Le Prince Riri, Willy Vandersteen

Willy Vandersteen est le « papa » des bandes dessinées que j’aime : Bob et Bobette. Mais il est aussi l’auteur, le créateur de bien d’autres séries. Il est décédé voilà 25 ans, mais que cela ne m’empêche pas de découvrir Les aventures de son altesse Le Prince Riri !

Une petite photo pour vous présenter la série des 4 titres… réédités dans 4 beaux livres à la couverture rigide, d’un beau bleu, et à la tranche écrite en lettres dorées.

Riri est né sous la plume de Willy Vandersteen dans les années 50 et ses gags ont d’abord été édités dans le magazine Tintin entre 1953 et 1959, avant d’être compilés dans des albums dans les années 1990. Riri est un prince adorable qui ne manque de rien, mais qui aime beaucoup rire. La longueur des petites histoires drôles varient entre 1/2 page et 2 pages environ (je n’ai pas encore tout lu)

Dans Riri, je trouve un peu du caractère de Bobette et certains personnages secondaires me font indubitablement penser à Lambique !

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Le blog de Bob et Bobette et compagnie (partie 2) en parle très bien. (partie 1 ici)

La flaque de boue meurtrière

Comme à mon habitude, je marche tranquillement sur le trottoir de ma rue. Je parcours quelques centaines de mètres, en cet hiver froid, tantôt sur des graviers, tantôt sur des pavés carrés, tantôt sur du bitume, tantôt encore sur un chemin balisé par les nombreux passages de pieds courageux, tout ça pour rejoindre mon abri bus.

Il ne gèle plus, mais on nous annonce de la neige et en belle quantité pour la fin de semaine, pour le week-end.

Comme tous les jours de la semaine quand je ne suis pas en congé, j’aime marcher durant ces 19 minutes, dans le silence du matin, où je croise davantage d’oiseaux, de chats ou de renards que d’humains. Ce n’est pas le chemin le plus court, mais c’est tout droit, enfin, droit comme le dos d’un serpent. Il doit être 6h15 environ quand je vois une lumière projeter mon ombre devant moi, c’est la voiture du facteur, une utilitaire, qui roule doucement dans le jour qui tarde à poindre le bout de son nez en ce début janvier. Le facteur fera plusieurs arrêts sur ma route, il connait les numéros des maisons par cœur, pas besoin d’illuminer la boîte aux lettres pour déposer le premier courrier de sa tournée. Parfois, nous mettons presque le même temps, le facteur et moi, pour aller d’un point A au point B : lui s’arrêtant par-ci, par-là, moi marchant tranquillement, perdue dans mes pensées, mais sans jamais m’arrêter.

Vers 6h15 donc, il arrive derrière moi et il me dépasse, doucement, presque silencieusement, et ne fera halte que bien plus loin. Le temps qu’il arrive à ma hauteur, ses phares illuminent un peu mon chemin et, coïncidence, j’ai juste le temps de faire un pas de côté pour ne pas me prendre une flaque de boue qui s’était bien camouflée sous un pavé instable. Tout à coup, un flash, un souvenir de lecture, un rêve… et je souris. Mon imagination déborde de son cadre, je n’ai pas de papier, pas le temps de me poser pour écrire l’incroyable film que je viens d’imaginer en une fraction de seconde…  mon pied gauche s’écarte du pavé qui bouge se pose juste à côté du piège éclaboussant, salissant. Pas assez loin ! La fiction est dépassée par une réalité brutale ! Un bras de boue immense, lisse, sale, humide sort comme d’un cauchemar et me happe le pied, la jambe, la hanche gauche. Le bras boueux se noue autour de ma poitrine, le liquide court s’enfoncer dans les moindres interstices de mon visage ahuri : bouche, nez, oreille, yeux. Le pavé se soulève à peine, je l’imagine plus que je ne le vois, et le trottoir m’avale tout entier ! Rapide, même pas le temps de crier. Ni vu, ni connu. Adieu.

Jamais personne ne le saura.

Pas même le facteur.

Petit délire passager… voilà ce que cela fait de lire du Stephen King, matin et soir, soir et matin !

Archives sur Sherlock Holmes, Conan Doyle

Titre : Archives sur Sherlock Holmes
Auteur : Conan Doyle
Édition : Livre de Poche / Robert Laffont
Genre : nouvelles
Année d’impression : 1956
Nombre de pages :446
Note personnelle : 8/10

Bildergebnis für archives sur sherlock holmesPlusieurs petites nouvelles (12) dans ce recueil. La plupart du temps, c’est ce cher Watson qui relate les événements, mais parfois Holmes prend aussi la plume pour nous narrer ses souvenirs d’enquêtes. Au passage, on apprend quelques infos sur la vie privée de Holmes et un peu aussi du médecin, compagnon fidèle et indispensable. Je pense que celle qui m’a la plus marquée, c’est la nouvelle intitulée « crinière de lion ». Car ma fille a la même couleur de cheveux ! Ha ! Ha !

Il arrive à Sherlock de faire de petits commentaires à Watson, mais c’est dans ses habitudes et notre cher ami ne se vexe pas pour autant, car il sait que Holmes avoue volontiers ses erreurs quand cela lui arrive. Oui, cela lui arrive aussi, comme dans « La crinière de lion » où, s’il n’avait pas été trop vite dans ses recherches, il aurait élucidé cette mort mystérieuse plus tôt et aurait peut-être pu éviter la mort du chien et l’accident suivant qui aurait pu être mortel également…

J’adore le personnage tout à fait original de ce détective. Il n’a peur de rien, pas même de mourir, et n’hésite pas à se mettre en danger pour résoudre une affaire et montrer qu’il sait toujours tout, avec une longueur d’avance, même sur les suspects.

C’est une caricature, mais les sourires, les rires, les surprises et les moments où je suis tout à fait étonnée ne sont pas rares. Sherlock Holmes et son assistant le docteur Watson sont parfaits pour mes trajets en train où j’ai pu lire une nouvelle par trajet et où grâce à ces nouvelles courtes, j’ai pu varier mon plaisir de lecture avec un autre recueil commencé simultanément (le bazar des mauvais rêves de Stephen King).

L’image « photo mystère » de novembre-décembre 2016 correspondait bien à la couverture de ce recueil :-)

Petite histoire pour Noël

Un début d’histoire… qui commence à partir d’une histoire vécue. Si si, les amis, petits et grands, retrouvez votre âme d’enfant et imaginez, si vous le voulez, une suite à ce début :-)

Au petit matin d’un jour de décembre, tu marches dans la rue. Tu avances tranquillement sur le trottoir, comme cinq fois par semaine, pour te rendre à ton travail. Ton travail est loin, et tu dois d’abord prendre un bus pour y arriver, et puis un train. Et avant cela, tu dois faire toute ta longue rue pour arriver à l’arrêt de bus. Tu croises rarement quelqu’un, sauf le facteur, car tu pars assez tôt. Cela ne te dérange pas, tu aimes beaucoup marcher. Sauf, par temps de grosse pluie. L’avantage, c’est qu’à présent, tu connais le chemin par cœur, tu sais dans quelles maisons les gens sont déjà réveillés par la ou les lampes qui illuminent leur maison, tu sais où il y a un trou sur le trottoir qu’il faut éviter par temps de pluie pour ne pas tremper tes chaussures, tu sais où commence le petit bois d’où sort parfois d’étranges sons d’animaux. Oui, tu sais tout ça. Rien ne t’étonne, et ce chemin dans lequel tu mets dix-sept minutes de marche, te permets de réfléchir, de penser, de souffler, de te préparer à la journée.

Un pied devant l’autre, tu observes la tête légèrement relevée le quartier de lune qui est en plein milieu de ta trajectoire, dans les hauteurs. La lune, tu aimes la regarder. Elle n’est pas ronde, pas pleine, mais cela ne l’empêche nullement de briller ardemment. Tout à coup, une autre lumière, à ta gauche, sur le trottoir d’en face, une autre lumière arrête tes réflexions matinales. Cette lumière n’est pas si particulière, c’est celle de l’intérieur d’une maison. Oui, mais d’habitude, les gens de cette maisonnée ne sont pas réveillés. Tu t’arrêtes et tu écoutes attentivement. Y-a-t-il un bruit différent qui te mettrait sur la voie ? Un bruit comme un volet qui se ferme ou une porte de voiture qui claque qui pourrait signifier un départ ? Après tout, nous sommes vendredi, même les pensionnés peuvent s’offrir de temps à autres un petit week-end en amoureux. Mais il n’y a aucun bruit, rien de différent. Alors, tu regardes plus attentivement au travers de la porte vitrée. La lumière est jaune, ni trop vive ni trop basse. Tu ne distingues aucun détail, car la porte a été conçue pour ne pas voir au travers et ne donner aucune satisfaction aux petits curieux de ton genre. Toutefois, grâce au mouvement d’une personne, le monsieur qui habite là tu penses, tu avances encore un peu pour avoir un autre point de vue et tu crois voir une silhouette immobile dans un coin.

Le monsieur de la maison est parti. Tu es à présent toute seule face à cette silhouette qui ne bouge toujours pas. Il ne te faut pas longtemps pour comprendre que tu as en face de toi l’un des rennes du Père Noël ! Même si les contours sont flous, même si tu ne vois pas les couleurs, les grands bois sur cette tête si particulière, tu la reconnaîtrais n’importe où ! Et ce n’importe où, c’est dans ta rue ! Père Noël habite dans ta rue !

Bon, récapitulons. Tu as 36 ans, tu n’es plus un bébé, tu ne crois plus aux contes de fées, ni à la petite souris, ni à Saint Nicolas. Donc, ça fait longtemps, très longtemps, que tu sais que le Père Noël, bah, c’est une histoire pour les petits enfants. Toi, tu es grande à présent.

Alors, comment cela se fait-il que tu sois étonnée par ce que tu vois ? C’est probablement un déguisement… oui, sûrement, ça ne peut en être autrement ! Vraiment ?

Et pourtant… et pourtant tu es toujours là, arrêtée dans ta marche, à observer cette maison illuminée. Tu regardes ta montre. Tu es bientôt arrivée à ton arrêt de bus. Il te reste encore 6 minutes avant que le bus arrive. Vite tu traverses la rue pour observer cela d’un peu plus près. Tout à coup, là, en bas à droite de la maison, dans le jardin, juste derrière la poubelle, quelque chose ou quelqu’un bouge ! C’est tout petit. Sans doute une souris ou un mulot. Ou peut-être un rat. Brrr, tu n’aimes pas les rats. Tu les détestes même ! Dans l’obscurité de la nuit, tu ne vois pas très bien. Malgré qu’il y ait de la lumière dans la maison, cela n’est pas suffisant pour éclairer ce côté-ci de la maison. Vite, tu sors ton téléphone de ta poche et tu actives la lampe de poche intégrée. Tu remercies la technologie, et aussi ton mari pour t’avoir offert ce petit bijou dont tu pensais que tu n’utiliserais jamais la moitié de toutes les fonctions. Tu braques le faisceau lumineux à la base de la grande poubelle grise.

– Un lutin ! Un truc minuscule avec un chapeau rouge et un pompon blanc ? Pas possible ! Invraisemblable ! Tu hallucines ma vieille ! Tu es bonne à être enfermée chez les fous.

Tu frottes tes yeux, tu regardes une fois autour de toi pour voir s’il n’y aurait quand même pas une autre bonne âme pour confirmer ou infirmer ce que tu vois. Le facteur est déjà parti dans sa petite camionnette, et il n’y a décidément personne pour te venir en aide.

– Une photo ! Oui ! Vite une photo. Allez bon sang, où se trouve cette fichue application ? Ah là, ben oui évidement, sur l’écran d’accueil ! Argh ! Mes doigts sont gelés. Je déteste ces touches plates, tactiles…

Bon, calme-toi, ce n’est pas en t’énervant que ça ira plus vite. Que du contraire.

« Bon, j’y suis, je vise, j’active le flash et « clic » c’est dans la boîte, enfin, dans le téléphone ! »

Aveuglée par le flash, tu ne vois plus rien, sauf des points jaunes et blancs. Tu vises quand même une nouvelle fois à l’aveugle l’endroit et tu prends deux autres photos au cas où la première soit floue.

Aussi vite, tu replaces ton téléphone dans ta poche et tu te remets en marche, car là, pour le coup, tu vas vraiment louper ton bus, puis ton train, et tu seras en retard à ton boulot !

Ce n’est qu’arrivée à l’arrêt du bus que tu te traites d’imbécile ! Ben oui, tu aurais pu prendre la silhouette du renne en photo aussi ! Bon sang, ce que tu peux être stupide parfois !