier.

L’animal se retourne et regarde l’enfant droit dans ses yeux. Son visage, un peu pointu, lui fait davantage ressembler à un renard qu’à un panda roux. Mais Elina se garde bien de le lui dire de peur de le vexer.

L’étrange créature lui répond alors, mais sans bouger sa mâchoire. Il lui parle sans ouvrir sa bouche !

– Tu as raison, je n’aime pas que l’on me compare à un renard. Merci de garder cela pour toi…

Elina se fige. Il a lu dans ses pensées ! Et il continue en lui précisant qu’elle a un don, mais qu’elle ignore encore lequel, alors qu’ils sont occupés à communiquer.

Dans la tête de la jeune fille, des images et des questions se bousculent. Est-il le fruit de son imagination ? Cet animal existe-t-il ou a-t-il existé autrefois ? Pourquoi sont-ils seuls ici, verra-t-elle d’autres étranges créatures ?

– Non, oui, pas tout seul, oui. Entend-elle.

– Pardon ? Dit-elle.

Cette fois, elle a parlé tout haut, le son de sa voix se répercute sur les grands murs. Il y a comme un écho et elle s’entend redemander :

– Que dis-tu ?

Le chat-ours plisse les yeux. Il essaye de lui faire comprendre quelque chose mais visiblement, Elina a du mal à interpréter son silence. C’est que justement, il poursuit son explication, mais au même instant, des bruits de pas arrivent, d’autres voix s’élèvent et finalement, c’est dans un boucan incroyable qu’Elina se voit comme tomber dans un trou. Elle ne comprend rien à ce qui se passe, elle n’entend plus la voix grave et calme du panda roux. Elle se sent bousculer, et quand elle se retourne pour voir qui fait tout ce bruit derrière elle, elle remarque que le réfectoire de son école se vide rapidement.

– Tu es malade ma Pitchoune ? Lui demande la surveillante des repas tartines.

Elina ne sait pas quoi répondre. Le retour à la réalité est brusque, soudain et déstabilisant. Le fait qu’elle ne bouge pas, qu’elle ne parle pas, et qu’elle garde sa tartine en mains fait réagir l’adulte la plus proche d’elle. Un violent vertige prend l’enfant par surprise, et c’est quand une main se pose sur son épaule, qu’elle remet la moitié de sa tartine. La surveillante parle à sa collègue. Elina ne comprend pas un mot de ce qui se dit, mais elle est encouragée à répondre à une question qu’on lui pose pour la troisième fois.

– Tu m’entends ?

Finalement, elle acquiesce faiblement de sa tête. Elle refait ce geste pour répondre à une autre question et elle est emmenée aux toilettes pour lui passer de l’eau sur son visage. Cinq minutes plus tard, elle est allongée à l’infirmerie. Quand on lui pose une fine couverture sur elle, elle remarque que l’institutrice de son petit frère est là aussi, un produit et un sparadrap en mains. Elle voudrait savoir si c’est pour Liam, mais les forces l’abandonnent et elle sombre aussitôt dans le sommeil.

J’ai ma colonne qui déconne

Mes disques sont foutus
Ils n’en peuvent plus !
Pas encore de hernie discale,squelette
Les disques, d’abord, ils s’étalent.
Ils appellent ça, des protrusions,
Moi, j’m’en fou de ce nom !

J’ai mon canal lombaire
Qui manque franchement d’air ;
Sur trois niveaux,
Sur le scanner, c’n’est pas très beau.

Mon nerf sciatique est coincé
Il n’a plus d’air pour respirer.
Il est un peu ratatiné,
Il n’a plus de place pour bouger.

J’ai même déjà de l’arthrose,
Cette maladie, à mon âge, elle ose !

En plus, cette grosse scoliose,
Qui, depuis des années, garde la pause.

Tout ça me donne un mal de dos terrible,
Les douleurs sont continues, c’est horrible !

Bernard Friot, histoires à jouer

Suite au petit concours d’écriture lancé par les éditions Plumes et Talents, j’ai voulu inventer un nouveau texte, pour le plaisir d’écrire quelque chose de court et de fantaisiste.

2015-10-03 14.02.26La coincidence a d’abord voulu qu’en allant sur le site de Bernard Friot, je tombe sur la bande annonce qui invite les visiteurs à découvrir les différentes rubriques, et j’y lis mon pseudo ! Ah oui ! Je me souviens, il y a quelques années, j’avais reçu des éditions, la boîte à Fabrique à Histoires de cet auteur… et que sur ce site, je m’étais amusée à y insérer deux ou trois petits textes imaginés à partir d’un ou plusieurs ingrédients de cette fameuse boîte. J’ai voulu la réouvrir (en effet, elle me donne pas mal d’idées), car suite au déménagement, elle était bien sûr dans l’une des dizaines et des dizaines de caisses de livres, puis je suis tombée sur ce lien (clic sur l’image)

histoire a jouer bernard friot2 ans et demi après sa Fabrique à Histoires, Bernard Friot remet ça : il joue avec les mots et propose à ses petits lecteurs d’en faire tout autant.

J’ai un peu l’impression que j’ai dormi durant ces quelques années où je n’ai pas écrit car je n’ai pas ce livre ! Mais sur le site, vous trouverez un lien pdf qui vous donne un aperçu de ce que vous pourriez trouver à l’intérieur. Entre autres, dès le début, une invitation à inventer une histoire d’après un choix d’une liste de mots…

Alors, c’est ce que j’ai fait. Parmi plusieurs personnages, lieux et actions, on peut en choisir quelques-uns… voici mon histoire avec les mots piochés PAS par hasard :)

un rat blagueur – un gardien de zoo – la salle d’attente d’un dentiste – cuisiner – inventer

– Pffff, ce n’est pas possible ! Mais dans quel monde vit-on ? Après vingt ans comme gardien de zoo dans ma ville, on m’envoie à la pêche au rat ! Qu’est-ce qu’un rat, aussi spécial puisse-t-il être, ferait dans un zoo ?

Victor, le gardien de zoo, est fâché, et aussi un peu en colère. Même s’il apprécie le fait qu’on lui fasse suffisamment confiance pour le libérer de son poste de gardien afin qu’il parte à la recherche d’un animal supplémentaire pour remplir le zoo, il ne comprend pas pourquoi un bête, un minuscule rat, est l’objet de toutes les attentions de la part du directeur du zoo. Un rat, c’est petit, c’est moche, et ça ne donne vraiment pas envie de l’admirer, que du contraire, un rat, c’est répugnant !

– Et puis, même s’il existe de gros rats, allez-y pour trouver Le Rat que le patron veut absolument dans cette grande ville ! Autant chercher une aiguille dans une botte de foin !

Aux dernières informations, le rat en question, a été vu traînant près des poubelles de la Rue des Souvenirs. S’il était fiché à la police, sa description serait brève : rat de taille moyenne, de couleur grise, avec une longue queue rose et des moustaches crollées. Signes distinctifs : oreille gauche déchirée et des dents ressemblant étrangement aux petites dents d’enfants humains !

Mais ce dernier détail, pourtant très important, n’est visible que si le rat… sourit !

Victor, armé de ses supers lunettes magiques qui lui font voir le moindre animal en fluorescent, explore les trottoirs, fouille les poubelles, se met à quatre pattes pour triturer le moindre trou de souris à la recherche du fameux rat. C’est quand il est dans cette ridicule position, le derrière en l’air, les genoux à terre, le visage contre le trottoir, qu’il entend cette petite voix chantante :

– Un gardien, c’est trois fois rien, un zoo, c’est pas rigolo.

– Qui va là ? demande Victor d’un ton mécontent. Montre-toi fripouille.

Il n’est pas sûr que ce soit le rat, mais comme son chef lui a dit que c’était un rat très spécial, après tout, pourquoi pas ? Ce ne serait pas le premier animal à parler dans le zoo, mais un qui fait des rimes, ça c’est plutôt nouveau.

Victor tend l’oreille, tourne la tête rapidement dans un peu toutes les directions. Il voit des taches fluorescentes un peu partout à cause des chiens qui se promènent, des chats qui cherchent la confrontation avec ces chiens, mais aussi d’autres petits animaux qu’il n’a pas identifié tellement il tourne sa tête trop vite. Il la tourne si vite qu’il a droit à :

– Tourne, tourne, petite tête, file, file, que t’as l’air bête…

Cela en est trop pour Victor qui est à deux doigts de dégobiller. Tout à coup, il devient blanc comme un linge. Il s’assied à même le trottoir, près d’un coin où peu de monde le verra s’il doit vomir son petit déjeuner. Il n’identifie pas  l’immeuble qui lui sert de toilette improvisée, car il abrite en fait un dentiste au rez de chaussée. Et pas n’importe quel dentiste, celui là même qui a reçu le prix spécial des enfants qui perdent leur belles dents de lait. Qu’un dentiste reçoive ce titre est unique, surtout venant de la part des enfants.

S’il ne le remarque pas immédiatement, quelqu’un s’en charge pour lui.

– Eh Oh, soit pas sot. Ne vient pas dégueuler aux pieds de mon dentiste préféré !

Cette fois, notre gardien a aperçu une queue rose fluo au travers du soupirail. Il va faire semblant qu’il n’a rien vu et répond à la petite voix :

– Qui que tu sois, montre toi ! Si c’est des rimes que tu veux, sorts de ta cachette petit morveux !

A ses mots, il entend la voix rigoler. Elle n’a pas l’air de se moquer mais plutôt de prendre cela comme un défi rigolo. Le rat essuie ses pattes sur son tablier, c’est qu’il était occupé à cuisiner, puis se faufile par les barreaux du soupi… rat et lève la tête vers le gardien.

– Mais tu es… tu es…, balbutie Victor à la vue, sans lunettes, du rat.

– Mais qu’est ce que vous avez tous, vilains humains, à me confondre avec cet andouille d’acteur qui joue dans le film « Ratatouille » ? Remets tes lunettes espèce de vilaine belette.

Le rat, qui sait exactement pourquoi Victor est là en ce moment, ne va pas se laisser faire. Après un échange de rimes qui désigne le rat comme grand gagnant, il lui dit :

– Écoute moi bien, petit vaurien, tu ne me prendras pas, foi de rat ! Viens plutôt avec moi, je vais te montrer mon appartement de roi et tu vas vite comprendre pourquoi je ne suis pas à vendre.

Le rat et le gardien se faufilent tant bien que mal dans le labyrinthe caché du cabinet de dentiste. Victor doit rentrer le ventre et se fait aussi petit qu’une souris, ce qui n’est pas une mince affaire quand on mesure près de deux mètres et que l’on pèse aussi lourd qu’un orang-outan.

Mais il y arrive tant bien que mal, et le rat, qui s’est refait une beauté entre deux tournants, apparaît à présent aussi fringant qu’un pingouin. Le poil lisse et brillant, les moustaches crollées mais contrôlées, l’oreille déchirée mais décorée, et le visage… rayonnant !

Si Victor n’avait pas 20 ans d’expérience en animaux en tous genres, il n’y croirait pas. Mais devant lui, se tient un rat plutôt joli qui sourit de toutes ses dents !! Et pas n’importe quelles dents, des dents ressemblants étrangement à celles de nos enfants !

– Eh oui, mon vieux, sois pas peureux, approche toi et rentre chez moi. Cela fait longtemps que la petite souris n’est plus l’unique à récolter les dents des enfants. Quand ils les perdent naturellement, c’est la petite souris qui fait les présents, mais quand c’est un accident, c’est moi, le gentil rat, qui m’en occupe maintenant. Et qui mieux qu’un dentiste pour dresser la liste des enfants qui ont des accidents ? A de rares occasions, je rentre même dans la maison. Le dentiste doit parfois arracher, et moi, j’arrive en courant pour consoler…

Le rat continue ses explications en montrant des photos souvenirs, en désignant les dents abîmées, fissurées, ébréchées, cassées, arrachées. Il a même une vitrine avec celles qui sont colorées : grises, noires ou jaunes.

Victor se demande s’il n’est pas en train de rêver ou si le rat n’a tout simplement pas tout inventé…

A toi d’inventer une autre fin… La mienne se termine ici.

Il en est là dans ses réflexions, quand tout à coup, il croit voir une dent tout à fait particulière. Celle-ci est dans un récipient en verre et trône au milieu de la rangée tel un trophée.

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Je n’ai plus eu possession de la tournure de ce texte rapidement, je ne contrôlais plus des mes dix doigts quand j’ai écrit ça. Mon cerveau était parti sur autre chose, faire plus de croisements entre le rat et Ratatouille, montrer une recette de cuisine spéciale avec des dents au menu, etc… mais mes doigts ont décidé d’un autre texte :-)  Et puis, pour la fin, j’en avais écrit… 3 autres. Mais à chaque relecture, je supprimais, alors je me suis dit qu’il fallait que j’arrête là où j’hésitais.

Chat-ours (3)

Chapitre 1
Chapitre 2

Chapitre 3 : que s’est-il passé ?

Le petit garçon parcourt rapidement la page de ses yeux avides d’images de panda. S’il sait lire aisément, il va trop vite, et malheureusement, les mots se bousculent à la porte de son cerveau. C’est pourquoi, souvent, pas tout le temps, mais presque, il se trompe de mot en lisant. Cela ne semble pas le déranger quand il lit pour lui, avec le reste de la phrase et du texte, il comprend aisément ce qu’il se passe. Par contre, quand il doit lire à voix haute, en classe ou à sa maman, la phrase prend un tout autre sens rendant par ce fait la phrase incompréhensible.

Liam voudrait tellement sortir du cadre rigide de la vie normale, il aimerait tant pouvoir s’évader dans son monde imaginaire… tout à l’air tellement plus simple là-bas… moins de règles à enregistrer, moins d’obligations à respecter, moins d’attention à donner.

Et c’est au moment de lire, sans se tromper dans les mots, la légende de l’image qu’il observe attentivement depuis quelques secondes, qu’il entend le chant complexe d’un oiseau. D’habitude, il n’est pas distrait par les bruits extérieurs, sauf si ceux-ci lui paraissent inhabituels dans le lieu où il se trouve. Justement, ce chant-là, puissant, mélodieux et long, il ne l’a jamais entendu. Non, jamais, sinon il s’en souviendrait, il en est sûr ! Désireux de découvrir celui qui chante si bien, il met un doigt sur le dernier mot qui explique que le panda a six doigts, détails qui accaparait tout son esprit jusqu’ici, et lève les yeux.

Pas du tout étonné de se retrouver dehors, à l’air libre, et non plus dans la bibliothèque de son école, il cherche du regard le volatile qui continue à donner de la voix. C’est seulement quand il voit l’oiseau en question, qu’il s’interroge. Il voudrait bien montrer sa trouvaille à toute la classe, mais autour de lui, il n’y a plus un seul de ses camarades ! Pire, il ne voit même pas l’ombre d’une école d’aussi loin que son regard porte !

Liam, hyper curieux, ne se focalise pas sur la bizarrerie du moment. Même s’il n’est jamais allé là où il se trouve maintenant, le paysage a quelque chose de familier. Il regarde ses pieds et décide de se lever pour explorer son nouvel univers. Le sol est constitué de pavés colorés. Ceux sur lequel il marche actuellement sont roses, mais il distingue au loin, une teinte verte à gauche et encore un peu plus loin, à droite, c’est plutôt jaunâtre. Décidément, ces couleurs lui rappelle quelque chose… mais il n’arrive pas à mettre le doigt dessus.

L’oiseau, de la taille d’un pigeon, s’est envolé juste sous le nez de Liam. Si l’enfant avait déjà pu admirer sa livrée fauve parsemée de taches blanches et noires, à présent, en vol, il distingue clairement une tête encapuchonnée de noire qui contraste fort bien avec les yeux jaunes de l’oiseau. Le garçon suit l’animal et avance presque en courant, ne quittant pas du regard le mystère volant.

Grâce à sa maman qui adore les oiseaux, il aime se vanter auprès de ceux qui ne s’y connaisse pas, qu’il reconnaît visuellement pas moins de dix espèces d’oiseaux différentes. Chez certaines d’entre elles, il est même capable de différencier le mâle de la femelle ! Un jour, il a voulu répéter le mot « savant » qu’utilise les ornithologues pour dire si c’est un garçon ou une fille oiseau. Et les mots d’enfants, sont les plus beaux, les plus spontanés. Sans l’ombre d’une hésitation, il avait répondu :

– Ouais, et bien, moi, je sais même identifier les déformés sexuels !

Au lieu, bien sûr, du mot compliqué « dimorphisme sexuel ». Heureusement, son interlocuteur n’y connaissant goutte à la question, n’a pas relevé la faute et avait simplement terminé la conversation d’un soupir las, car il n’en avait rien à faire des oiseaux.

L’oiseau chanteur s’est posé sur une branche d’un arbre bien touffu. Face au soleil, il profite de la chaleur des rayons en fermant les yeux, sans se préoccuper du petit bonhomme qui ne cesse de le regarder. Là, Liam aimerait pouvoir demander à sa mère le nom de cet oiseau, mais ses pensées sont chassées par un saignement de nez spontané. Ne sachant pas qu’il saignait, il pince simplement ses narines, et ce n’est que lorsqu’il voit la couleur de ses doigts teintés de rouge, qu’il s’inquiète vivement. Pour lui la vue du sang signifie douleur. Il ne sait pas quoi penser car il ne ressent aucun mal, sauf peut-être un léger mal de tête, mais tout ce sang qui coule de son nez lui fait peur. Il se met à paniquer, à pleurer franchement. Dans sa hâte, il trébuche sur une racine de l’arbre qui dépassait de la terre et fait fuir l’oiseau qui en perd une plume.

Sa chute a fait du bruit, ses larmes ont alerté son institutrice. Liam rouvre les yeux. Par la fenêtre ouverte, à cause du vent, le fruit d’un marronnier lui est tombée sur le visage et égratigné le dessus de sa lèvre supérieure. Maintenant, il ressent la douleur et il est inconsolable.

Pourtant, s’il se calmait, ou s’il se levait pour aller à l’infirmerie soigner sa blessure, il constaterait qu’entre ses jambes croisées, une plume aux étranges couleurs brunes s’est posée sans s’abîmer.

Chat ours (2)

Chapitre 1 : Liam

Chapitre 2 : Elina

Elina est une grande fille espiègle. Sur son visage toujours souriant, on peut y découvrir plein de taches de rousseur, car oui, Elina est rousse et fière de l’être. D’allure très dynamique, elle n’arrête pas de bouger, et de parler. C’est d’ailleurs sa longue langue bien pendue qui lui vaut parfois des remarques à l’école, comme à la maison. On pourrait aussi la surnommer « miss dernier mot », car Elina aime avoir raison, même quand elle a tort.

Après une première semaine dans sa nouvelle école, elle revient enthousiaste à l’idée de préparer un exposé. Elle adore les animaux et elle aime particulièrement les dauphins, les chats, les chiens, et les pandas roux. Elle voulait faire du dauphin son sujet d’exposé, hélas, une camarade de classe lui a brûlé la politesse et elle s’est donc rabattu sur le panda roux.

A 10 ans, Elina est une grande lectrice. Il faut juste qu’elle trouve le livre qui l’intéresse et alors, gourmande comme elle est, on ne peut plus l’arrêter. Les auteurs pour la jeunesse ont bien compris le système, ils écrivent des histoires par séries, ainsi dès qu’un enfant accroche au premier volume, ils sont certains qu’il va lire les suivants, harcelant presque leur parent d’acheter le livre aussitôt qu’il paraît dans les librairies.

Mais Elina, fille d’un papa éditeur et d’une maman écrivaine, n’est pas difficile quant au choix du support de lecture. Qu’une histoire soit imprimée sur des grandes feuilles A4, en format numérique ou dans un traditionnel format papiers (de poche de préférence), elle ne fait pas la difficile, du moment que l’histoire lui plaît dès le premier chapitre.

C’est ainsi qu’à la bibliothèque de l’école, la fillette trouve un dessin dans un vieux livre qui sent le grenier. Le dessin, colorié avec une étrange technique ressemblant à du sable coloré, n’est pas très grand mais suffisamment pour qu’Elina s’y intéresse. Le livre qui a attiré son regard est un ouvrage datant de la fin du siècle passé qui détaille les animaux bizarres qui vivaient autrefois dans les montagnes du Tibet et qui ont aujourd’hui disparu ou tout du moins dont on n’a plus trouvé trace de vie depuis plus de trente ans. La feuille volante qui est tombée de ce livre n’a subit aucun dommage dû aux années écoulées. Il n’y a aucune date ni inscription permettant de savoir qui est l’auteur de ce dessin ni quand et où il a été fait. L’animal est identifié comme étant un drôle de chat robuste aux pattes d’ours. Les grains de couleurs sont collés avec une colle liquide et transparente. Ils sont si fins qu’on dirait qu’on les écrasés sous un pilon, au toucher, ils sont presque poudreux.

L’animal a été mis en scène dans un décor très sobre. En arrière plan, il y a juste une montage grisâtre avec en son sommet une fine couche de neige. La bête tient debout sur ses deux pattes arrières, à la manière d’un ours mais avec plus de souplesse, et moins de « sauvagerie ». Le pelage est blanc et roux dans son ensemble avec une tête aux oreilles pointues et un museau légèrement allongé mais arrondi au bout avec une truffe toute noire.

Elina était encore occupée à détailler le dessin quand elle entendit un bruit de pas se rapprochant d’elle. Vite, elle glisse le dessin dans le livre avant de lever les yeux vers une camarade de classe qui lui demande si elle a trouvé quelque chose pour son exposé.

– Oui, j’ai trouvé ce vieux livre. Ça parle d’animaux disparus mais j’ai vu qu’il y avait des images de pandas roux dedans. Peut-être que je trouverai l’ancêtre de ce petit panda. Et toi, tu as vu quelque chose sur les chihuahuas ?

– Bof, on dirait bien que ce petit chien n’intéresse pas grand monde. C’est dommage, car il y a des tas de choses intéressantes que je pourrais raconter sur lui.

Elina ne le dit pas, mais elle, elle adore ces minuscules boules de poils. Elle a supplié son père d’en avoir un pour son anniversaire, mais avec deux chats à la maison, il y a déjà assez d’animaux comme ça. Et puis son père dit que ce ne sont que de petits « roquets » qui n’arrêtent pas d’aboyer. Si un jour, ils devaient avoir un chien, ce serait un plus grand, mais un riquiqui plus petit qu’un chat.

Alors qu’Elina pense encore au petit chien de la voisine, la sonnerie de l’école annonce la fin de la matinée et le début de la pause de midi. Comme tous les jours, l’enfant va manger ses tartines à la cantine. Elle glisse rapidement le livre dans son cartable pour se diriger vers le réfectoire.

Elle ne se doute pas un instant que le cheveux long et roux qu’elle vient de perdre et de se coincer dans ce livre va être le départ d’une aventure extraordinaire.

Chat ours, le début (1)

Voici le début de l’histoire que j’invente pour mes enfants. Je me suis bien sûr inspirée de faits réels pour commencer ce texte. Idée de départ : panda et panda roux… et c’est tout :-) Je vous épargne l’introduction car trop puisée dans la réalité… on rentre immédiatement dans le vif du sujet !

1er jet, même pas relu… c’est brut, c’est chaud, ça sorte tout juste du clavier…

Chapitre 1 : Liam

Liam a une imagination débordante. Bien en avance dans les sciences et dans les mathématiques, il a su montrer son intérêt pour divers sujets. Ce petit garçon frêle, aux cheveux longs et lisses, s’intéresse particulièrement aux pandas. Pourquoi ou comment cet attrait est arrivé, nul ne le sait vraiment. Auparavant, son papa aimait l’appeler « son petit zèbre » en référence à l’appellation que l’on donne parfois aux personnes à haut potentiel. Sont-ce donc les couleurs noir et blanc, et le contraste prononcé qui font que ce garçon au visage pâle est irrémédiablement attiré par ce gros nounours ? Peut-être. Lui seul le sait… ou pas !

Un soir, en rentrant de l’école, Liam semble rêveur. Ce n’est pas nouveau, il l’est souvent, mais là, même quand sa maman lui parle, il ne lui répond pas. Son regard est perdu dans un horizon lointain, son attention n’est pas présente, il est tout simplement ailleurs…

Si ses pensées pouvaient se projeter sur le mur blanc de la salle à manger, on pourrait assister à un vrai film dans lequel on verrait un paysage montagnard, des carrés entiers de bambouseraie, un agriculteur s’activant dans son champs et bien sûr un panda. Celui-ci serait assis sur son derrière et mangerait tranquillement une pousse de bambou qu’il tiendrait fermement avec sa patte et son sixième doigt. Si ces pensées-là se matérialiseraient avec une bande son, on pourrait même entendre quelques oiseaux, des passereaux chanteurs qui passeraient d’un arbre à un autre tranquillement.

En superposition à ces images, il y aurait des chiffres, un dé étrange et des cartes d’un jeu que le jeune garçon joue régulièrement avec sa maman, le week-end. Quand il joue à ce jeu, il se projette à mille lieues de la réalité, il pénètre dans l’atmosphère particulier que génère ce moment agréable et abandonne le fil rigide de la réalité.

Perdu dans ses pensées, Liam ne remarque même pas que sa maman fouille dans son cartable à la recherche de son journal de classe.

– Reviens sur terre mon petit bonhomme. Tu as un petit travail à faire pour l’école. As-tu choisi un sujet pour ton élocution ? Lui demande sa maman.

Liam, le regard toujours un peu ailleurs, entend néanmoins la question de sa maman et lui répond par un sourire. Finalement, avec un petit soupir qui passe presque inaperçu, il revient sur terre, tourne la tête vers le jardin et répond :

– Bien sûr, je vais parler du panda.

Sa maman sourit aussi. Elle s’en doutait un peu, mais comme l’attention de son fils est très difficile à tenir sur une longue durée, elle ne savait pas s’il serait toujours intéressé par cet animal après « avoir fait le tour de la question » en long, en largue et en travers.

Le travail à proprement parler ne se fera pas à la maison. Les recherches se feront sur l’ordinateur de la classe et dans la bibliothèque de l’école.

C’est ainsi que le lendemain, Liam est d’humeur radieuse. Il sait qu’il va aller à la bibliothèque, et il sait déjà ce qu’il doit chercher, trouver et récolter comme information.

Il passe les deux premières heures de cours comme à son habitude. La moitié de son cerveau est en mode « école » et l’autre est dans un univers où il lui est permis de réfléchir à trente six mille autres choses en même temps. Il fait ce qu’on lui demande, pas plus et parfois moins car il oublie régulièrement la fin de chaque exercice, la dernière phrase ou encore la dernière colonne de calculs. Et quand son esprit est accaparé par un sujet qu’il trouve, lui, nettement plus intéressant que ce qu’il est occupé à faire en classe, il en oublie même de mettre son nom sur les feuilles qu’il doit rendre.

Heureusement, son institutrice a prononcé un mot qui est spécial, un mot qui dirait-on est magique, un mot qui a le pouvoir de traverser le brouillard d’images et les embouteillages d’informations de Liam : bibliothèque.

Entre deux récréations, celle du matin et celle après le repas du midi, il va avoir deux nouvelles heures rien que pour lui où il va pouvoir fouiller dans les étagères de la bibliothèque. Étrangement, malgré la volonté de récolter le maximum d’informations, Liam a du mal à chercher et à trouver ce qu’il veut car il y a trop de livres pour son regard rapide et nerveux. Ses yeux voient les livres, mais son regard ne capte pas les titres car Liam s’attend à ce que le livre cherché s’illumine tout seul, devant lui. Il s’énerve alors très vite en disant qu’il ne trouve rien et va s’asseoir en tailleur, loin du groupe, près de la fenêtre, dans un coin reculé, là où il y a souvent des araignées que personne n’aime et où donc personne ne viendra l’embêter.

Mais c’est sans compter sur son institutrice qui repère son appel d’au secours silencieux. Toute la classe connaît les sujets qui vont être abordés dans les semaines à venir, et c’est donc naturellement qu’elle prend un livre sur les pandas dans sa main et qu’elle se dirige vers son élève boudeur.

– Tu sais, dans cette bibliothèque, il doit y avoir au moins deux autres livres intéressants pour ton exposé. J’ai trouvé celui-ci, et je te le prête à condition que la semaine prochaine, tu trouves tout seul les deux autres livres. Il n’y a aucune urgence, tu as tout ton temps, cherche à ton aise et ne te fâche pas si tu ne trouves pas les livres dans les deux secondes. Nous sommes d’accord ?

Liam garde sa tête baissée, renifle silencieusement et acquiesce de la tête. Les larmes sont là, de sortie, mais elles n’osent pas encore franchir la frontière des paupières. Il prend le livre, regarde brièvement la couverture, et l’ouvre à la première page.

La suite, c’est par ici

un rêve incroyable

Ce n’est pas une histoire inventée par mes doigts, mais par mon inconscient… c’est un rêve que j’ai fait début 2013… parfois je note mes rêves tellement ils me marquent. C’est le cas pour celui-ci !

Je travaille dans une poste médicale. Mon boulot consiste à vérifier que les lettres d’attention et les petits paquets de bons rétablissements qui sont envoyées aux gens malades ne coulent pas, ne déteint pas, ne pourrit pas.

Un jour, un petit garçon arrive à mon guichet. Il a dix ans tout au plus. Je lui demande son courrier afin de le peser et de savoir combien de timbres il peut y mettre dessus pour affranchir correctement. Son enveloppe est faite main, c’est un papier replié sur les bords. Il me demande mon aide car il faut appuyer sur les deux bords latéraux en même temps afin que l’enveloppe se ferme correctement. Je trouve ça bizarre, surtout que quand moi je continue d’appuyer, à sa demande, lui il relâche sa main. Après un instant, l’enveloppe se gonfle, et je peux apercevoir par transparence des petits bonbons, des chocolats et autres friandises. L’enveloppe de bons rétablissements est sûrement destinée à un enfant malade. L’enveloppe gonfle beaucoup et j’ai peur qu’elle éclate, mais au moment où je me fais cette réflexion, elle se dégonfle et semble se coller hermétiquement !

Je regarde le garçon, qui ouvre sa main et me présente les timbres et autres pièces pour payer son affranchissement. Il a deux timbres bleu très clair représenté par des oiseaux, ce n’est pas assez. Les timbres sont beaux, ça fait des années que je n’en ai plus vu des pareils ! Quand je lui dis le montant qu’il doit encore payer, cinq euros et des poussières, je m’attends à ce qu’il me donne une pièce de deux euros, une bille de trois euros et encore quelques graines pour les centimes. Mais il n’en fait rien. Il me présente de petits objets jaunes.

Je pense lui dire que ce n’est pas suffisant, quand j’hésite sur la valeur de la marchandise. Je m’en vais voir mon patron, qui a du mal à cacher sa surprise, en me confirmant qu’il s’agit bel et bien d’or !

Je retourne auprès du petit garçon, et lui dit qu’avec une seule pièce de ce style, j’ai assez pour affranchir sa lettre et même toutes les suivantes ! C’est à ce moment-là, que je vois l’or changer de couleur. Le jaune devient plus terne, devenant carrément beige !

Immédiatement, je sais que j’ai devant moi un petit lutin, ou une fée.

Il part subitement. Je ferme mon guichet et je décide de le suivre. Il sort de la poste médicale et emprunte un escalier qui conduit en-dessous du sol.

Là, il fait si noir que j’ai du mal à m’y retrouver. Finalement, c’est lui qui me voit et qui m’intercepte.

Il me raconte comment fonctionne sa magie.

« Quand tu as une pièce en chocolat, tu prends une moitié, tu fais un vœu et tu la jettes par la fenêtre, en pensant très fort à ce que tu veux. Si tu veux retrouver la réalité, tu manges l’autre moitié de la pièce en chocolat. Tu te rendras compte que cela fonctionne quand tu remarqueras des choses incroyables arriver, comme le soleil d’été en plein hiver, ça voudra dire que tu es dans le monde magique. »

Je le remercie vivement pour son secret. Il me donne une seule pièce en chocolat et me quitte en me disant de bien réfléchir à ce que je veux. J’hésite entre « vivre de mon écriture » et « avoir une belle et grande maison à la campagne ». Je me dis qu’être obligée d’écrire tout le temps pour avoir de l’argent, ça ne me plairait pas trop, je m’imagine dans un salon du livre, bourré de monde, occupée à faire des autographes sur une petite table entourée de plein de gens et de plein de bruit. Je n’aime pas ça et me décide donc à choisir le vœu d’avoir une belle maison dans un coin vert, pas trop loin quand même des commerces et autres services de proximités.

Je sépare ma pièce en chocolat, j’en grignote un minuscule morceau car je suis une grande gourmande, je jette une moitié par la fenêtre de mon bureau de travail en pensant très fort à ma maison dans un grand territoire verdoyant. L’image de ma maison ne me quitte plus et je me rends compte que quand je ferme la fenêtre, c’est une magnifique fenêtre que je clos. Ça y est, je suis dans le pays magique ! C’est fantastique.

Dans ce pays, je retrouve ma petite fée garçon. Il me sourit et me dit que si je cherche bien, il peut y avoir plein d’autres pièces en chocolat pour réaliser mes vœux.

Au début, je cherche très vite, hâte de réaliser d’autres vœux. Mais quand je vois, par un flash-back, que ce sont les petites fées qui travaillent très dur pour tromper ma réalité, qu’elles travaillent nuit et jour, qu’elles n’ont pas de repos et qu’elles sont exploitées, je mange l’autre moitié de ma pièce en chocolat.

Je voulais vous partager ce rêve, cette histoire, car je la trouve mignonne…à croquer :)