Une photo, une décision, une promesse, un choix, un défi

Souvenez-vous, j’ai posté un article sur mon trouble compulsif d’achats de livres…

Souvenez-vous du dernier article que j’ai publié sur les photos et les rimes.

Enfin, pour celles et ceux qui me suivent sur FB, j’ai fait référence à trois auteurs de thriller en introduction à mon dernier livre lu. Souvenez-vous, c’était le livre de Pierre Lemaître.

Et bien voilà ! Pour faire ce lien avec les trois derniers posts, voici une photo qui résume à elle-seule mes occupations du moment.

Donc, une décision s’impose. Une promesse à tenir, un véritable défi pour moi :

  • D’une part, d’ici mon anniversaire (septembre), je n’achète plus de livre papier en neuf.
  • D’autre part, je m’engage à donner à manger à ma nouvelle liseuse que j’ai reçue pour la fête des mères (avec une belle couverture).
  • Enfin, je me permettrai d’acquérir des livres d’occasion à la condition que ceux-ci ne puisent pas dans mon portefeuille de 2020 : cadeaux, échanges, troc, boîte à livres, dons,… tout est bon.

Cela étant dit et écrit, je me donne le droit de « transgresser » ou plutôt d’adapter ma règle lors de trois occasions particulières :
1) lors de notre visite annuelle au village du livre, Redu, je peux acheter un maximum de 10 livres d’occasion à la condition que je puise dans mes économies que je mets de côté pour ce genre de choses,
2) lors de brocantes, je peux acquérir quelques livres – nombre indéterminé, mais en-deça de 10 – si ceux-ci sont vraiment une trouvaille, une occasion à saisir, une opportunité à ne pas louper, un ouvrage magnifique, une découverte, etc.
3) comme il n’y a que moi qui rend visite à mes libraires et que j’ai déjà commencé une série de livres qui sort 1x/semaine chez elles, je poursuivrai cet achat hebdomadaire. Ce serait au-dessus de moi d’interrompre cette série (Jules Verne) au seul motif que j’ai trop dépensé avant. Ce serait injuste pour la série. Injuste pour ma bibliothèque. Injuste pour mon toc. C’est comme ça, je ne peux rien y faire. Point à la ligne. On n’en parle plus et on passe à autre chose. :-)

Voici la liseuse que j’ai reçue avec sa belle couverture ;-) C’est une Kobo, il y a la couverture du livre en cours de lecture que je peux voir chaque fois que j’ouvre ma liseuse, je peux agrandir la police de caractère, déterminer la luminosité et il y a même une lumière orange qui favorise à l’endormissement qui s’active quelques minutes avant mon heure habituelle de dodo. Elle n’est pas belle la vie ? (rires)

Mémoires de lady Trent, tome 2, avis de lecture & extraits

Le 2e tome des mémoires de lady Trent (Le Tropique des Serpents) a été, pour moi, presque aussi passionnant que le 1er ! Je découvre donc pour la seconde fois la plume de Marie Brennan, l’autrice, et … j’apprécie de plus en plus :-)

Marque-page que j’ai fait avec
les couvertures des 5 livres

Veuve, Isabelle Camherst, chercheuse en devenir, a 23 ans. Pour partir à la recherche d’une espèce de dragons qu’elle n’a pas encore vu, elle « abandonne » son fils de 2 ans à sa nounou.

Son voyage en Érigie durera presque une année entière ! Cette expédition, elle le savait, n’allait pas être facile en ces temps de guerre. Mais elle ne s’imaginait sûrement pas à devoir risquer sa vie plus d’une fois et dans de telles circonstances.

Bien que l’on parle un peu moins de dragons, ce livre reste très intéressant à lire, car l’autrice invente tout un monde, des peuples, des langues, des traditions, des religions, des saisons, des façons de vivre et des époques tout à fait extraordinaires et fascinants.

Son rang de femme, dans ces années 5600 n’est pas facile. Elle doit se battre pour expliquer qu’une femme peut aussi s’intéresser à la science, à la recherche, aux dragons.  Habituée dans son pays à porter des robes ou des jupes longues, elle va découvrir que crapahuter en pantalon est quand même bien plus aisé.

Faire changer les mœurs et les mentalités, chez Isabelle, c’est presque une seconde nature !

Maladroite, franche et parfois inconsciente, la jeune femme se moque bien des ragots et n’a pas peur de défier l’autorité d’un père ou même d’un prince ! Elle se moque d’elle, se reconnait idiote par moment, mais tellement « vraie » qu’elle parvient à ne pas se faire tuer et à sauver sa peau de manière, parfois, tout à fait incongrue.

Amenée à vivre autrement, Isabelle ne mâche pas ses mots et parle de menstrues comme elle parle de politique.

Féministe sans le vouloir, elle est à l’ère du changement !

… Et je peux enfin savourer les magnifiques illustrations dans ces livres que j’ai en papier.

Quelques extraits choisis au risque de dévoiler un peu quelques intrigues…

La courtoisie des fourmis :-)
Des dragons ! Ils sont là ! Et il y a même des œufs !
Bon, oui, d’accord, ça fait mal sur le moment-même. Mais être mordue par un dragon, ça n’arrive pas tous les jours (morte de rire)

Le Grand Hôtel Babylon, court avis de lecture

Le grand hôtel Babylon, de Arnold Bennett

Mini avis de lecture, car… lu jusqu’au bout et aimé, mais sans plus. Reçu le livre numérique gratuitement dans le cadre d’une action durant le confinement :-)

Non, l’argent ne fait pas tout ! Même si dans ce livre, il permet à plusieurs personnes de vivre une aventure palpitante, évite à une personne de se suicider et permet à une autre de se marier.

Blague à part, cette histoire, faut la lire au second degré pour l’humour qu’elle distille au travers des aventures toutes plus ahurissantes les unes que les autres. Mais sont-elles si déjantées que ça ? Peut-être pas ! Je ne connais pas le monde des riches et je ne m’en porte pas plus mal pour autant.

L’aventure pour tous les personnages commence par le caprice de la fille d’un riche. Pour satisfaire à sa fille, le père ne trouve rien de mieux que … de racheter l’hôtel dans lequel ils sont ! Mais le Grand Hôtel Babylon n’est pas n’importe quel hôtel. C’est que, en ses murs, il s’en passe des choses pas très honnêtes.

Entre meurtres, kidnapping, empoissonnements, le nouveau propriétaire ne sait plus trop où donner de la tête. Alors en plus quand cela concerne des princes et sa fille…

Bon moment de lecture avec ce court livre (240 pages environ), bien que je ne me sois attachée à aucun des personnages et qu’il n’y a pas de véritable suspense malgré tous les rebondissements et coup de théâtre. Très vite, on comprend où on est et que rien ne peut nous surprendre dans ce monde bizarre de riches qui déboursent sans compter vraiment.

Reprendre un projet d’écriture… Lequel ?

Tout est dans le titre !

Après avoir soupé d’un nombre incalculable de contes, lus, dévorés, écrits, dégustés, je veux – immédiatement – passer à autre chose.

Comprenez que je viens d’envoyer mon fichier « Raconter des salades… de contes » à Atramenta. Je ne veux plus y toucher à ce manuscrit : plus de relecture, plus de correction, plus de révision 😅 Dans quelques semaines, vous allez pouvoir déguster ma petite salade de contes, sous forme de livre papier 👍

Dans cette attente, j’ai mes doigts qui me démangent et j’ai envie d’écrire sur autre chose. J’ai du mal (je sais, je me répète) à écrire de longues histoires et j’ai encore plus de mal à me relire et à me corriger !

Ce sont les raisons pour lesquelles j’ai décidé de faire de gros efforts : je vais reprendre une histoire que j’ai écrite il y a quelques années. Car oui, grâce au challenge Nanowrimo, j’ai écrit trois courts romans :

• Chassé croisé du passé, du destin (2010)

• L’atelier d’écriture virtuel (2012)

• La légende du blondinet (2016)

Et je ne suis pas comme le vin : plus j’attends pour me relire et me corriger, plus mauvaise je deviens !

Le roman que j’ai écrit en 2010, je l’ai fait relier et c’est le seul (le premier) que j’ai osé envoyer à plusieurs maison d’édition. De mémoire, ça fait 10 ans quand même, j’ai reçu trois réponses sur les sept ou huit maisons d’édition que j’avais « ciblé ». Deux négatives et une à moitié positive. C’est-à-dire que moyennant corrections et relecture approfondie, cette maison d’édition aurait pu être intéressée si j’avais fait plus d’efforts ! Et… j’en suis restée là ! Je n’ai eu ni la volonté ni le courage de faire tout ce travail et depuis, ce manuscrit repose dans une boîte intitulée « écriture »…

L’histoire écrite en 2012 n’a jamais été lues en entière par quelqu’un d’autre que moi 😆 J’ai clairement bâclé la fin, désespérant d’arriver au terme du challenge à savoir 50.000 mots.

Celle de 2016, la plus récente en matière de longue histoire jamais écrite par mes petits doigts, a démarré grâce à un atelier d’écriture en réel, c’est-à-dire avec un animateur en face de moi et en présence, accompagnée, d’autres camarades d’écriture. Grâce à plusieurs d’entre vous (Béa, Quichottine, Cigalette), vous m’avez encouragée à poursuivre la publication des premiers chapitres sur mon blog. Laurent, lui, a lu toute l’histoire et il l’a trouvée intéressante.

Et aujourd’hui, j’hésite : quelle histoire je dois reprendre maintenant ?

J’ai eu beaucoup de plaisir à les écrire toutes les trois. Il y a beaucoup de passages ou de personnages inspirés de ma vie dans les romans de 2010 et de 2016. Elles racontent trois histoires différentes.

Dans la 1ère, il n’y a pas de magie, peu d’intrigues ou de véritable suspense. C’est juste l’histoire d’une adolescente qui vit un moment difficile avec ses parents et qui va découvrir des secrets de famille qui vont bouleverser sa vie.

Dans la seconde, ce sont plusieurs personnages qui vont apprendre à se découvrir au travers d’ateliers d’écriture virtuel. L’animatrice est bizarre et cache quelque chose… et en réalité, tous les participants à cet atelier semblent dissimuler ou tordre la vérité les concernant.

Dans le dernier, la légende raconte qu’un enfant a disparu dans un village un jour de brouillard, près d’un puits. Des années plus tard, aujourd’hui, un autre petit garçon disparaît et certains prétendent avoir vu la silhouette de l’enfant de la légende rôder près du puits le jour de la nouvelle disparition. Des choses étranges se passent dans ce village où habitent d’étranges personnes.

Laquelle aimeriez-vous découvrir ?

Il est certain que pour mener à bien ce projet d’écriture, j’aurai besoin de vous, de vos conseils, de vos encouragements, de vos idées.

Si je ne me donne pas de date limite pour réaliser cet objectif, je sais que je ne ferai aucun effort pour arriver au bout dans un délai raisonnable. Alors, je me lance le défi un peu fou de terminer la réécriture pour le 1er septembre !

Chacune des histoires est déjà écrite, les idées principales sont là, mais il me faut absolument corriger des scènes, approfondir des personnages, intégrer du suspense, remet de l’ordre dans certains passages…

Même si je ne vais sans doute pas les envoyer à des maisons d’édition, je trouve cela dommage qu’elles restent endormie, dans une boîte. Mon objectif final serait de les autoéditer, comme les autres ou au moins les imprimer dans un vrai livre (à vendre ou pas, cela reste encore à déterminer)

Vous avez osé faire ça ce matin ? Oui ! Et même sans réfléchir…

Vous venez de terminer de lire un , deux, trois livres. En fait, vous avez ingurgité trois bandes dessinées et trois mangas en deux jours.

Dans votre bibliothèque, il y en a encore une bonne dizaine qui attendent d’être choisis, c’est votre PAL. Sans compter les quatre titres reçus en numérique qui semblent bien, mais auxquels vous ne réussissez pas à accrocher pour l’instant. Mais, surtout, vous attendez avec grande impatience votre commande de romans sur les dragons qui devrait arriver bientôt chez votre libraire, enfin chez l’un de vos libraires :-)

Aujourd’hui, il fait beau. Vous sortez faire une petite balade et profitez de ce soleil resplendissant pour emmagasiner naturellement votre vitamine D qui vous fait cruellement défaut depuis quelques mois.

Vos pas vous emmènent sans surprise vers une librairie qui a été fermée durant le confinement et qui est réouverte depuis peu. Vous vous dites que vous ne pouvez pas ne pas lui faire un petit coucou, après tout ce temps… Oh ! Une revue sur les animaux de la forêt vous fait de l’oeil et là, une autre sur l’espace pour vos enfants vous attire aussi. Tiens, une autre revue sur l’écriture… Et puis, après les revues, il y a les meubles des romans. Le premier a avoir volé votre attention est un petit livre avec deux girafes en couverture. Ni le titre ni l’auteur ne vous sont inconnus. Vous aviez sans doute déjà été intéressé auparavant, dans sa première édition, originale, en grand format. Mais votre budget livres, comme le mien, n’est sans doute pas illimité, et vous avez donc mis ce livre dans un coin de votre tête pour… l’oublier !

Le revoilà face à vous. Vous lisez quand même la quatrième de couverture pour vous rafraîchir cette mémoire défaillante. Le héros de ce roman ressemble quand même étrangement à vous. Vous aussi, vous êtes passionné par les animaux sauvages. Bon, vous n’êtes pas devenu vétérinaire et vous n’avez pas hérité de quelques dizaines d’hectares en friche que vous avez transformé en parc animalier, mais bon… cela aurait pu se faire dans une autre vie ! Et puis quoi, vous avez failli aller en Afrique pour rendre visite à une copine quand elle travaillait là-bas, alors quand même, ça fait beaucoup de signes en commun… il vous le faut ce livre. Et maintenant qu’il est en petit format, c’est moins cher, vous pouvez vous le permettre. Cela vous changera de vos dernières lectures. Allez, hop, vous l’embarquez. Vous contournez ensuite ce meuble pour respecter le sens de passage dans cette super librairie et vous vous dirigez vers la caisse et la très gentille libraire.

Là ! Paf ! Un autre roman vous appelle ! L’auteur vous a captivé avec plusieurs précédents romans. Celui-là aussi, en lisant le résumé au dos du livre, vous vous souvenez l’avoir vu à près de 20 euros ! Décidément… Bon, il est petit, il rentrera bien dans la bibliothèque avec les autres. Et puis, un thriller, ça fait un lustre que vous n’en n’avez plus lu ! Vendu ! Ce livre est celui de Pierre Lemaître : trois jour et une vie.

Ce n’est qu’une fois à la maison que vous remarquez les bandeaux publicitaires des maisons d’édition. Oui, sur les deux romans. Ces trucs-là ont beau être en rouge flash, il n’a rien à dire, vous y êtes, pour votre part et pour la mienne, totalement insensible.

Et donc, à la maison, vous souriez. Vous avez osé dépenser de l’argent sans compter ni réfléchir et pour quoi ? Pour des livres ! Encore et toujours des livres ! Et en lisant ce billet, vous vous dites que vous devrez remettre votre liste de livres à lire pour 2020 à jour :-)

Mini texte d’après jeu de dés Story cubes

Lampe de poche – extraterrestre – empreinte de pied nu – quelqu’un qui dort – poisson – étoile filante – ombre monstrueuse – tour de château – livre ouvert

Contre le mur de la tour de château, un extraterrestre à tête de poisson, dormait à la belle étoile filante. A ses pieds nus, on devinait encore ses empreintes dans la terre humide à l’entrée des douves. A l’aide d’une lampe de poche, dans sa bouche grande ouverte et bruyante de ronflements, on pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert : il rêvait de faire peur aux enfants avec son ombre monstrueuse.

J’ai essayé de faire le plus court possible. Vois si j’en étais capable (rires). Et oui : j’ai réussi, j’ai relevé mon propre défi qui consistait à écrire un texte très court.

A votre tour de jouer… si vous en avez envie. Un mot, une image, deux, trois ou neuf, court texte, poème, chanson ou roman, tout ce qui vous plaira et où votre imagination vous emmènera ;-)

dans ma main, atelier d’écriture

Avant le confinement, j’avais commencé un atelier d’écriture à la bibliothèque de mon quartier. L’animatrice, Jacqueline Leyder a poursuivi et motivé « sa troupe » sur la plateforme padlet. Malheureusement, j’ai énormément de mal à me faire à cette plateforme et je n’ai plus poursuivi nos échanges là-bas.

Néanmoins, j’ai adoré écrire ce petit texte ci-dessous. Il y a deux versions :
La première, grâce à un poème pioché au hasard parmi d’autres, on devait choisir un petit extrait (quelques mots, une ou deux phrases) et démarrer un texte en incluant cet extrait, au commencement ou en intégrant comme on préfère les mots ou les phrases.
La deuxième version consistait à jouer avec notre premier texte, mais en y enlevant tous les verbes. Cela a été un vrai challenge pour moi et je suis plutôt contente du résultat :-)
Malheureusement, je ne retrouve plus ma feuille avec tous les poèmes pour identifier leurs auteurs.
J’ai donc mis en rouge, les mots et phrases que j’ai choisis… dans 2 poèmes.

VERSION 1

Ce matin, j’avais mis quelques miettes de poèmes dans ma main, comme on attire les pigeons. Attiré par cette promesse de trésor roucoulant, un vers s’était posé naturellement dans ma paume.

Mon autre main était venue par-dessus et formait ainsi un dôme, un bouclier pour vers naissant. Un bouclier ou une armure en peau de mots, renforcée, pour le préserver. Le préserver, le nourrir, le voir grandir, mais aussi pour le protéger. Le protéger de tous les doutes, de tous les jugements, de tous les dangers assurément.

Je n’avais pas encore terminé de l’admirer, qu’un premier ennemi venait d’arriver. Celui-ci émergeait de ma manche ! Ma manche qui couvrait mon poignet et d’où sortait, comme par magie, un insecte étrange.

C’était un insecte minuscule, qui dépassait de mon pull. Une bestiole ridicule, un atome, une molécule. C’était un point rouge doté de pattes, couleur d’hémoglobine, infime goutte de sang, odeur putride d’urine. Avec ses iris noires comme la mort, l’insecte semblait me défier du regard. Il avait levé une patte, fermé ses mandibules et sous mes yeux étonnés, il s’était carapaté.

Un instant plus tard, une patte levée en l’air, comme figée dans le temps, l’insecte à présent recroquevillé semblait ne plus vouloir bouger. Il était comme absent, mais néanmoins bien présent, comme lorsque nos pensées se perdent dans la voûte du ciel étoilé.

Dans ma paume, sous le dôme, le vers n’était pas fier. Il connaissait cette bestiole minuscule, cet insecte ridicule. Il n’était pas le seul de la sorte. Le vers, sans en avoir l’air, l’avait déjà mis à la porte. La frontière entre leur deux mondes était fine. Tapis dans l’ombre, l’insecte pourpre se régalait des hésitations du vers gringalet. Plus le vers était incertain, plus l’insecte prenait de l’embonpoint.

Ce matin-là, j’avais fait un choix : quand le vers s’était blotti au creux de ma main, d’un revers j’avais envoyé valdinguer la bestiole minuscule, loin. Très loin. Une chiquenaude avait suffi à clore ce curieux épisode.

Dans le brouillard de ma mémoire, la lumière avait fini par me donner un espoir certain.

VERSION 2 : sans verbe

Quelques miettes de poèmes dans ma main. Dans ma paume, un vers.
L’autre main par-dessus. Un dôme, un bouclier pour vers naissant, pour un nouveau-né.
Armure en peau de mots. Renfort, préservation, cocon pour évolution.
Nourriture, abri, protection.

Non aux doutes. 
Non aux jugements.
Non à tous les dangers.

L’ennemi puissant. Insecte étrange. Ravageur. Insecte minuscule. Bestiole ridicule. Un atome. Une molécule. Un point rouge sur des pattes. L’ennemi de l’imaginaire.
Le grand-méchant, tout puissant, du vers. Couleur d’hémoglobine, infime goutte de sang, odeur putride d’urine. Des iris noires comme la mort. 
Puis, un regard, un défi. Une réaction à l’opposé ; yeux étonnés, mandibules fermées. Statue. Immobilité bien gardée. Étrangeté.

Pas de confiance, mais de l’espoir.
Pas de l’espoir, mais de la volonté.
Pas de volonté, mais de la réaction.

Le choix du matin, le vers au creux de ma main, la bestiole minuscule, d’un revers de l’autre main, chiquenaude au loin. Très loin. Plus d’ennemi. Ouf !

Dans le brouillard de ma mémoire, illumination d’un espoir certain.