Neige de Feu

Chapitre 1 : Neige de Feu

Dans le pays des dragons se trouve un dragonnet malheureux. Il est petit, vraiment petit, blanc aux yeux jaunes, et ne sait pas cracher du feu.

Aller Neige de feu, fait encore un petit effort. Inspire profondément, bloque l’air dans tes petits poumons, pense aux flammes que tu vas donner et crache ! lui conseille fermement sa mère.

Mais maman, c’est ce que je fais depuis le coucher du soleil, j’essaie, j’essaie, je ne fais que ça, mais je n’y arrive pas ! pleurniche le dragonnet.

« Et puis quelle idée de m’avoir appelé Neige ! Comme si ce nom allait me donner de la force et du caractère ! Neige ! Pourquoi ne m’ont-ils pas appelé Petit Flocon tant qu’ils étaient dans des noms ridicules ? » pense-t-il.

Ses parents ne savent plus quoi faire avec lui. Sa mère finit par le laisser rentrer dans sa grotte. Elle regarde les minuscules ailes sur le dos de son fils et soupire.

Courage ma reptile d’amour, l’année prochaine, l’œuf sera meilleur. Je suis sûr que notre second enfant sera grand, beau, et un cracheur de feu exceptionnel ! l’encourage Dragon Impérial, son compagnon.

Mais maman dragon n’y croit pas. Voilà des semaines qu’elle désespère de voir son fils grandir, même ses ailes de chauve-souris n’ont pas pris un centimètre. Quant à sa peau, elle sait qu’avec des écailles de pareilles couleurs, jamais il ne pourra sortir en plein soleil.

Fin de nuit, Neige de feu fait un cauchemar. Il se réveille peu avant l’aube. Il sort de sa grotte et observe le ciel chargé de nuages.

Avec un peu de chances, la saison des pluies va commencer et je vais enfin pouvoir sortir sans risquer une insolation, dit-il tout bas pour ne pas réveiller ses parents.

Effectivement, le soleil peine à percer les nuages pour annoncer le lever du jour. Neige de feu profite de ce temps maussade pour aller au village chercher des petits pains de pierre pour le petit déjeuner. Peut-être qu’avec cette surprise, son papa lui donnera enfin un sourire.

Hélas, il n’est pas encore arrivé au village qu’il croise la route de Vert Bouteille. Vert Bouteille est aussi un dragonnet, à peine plus âgé que lui. Sauf que lui, il est trois fois plus grand, a des écailles vert crocodile et qu’il sait cracher du feu depuis longtemps. Même la technique du vol, il la maîtrise.

Neige de feu est heureux de rencontrer un autre enfant. Il s’avance vers lui un grand sourire aux lèvres.

Salut, je m’appelle…

Il n’a pas le temps de se présenter qu’un jet jaune et rouge lui roussit le bout du museau !

Ouuuais ! J’ai réussi du premier coup et sans trop te brûler. Ah ! maman serait fière de voir que je sais enfin cracher les flammes d’avertissement, dit fièrement Vert Bouteille.

Oh tu sais déjà faire tout ça, lui répond tristement Neige de feu. Tu en as de la chance. Moi, je suis petit, blanc et je ne sais pas encore crach…

Shhhhh

Vert Bouteille remet ça. Il s’amuse à faire peur à ce petit dragon tout blanc. Il dose sa force et crache ses flammes d’avertissement les unes sur les autres.

Neige de feu volette maladroitement, finalement, il ne veut plus faire la connaissance de ce dragonnet-là. Et son vol un peu gauche lui vaut un éclat de rire de la part de deux autres dragonnets.

Plus il avance dans le village, plus on se moque de lui, on le prend pour un fantôme, on lui jette des bouteilles de peinturagon et on lui crie d’aller voir ailleurs s’il n’existe pas un pays pour dragonnetus, un pays pour les dragons minus.

Neige de feu est triste, il pleure, il vole, il court. Chemin faisant, il s’éloigne du village et dépasse même sa caverne. Il laisse derrière lui ses parents et s’en va en s’imaginant qu’il ne manquerait à personne.

Chapitre 2 : Violette et la fée

Le temps s’écoule inexorablement. Alors que le dragonnet continue péniblement sa route, les nuages se dissipent. Tout à coup, un rayon de soleil déchire l’obscurité et stoppe net la progression de Neige de feu. Du regard, le petit dragon cherche un abri. Il doit à tout prix se protéger, il ne veut pas en plus avoir à affronter une douleur physique.

Il n’a plus de force. Les moqueries et les méchancetés qu’il a essuyées à l’occasion de sa toute première sortie en plein jour l’ont complètement vidé de ses maigres forces. Malheureusement, il ne trouve qu’une vieille pierre, taillée comme une délicate fée. Ce travail qui semble être l’œuvre d’un sorcier, intrigue le petit dragon. Lorsque Neige de feu manipule la pierre pour l’observer sous toutes les coutures, le soleil immerge la vallée et le frappe de plein fouet.

Snif, snif, pourquoi faut-il que je sois comme ça ? Sanglote le petit dragon meurtri par l’astre chauffant.

Timidement, une larme du dragonnet roule sur la pierre de fée, puis une seconde et une troisième aussi. Humidifiée de la sorte, la pierre devient moins solide. Elle semble se craqueler dans la main de Neige de feu. Très vite, une véritable fée émerge dans sa paume.

Ne pleure plus petit dragon. Je suis là à présent. Tes larmes blanches de dragon m’ont sauvée de mon triste sort. À présent, je te dois un coup de fée. Ensemble, nous allons pouvoir faire quelque chose pour toi, lui dit-elle de sa voix mélodieuse.

C’est vrai ? Vous pouvez me changer en un vrai dragon, un grand, vert et puissant ? lui demande le petit dragon plein d’espoir.

Non, je n’ai pas beaucoup de pouvoirs malheureusement. Sinon, je ne me serais pas fait attraper par ce vilain sorcier ! Sais-tu que je suis restée deux années dragonnières entières coincée dans cette pierre ?

Oh ! soupire Neige de feu. Alors que peux-tu faire pour moi ?

La fée s’étire encore puis fait apparaître une bouteille blanche entre les pattes du dragon.

Étale cette crème sur tout ton corps, c’est un lait hydratant qui protège des UV. Et mets aussi ça sur ta tête, lui dit-elle en montrant une casquette venue de nulle part.

Neige de feu obtempère sans discuter, il sent déjà une brûlure sur ses épaules.

Et aussitôt la crème étalée, les douleurs disparurent comme par enchantement. Il n’a plus mal à la tête et se sent déjà mieux.

Merci, merci beaucoup, ça fait du bien, lui dit-il.

Mais ceci n’est que trois fois rien. Comprends-tu, ma magie à moi, ce sont les objets. Je peux faire apparaître tout ce que tu veux, mais je ne peux rien faire disparaître. Je ne peux pas donner non plus la vie éternelle, pas plus que des couleurs, des sentiments ou toute autre chose qu’on ne peut pas toucher.

Mais moi j’ai besoin d’écailles vertes, j’ai besoin de grandir et j’ai besoin de force pour pouvoir voler et cracher comme il faut. Petite fée, tu ne peux donc rien me donner de tout ça ?

Je regrette. Toutefois, je pense que je peux t’aider autrement.

Neige de feu ne comprend pas le sens de sa dernière phrase. Au moment où il va déposer cette fée par terre, celle-ci s’envole dans les airs. Bizarrement, elle n’a pas retrouvé ses couleurs, elle est toujours aussi pâle que lorsque la pierre l’avait libérée. Sans doute les larmes blanches de Neige de feu ont-elles déteint sur elle ? Toujours est-il qu’elle tient à remercier ce petit dragon. Elle veut lui rendre la vie meilleure. Alors, d’un claquement de doigts, elle fait apparaître une étrange petite machine. L’engin se met à grésiller puis des dizaines de voix fusent des haut-parleurs.

Mais, c’est une radio, dit Neige de feu surpris.

Oui ! C’est ça, une radio ! dit la petite fée en riant. J’avais oublié son nom, je l’ai rebaptisée « boîte à voix », dit-elle fièrement.

Et en quoi est-ce qu’elle pourra m’être utile ? lui demanda alors le dragonnet.

Écoute plutôt, lui répond-elle.

La fée change de fréquence en tournant un petit bouton. Tous deux peuvent alors entendre :

« Mais où est-il ? Où a-t-il pu voler ? Il est si petit, si faible. »

Maman ! C’est la voix de maman. Elle me cherche donc ? dit Neige de feu en prenant la radio dans ses mains.

Oui elle te cherche, elle est triste que tu sois parti…
Attends un peu, écoute ceci à présent.

La fée tourne encore le bouton.

« Laissez-moi tranquille, je ne vous ai rien fait ! Mais laissez-moi ! Maman ! Maman ! » Peuvent-ils entendre crier un dragonnet ?

Qui c’est ? Qui l’embête ? On ne peut pas laisser faire, dit Neige de feu.

C’est Violette, une dragonnette du village plus loin. Tu vois, toi, tu es blanc, elle, elle a le ventre et les ailes mauves. Et comme toi, elle subit les moqueries des autres dragonnets. Vous n’êtes pas les seuls à être différents, vous êtes nombreux, mais vous ne vous connaissez pas encore…

Peut-on l’aider ? Je ne sais pas encore comment, mais je ne peux pas la laisser seule, on est un peu pareils elle et moi, on doit pouvoir s’entraider, pense-t-il tout haut.

Alors que la fée lui explique comment il peut voyager grâce à la radio, Neige de feu ne pense plus à devenir vert, grand et excellent cracheur de feu, mais à aider cette pauvre Violette que l’on maltraite.

Tu as bien compris ? Ne te trompe pas de bouton, sinon tu perds la fréquence, lui disait la fée pour la troisième fois.

Oui, c’est bon, j’ai compris. Je ne touche à aucun des boutons sauf à celui qui est sur le côté, en dessous de l’antenne, répète-t-il impatient.

Oui, c’est ça ! s’extasie la fée.

Et sitôt dit, sitôt fait. Neige de feu appuie sur le bouton en question et tout à coup, un nuage mauve se forme, l’engloutit puis le fait disparaître.

De l’autre côté de la radio, dans un village plus loin, Violette se fait jeter dans une rivière par deux dragovoyous. Ses grandes et soyeuses ailes mauves se retrouvent soudainement trempées et chiffonnées.

Dans un nuage, Neige de feu apparaît pile à côté d’eux. Profitant de l’effet de surprise, il pousse durement les deux dragovoyous dans l’eau et tend sa main à Violette pour l’aider à se remettre debout.

Les deux dragodolescents ont la peur de leur vie en voyant ce petit dragonnet blanc apparaître comme par magie.

Un dragofantôme ! Aaaahhh ! s’envolent-ils dans un cri de terreur.

Merci beaucoup, dit Violette à son sauveur. Je pense qu’ils n’oseront plus m’embêter à présent.

Je n’ai presque rien fait, répond-il en rougissant jusqu’à ses oreilles pointues.

À l’instant même où Neige de feu explique sa venue en prononçant le mot « fée », il disparaît à nouveau dans un nuage coloré.

De retour devant la « boîte à voix », la fée lui explique les conséquences de son geste de bravoure.

Grâce à cet engin, tu vas trouver tout ce dont tu as besoin pour devenir un grand et fort dragon. Constate-le par toi-même, regarde-toi dans ce miroir, lui dit-elle en le faisant apparaître.

Ouah ! C’est génial ! s’est-il exclamé en voyant son ventre devenu… violet ! mais heu…

Il n’a pas le temps d’en dire davantage, la fée lui coupe la parole :

Oui, bon, on ne peut pas tout avoir, du violet, c’est déjà mieux que du blanc, non ? Et puis, tu n’as pas encore vu tes ailes, tourne-toi un peu.

Neige de feu laisse sortir un immense cri de joie. Ses ailes ont grandi et sont devenues aussi soyeuses que celles de Violette. C’est en y songeant qu’il angoisse :

Violette ! J’espère qu’elle n’a pas attrapé mes écailles blanches et que ses ailes n’ont pas rétréci ?

Ne t’inquiète pas, la rassure la fée. Rien n’a bougé de son côté, si ce n’est qu’elle a gagné à te connaître, elle s’est fait un ami.

Neige de feu se sent plus fort, plus sûr de lui. Il exhibe ses ailes et ne cesse de s’admirer dans le miroir.

Pour la première fois, il passe une bonne nuit.

Chapitre 3 : Capucine

Le lendemain, fier d’avoir pu aider quelqu’un, il veut à nouveau écouter la radio. Avec la compagnie de la fée, Neige de feu se sent… pousser des ailes. Il est enthousiaste à l’idée d’avoir d’autres couleurs sur son corps.

Il tourne le bouton et la machine à voix se met en état de fonctionnement. Il entend rapidement un nouvel appel à l’aide. C’est une autre dragonnette qui a des problèmes avec des dragodolescents de mauvaises fréquentations.

« À l’aide, ils me démantibulent les jambes ! »

D’un signe de tête, la fée approuve son geste. Une fumée plus tard, et voilà notre petit dragon blanc et mauve qui apparaît dans un brouillard rouge.

Une fois encore, Neige de feu garde l’effet de surprise pour lui et attrape la dragonnette en danger par ses bras levés. Les trois dragodolescents qui se disputent le cœur de la belle Capucine n’osent rester accrocher à leur dulcinée. Ils sont tellement impressionnés par la visite de cet étrange dragofantôme à moitié violet qu’ils restent tous trois aussi immobiles que des statues de pierre.

Du cou de Capucine se dégagea un parfum envoûtant. C’est une fragrance si ensorcelante qu’il fait tourner la tête de son sauveteur. Neige de feu s’envole avec la dragonnette tout en lui racontant comment il a pu entendre son appel à l’aide d’aussi loin. Puis, pour la seconde fois, il disparaît aussi soudainement qu’il est apparu dès qu’il parle de sa bonne fée.

À son retour, la fée l’attend. Dès qu’elle l’aperçoit, elle a un sourire aux lèvres. Neige de feu n’a pas besoin de miroir pour admirer la superbe teinte rouge à chacune de ses quatre pattes. Ses ailes ne sont pas plus grandes que la veille, mais pour avoir pu voler avec Capucine dans ses bras, il sait qu’elles sont beaucoup plus musclées. Une toise faite de galets plats et lisses lui montre qu’il a pris quelques centimètres. Ce n’est pas beaucoup, mais Neige de feu ne peut retenir sa joie :

Ouah ! c’est extraordinaire, et c’est, c’est…

Oui, vas-y recommence ton cri de joie, je crois que nous ne sommes pas au bout de nos surprises pour ce sauvetage.

Ouah ! Ouah ! Ouah !

De la fumée sort des naseaux de Neige de feu. Au bout du dixième cri de victoire, une flamme rouge et chaude comme la braise jaillit de sa bouche !

Yahou !

Il ne peut plus se retenir. Le dragonnet vole de bonheur et crache pour le plaisir en faisant des figures dans le ciel.

Après avoir passé tout l’après-midi à travailler son feu et sa puissance, il se couche complètement ivre de joie.

Demain, j’essaierai de cracher les flammes d’avertissement, dit-il à sa fée en fermant déjà les yeux.

Chapitre 4 : Poussin et le Dragocteur

Le troisième jour, il n’attend pas que la petite fée se réveille.

La radio ne grésille même plus, la voix est nette et suppliante :

« Mais où suis-je ? Oh pour l’amour des dragons, je crois que je me suis perdue ! » pleure Poussin, une dragonnette au désespoir.

Une fumée jaune prévient Neige de feu que celle qu’il va aider doit avoir du jaune sur son corps.

Il arrive dans un bois, à une longueur de flamme de Poussin.

Bonjour mademoiselle. Je me présente Neige de feu et je suis là pour vous aider à retrouver votre chemin.

Oh ! Vous m’avez fait peur. Mais comment … ?

C’est une très longue histoire. Si vous me permettez, je vais tâcher de trouver un petit coin de ciel d’où nous puissions nous envoler, vu de là-haut, cela devrait être plus facile de savoir où nous sommes.

Poussin est ravie de faire la connaissance de Neige de feu pour deux raisons. La première bien sûr est qu’il va l’aider à pouvoir rentrer chez elle et la seconde est qu’il est le premier dragonnet à ne pas faire de remarque quant à sa taille un peu démesurée pour une jeune dragon comme elle.

La forêt est dense et Neige de feu ne voit aucun trou vers la cime des arbres qui peu lui permettre de prendre de la hauteur. Il ne perd pas espoir et cherche plutôt à savoir par où est venue Poussin.

Je ne sais même plus. Je pense que j’ai du faire trois fois le tour de ce buisson, je retombe toujours sur cet arbre effrayant.

C’est vrai qu’il ne manque plus que la parole à cet arbre pour nous faire peur de bon. Son tronc est déformé et on pourrait presque lui donner un visage, brrr frisonne Neige de feu.

Il ne veut pas trop traîner par ici. Il ne connaît pas la forêt et il existe une légende qui parle d’un vieux dragon, cracheur de flammes colériques, et qui…

Atchoum !

À tes futurs dragonneaux, souhaite Neige de feu.

Mais ce n’est pas moi qui ai éternué ! s’étonne Poussin.

Ils n’ont pas le temps de comprendre qui se cache derrière ce rhume qu’un second « atchoum » résonne dans les bois, rapidement suivi d’un chemin de feu impressionnant.

Vite, allons par là si nous ne voulons pas que nos écailles grillent sur place, suggère Neige de feu en encourageant Poussin à courir plus vite.

Mais comme la dragonnette en a fait l’expérience, ils tournent en rond, sans s’en rendre compte. Ils arrivent ainsi juste derrière celui qui éternue depuis quelques minutes.

Le dragon vert qui est malade les a vus venir, mais ne peut s’arrêter d’éternuer pour autant.

Attention les enfants, a, a, aaatchoum ! Ne restez pas là, je ne contrôle pas mes flammes.

Mais vous allez finir par brûler toute la forêt de la sorte, compati Neige de feu. Vous ne connaissez pas un bon médidragment qui pourrait stopper cette crise d’éternuement aiguë ? lui demanda-t-il.

Ah si seulement. Figurez-vous que je suis dragocteur, j’ai terminé mes études de médecine voilà bien des années et pourtant le remède que j’administre à mes patients et qui fonctionne chez eux, ne marche pas chez moi.

Poussin a beau être très grande, elle a les pattes qui tremblent de peur. Les écailles de son dos sont couvertes de cendre de bois, on ne distingue presque plus leur couleur jaune.

Neige de feu ne sait pas très bien que faire quand subitement, il se rappelle un remède de grand-dragmère.

Sapin des bois, avez-vous déjà essayé de vous toucher le front avec votre langue fourchue ?

Comment ? C’est une blag’ tchoum ?! lui demanda le dragocteur, en crachant une petite flamme de microbes.

Non, c’est ma grand-dragmère qui a donné ce truc à ma mère. Il paraît que ça marche parfois. Essayez pour voir. Vous ne risquez rien.

Sapin des bois, le dragon vert qui est pourtant docteur, ignore tout de cette astuce. Il essaye une fois. Deux fois. Trois fois. Il essaye, encore et encore. Il ne parvient pas à toucher plus loin que le sommet de son nez. Et, en attendant, il n’éternua plus !

Il essaye encore, car il est presque arrivé. Finalement, il abandonne.

Je n’y arrive pas. Ma langue n’est plus ce qu’elle était autrefois. Elle se fait vieille, elle n’est plus aussi souple que dans ma jeunesse. Je ne bois pas assez d’eau, elle serait certainement moins rigide si je l’humidifiais plus, non ? Qu’en dites-vous jeunes gens ?

J’en dis que vous n’avez pas éternué une seule fois pendant toute cette explication ! rigole Poussin.

Hé ! Mais c’est vrai ! Super, merci petit pour ce conseil. Je le note dans mon carnet de prescription, un médicament gratuit, très efficace et sans aucun effet secondaire.

Et quand Sapin des bois leur demande ce qu’ils font dans ce bois, Poussin lui raconte toute l’histoire.

Regardez ! dit Neige de feu, vos flammes ont ouvert un passage vers le ciel. Poussin, tu vas pouvoir rentrer chez toi.

Et Poussin n’attend pas plus longtemps pour ouvrir ses ailes et prendre de l’altitude.

Quelques coups d’aile plus tard, elle revient annoncer qu’elle a retrouvé son chemin. Sa grotte n’est plus très loin, juste de l’autre côté de la forêt.

Neige de feu prend congé des deux dragons en lançant un « aure… fée ». Cette fois-ci il disparaît dans un nuage jaune et vert.

La fée est aussi émue que lui peut l’être à se contempler dans le miroir.

Je n’ai plus une seule écaille blanche. Regarde-moi ce dos jaune et cette tête verte ! Je n’en reviens pas, même mes yeux ont changé de couleur.

La toise devient trop petite, tu dépasses d’au moins six galets ! Tu es beau comme un prince, la félicite sa fée.

On devrait me trouver un autre nom. Je pourrais me rebaptiser arc-en-ciel, mais il me manque du bleu, plaisante le dragonnet qui n’est plus du tout malheureux.

Chapitre 5 : Saphir

Et alors qu’ils réfléchissent à un nouveau nom, la radio s’éveille d’elle-même.

« Moi, une dragorcière ? Il n’y a que les fous qui peuvent croire que ça existe. Tout le monde sait qu’il n’y a que les fées qui savent faire de la magie. Mais les fées, plus personne n’en a jamais vu depuis des années flammes. Que vais-je devenir ? Serais-je condamnée à rester enfermée dans cette prison jusqu’à la fin de mes jours ? » la plainte de cette dragonnette ne peut laisser personne indifférent, surtout pas Neige de feu.

En plus, elle dit qu’elle n’a jamais vu de fée, c’est le moment où je peux venir avec toi si tu n’y vois pas d’inconvénient ? lui demande-t-elle de son sourire malicieux.

Peut-être que de la sorte, je ne disparaîtrai plus en prononçant le mot, puisque tu seras avec moi, c’est toi qui lui raconteras tout, lui répond-il.

Un nuage bleu les entoure doucement.

On disait justement qu’il te manquait du bleu… lance la fée en riant.

Dans la prison, Saphir, la dragonnette pousse un cri de surprise en voyant le nuage bleu se dissiper.

N’aie pas peur, nous ne sommes pas là pour te faire du mal, dit Neige de feu.

Nous ? Mais qui ça nous ? Où est l’autre dragonnet ? demande-t-elle en regardant partout dans sa cellule.

Je ne suis pas un dragonnet, je suis une fée ! lui répond une petite voix étouffée entre les deux ailes de Neige de feu.

La fée apparaît sur l’épaule de son protégé. Elle semble plus petite que lorsqu’elle est sortie de sa peau de pierre. Sans doute est-ce le fait que Neige de feu est à présent beaucoup plus grand que lorsqu’il a pleuré sur elle.

Saphir a des écailles vertes sur tout le corps excepté sur sa queue.

Oh ! Je sais ce qui vous intrigue, dit la dragonnette étrange. C’est la couleur de ma queue. Je suis née comme ça, je n’y peux rien. Comme toi, tu es tombé dans un arc-en-ciel pour être multicolore ? lui demanda-t-elle en riant timidement.

Non, je suis née tout blanc, j’ai gagné ces couleurs en aidant d’autres dragonnets. C’est une longue histoire lui dit-il pour terminer.

Et elle, demande Saphir, c’est vraiment une fée ? Elle est toute blanche et si…

Si petite ? Si étrange ? l’interroge la petite fée qui parade dans toute la pièce en faisant des ronds dans les airs et en matérialisant mille et une choses.

Oui elle en est bien une. Elle a de bien curieux pouvoirs, mais je peux te garantir qu’elle fait bien de la magie dit Neige de feu.

C’est ce que je vois dit Saphir en ne quittant pas la fée du regard.

Bon, comment allons-nous pouvoir la faire sortir d’ici ? demande le dragonnet aux multiples couleurs.

La fée est dans tous ses états (imaginez un peu le bazar dans cette cellule. Vous souvenez-vous que cette fée est un peu particulière et qu’elle ne sait faire qu’apparaître des choses matérielles… mais qu’elle ne sait rien faire disparaître ?).

Je pense à quelque chose, dit la petite fée qui essaie de ranger tous ces objets encombrants. Il me suffit de faire apparaître une porte qui s’ouvre !

Bonne idée ! lance Saphir, mais où vas-tu la mettre ? Il y a un de ces bazars ici !

En effet, plus un mur ne peut encore servir de porte de sortie. Puis, comme par un tour de magie, un oiseau apparait entre les barreaux de la fenêtre.

Bien sûr ! crie Neige de feu. Ma bonne fée, peux-tu faire apparaître une petite porte en lieu et place de cette fenêtre ?

Je n’ai jamais essayé cela. Mettez-vous, heu, derrière cette montagne d’affaires, voulez-vous ? Je ne voudrais pas que vous ayez cette porte sur les orteils ! dit-elle en se frottant les mains.

Un claquement de doigts plus tard et une minuscule porte se matérialise en lieu et place des barreaux du donjon. Un cri de joie suivi aussitôt d’un deuxième et d’un troisième remplit la pièce.

Neige de feu saisit aussitôt la poignée et ouvre la porte.

Je suis libre, enfin libre crie Saphir en embrassant Neige de feu sur la joue. Merci, merci surtout à toi petite fée bien sympathique que je suis bien heureuse de connaître !

Un peu plus tard, alors qu’ils cherchent une vallée où se reposer, la fée voit un étrange phénomène se produire sous ses yeux.

Elle a toujours cru que c’était la fée des Pigments qui offrait les couleurs aux dragons valeureux. Elle se souvient encore de ce qui lui avait raconté sa mère, alors qu’elle n’était encore qu’une fée en apprentissage.

« La fée des Pigments habite dans les nuages de voyages. Elle seule a le don de colorier un dragonnet en croissance. Et encore il faut que ce petit dragon fasse preuve de courage et de bravoure. » La fée n’a jamais douté de la véracité de cette histoire puisque Neige de feu est à chaque fois parti et revenu de ses aventures dans un nuage coloré. Mais là, sous ses yeux, Neige de feu change encore de couleur !

Près des nuages, son protégé et la dragonnette volent côte à côte, leurs queues enroulées l’une à l’autre. Et ce geste de tendresse donne à Neige de feu, une queue bleu… saphir !

Chemin faisant, ils progressent vite et la vallée où Neige de feu a rendu vie à la fée se profile à présent devant eux.

Nous voilà de retour chez nous, enfin chez moi, corrige Neige de feu triste à l’idée de devoir se séparer de Saphir pour qui il ressent des sentiments amoureux.

Tu peux dire chez nous, sauf si tu préfères une autre vallée. Là où j’habite, il y a très peu de grottes et une multitude de falaises rocheuses très glissantes, lui confie-t-elle.

Ivre de bonheur, Neige de feu invite son amoureuse et sa meilleure amie la bonne fée à venir jusque chez lui pour faire connaissance avec ses parents.

Le géranium d’Afrique

Texte écrit pour le jeu d’écriture proposé par le blog devenir écrivain. Jeu : logorallye avec les 7 mots ci-dessous :

VERT – AFRIQUE – DEVIN – DECHU – CRABE – CRUE – GERANIUM

Information de dernière minute, parue dans le journal international des pays imaginaires.

Nous venons d’apprendre une terrible nouvelle : Maître Becar, crabe de son royaume et amateur de fleurs, vient d’être déchu de ses fonctions de goûteur auprès de la Reine des sept mers.

Ce dégustateur exceptionnel, et gourmand floravore, n’a pu résister à l’envie de croquer dans un géranium d’Afrique. Or, il se trouve que cette fleur était unique.

Aussi verte que le gazon, aussi croquante qu’une pomme, aussi délicieuse qu’un bonbon à la menthe, elle avait la formidable capacité de soigner toutes les créatures marines dès qu’elle était immergée dans de l’eau salée. Ses pétales, une fois écrasés, pouvaient servir de sirop ou de cataplasme. Il suffisait d’un rayon de soleil pour que ses pétales se régénèrent le lendemain.

Hélas, plus personne ne pourra bénéficier de ses remèdes puisqu’elle n’est plus là.

Ce géranium originaire du royaume Vert était le dernier exemplaire. La Reine avait réussi à se le procurer au prix d’un terrible sacrifice. Elle avait dû se séparer d’une dizaine d’algues florales très spéciales en l’échange de cette fleur. Et aujourd’hui, elle a tout perdu !

Maître Becar ignorait la propriété magique de cette fleur à l’exquise odeur. Il a, dit-il, été comme ensorcelé. Dès que le turbo-facteur avait livré le colis, le crabe affirme que la fleur s’était ouverte toute seule, libérant des bulles de parfum, aussi envoûtantes qu’un sortilège jeté par la sorcière MalDeMer.

– La fleur devenait toute foncée, et ses pétales tombaient à mes pieds. Avant qu’elle ne se fane pour de bon, j’ai voulu la goûter, dit-il pour essayer de justifier son acte.

Il précise que cette fleur n’avait pas le même goût que les autres auxquelles il était habitué de goûter.

– Elle était délicieuse, même toute crue ! J’avais l’impression de manger un coquillage mentholé, cela me faisait un bien fou à mes maux de gorge, poursuivait-il en rougissant et en s’emmêlant les pinces de honte.
– Je ne suis pas devin, je ne pouvais pas savoir que cette fleur était spéciale. Elle ressemblait à n’importe quelle autre… s’était-il confessé tout en essayant de s’excuser maladroitement.

Le goûteur du royaume avait été renvoyé immédiatement après la découverte des faits.

Malgré ses excuses répétées, la Reine ne lui pardonnerait jamais d’avoir osé manger cette fleur magique qui devait la soigner de sa maladie… imaginaire.

Les lutins en Afrique

Un petit texte connu pour certains, nouveau pour d’autres.

Bonne lecture.

Trois petits lutins ont atterri dans un pays qui leur est encore inconnu. Dès les premiers instants, quelque chose leur fit peur. Leurs sensibilités accrues leur permirent d’entendre un cœur qui bat très fort. Après une rapide évaluation, ils estimèrent tous trois que le cœur devait peser au moins dix kilos !

–          Mais quelle bête peut avoir un cœur pareil ? questionna le premier

–          Tu crois qu’un renne peut vivre dans une telle chaleur ? Lui répondit le second lutin.

Le troisième lutin ne parla pas. Il devient tout à coup pâle comme de la neige. Rigide comme une statue, il pointa un doigt vers le ciel ou plutôt vers la cime d’un arbre. Tout en haut, des feuilles avaient été mâchouillées. Au même instant, ce lutin eut une vision qui le glaça.

–          40 centimètres, parvient-il à balbutier à l’intention de ses compagnons.

–          40 centimètres ?! Tu crois que c’est la taille de cet animal qui doit peser pas loin de 1000 kilos ? Tu plaisantes, j’espère ?

–          Non, 40 centimètres, c’est la hauteur d’une de ses vertèbres ! Lâcha-t-il soudain.

Et le troisième lutin tomba à la renverse à l’annonce de cette vision.

–          Un dinosaure ? Je ne vois que ça avec les éléments que nous avons en notre possession. Mais ils n’existent plus, nous a-t-on assurés ! Nous aurait-on menti ?

 

Soudain, une masse énorme se déplaça rapidement. Hauts de leurs cinquante centimètres, les lutins paniquèrent quand la silhouette qu’ils n’arrivaient pas à identifier fonçait droit sur eux.

Le plus courageux des trois petits lutins, celui qui avait supposé avoir affaire à un dinosaure, cola son oreille sur la terre sèche et aride.

–          30 kilomètres par heure ! et je devine qu’il peut encore aller plus vite ! Mais qu’est-ce donc pour une créature ?

–          Je ne veux pas le savoir, dis le second. Courons nous cacher, nous mettre à l’abri.

Mais le troisième, le plus peureux, mais aussi celui avec le plus de pouvoir, projeta devant eux une image de l’animal qu’il pensait deviner. L’image grandit, grandit à tel point, qu’elle leur donna le tournis à tous les trois.

Pendant qu’ils dévisageaient cette apparition, la bête s’approcha d’eux, à pas de velours. Une ombre de 6 mètres les avala et une langue aussi grande qu’eux sortit de la bouche de l’animal.

Même les genoux du plus courageux se mirent à trembler et à cogner l’un contre l’autre.

Les mains sur les yeux, ils n’avaient plus que les oreilles pour entendre la peur.

–          Ah vous voilà enfin ! Dis une voix perchée haut dans les arbres.

Cette voix, il la reconnaîtrait entre mille. Ils n’avaient même pas besoin de se retourner pour avoir la confirmation qu’il s’agissait bien là de l’esprit qui les avait appelés ici.

Sans savoir où était cet esprit qui était aussi leur amie, ils articulèrent une phrase de soulagement : « Ah ! Sophie, c’est toi. Tu viens à point. »

Et au moment où ils enlevèrent les mains de leurs yeux et levèrent la tête pour la saluer, ils virent que l’apparition avait pris vie et que la créature leur parlait. Tous trois s’évanouirent.

 

–          Je n’aurais sans doute pas dû prendre l’apparence de la girafe, mais c’est tellement plus pratique pour trouver ces petits lutins, dit Sophie, l’esprit.

Un petit monstre d’ABC

ABC me permet de vous faire (re)lire le très beau poème qu’elle a écrit sur un petit monstre.

Retrouvez celui-ci et bien d’autre encore dans son livre Mots en farandole

 

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui a toujours faim

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui a du chagrin

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui n’a pas de copain

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui rencontre un lapin

C’est l’histoire d’un lapin

D’un gentil lapin

Qui mange du pain

C’est l’histoire d’un lapin

D’un gentil lapin

Qui est bien malin

C’est l’histoire d’un lapin

D’un gentil lapin

Qui cherche un copain

C’est l’histoire d’un lapin

D’un gentil lapin

Qui partage son pain

Le petit monstre qui a tellement faim

En parle à son papa

Son papa lui dit : du chagrin

Ce n’est rien !

En parle à sa maman

Sa maman lui dit : un copain

C’est bien !

En parle à sa cousine

Sa cousine lui dit : du pain

Tu n’es pas un lapin !

En parle à son cousin

Son cousin lui dit : un lapin

Quel festin !

Le petit monstre réfléchit

Rêve toute la nuit :

Un monstre, un lapin

Un lapin, du pain

Du pain, un copain

Un copain, un chagrin

Un chagrin, une grande faim

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui aime tant son copain

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui ne mange pas de pain

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui redouble de chagrin

C’est l’histoire d’un monstre

D’un petit monstre

Qui meurt de faim !!!

***

ABC

 

La mer d’un bleu si…

Il m’arrive parfois de vouloir absolument écrire quelque chose. N’importe quoi mais quelque chose. Un peu histoire de voir si mon imagination m’est toujours aussi fidèle ; ou pour je ne sais quelle autre véritable raison, j’ai ce besoin de faire naître un petit bout de quelque chose qui n’existe pas mais dans lequel j’aimerais bien plonger pour m’évader, un tout petit instant seulement.

Alors voilà, c’est un soir, dans le lit, mon cahier et un crayon à la main que je regarde mon compagnon et que je lui demande :La mer d’un bleu si…

–          Tu veux bien me donner cinq mots au hasard, cinq mots qui te viennent comme ça à l’esprit sans réfléchir ?

Mon homme, un peu malade, son ebook à la main me sort :

ebook – papillon – bleu – chien – bateau

Le premier ne me surprend pas, les autres un peu… aurait-il besoin de prendre l’air, de voir du paysage, de faire une balade dans la nature ? Voudrait-il un chien ? un bateau ? Rires !

Bref, cela me suffisait et j’étais partie…

Il fait beau. Les papillons volent avec le vent. Ils dansent dans la bise tel ce bateau avançant dans l’océan si librement. Toutes ailes déployées, toutes voiles sorties, ils naviguent sur le chemin de leur destinée.
Le ciel et la mer sont bleu, bleu cobalt, bleu profond, bleu beauté et plaisir partagé.
Un chien jappe de plaisir et brise le silence de la solitude. Ses petites pattes l’amènent où son odorat flaire de bonnes odeurs. Il est content, il est joyeux et ça s’entend.
La belle vie…
Soudain, un objet métallique casse l’horizon tout doux de la nature. Le chien s’arrête. Il renifle l’objet et lève la patte.
Voilà à présent un ebook immergé d’urine et recouvert de sable doré, se dissimulant à mon regard, l’intrus du paysage.

Non, non ! Je n’ai absolument aucun compte à rendre avec les liseuses… au contraire, j’en ai une moi-même. C’est jusque que ce soir-là, pour écrire un petit texte avec ces cinq mots, c’était l’intrus du moment :-)

1ère lectrice de mon recueil

ABC, auteur et lecteur, a découvert mon recueil. C’est la première a l’avoir lu et à m’en faire un retour. Voici ce qu’elle en dit sur son blog.

Je la remercie beaucoup pour son intérêt et ses encouragements !

Ses histoires préférées sont :

Princesse Clématite et Il faut sauver le petit Dio ! Et vous ?