L’affaire Agatha Christie, lecture coïncidence

Souvenez-vous, vers mars ou avril, j’avais eu l’idée d’un atelier d’écriture au sujet de la disparition de la célèbre romancière Agatha Chrisitie.

Quelle surprise ! Chez mon libraire, regardez ce que j’ai trouvé :

Parution avril 2023 aux éditions « le cherche.midi »

Et c’est tout à fait de cela qu’il s’agit : la disparition d’Agatha. C’est la maitresse du mari de la romancière qui parle (c’est un roman, Nan est le personnage principal). Un roman en « je » qui ne me déplaît pas puisqu’en trois jours, je l’ai déjà quasi terminé.

Tantôt dans la tête du colonel Christie, tantôt dans celle de sa maîtresse et même dans celle d’Agatha, on découvre avec délectation la plus plausible des histoires. Les versions diffèrent, certaines plus probables que d’autres. L’entre deux guerres, la petite fille du couple, le passé énigmatique de Nan, un hôtel spa poir se ressourcer, rien n’est laissé au hasard. Pas même un double meurtre commis devant un policier !

Nina de Gramont s’est inspirée de la disparition réelle d’Agatha Christie pour écrire ici son premier roman. Il faut savoir que cette disparition reste toujours une énigme encore aujourd’hui, 100 ans (ou presque) plus tard. Elle fait partie de l’une des plus grandes affaires jamais résolues du xxe siècle !

Grâce aux descriptions et aux détails, le lecteur est plongé dans une époque qu’il n’a pas connue et tout semble tangible, vrai, palpable. Entièrement prise par l’histoire et le style d’écriture, j’en oublie qui parle, qui raconte. J’ai parfois cette impression d’être une spectatrice de l’Histoire, je fais fi de l’identité du narrateur et m’en souvenir plus tard est… bizarre. Pour vous dire que je suis embarquée, ce n’est qu’arrivée au deux tiers du livre que les changements de temps, les aller-retour dune date à une autre me dérange. Je n’aime pas trop les sauts dans le temps, devant souvent faire appel à ma mémoire pour me remémorer les détails de ce moment précis déjà lu avant.

Je ne vous en dis pas davantage. Si l’intrigue, cette intrigue, vous plaît, vous savez ce qu’il vous reste à faire 😄

Mon ami l’arbre, jeu d’écriture dans les bois

Pour ma deuxième participation aux ateliers d’écriture dans les bois, animés par Isabelle de Time to C’ink, voici mon texte, retravaillé chez moi.

Pour ce soir d’écriture dans les bois, un extrait d’un texte de Le Clézio a été partagé à haute voix. J’ai naturellement embrayé sur le style tout en y apportant bien sûr ma touche personnelle.

J’ai choisi un arbre, un sapin, et Isabelle m’a offert quelques infos pour guider mon écriture : spiritualité, fluidité du lien, espoir, don, générosité, résistance, résilience


Mon ami l’arbre

Sylvestre, j’ai fait sa connaissance il y a tout juste dix ans. J’avais alors deux ou trois ans et, avec mes parents et ma sœur, nous venions d’emménager chez lui. Enfin, nous avons pris possession des lieux, de la maison et du jardin. Pas de Sylvestre. Sylvestre habite dans le jardin. Il est grand. Il est vert et brun. C’est un sapin. Sylvestre est un immense arbre. Il est le gardien de la maison.

Les précédents locataires nous ont raconté qu’il devait bien avoir 128 ans. Ça peut vivre très vieux un arbre. 128 ans pour un arbre, c’est grandiose ! C’est très vieux, et pas tant que ça. À l’école, j’ai appris que les arbres pouvaient vivre bien plus longtemps. Jusqu’à 4000 ou même 5000 ans.  Si on, les humains, on les laissait vivre. Si on ne les coupait pas. Si on les laissait grandir. Si on s’occupait d’eux. Si on les soignait quand ils tombaient malades.

Je veux donc bien croire que Sylvestre a 128 ans. Il est immense. Majestueux. Un vrai roc. Sa cime flirte avec les nuages. Bon, j’exagère un peu, mais il doit bien mesurer une dizaine de mètres de hauteur. Comparé à ma taille de nain de jardin, il a la tête dans les étoiles notre gardien ! Si un enfant peut grandir de 6 à 12 centimètres par an, je peux facilement m’imaginer qu’un arbre dont la croissance est infinie, peut très bien pousser de 12 à 18 centimètres par an. Non ?

Sylvestre, c’est mon ami. Il est mon confident. Mon guide. Conseillé à ses heures perdues, il a un langage qui lui est propre. Une voix caverneuse, gutturale. Il mâche ses mots et les consonnes sont littéralement hachées, voire étouffées, dans ses crissements, dans ses craquements voyellisés.

Il me conseille, il m’accompagne dans la vie de tous les jours. J’avoue ne pas toujours respecter son avis ou ses avertissements. Je ne suis qu’un enfant. Un adolescent buté qui, je le reconnais, ne suis pas facile à vivre tous les jours. Ses conseils, il me les donne quasi tous les soirs, quand, au printemps et en été, quand il ne pleut pas comme vache qui pisse, je peux rester des heures assis à ses pieds. Assis à lui parler, à me confier à lui, à lui poser des questions. Quand il est sûr que de vilaines oreilles ne traînent pas tout près, il me chuchote des mots, il me recommande une action, il m’encourage à faire ou à taire des choses.

Au début, quand nous avons fait connaissance, je ne comprenais vraiment pas bien ce qu’il me baragouinait. Il bredouillait ses sons incompréhensibles à mes oreilles, ses bras branchus en mouvement parasitaient le bruit environnant et couvraient sa voix éraillée, piquante, stridulante. Je me souviens qu’il m’a fallu longtemps avant de le comprendre enfin. Voyez-vous, Sylvestre s’exprime par expressions ! Il répète et répèpète les jeux de mots qu’il entend de-ci, de-là.  

Cette maison a été construite dans les années soixante. Elle n’a jamais connu aucune propriétaire, que des locataires. Elle a été construite par un architecte, qui n’y a jamais habité, pas plus que ses enfants ou les enfants de ses enfants. Pourquoi ? Je l’ignore. Toujours est-il que Sylvestre a connu pas moins de douze familles avant la nôtre. Nous sommes la treizième à occuper son territoire. A le voir grandir, s’épanouir, gémir sous le vent et la pluie. Les treizièmes locataires à le côtoyer. Je suppose que toutes ces gens n’étaient pas des spécialistes en expressions, mais en autant d’années, il a certainement dû en entendre des vertes et des pas mûres. Il les a emmagasinés, tous ces jeux de mots et drôleries d’humains, les a mis en aiguilles dans son tronc, les a bien tenus au chaud sous son écorce rugueuse pour pouvoir les ressortir un jour à quelqu’un comme moi qui le comprenait.

Pour vous donner un exemple, voici ce qu’il m’a dit quand j’étais tout petit. C’était la première fois que je l’entendais parler, me parler. Je venais de m’écorcher le genou en tombant sur le chemin de pierre devant la maison. Je pleurais de plus en plus fort, car un petit peu de sang perlait de ma plaie égratignée :

« Sèche donc tes larmes de crocodile, petit, et viens donc voir par ici. »

Sylvestre avait penché sa chevelure verte pour me parler. Du moins, c’est ce que j’en ai en souvenir. Aujourd’hui, je ne suis plus très sûre qu’il ait pu se pencher de la sorte, mais soit.

Évidemment, je n’avais rien compris. Entre ma morve qui coulait, mes yeux humides qui m’empêchaient de bien entendre et ma bouche qui vomissait des cris aigus, j’ai interprété quelque chose comme ça :

« èèèèsse on è aaaame e oo-oo-iile, eu-i, é hein on oi ar i-iii »

Et puis, par je ne sais quel miracle, un lien s’est formé dans ma tête. Un lien, un choc, une ficelle, un déclic, un éclair. Appelez-ça comme vous voulez. J’ai cessé de pleurer immédiatement. Intrigué par cette voix que j’étais, semble-t-il, le seul à entendre. Dans ma tête, une connexion s’est formée. Une traduction automatique. Et j’ai tout compris. Fluide comme si c’était maman qui m’avait consolé. Aussi clair que de l’eau de roche !

Depuis ce jour, lui et moi, on est devenus les meilleurs amis.

Image par WikimediaImages de Pixabay

Carnet relié fait main, atelier Double-Page, Redu

Avoir des carnets, les fabriquer moi-même, les personnaliser, les remplir, les relier, les collectionner : j’aime ça ! C’en est même devenu une source de relaxation pour moi. Me concentrer, visualiser, fabriquer, façonner, ça me calme et me permet de ne penser à rien d’autres que ce à quoi je suis occupée.

Des carnets de dessins pour la plupart. Des carnets d’écriture pour certains. Des carnets mixtes où j’alterne, dessins, collages et écriture.

Pour l’été, j’ai eu envie d’en imaginer un tout spécialement sur le thème de la mer. Je vais alterner photos, dessins et écriture. De la poésie, des haïkus ou de très courts textes. Des dessins en noir et blanc, coloriés aux crayons de couleurs ou laissés en de simples croquis. Des aquarelles. Différentes techniques pour sublimer les habitants marins : des grains de sable aux coquillages. De la mer, ses vagues, ses mouvements, ses couleurs aux multiples coquillages. Du ciel, du vent, des nuages aux oiseaux.

C’est grâce à l’atelier Double-Page que la naissance de ce carnet a pu voir le jour.

Une reliure criss-cross, du papier à texture (ananas je crois), des motifs provenant d’une serviette (merci Valérie !) et des feuilles intérieures d’un carnet de papier créatif « craft sensations » du magasin Action.

Jeu d’écriture : chevaucher un dragon

Imagine que tu as la possibilité exceptionnelle, unique, de chevaucher un dragon gigantesque !

Raconte cet instant du point de vue que tu souhaites, dans les détails ou de la façon que tu préfères, mais en insérant tous tes sens. (odorat, vue…) Attention, n’en oublie aucun.

Fabienne

Pour les uns c’est un rêve exceptionnel, pour les autres dont moi le pire cauchemar.

J’ai reçu un bon Bongo pour mon anniversaire. Croyez-vous qu’ils m’auraient offert ce que j’aime ? Un bon restau par exemple, un soin thermal, un séjour dans les îles ?

Je n’en ai pas cru mes yeux en ouvrant l’enveloppe :

« Pour toi, rien que pour toi la concrétisation d’un rêve exceptionnel ! l’apogée d’un souhait mirifique, une rencontre à nulle autre pareille…un voyage dans les airs avec Multidragobos ! Le super, hyper dragon qui va t’amener dans les cieux ! Viens vite nous retrouver. il y a déjà une file d’attente ! »

La file d’attente ils pouvaient se la garder. J’étais prête à laisser les autres passer avant moi, à leur céder la place, bref à tout faire pour éviter le moindre contact avec Multidragobos !

Pourquoi pas plutôt un voyage en montgolfière ? Et même en hélicoptère !

Multidragobos attendait son public en pavoisant un maximum, son énorme queue faisait des tourniquets, sa gueule d’enfer crachait du feu, l’écorce verte de ses écailles me donnait le frisson.

Même pas de selle ou quelque chose du même acabit ! Il fallait grimper sur son dos à califourchon, en s’accrochant à son cou rugueux. Beurk !

« Allez Fabienne tu y vas » ??? J’ai grimpé sur son dos, je claquais des dents, mon poil se hérissait…

Multidragobos gratta férocement la terre des pattes, poussa un hurlement féroce (selon moi) et s’envola…d’un coup de queue qui se voulait gracieux.

Nous sommes montés en flèche dans les airs, là en-dessous, le monde était déjà tout petit petit. Je voyais les carreaux multicolores de la gare des Guillemins, La pointe de la Tour des Finances, la Meuse et la navette fluviale toute petite toute petite… Là-dessus Multidragobos opéra un looping sur le pont de Fragnée et manqua d’emporter au passage la perle noire (une des quatre) qui venait d’être placée sur un des tritans. Au secours… !

Mes oreilles bourdonnaient, j’avais des acouphènes, le vent sifflait épouvantablement et le dragon aussi ! j’avais mes bras autour de son cou et je sentais ses écailles me transpercer l’épiderme. Je n’osais pas le caresser de peur de me blesser plus encore et son contact m’était odieux. Et cette odeur qu’il répandait autour de lui pareille à du souffre. Je sentais ma bouche se dessécher. Je pris dans ma poche la petite fiole de péket que j’avais emportée à toutes fins utiles. Ma gorge s’enflamma comme un brasier, je toussai, crachai …Ce cauchemar allait-il finir un jour ?! et Raahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh, Boum ! Aie ! Je me suis redressée dans mon lit le cœur battant. J’ai empoigné ma peluche verte, mon dragounet qui m’accompagne depuis ma plus tendre enfance, et j’ai respiré !


Cécile

L’évènement est exceptionnel ! Je viens d’apercevoir, par la fenêtre de mon salon, un dragon ! Il volait bas. J’ai d’abord cru que c’était un héron, un grand, un gros héron !

Le soleil se levait. Le ciel était encombré de nombreux nuages blancs. L’animal m’est d’abord apparu en contre-jour. Pour moi, il était tout gris, d’où ma confusion avec le héron cendré. Puis, l’oiseau a tourné légèrement et c’est précisément à ce moment-là que j’ai remarqué l’absence du long bec de l’échassier. A la place, un museau épais et large.

J’ai réalisé immédiatement mon erreur d’identification. Comment ai-je pu penser observer un héron cendré alors que cette espèce est éteinte officiellement depuis une cinquantaine de saisons !

Le retour des dragons a été annoncé sur tous les réseaux sociaux. Telle une trainée de poudre, cette information a littéralement fait exploser le nombre de réactions tant dans les communautés scientifiques que chez les fanatiques de fantastique.

On n’a pas encore pu, à ce jour, tous les dénombrer ni les identifier clairement. Toujours est-il que cinq espèces différentes ont déjà pu être photographiées dans deux régions distinctes. J’habite dans l’une d’elles et je crois que le dragon qui a survolé ma maison en est une sixième !

Beaucoup de mystères entourent encore leur retour si soudain. On ne sait pas encore grand-chose d’eux, car la majorité de la population ne croyait pas en leur existence. Moi-même, étudiante en sciences naturelles passionnée par les créatures fantastiques en tous genres, je n’y croyais pas trop. Jusqu’à ce jour.

Si je peux penser que certains romans de fiction édités au siècle dernier ont été écrits sur base de faits réels, j’ai bon espoir que l’individu vu ce matin revienne vers moi. En effet, certains ouvrages d’autrefois mentionnent la grande intelligence des dragons. Certaines espèces auraient même un sens plus développé qu’un autre. Si le dragon est né sourd, par exemple, il développe aussitôt une super-vue lui permettant de voir et de se déplacer dans l’obscurité totale. Encore mieux que la vue des chats qu’on dit nyctalope. Si le dragon est incapable de voler, il nage alors aussi rapidement que les dauphins d’avant.

Avant de vous expliquer la raison qui me pousse à croire que je vais revoir ce dragon, il faut que je précise que ces animaux n’ont jamais craché du feu. C’est un mythe ! aucun animal n’a jamais eu la capacité physiologique pour pouvoir émettre la moindre flamme.

Mais, et c’est la raison pour laquelle « on » les chassait, ils ont l’incroyable pouvoir de deviner les sentiments de tous les êtres vivants, humains compris ! Trop gentils, trop empathiques, trop intelligents émotionnellement, ce caractère et cette faculté extraordinaire propre à tous les dragons, a été malheureusement la cause de leur disparition.

Donc, en tant que scientifique, maintenant que j’ai vu de mes propres yeux un vrai dragon, je peux facilement m’imaginer qu’il va revenir vers moi. Voyez-vous, j’ai toujours rêvé de pouvoir chevaucher un dragon, de voler avec lui, contre lui. Pourquoi un dragon et pas un oiseau me demanderez-vous ? Et bien pour la simple raison que seuls les dragons pourraient supporter le poids d’un humain sur leur dos tout en pouvant voler. Les oiseaux sont tous bien trop légers.

Si ce qu’on dit d’eux dans les livres anciens sont vrai, ce dragon a donc senti que j’aimerais voler avec lui. Je n’ai donc plus qu’à attendre.

Mais une question me vient tout à coup. Nous avons évolué, notre technologie a évolué. La médecine, les recherches, notre santé ont évolué. Alors pourquoi pas les dragons ? Si ça se trouve, peut-être qu’ils ont perdu cette faculté de lire nos émotions et nos sentiments pour pouvoir survivre ? Pour qu’on ne les chasse plus ?

Quoi qu’il en soit, je n’aurai réponse à ma question que si le dragon revient !

En parlant du loup, ou plutôt en pensant au dragon, le voilà justement qui revient montrer le bout de ses ailes.

Les dragons ont des ailes comme celles des chauves-souris, on dirait une fine membrane de peau. Fine, mais résistante, tout en gardant une souplesse.

Les dragons, quand ils volent, gracieusement, ne font pas de bruit. D’ailleurs, c’est l’ombre en vol que j’ai perçu, deux fois, et non le son flap flap de ses ailes.

Les dragons ne s’annoncent pas par un cri ou un chant. Ils sont silence. Ils sont respect.

Voilà tout ce que je note dans mon nouveau carnet consacré aux dragons.

Après avoir tourné trois fois dans les airs, à proximité de ma maison et de celles de voisins, je me pose cette question : suis-je sa seule à avoir remarqué ce dragon ? Si ça se trouve, il vient « pour » ma voisine à côté, ou pour les nouveaux voisins en face ! Une légère inquiétude me pince le ventre.

Le dragon vient de se poser sur la cheminée du toit de mes voisins d’en face.

Temps mort. Le temps se fige. C’est à peine si j’ose respirer. Sans me retourner complètement, j’ouvre le tiroir de l’armoire qui se trouve dans mon dos et j’en retire mes jumelles. Mon carnet d’observation ouvert devant moi, j’esquisse un rapide croquis et note ces quelques infos :

  • Silhouette d’un gros héron cendré
  • Plus massif : poids ?
  • Ailes lisses, grises, luisantes. Luisantes ? Bizarre
  • A-t-il pris un bain pour que ses ailes brillent ainsi ?
  • Museau large, arrondi comme la bouche d’une grenouille
  • Yeux verts, non jaune ! ça alors, ils sont orange à présent !! la couleur des yeux change-t-elle vraiment ou est-ce un simple effet d’optique ? raison de ce changement ? reflet ?

Devant les fenêtres de mon salon, un poste d’observation extraordinaire, il y a des arbres, un à gauche et un autre à droite de la porte d’entrée. Entre les deux arbres, rien, c’est l’espace nécessaire au garage et pour garer ma voiture.

Le dragon dont je n’ai pas encore identifié l’espèce s’est posé pile dans mon champ d’observation, entre les deux arbres. Nous sommes séparés d’environ douze mètres. Il est aussi posé à six mètres de hauteur, au-dessus de moi. L’angle et la distance d’observation ne sont pas optimales pour le décrire ni le dessiner parfaitement, malgré les jumelles.

D’un côté, j’aimerais tellement le voir de plus près, le toucher (si j’ose), mais d’un autre côté, je crains de ne plus être la seule privilégiée et j’ai peur pour lui. L’Homme est une créature fascinante aussi, mais elle réagit de manière stupide trop souvent à mon goût.

Je suis occupée à me demander s’il abîmerait ma voiture avec ses griffes s’il venait à s’y poser sur le toit quand mon dragon quitte sa cheminée-perchoir.

Carnet de notes :

  • Il décolle aisément et vole facilement, sans à-coups
  • Pattes avec doigts très épais et distincts comme celles d’une poule ! griffes énormes !
  • Pattes tendues à l’arrière, qui pendent légèrement durant le vol et qui …

INCROYABLE !

24 heures plus tard

  • Adaptation ++
  • Dragon métamorphe ? pas possible ! à Si !

Plus le dragon se rapprochait de moi, plus j’avais l’impression qu’il rétrécissait ! Il visait l’arbre devant ma fenêtre, à gauche. Ne me demandez pas comment je le sais, je le sais ! Un point c’est tout. Jamais, je ne l’ai quitté du regard. Jamais ! Et quand s’est posé sur l’une des branches de l’arbre, il était à maximum deux mètres de mes yeux. Le dragon ne ressemblait plus vraiment à un dragon. C’était devenu une sorte de merle ou d’étourneau aux ailes lisses et au bec épais. Il avait la taille d’un merle, en avait les couleurs, les pattes et le bec plus ou moins semblables ! C’était hallucinant !

C’est à ce moment-là que je me suis mise à regretter de m‘être débarrassée de mon appareil photo ! Personne ne voudra me croire ! Après réflexion rapide : je veux que PERSONNE ne le sache ! Il restera mon secret, enfin s’il le veut !

J’ai rapidement compris que ce dragon avait non seulement évolué, qu’il s’était adapté remarquablement aux espèces aviaires encore existantes, mais qu’il avait bien gardé sa capacité à « lire » les émotions et les sentiments d’autres créatures vivantes. Lui et moi, on s’est tout de suite compris.

Intérieurement, au fond de moi, c’était la grande bousculade de questions. Alors, le petit dragon-merle-métamorphe a sautillé de branche en branche et a grimpé plus haut dans l’arbre. Message reçu cinq sur cinq ; je monte moi aussi d’un étage pour aller dans ma chambre située sous le toit. J’ouvre la fenêtre à bascule. La créature me demande d’ouvrir en plus grand. Elle quitte l’arbre en taille merle et pénètre dans ma chambre en taille héron XXL ! Très vite, le dragon réalise qu’il va être coincé dans ses mouvements s’il reste de cette immense taille. Alors il s’ébroue, oui, il se secoue comme le ferait un chien trempé et pffiou le revoilà dragon-héron taille M.

Un vrai caméléon dans tout sa splendeur. Caméléon, mannequin, top modèle ! d’une démarche un peu pataude mais maîtrisée, il se pavane dans ma chambre, fait le tour de mon lit, revient la tête haute, tourne sur lui-même, etc. Pour jouer à ce petit jeu de la séduction, à être aussi fier qu’un paon, cela doit être un mâle assurément.

Carnet de notes :

  • comment différencier le mâle de la femelle. L’individu que j’ai en face de moi est un mâle assurément.

Quand le soleil perce entre les nuages et inonde la pièce de lumière, le corps du dragon a des reflets rose et verts ! Voilà pourquoi je l’avais un peu comparé à un étourneau, il en a les mêmes reflets colorés. Dans cette version M, je ne suis pas sûre de pouvoir, ou de vouloir le monter, trop  peur de leur blesser !

Tout à coup, un grondement sourd se fait entendre.

Carnet de notes :

  • quand les dragons ont faim, leur ventre gargouille comme celui des humains !
  • que mange un dragon ?
  • combien a-t-il d’estomac(s) ?
  • n’a-t-il qu’un seul orifice, comme les oiseaux, pour se soulager (urine et excréments) ?
  • rejette-t-il des pelotes de réjections comme les rapaces ou régurgite-t-il des boules de poils comme les chats ?

À ce jour, malgré leur réapparition, il n’existe pas encore de guide d’identification officiel et fiable. Je peux supposer qu’ils ont différents régimes alimentaires selon leur espèce, selon la région où ils vivent, selon leur taille, etc. J’ai devant moi un individu que je suppose mâle, mais d’âge inconnu et de taille et de forme variable.

Je l’invite à se faire un peu plus petit pour que je puisse le porter jusqu’à la cuisine. Là, à l’abri des regards indiscrets de mes voisins, le dragon reprend sa forme moyenne et tâte, sent, touche, lèche, croque dans tout ce que je lui présente !

Carnet de notes :

  • combien de temps peut-il rester dans une autre forme/taille ?
  • évite-t-il d’instinct la nourriture toxique, les poisons ?
  • cela lui fait-il mal, est douloureux de se métamorphoser ?
  • peut-il se changer en n’importe quel animal
  • peut-il se transformer en objet ? en chose non vivante ?
  • se transformer, est-ce inné, dans ses gênes ou bien a-t-il acquis cette prouesse au fil du temps ?
  • quel âge à « mon » dragon ?
  • est-il ici le seul de son espèce ?
  • est-il vraiment né d’un œuf ? à où sont ses parents ?
  • quelle serait sa longévité ?

Après avoir dévoré trois pommes, une rouge, une jaune et une verte ; après avoir englouti deux bananes, une jaune et une verte (pourquoi n’a-t-il pas voulu de celle qui était bien mûre ? à cause de son odeur ou de sa couleur ?), après avoir avalé l’entièreté de mon ravier de bonnes fraises rouges et sucrées, mon invité à jeté son museau dans le plat de spaghettis à la sauce tomates !

Carnet de notes :

  • voit-il les couleurs ? il n’a mangé que des aliments (sucré et salé) rouges, verts et jaunes !

Après ce sacré mélange de goûts, j’espère qu’il ne sera pas malade ! Pour faire descendre le tout, il a bu… un seau d’eau !

Carnet de notes :

  • il doit avoir plusieurs estomacs pour avoir pu avaler tout ça en une fois !

Il était presque treize heures quand il a terminé de manger. Il a bien voulu me laisser grignoter le reste du pain avec du fromage blanc. Repus, il a voleté sur place puis a rétréci pour se lover entre mes mains et s’est endormi aussi sec !

Je l’ai couché dans mon lit. Il a repris sa taille habituelle (XXL), en prenant toute la place du matelas. Il a pioncé près de deux heures. Je l’ai observé, sans m’endormir à mon tour.

Carnet de notes :

  • dos et ventre à poils ras, entre bleu et gris
  • griffes (rétractiles) de 7 centimètres
  • paupières transparentes
  • ailes douces et solides, lignées finement, de près, la membrane ressemble à une toile d’araignée
  • oreilles minuscules, on dirait rabougries, arrondies vers l’intérieur
  • queue lisse, sans voile ni « accessoire » de navigation, c’est un tube allant en s’affinant
    • absence de gouvernail ? gouvernail dissimulé ?

Aux alentours des quinze heures, il se réveille. Il semble être plein d’énergie et de vivacité. Tellement vif qu’il se cogne la tête sur le plafond bas et qu’il me donne une baffe avec une de ses ailes. J’en tombe à la renverse. D’un mouvement rapide, il m’aide à me relever en plaçant son museau sous mes fesses, sans me faire le moindre mal.

Il regarde ensuite vers la fenêtre. Il me regarde. La fenêtre. Moi.

Et… je l’ai chevauché ! Et j’ai volé ! Habituée à avoir le vertige, je craignais avoir le mal de l’air. Rien du tout. On est monté si vite, si haut, que j’ai eu très froid et que je n’ai pas eu le temps d’avoir le tournis. Subjuguée. Impressionnée. Épatée. Bouche bée. Une étrange sensation dans le ventre m’a serré les entrailles. Une excitation mêlée à une sensation proche de l’interdit, un soupçon de folie mélangée à une ivresse de bonheur.

Les mots me manquent. Extraordinaire. Oui, enfin, c’était génial jusqu’à ce que je ressente par vibration une crampe intestinale de ma monture ! Une étrange sensation a chatouillé mes mollets et lui a tordu ses boyaux. Sans honte ni aucune gêne, il s’est soulagé en plein vol.

Carnet de notes :

  • les dragons font pipi et caca en même temps, en vol si nécessaire (urgence)
  • à vérifier : intolérance à un fruit ou à la sauce tomates ?
  • ils peuvent souffrir de diarrhée (puanteur puissance 10, j’ai failli m’évanouir rien qu’à l’odeur, je n’ose imaginer ceux d’en bas qui ont reçu ce cadeau malodorant venu du ciel !)
  • les dragons, ce dragon a le sang chaud, il adore le soleil, n’aime pas la pluie et s’amuse avec le vent

Image par Parker_West de Pixabay

Quelle coïncidence : chevaucher un dragon !

J’aime les signes, les coïncidences et autres clins d’œil de la vie. Que ces signes soient petits, aussi visibles que le nez au milieu du visage, aucun n’est insignifiant pour moi. Même si « trois fois rien ». Pour découvrir cette coïncidence, il vous faudra tout lire. Et je suis bavarde. Courage :-)

Le 19 avril, je postais sur mon compte FB l’idée d’un jeu d’écriture. Le « démarreur », la « contrainte », m’est venue en feuillant dans ma PAL un livre en attente d’être choisi. Si ce livre n’a pas été l’élu de l’instant, il m’a donné l’inspiration pour me lancer dans un jeu d’écriture :

Imagine que tu as la possibilité extraordinaire, exceptionnelle de chevaucher un dragon ! Raconte cette expérience unique avec tes cinq sens. Attention, n’en oublie aucun !

Le samedi qui suit, au petit matin, je me fais chauffer de l’eau pour boire une tisane. PAF ! Le sachet de ma tisane me donne l’idée d’une histoire !

Le lendemain matin, très tôt, pleine d’énergie d’avoir rangé et trié mes bibliothèques la veille, je suis en forme dès potron-minet. J’ai retrouvé un carnet à peine entamé. Je déchire les trois premières feuilles qui ne sont plus utiles et je personnalise ce carnet avec des images et des mots piochés à la va-vite dans un magazine.

Une heure plus tard, j’ai les doigts qui me démangent. J’ai envie d’écrire. Au stylo plume. Il doit être sept heures trente quand je relève la tête et découvre par ma fenêtre le vol d’un héron. PAF ! Des images pour une histoire de dragon se forment. Elles naissent et prennent vie sans que je doive leur demander de faire un effort. J’essaie même de les ralentir, car je n’écris pas à la main aussi vite que sur le clavier d’un ordinateur. Les idées sortent de ma tête, passent dans mon bras droit et donnent l’impulsion à ma main et à mes doigts. Les premiers mots sont là. Tout s’enchaîne. D’une fluidité impressionnante. Je ne cherche jamais l’inspiration, c’est elle qui vient à moi.

Je ne regarde pas ma montre, mais quand mon ventre crie famine, il est midi. Une quinzaine de pages ont été remplies ! Et je n’ai même pas réussi à écrire tout ce que je voulais, les idées et les images changeaient, évoluaient. L’histoire a grandi toute seule.

Nous étions donc le dimanche 23 avril. J’ai laissé reposé. J’ai travaillé pour gagner ma croûte. Et ce jeudi, jour de congé pour moi, je décide de réécrire mon histoire pour la partager ici sur mon blog.

27 avril, j’ouvre mon ordinateur. Je lis mes mails. Une newsletter de Babelio me scotche :

Résultat des courses : j’ai écrit cet article, fait des photos de mon carnet et des captures d’écran de la newsletter de Babelio et… et… je n’ai pas réécrit mon histoire (rires).

Ce n’est pas grave. Cela me permet quand même de vous parler de ce jeu d’écriture. J’aimerais que l’un ou l’une d’entre vous écrive un tout petit quelque chose sur ce thème : chevaucher un dragon. Ce n’est pas grave si les cinq sens ne sont pas repris. Mais j’aimerais bien vous lire. Une histoire suivie, une poème, une chanson, un truc trois fois rien du tout. Tout est bon pour écrire. Tout est bon à lire. Tout est bon pour partager.

D’ici ce week-end, promis, vous pourrez lire mon texte.

Mais si vous aimez lire et que vous aimez les histoires de dragons, je ne peux que vous recommander cette extraordinaire petite série : Une histoire naturelle de dragons. Clic clic, cela vous redirigera vers un article que j’ai écrit pendant le confinement ;-) le tome 2, ici (clic)

En y repensant, il y a aussi ce très chouette livre : Wonderlandz

Mes pierres de gué en citations

Je travaille, ou plutôt je m’amuse à travailler lors de rencontres consacrées à  un BdC.
Mais d’abord, qu’est-ce qu’un BdC ?
Boite de Cadeaux
Bonbon du Chat
Bien-Être d’instant Chronique
Bilan de Compétences
Bavardages de Copines
Bisous de Crabes
Bibliothèque de Comics
Baiser de Carton
Bourse de Cartes de vœux
Bave de Crapaud
Bisque de Cornichon
Brouillard de Cailloux
Buvard de Cahier
Boulevard de Chaussures
Brosse de Cheval
Barbe de chèvre
Bouton de Coquelicot

À votre avis 😄

Suite à un exercice où je devais réfléchir à tous les événements, positifs et négatifs, qui ont jalonné ma vie, je devais arriver à une sorte de conclusion. Ce que je pouvais en tirer, ce que cela révèlait de ma personnalité, ce qui me semblait important, quelles étaient mes valeurs, etc.
J’ai trouvé non pas l’exercice difficile, mais la conclusion, les réflexions qui en sont écoulées plutôt pas évidentes pour moi.

Ce que je retiens, pour l’essentil de tous ces événements, ce sont l’essence de ces citations ☺

• C’est dans les moments les plus sombres qu’on voit le mieux les étoiles.
• Je sème le bonheur avec des mots bienveillants.
• À force de me planter, je vais devenir une fleur.
• La sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit.
• Un sourire coûte moins cher que l’électricité mais donne autant de lumière.
• Ce n’est pas ce que je suis qui m’empêche de réaliser mes rêves, c’est ce que je crois que je ne suis pas.
• La seule limite à mon épanouissement d’aujourd’hui, c’est mes doutes
• Même avec des pierres obstruant ton chemin, tu peux construire quelque chose de beau.
• Lorsque ton passé t’appelle, ne répond pas, il n’a plus rien à te dire.
• Ta douleur d’hier est ta force d’aujourd’hui.
• Quand tu ne sais pas où tu vas, n’oublie jamais d’où tu viens.
• Laisse-toi silencieusement  attirer vers la force étrange de ce que tu aimes vraiment, elle ne pourra pas t’égarer.

Conclusion : Entre moi et le monde, une vitre. Écrire est une façon de la traverser sans la briser.

Être ou ne pas être signopaginophile

J’adore les termes un peu savant ou compliqué pour désigner quelque chose de plutôt simple :-)

L’on peut dire que je suis une signopaginophile, soit une collectionneuse de marque-pages. Un peu normal pour quelqu’un qui aime lire un peu, beaucoup, passionnément, non ?

Avec le temps, je commence aussi à apprécier davantage les beaux livres, les grandes éditions, les livres-objets.

Avec le temps, je suis parfois déçue de la qualité de certains livres, au format poche, imprimés, édités à la va-vite, avec une colle qui déborde, des pages qui sont mal attachées, du papier qui n’est parfois pas de très bonne qualité, aussi fin que du papier toilette ! Et j’en passe. Même si je lis aussi sur liseuse, j’ai toujours encore une nette préférence pour l’objet, pour la texture du papier, pour la façon dont j’utilise le livre, je tourne les pages, je peux revenir en arrière, je peux piocher au hasard, et surtout, je peux y glisser un marque-page.

Il y a bien une chose que j’ai en horreur : corner les coins de page pour marquer l’endroit où je suis arrivée. D’ailleurs, c’est bien simple, je crois que je n’ai jamais maltraité de la sorte un livre. Quitte à y glisser, par manque de marque-page à portée de main, un ticket de caisse, un bout de papier quelconque, un mouchoir – papier – avec une seule épaisseur, une carte de visite, etc.

La « collection » a débuté malgré moi. Quand j’achète des livres, parfois il y a un marque-page dedans. Quand je vais dans une grand librairie, j’en reçois aussi de temps en temps. Petit à petit, ils ont commencé à s’accumuler. Petit à petit, ils prenaient de la place et je ne savais pas où les ranger. Puis, un jour, je reçois une jolie boîte à biscuits, en métal. Pas très large. Elle rentre pile devant des livres, dans un casier de ma bibliothèque. Une boîte parfaite pour ranger mes petits « bouts de papier ». Certains sont achetés, d’autres reçus, d’autres encore personnalisés, faits maison, par mes enfants ou par moi-même. Et puis, les marque-pages « traditionnels » ont été rejoints par des cartes de vœux, photos et autres souvenirs petits et sympas.