La logique des enfants

Discussion entre un père et sa fille de six ans.

– Ma chérie, tu dois être en forme pour aller chez les castors (scouts pour les petits de 5 à 8 ans).

– Pourquoi est-ce que je dois ?

– Ah ça, c’est un secret…

– La devise chez les castors, c’est « partage, partage, partage ». Alors, papa,  tu dois partager ton secret avec moi !

 

Fête aux Cornichons et chien extra !

Isabelle nous a écrit un très chouette texte  à partir d’un jeu d’écriture donné à l’occasion de mon premier atelier d’écriture.

Il fallait écrire une histoire à partir de ce que nous inspirait l’ambiance où nous étions, à savoir un petit restaurant. Un intrus devait faire partie du texte… Isabelle a fait de l’intrus, le personnage principal.

Le café de la gare était bondé.

Ce soir, c’était la fête aux Cornichons. C’est-à-dire que, une fois par an, premier week-end d’octobre, il était coutumier dans ce village pas comme les autres de fêter les Cornichons.

Tous les Cornichons étaient mis à l’honneur ce soir-là. Vous l’aurez compris, la « Culture » du Cornichon était une spécialité locale.

En outre, dans le village, on pouvait aussi rencontrer tous les midis au bistrot « Au Vert Cornichon » le prénommé Guillaume, Cornichon depuis ses premiers pas, fils unique de Gaston, charpentier de référence du village, et de Germaine.

Louise, doyenne des Cornichonnes de 102 ans et née 102 ans plus tôt le jour de la fête aux Cornichons, se tenait assise sur le pas de sa porte depuis l’aube jusqu’au coucher du soleil, observant, interpellant les passants, et inventant ainsi des histoires aussi délirantes qu’imaginaires, ce qui n’était pas du goût de tous les villageois.

Roberta, elle, fille tardive de Louise, avait fini par épouser Guillaume, fils du charpentier. Les noces avaient été célébrées vingt ans plus tôt, le jour de la fête aux Cornichons. Les deux tourtereaux avaient depuis donné naissance à un beau petit cornichon, comme papa, et comme grand-maman. L’enfant était né dix-huit ans plus tôt, jour de la fête aux Cornichons, comme son aïeule.

Ce soir-là donc, la fête battait son plein au village et le champagne coulait à flots.

Ce soir-là donc, le village avait trois événements à fêter.

 

Autre texte, génial ! On part à partir d’un élément déclencheur pioché dans la boîte de la Fabrique à Histoire de Bernard Friot.

Isabelle a choisi :

« Le chien fait la loi dans la maison de M. Longuet. »

 

Le chien fait la loi dans la maison de M. Longuet. Et c’est normal. C’est comme ça depuis toujours et ça ne changera jamais.

Le chien de M. Longuet est très vieux. Sûrement bien plus vieux que M. Longuet.

M. Longuet est grand, plutôt bien enveloppé et a les tempes grisonnantes. Son chien aussi.

M. Longuet est toujours de mauvaise humeur quand on le croise dans la rue. Son chien aussi.

Bref, ces deux-là se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

Un jour, la voisine de M. Longuet, Mme Buchard trouve un courrier dans sa boîte aux lettres qui est adressée au chien de M. Longuet. Une grande enveloppe sur laquelle on pouvait lire en imprimé :

 

CHIEN de M. Longuet

Rue Des Poilus 12

1000 Bruxelles

 

Surprise et amusée, Mme Buchard s’empresse de sonner à la porte du vieillard aigri. Mais c’est le Chien qui vient lui ouvrir. Ce dernier, visiblement de mauvais poil, ouvre la porte, observe Mme Buchard de haut en bas et dit :

– Bonjour, que pouvons-nous faire pour vous ?

– Je vous apporte du courrier qui ne m’est pas adressé. Le facteur s’est trompé, et ….

Le Chien interrompt Mme Buchard, lui prie d’entrer et lui propose un café. Mme Buchard, de plus en plus amusée par la scène accepte bien volontiers.

Le Chien se rend dans la cuisine pour préparer du café. Mme Buchard s’installe dans le canapé du salon et lorsque le Chien lui apporte son café, elle dit :

– Où est M. longuet ?

– Il nettoie la salle-de-bains, répond calmement le Chien. Et vous n’êtes pas prête de le voir car il est puni. Figurez-vous que hier soir, confie le Chien, M. Longuet n’en a fait qu’à sa tête. Il a rejoint son panier après 22h00. Le couvre-feu ! insiste le Chien. Je ne supporte pas qu’il me désobéisse, rajoute-t-il. Il doit à présent récurer les sanitaires à la brosse à dents, laver les parquets à genoux et nettoyer les carreaux à coups de langue. Il a la journée.

– Ah bon ? dit Mme Buchard, presque sans voix. Et il ne proteste pas ? finit-elle par articuler.

– Non, rassura le Chien de M. Longuet. S’il proteste ou ne satisfait pas aux travaux ménagers qui lui sont imposés en cas de désobéissance, il est privé de croquettes.

Mme Buchard, inquiète, ne su que répondre. Elle ne dit rien, se dressa soudainement, remercia, s’excusa, confuse, et sortit précipitamment.

Elle décida, dorénavant, de ne plus jamais sonner chez les gens si le facteur se trompait de boîte aux lettres, ne dormi plus, et consulta un psy jusqu’à la fin de ses jours.

Un bien étrange monstre

Val, auteur du blog L’Echo Des Ecuries, a été bien inspirée par mon petit jeu où il fallait inventer un petit monstre. Elle avoue que ses enfants l’ont beaucoup aidée… d’ailleurs ce sont eux qui sont à l’origine de ses illustrations ! Bravo les enfants et bravo à votre maman :-)

Il était une fois dans un pays lointain, un petit monstre, bien triste
Il était si différent des autres enfants de monstres

D’ailleurs à sa naissance les autres monstres l’avaient regardé d’un air étonné en se disant, « mais il ne ressemble à rien ce monstre il n’est pas comme nous »
Heureusement sa maman, une gentille monstresse à deux têtes, avait dit : « ce n’est pas grave, il est différent mais on ne peut rien y faire : voyons comment il va grandir »

Son papa rectangle avait dit : «d’accord mais comment allons nous l’appeler ? »

Car dans ce pays étrange, il était coutume de trouver un nom qui reflète la personnalité de la personne : on avait donc des monstres qui s’appelaient :

Dragon Chevelu : celui-ci devait faire attention quand il jetait des flammes à ne pas mettre feu à ces cheveux bouclés,

Il y a avait aussi Solange le losange : une adorable monstresse à tête de losange, corps de losange, main en losange ….

5 Pattes, comme son nom l’indique, était un mouton (euh je me trompe) un monstre avec cinq pattes

Le petit napperon rouge était un fantôme un peu spécial : elle avait un adorable napperon brodé à la place de son drap et elle ne faisait peur à personne. Sous son napperon à trou on voyait bien qu’il n’y avait que du vide et donc rien de méchant

Papillon était une jolie chauve souris avec de magnifiques couleurs

Son meilleur ami était Sourcil car il avait la plupart du temps les sourcil froncés comme ceci

Si bien que maintenant, notre héros grandissait, grandissait mais n’avait toujours pas de nom
Il n’avait aucune forme et personne ne lui avait trouvé de nom ; il était l’unique représentant des monstres à ne pas avoir de nom
Heureusement, ses parents s’occupaient bien de lui et ses frères et sœurs l’invitaient toujours dans leurs jeux

Un jour sa maman l’emmena à l’école pour la première fois

– Bonjour je m’appelle Triangle lui dit la maîtresse en lui souriant
– Et toi comment t’appelles tu ?
– Je ne m’appelle pas, répondit tristement le petit monstre

– Bien rentre donc, viens nous montrer ce que tu sais faire

Sans Nom rentra donc dans la classe et montra aux autres monstres ce qu’il savait faire :
Il leur montra d’abord qu’il savait faire des claquettes : car il avait deux pieds très agiles : tac tac tac tactac

Il leur montra ensuite ses mains qui savaient applaudir, découper , colorier

Il leur montra alors sa langue qui savait parler, chanter, lécher des glaces, sortir de sa bouche qui rigolait

Il leur montra alors ses oreilles qui savaient écouter les histoires et les chansons

Il leur montra son nez qui savait reconnaître le parfum des roses, des chiens mouillés, du chocolat et des choux de bruxelles (beurk)

Il leur montra ses yeux dans lesquels brillaient mille étoiles

Alors la maîtresse lui dit : aller rigole t’es pas un monstre :

Nous t’appellerons « Garçon »

Le cauchemar d’une carotte

Il était une fois une petite carotte bien sympa. Elle était belle, en bonne santé, pleine de vitamines et croquante à souhait. La vie lui souriait car elle avait été choisie par une adorable enfant à la couleur de cheveux presque aussi rousse qu’elle !

– Aah, le bonheur de se faire ôter la peau par un éplucheur si délicat, si économe. Un petit coup de couteau par le haut, un autre par le bas et me voilà prête à être dégustée sur-le-champ ! Je ne peux rêver meilleure fin que celle-ci, dit la petite carotte toute dure.

Alors que la moitié de sa famille était coupée en rondelle dans la casserole (l’autre attendant sagement accrochée encore à la botte par les cheveux), notre petite carotte bien sympa repensa béatement à sa vie. Elle était si heureuse qu’elle ne s’était jamais imaginée qu’elle serait la cause d’un événement pour le moins marquant dans la vie de la petite rouquine qui l’avait choisie.

Tout commença ce soir précisément. Entourée par une main d’enfant, notre petite carotte bien sympa se laissa aller à être grignotée, oubliant tout à fait la petite chose blanche qui bougeait par moment.

Mais cet oubli se fit rapidement rappeler à l’ordre.

– AIE ! Maman… maman… questionne l’enfant au regard un peu inquiet.

C’est là que la petite carotte fit connaissance avec dent de lait numéro deux, aussi appelée Incisive Junior, deuxième du nom.

Le petit bout de la petite carotte qui restait était toujours dans la paume de l’enfant mais la prise se faisait moins sûre, un peu hésitante même.

La maman sourit.

– Ouf! Cela n’a pas l’air grave, se rassure le petit bout de la petite carotte.

Mais…

Mais quand la maman touche Incisive Junior, elle dit à sa fille :

– Et bien voilà, il suffisait d’une carotte !

Et avec deux doigts, elle enlève la petite dent qui ne tenait plus beaucoup à présent.

L’enfant, fière d’avoir enfin une dent qui tombe « on ne peut plus naturellement » (sans devoir passer par un dentiste à cause d’un abcès), n’a plus aucun égard pour le petit bout de la petite carotte.

– NON ! NON ! pas la poubelle, supplie le reste du légume.

Hélas, sa prière ne fut pas entendue. D’un geste anodin, l’enfant lâcha ce qu’il avait en main.

Un petit bout orange fut ainsi projeté dans le gouffre révulsant de la poubelle à l’aspect écoeurant.

Il y en a ainsi dont la vie ne tient parfois qu’à une dent.

Un petit grain de rien du tout

Il était une fois un petit grain de rien du tout. Il n’avait pas de couleur, pas d’odeur. Pas de goût, pas de texture, pas de forme. Il n’avait rien. Il n’était rien.

Marre de passer inaperçu, il décida de changer d’aspect.

Car voyez-vous, il ne ressemblait à pas grand-chose mais il avait un grand pouvoir : celui de se transformer en n’importe quoi… pourvu qu’il reste un grain.

Il accosta un grain de sel, mais il n’aimait pas son goût.

Il héla un grain de riz, mais il ne voulait pas qu’on le cuit.

Il attrapa un grain de maïs, mais il détestait le jaune.

Il vola un grain de sable, mais il n’appréciait pas qu’on lui marche dessus.

Il croisa un grain sur une photo, mais il avait du mal de rester immobile.

Il remarqua un grain de beauté mais il refusa qu’on le touche ou pire, qu’on l’arrache.

Il se cogna sur un grain de blé mais il n’aimait pas sa forme.

Désespéré de ne pas trouver un petit nom à son grain, il hurla aussi fort qu’il pu.

Un humain, passant par-là, entendit comme un chuchotement au creux de son oreille. Soudain, le bipède fut prit d’un comportement hallucinant : il sauta, couru, fit la roue dans la rue et cela au moins cinquante-six fois en moins d’une heure.

Une journaliste qui filmait la scène n’arrêtait pas de dire que l’homme devait sans doute avoir un petit grain de folie.

A ces mots, notre petit grain sauta de joie.

– Folie ! Oh que ce mot est doux, joli, plein de poésie ! Oui, je veux être celui-là !

Depuis, il ne cessa de suivre de près tous les hommes et toutes les femmes un peu bizarres. Il avait enfin trouvé une raison de vivre !

La légende de Tristan maison rouge

Voici un adorable conte pour enfants écrit par Claude Attard.

Dans un petit village vivait un jeune homme très pauvre qui répondait au nom de Tristan. Il travaillait dur dans la ferme de ses parents, désormais trop âgés pour s’occuper eux-mêmes des bêtes et des champs. La maison qui les abritait tous les trois était très vieille, mais Tristan, qui était un garçon brave et courageux à la tâche, faisait ce qu’il pouvait pour l’entretenir, en plus des nombreux autres travaux qu’il fallait accomplir pour subvenir à leurs besoins.

Jamais il n’avait reculé devant la besogne, ou reporté une corvée, ni baissé les bras face à l’effort. Il avait en outre un assez beau visage, si bien que toutes les demoiselles des environs espéraient attirer son attention. Mais lui ne leur accordait pas un regard, car son cœur était déjà pris. Il l’avait donné à la ravissante Mariette, qu’il avait rencontrée à la foire l’année précédente.

Surmontant sa timidité, Tristan demanda la main de la jeune fille à son père, mais celui-ci déclara que Tristan ne pourrait épouser Mariette que lorsqu’il aurait repeint sa maison, afin qu’elle soit digne d’accueillir sa fille.

Le garçon balançait entre la joie et la tristesse. La joie, puisqu’il avait obtenu la garantie que sa bien-aimée serait un jour sa compagne, et la tristesse, car il était tellement pauvre qu’il ne pouvait acheter de peinture. Il songea à vendre quelque objet, mais il ne possédait rien qui eût de la valeur.

Alors, sa mère lui rapporta l’histoire qui dit qu’au bout d’un arc-en-ciel se trouve un trésor.

« Personne ne croit cette histoire, donc personne ne cherche, mais ces richesses sont bien là, attendant qu’un homme au cœur juste les découvre. »

À compter de ce jour, Tristan regarda les cieux chaque matin, dans l’attente d’une pluie qui serait suivie d’un arc-en-ciel. Le printemps passa, puis vint l’été, avec ses grosses chaleurs. Le quinze août, enfin, tandis qu’on célébrait le rituel de la vierge, éclata le plus terrible orage qu’on ait subi dans la contrée. Il dura plus d’une heure, et lorsque les nuées s’écartèrent, cédant la place au soleil, un magnifique arc-en-ciel traversait la voûte céleste d’un horizon à l’autre.

Tristan se mit en route immédiatement en direction du nord. Il allait d’un bon pas rapide vers le bout de l’arc-en-ciel, mais sans parvenir à s’en rapprocher. Il marcha plus vite, puis il courut, en vain : Chaque fois qu’il avançait, sa destination reculait d’autant. Le pauvre garçon, qui craignait de voir le trésor lui échapper et Mariette unie à un autre, galopait de plus en plus vite, jusqu’à ressentir un vertige. Le temps passait, sa peur croissait, car s’il n’atteignait pas son but avant la nuit, l’arc-en-ciel disparaîtrait, entraînant avec lui les espoirs de Tristan.

Il sentait la fatigue peser sur ses jambes, qui s’alourdissaient. Malgré son épuisement grandissant, il réalisa que, puisque ce qu’il cherchait à rejoindre reculait aussi rapidement qu’il avançait, il était vain d’essayer de le rattraper de cette façon. Il devait s’y prendre autrement et, pour commencer, retrouver son calme.

Tristan s’assit et réfléchit, la tête entre les mains, à ce qu’il convenait de faire. Tandis qu’il s’efforçait de trouver une solution, il entendit un bruit derrière lui. Il se retourna et découvrit un homme richement vêtu, portant une magnifique couronne et un petit sac.

Ce drôle de personnage, qui ne faisait que quinze centimètres de haut tout au plus, lui demanda de dire ce qu’il faisait là. Le garçon, intimidé, raconta son histoire.

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Meurtre dans la baignoire

Voici le 1er épisode des aventures de Mérédith, une jeune femme qui commet des meurtres, parfois sans aucune prémiditation, pour le moins bizarres…

BRUXELLES. – Hier matin, après s’être aventurée seule en territoire ennemi, une femelle moustique a succombé aux attaques démesurées d’une jeune humaine d’une trentaine d’année…

Il devait être aux environs de 7 heures 30, hier matin, lorsqu’un moustique d’âge indéterminé a pénétré par effraction dans un petit appartement au centre de la capitale.

Alors que Mérédith L., une femelle humaine d’une trentaine d’années, prenait une douche, l’infortuné moustique s’est introduit par un interstice du rideau de plastique rose qui masquait à la vue du chaland « fureteur » le corps de sa propriétaire.

D’ores et déjà, sa mort était annoncée.

Certaine d’atteindre sa cible sans subir de dégât corporel, la femelle (information scientifique transmise par la DelInVol – Délégation des Insectes Volants : seules les femelles moustique piquent pour se nourrir, les mâles se contentent du nectar des fleurs) a poursuivi son but sans peur  et sans reproche.

Mais c’était sans compter sur la phobie qui s’empare de Mérédith L. L’accusée souffre en effet de terreur impulsive et d’actes non contrôlés dès que sa vision détecte une araignée, un faucheux ou un insecte aux longues pattes, telle notre femelle moustique (celle-ci pourvue de pattes démesurément longues et d’un corps épais, brun et noir).

Né sans doute sous le signe de la malchance, l’insecte ne connaîtra pas l’ivresse due à l’absorption du sang particulièrement sucré de Mérédith. Sa famille le regrettera sans doute… ou pas… Qui sait ? Seul le Dieu des moustiques connaît la réponse.

Toujours est-il qu’après s’être posé maladroitement sur le rideau de douche, juste sous le nez de Mérédith, le moustique prit subitement conscience de son erreur. D’un geste savamment calculé et sans la moindre hésitation, même si d’une main tremblante, l’humaine déplaça le pommeau de sa douche sur l’animal.

Le moustique savait là sa fin imminente.

Toutefois, il eut le temps d’émettre une courte prière et de penser à sa petite soeur, morte par écrasement, (la veille au soir), par une pantoufle tueuse.

Projetée par le jet d’eau à une centaine de pattes, cette gigantesque mais néanmoins gracieuse moustique heurta le fond de la baignoire pendant que des milliers de « missiles à tête chercheuse » la frappaient, tels des projectiles de pointe. Une patte fut même arrachée sous la puissance du choc. Juste avant de perdre conscience, notre pauvre moustique se jura de ne plus jamais oublier cette arme redoutable.

Rapidement, l’animal se dirigeait inexorablement vers le Trou Sans Espoir, le gouffre de la mort.

Mais vue sa taille impressionnante, la victime gisait là, une aile dans l’égout, l’autre en-dehors, le corps balançant au rythme des terribles gouttes d’eau meurtrières.

Mérédith L., prise sur le fait, (le cadavre encore visible dans la baignoire à l’arrivée de la femme de ménage), devrait toutefois s’en sortir sans peine de prison. En effet, la jeune femme a fait preuve de remords, elle dit avoir regretté son geste.

Le fait que la victime soit aussi entrée chez elle sans son consentement devrait également jouer en sa faveur.

Les voisins prédisent une sentence proche de celle qui a été prononcée lors de l’assassinat d’un faucheux, l’été passé, à savoir la condamnation pour le coupable de rédiger un article sur la victime et à présenter publiquement ses excuses à la famille entière de ce pauvre moustique.

Dernière minute: la peine pourrait être allégée, car on aurait trouvé une lettre du moustique expliquant sans équivoque son intention de sucer le sang de Mérédith L.. De plus, la victime ferait partie du gang des MouVoN – Moustiques Volontairement Nuisibles ! Les excuses publiques ne devraient donc pas être exigées.