Proverbes du monde entier

Petit livre rempli de graines de sagesse du monde entier :-) Petit montage du livre et quelques dictons au hasard…

On ne construit pas une hutte en une seule fois.
> C’est petit à petit que l’oiseau fait son nid.

L’argent ne fait pas le bonheur.
> Ce n’est pas parce que l’on est riche que l’on est forcément heureux !

Si tu veux être heureux toute la vie, fais-toi jardinier.
> Ce sont les choses les plus simples qui font notre bonheur.

On peut fendre un rocher; on ne peut pas toujours attendrir un cœur.
> Les êtres humains sont parfois inflexibles.

Même les méchants rêvent d’amour

Même les méchants rêvent d’amour, de Anne-Gaëlle Huon.

« Jeannine a 89 ans passés. Elle aime : les bals musette, les costumes des patineuses artistiques et faire un six aux petits chevaux. Elle n’aime pas : le sucre sur le pamplemousse, les films d’horreur et les gens qui postillonnent. Le jour où on lui annonce que sa mémoire s’apprête à mettre les voiles, Jeannine est déterminée à ne pas se laisser faire. Alors elle dresse des listes. Et elle consigne dans un carnet tous les bonheurs qui ont marqué sa vie. Quand Julia, sa petite-fille, la rejoint en Provence, elle découvre ce que sa grand-mère n’a jamais osé raconter. L’histoire d’un secret, d’un mensonge. Julia va tenter de faire la lumière sur les zones d’ombre du récit. Et s’il n’était pas trop tard pour réécrire le passé ? »

Des personnages « entiers » que j’ai pris plaisir à découvrir et avec lesquels j’ai aimé passer un bon moment de lecture. Ce sont ces personnes faites de lettres et de mots qui m’ont donné envie de tout savoir sur leurs histoires, leurs secrets, leurs amours et leurs peines.

C’est pourquoi, j’ai eu envie de vous les présenter ici avec des extraits du livre qui les présentent tour à tour.

Il y a d’abord le personnage principal, Jeannine, la grand-mère de presque 90 ans :
« Sa mémoire, Jeannine se la figure comme une falaise attaquée par les vents. Un rocher qui s’érode à chaque assaut des vagues. Alors depuis un mois, chaque matin après avoir fait un brin de vaisselle et tiré la courtepointe, Jeannine écrit. Devant un portrait de Julia, sa petite-fille, lumière de sa vie. Elle écrit pour qu’elle sache d’où elle vient Et surtout, pour lever le voile sur ces secrets qui la grignotent de l’intérieur. Pour témoigner, transmettre, pardonner aussi peut-être, si tant est que cela soit possible. »

Puis, il y a l’autre personnage principal, Julie, la petite-fille de Jeannine :
« – Et toi, tu as grandi ici ?
– Oui et non, j’ai grandi à Paris. Mais je venais passer toutes mes vacances chez ma grand-mère.
Elle repense à tous ces souvenirs que lui a fabriqués Jeannine, à grand renfort de fous rires et de caresses.
– J’habite à Paris maintenant.
– Tu fais quoi ?
– Elle baisse les yeux vers la table, chercher quelque chose à grignoter.

J’écris.
Ces derniers temps, le moelleux des biscuits et le croquant du chocolat sont les seuls remparts contre ce mal-être un peu diffus qui s’est installé en elle. Une sorte dinquiétude sans objet, un bruit de fond désagréable que seule le sucre semble apaiser. »

Ensuite, il y a Félix, l’assistant de vie de Jeannine :
« – Salut, je suis Félix, l’assistant de vie de Jeannine, dit-il en enlevant son blouson.
Il est jeune, songe Julia en bafouillant son prénom. Et franchement mignon. Un assistant de vie ?
– Ah ! Jeannine m’a beaucoup parlé de toi !
Puis, se penchant vers la vieille dame :
– Je suis passé au marché ! Mme Abello vous a mis de côté un camembert à la truffe, vous m’en direz des nouvelles ! dit-il en ouvrant son sac à dos. Et ça, c’est le saucisson aux olives du vieux Flavio.
Se tournant vers Julia, il chuchote :
– Il a le béguin pour Jeannine, le vieux Flavio !
 »

Et puis il y a aussi cet homme :
« Une fourgonnette s’avance alors. Une vieille 2 CV rafistolée au fil des années et des pots de peinture, un capot vert, un toit bleu ciel. Alors qu’elle s’attend à en voir sortir un vieux boulanger ou un paysan à casquette, la portière s’ouvre sur une barbe de trois jours et deux yeux bruns illuminés par une large fossette. L’homme, quarante ans à peine, fait un signe de tête au vieux Flavio.
(…)
– Je vous fait goûter ?
Elle sursaute. Les yeux bruns et la fossette se sont matérialisés à ses côtés. Si proches qu’il lui semble sentir la caresse de ces longs cils noirs sur sa joue. (…) Julia remarque alors les ongles noirs. La peau mate. Les mains terreuses. Elle n’a vu que des brouillons de mains avant celles-là. Elle lève les yeux et toute la place fait silence, du primeur jusqu’aux tourterelles. Même les cloches de l’église, le vent dans les arbres, jusqu’à l’eau dans la fontaine. »

Mais autour, avec, en accompagnant de-ci-de-là, il y a aussi Eliane, l’infirmière de la maison de repos :
« Une infirmière s’approche, la cinquantaine ronde et joyeuse. On peut entendre pétiller ses yeux. (…)
– Ne vous excusez pas, c’est humain le chagrin, la réconforte Éliane. Le plus dur, c’est pas pour les malades, c’est toujours pour leurs proches. Ils voient cette maison comme une gare avant le grand voyage. Un quai où il faut faire ses adieux. Heureusement, nos résidents ont souvent l’air plus joyeux que leurs visiteurs !
Éliane dégage quelque chose de rassurant, de lumineux. Côtoyer la vieillesse lui a conféré une sagesse, une sérénité que Julia lui envie. »

Et Lucienne, la meilleure amie de Jeannine. Elle est là en second plan, personnage distillé tout au long de l’histoire. Une vieille dame qu’on apprend à connaître depuis qu’elle a trois ans, dont on parle par petites doses, jamais très longtemps, mais qui pourtant l’histoire ne serait rien si elle n’était pas là.

N’oublions pas Madeleine, Gisèle, Pierrot et tous ces autres résidents et soignants de la maison de repos. Nous devons le titre de ce livre grâce à une super Mamie tricoteuse hors pair et philosophe à temps plein !

Ce roman est-il l’histoire d’un secret ?  Non, une histoire de secrets, au pluriel. Une histoire, des histoires d’amour. De la jalousie. De la guerre. De l’amitié. De la famille. Une histoire vivante que je compare un peu avec les deux livres que j’ai lus de Valérie Perrin : Les oubliés du dimanche et Changer l’eau des fleurs. Car dans ces trois livres, on retrouve des histoires fortes qui parlent de la vie, de la vieillesse, de la famille, d’amour, de secrets. D’un temps passé et d’un présent chamboulé, d’un futur incertain.

Faire son propre carnet, préserver des souvenirs

Lire des histoires, c’est chouette, c’est génial, c’est le plein d’évasion, une vallée d’émotions, des montagnes de sensations.

Écrire des histoires, c’est extraordinaire, c’est passionnant, c’est le plein de questions, un ballon de réflexions, une poussée de création.

Fabriquer son cahier, son carnet, son livre, le support, ça je n’ai pas encore fait.

Créer mon propre carnet, c’est l’une des choses qui se trouve dans ma liste des « choses à faire ». Et je vais le faire !

Et je vais le faire de deux manières. La première, par moi-même, d’après des livres que j’ai chez moi (voir ci-dessous) et la seconde grâce à un petit atelier de reliure auquel je vais participer dans le courant du mois d’août !

Dans l’attente de vous montrer mes deux réalisations, voici les livres que je vais utiliser. L’atelier de reliure se fera chez Double Page Reliure (clic).

Quelle hâte de fabriquer de mes propres mains mon petit cahier d’écriture, mon petit carnet d’haïkus. Je pense que je vais en faire plusieurs, car je viens d’avoir une idée sympa pour faire durer le plaisir de mes ateliers. En effet, dans les prochains mois, je vais participer à des ateliers d’écriture, de lecture à voix haute, de reliure, de thérapie par le conte. Un tas d’activités pour booster ma créativité et surtout, pour me faire plaisir, me sentir mieux, être bien dans ma peau et dans ma tête ;-)

Et quoi de mieux pour garder des souvenirs de tous ces merveilleux moments que d’écrire, de coller des images, de compléter par des photos des carnets que j’aurai fait moi-même ?

Jeu d’écriture d’après coloriage imaginaire

Entre mon livre de chevet et mes coloriages que je fais tous les jours depuis mon téléphone (application happy color), je ne pouvais passer à côté de cette idée.

D’après l’image ci-dessous, je vous invite à écrire un texte : conte, poème, récit fantastique, histoire naturelle, énigme…

Bonne inspiration.

Vous pourrez lire mon texte, mais aussi celui d’autres lecteurs de blog si vous me l’envoyer par email. (ecrimagineAROBASEgmail.com)

Petit concours de nouvelles

Parfois, je participe à de petits concours de nouvelles. Cela fait longtemps que je n’avais plus écrit dans ce cadre particulier. Et puis un jour, je « tombe » sur cette annonce de concours de nouvelles sur Instagram. C’est la Revue Nouvelle (Belgique) qui est à l’origine de ce concours. Vu le thème et la longueur demandée, je me suis sentie inspirée immédiatement.

Mon texte fait deux pages et je me suis inspirée d’une trentaine de titres de livres que j’ai chez moi (lus bien sûr) pour écrire ma nouvelle.

Nous connaîtrons les résultats vers la mi-juillet au plus tard ;-)

Le conte de la cravate

Il y a quelques temps, une amie me demanda de l’aider à écrire un conte. C’est-à-dire qu’elle avait connaissance d’un conte, mais qu’elle ne le trouvait nul part. En quelques phrases, elle me le raconta et en quelques phrases, j’écrivis ce conte.

Conte de la cravate

Dans le désert, un homme seul, entre deux âges, avance péniblement. Il est assoiffé. Ça fait des heures qu’il marche sans savoir où il va, où il doit aller, où se diriger. Sa gourde est vide. Sa gorge, en feu. Ses idées ne sont plus très claires et la seule qui revient en boucle, dans sa bouche pâteuse, est :

-Quand est-ce que je vais enfin pouvoir boire ? J’ai soif ! Je meure de soif ! À boire. À boire !

Un peu plus loin, toujours dans le désert, un bédouin. Cet habitant du désert n’est pas seul. Il a tout un troupeau de chameaux à ses côtés. L’homme assoiffé lui fait des signes. Le bédouin arrive vers lui, doucement. Lentement. Rien ne presse ici.

A boire. Tu as à boire ? Donne-moi de l’eau ! J’ai soif. Très soif. Gourde vide. À boire !

Le bédouin lui dit qu’il n’a pas cela sur lui, mais… une chose inestimable dans sa valise. Il peut lui offrir cette chose, c’est un cadeau.

-Gratuit ! Cadeau pour notre rencontre, dit le bédouin en sortant une magnifique cravate à pois.

L’homme qui n’est pas un homme du désert, ricane. Il rit avec ses yeux fous, arrache la cravate des mains du bédouin et la lance derrière lui.

-Rien à faire de ton cadeau. Tout ce que je veux, c’est à boire. Tu comprends ça ? BOI-RE !

En disant cela, il mime le geste de sa gourde qu’il porte à ses lèvres.

Entre nous, franchement, que va-t-il faire avec une cravate ? Il a soif et il va mourir s’il ne reçoit pas d’eau !

Le bédouin, un peu vexé quand même, est désolé pour l’homme assoiffé. Il ramasse la cravate, la frotte, souffle dessus et il s’en va.

L’homme aux yeux fous poursuit sa route imaginaire. Bientôt, il trébuche. Ses jambes ont du mal à porter le poids de son corps. Il continue néanmoins, mais en rampant cette fois…

Et là-bas, quelques centaines de mètres plus loin, il rencontre un autre bédouin…

En ouvrant péniblement la bouche, il n’a plus de salive, ses lèvres collent entre elles, sa langue est pâteuse, il s’accroche à la robe du bédouin et crie :

– OOOOO ! OOO ! EAU !

Il demande de l’eau bien sûr. Hélas, il n’y a rien à faire, ce bédouin n’en a pas non plus ! Néanmoins, celui-ci parlant mieux sa langue que le premier, lui dit :

– Je n’ai pas d’eau, mais je suis marchant. Un bon marchant ! Je t’offre pour le prix d’une, deux jolies cravates. Ou si tu préfères un joli nœud papillon ? Que désires-tu ? Que choisis-tu ?

Si l’homme assoiffé avait assez de force, il marcherait, écraserait ces cravates de malheur. Au lieu de quoi, il pousse un étrange bruit guttural, un grognement, un râlement.  Il est très fâché, mais tellement épuisé et déshydraté, qu’il ne fait rien d’autre que continuer sa route imaginaire.

Enfin, il voit au loin une oasis. Il frotte ses yeux et regarde autour de lui. Il se dit qu’enfin la chance tourne et qu’il va pouvoir étancher sa soif. Aussi vite que ses forces le lui permettent, il rampe, il rampe, il rampe jusque-là…

Ce n’est pas un mirage !

Il y a une oasis.

Un homme est devant cette oasis. L’homme assoiffé veut rentrer dans l’oasis, maintenant, tout de suite, immédiatement. Mais il est stoppé par le gardien. On le lui en interdit l’accès !

L’homme ne comprend pas.

Le gardien s’accroupit, d’une main douce mais ferme lève le menton de l’homme pour le regarder dans ses yeux et il lui dit alors : « sans cravate, on ne rentre pas dans l’oasis. Où est ta cravate ? »

J’ai aussi cherché l’origine de ce conte que je trouve très chouette. Je n’ai malheureusement pas eu plus de chances que mon amie. Sûrement doit-il faire partie d’un recueil de contes…

Et vous le connaissez-vous ? Cela vous dit-il quelque chose ?

Merci Teresa de m’avoir fait découvrir ce conte :-)

Riquet à la houppe, de Amélie Nothomb

Un avis de lecture un peu différent, avec au menu :

  • la 4ème de couverture du livre
  • un avis de lecture d’une blogopote qui m’a poussée à lire ce titre
  • l’histoire sur l’acquisition de ce livre et sur d’autres titres de l’autrice

4ème de couverture

« L’exceptionnelle intelligence de Déodat n’avait d’égale que son extrême laideur.
Trémière était incroyablement belle, mais on la disait simple d’esprit.
Le destin les fit se rencontrer. »

Je ne sais pourquoi, je n’ai jamais lu (ou retenu) le conte d’origine de Perrault !

J’aime la plume franche, directe, précieuse, délicieuse d’Amélie Nothomb. J’aime, mais je ne suis jamais allée jusqu’à acheter un de ses livres tout juste sorti de presse. Les trois premiers titres que j’ai lu de cette autrice (Frappe-toi le cœur, Acide Sulfurique, Robert des noms propres), je les ai trouvés dans la boîte à livres de mon quartier. Un autre titre, Barbe Bleue, m’a été offert par mon papa quand nous sommes allés ensemble dans une librairie. Un cinquième, le recueil de contes Brillant comme une casserole, je l’ai trouvé et emprunté à ma bibliothèque communale. Pour Riquet à la houppe, une amie de blog en a parlé il y a peu de temps. L’extrait qu’elle a choisi m’a convaincu que ce livre-là, je devais absolument le lire. Mais non, je ne suis pas dingue des oiseaux 😊 Merci Val !

Et donc, c’est très peu de temps après le début du déconfinement, alors que je patientais dans une file pour rentrer dans une librairie, que je l’ai vu. Trois personnes avant moi. Je vais patienter, car je suis là pour retirer un colis (des Bob et Bobette que je n’avais pas encore, deux hors-série et un titre en néerlandais qui n’a jamais été traduit, mais que je ne pouvais ignorer, car l’histoire est basée sur des cygnes noirs et d’autres blancs ! Merci Sabine !) La file avance. J’avance donc aussi. Je me retrouve à l’entrée de la librairie, le tourniquet de livres de poche à portée de regard. Je ne peux faire que ça, les regarder. Et puis, ses couvertures particulières où Amélie Nothomb figure toujours sur celles-ci sont faciles à repérer si les livres sont disposés face à moi. Et c’était le cas pour Riquet à la houppe ! Je n’ai même pas réfléchi, je l’ai pris, au format poche, cela ne m’a pas ruiné (rires).

Ce que j’ai particulièrement aimé, en dehors des deux « oiseaux » principaux, de leur comportement et de leur réaction face aux injures et aux mépris que beaucoup de camarades ont pour eux quand ils sont enfants, c’est la relation, le lien particulier qui unit Trémière à sa grand-mère Passerose.