Sacha et le printemps dans la classe de ma fille

Il m’arrive d’écrire de petites histoires pour les classes de mes enfants. J’avais commencé quand ma fille était en moyenne section de maternelle. Ils ont un doudou en classe qui va chez l’un, chez l’autre, le temps d’une nuit ou d’un week-end. En maternelle, mes petites histoires se sont retrouvées dans la bibliothèque de l’école, c’était déjà chouette ! Aujourd’hui, je découvre que ma dernière création en date, est actuellement utilisée comme « leçon de lecture », pour la classe de ma puce, en 1ère primaire :-)

Je suis occupée à redécouper cette histoire afin qu’elle soit utilisable dans un kamishibaï.

Dès que je le pourrai, je ferai des photos de l’histoire, insérée dans mon butaï A4.

Sacha et le printemps

Devinette, liponomie

Pour le jeu 14 de Rébecca, on joue avec une liponomie. (ne pas utiliser certains mots)
–> Écrire un texte sans les verbes « être », « avoir », « faire »… c’est pour moi, une grande nouvelle et un grand défi. Je n’ai jamais essayé de faire cela, car comme vous le lisez, je suis plutôt médiocre pour éviter ces verbes !

Mon ami, il se prend pour un éclair. Il rivalise avec lui en rapidité… En moins blanc, pas vraiment jaune, je dirais même plutôt orange. Vraiment orange ! Ou roux, comme vous préférez…

Son corps se compose d’une belle et épaisse queue en panache, plus brune que son pelage, un ventre plutôt blanc et deux mignonnes petites oreilles bien touffues. Vous devinez déjà : il s’agit bel et bien d’un animal.

Il peut se vanter de gagner à un jeu : celui de cache-cache. Il peut en effet postuler aux côtés des vrais maîtres du camouflage en automne !

Il mange des noisettes et autres fruits secs. En hiver, il ne trouve pas beaucoup de nourriture. Aussi, il enfouit ce qu’il trouve, il se constitue de véritables réserves.

On le retrouve bien sûr dans la forêt, mais également dans les jardins privés, et même les parcs publics.

Il bondit, il saute, il vole de branche en branche ; il grimpe tête en haut ou queue en l’air tel un véritable dompteur d’arbres.

C’est (aïe, un point en moins) de l’écureuil que je parle, bien évidemment.

Concours Livres Monsieur Madame

A ma librairie, j’ai découvert un petit papier annonçant les 30 ans de Monsieur Madame, ces fabuleux petits livres écrits par Roger Hargreaves. C’est toute mon enfance, j’adorais ces petites histoires. Et pour cet anniversaire, les éditions Hachette Jeunesse lancent, entre autres, un grand concours pour les enfants de moins de 12 ans. (dommage, j’aurais bien voulu participer moi !)

J’ai demandé à ma fille si elle voulait jouer le jeu… elle a dit oui, pour mon plus grand plaisir (rires). Elle a commencé à dessiner et elle a déjà sa petite idée pour l’histoire.

Pour les enfants qui seraient tentés, voici le règlement :

1) choisis ton personnage Monsieur Madame préféré
2) invente une nouvelle histoire de ce personnage. Pour cela écris et dessine son histoire en 10 pages maximum.
3) à envoyer à l’adresse ci-dessous avant le 28 avril 2012, ton histoire et tes coordonnées (avec la signature d’un de tes parents)

Hachette Jeunesse Image
Concours d’écriture Monsieur Madame
43 quai de grenelle
75905 Paris cedex 15

Seuls les gagnants seront avertis par courrier. Le 1er prix est ton histoire imprimée dans un vrai livre + la collection complète des Monsieur Madame ! Et bien d’autres cadeaux pour les autres gagnants.

Concours ouvert pour tout enfant résidant en France métropolitaine, dans les DOM-TOM, en Belgique et en Suisse. Une seule participation par personne. Œuvre originale du participant (et non des parents!), qui respecte au mieux le format des livrets à savoir le texte à gauche et le dessin à droite.

Le sens de l’ouïe, terrifiant

Pour le 12ème jeu de Rébecca, il faut choisir l’un de nos 5 sens et l’utiliser au mieux dans un texte.

Cette nuit, j’ai mal dormi.

J’ai encore fait des cauchemars, j’en ai marre.

Je décide d’aller à pieds à mon travail afin de ne pas me sentir compressée dans un bus bondé.

Le soleil s’est à peine levé sur un sol tout gelé.

Je n’ai pas froid, je marche d’un bon pas.

Les images de mes rêves hantent ma tête. Des écorchures, de la violence, de la peur, beaucoup de peur, des crocs qui déchirent ma peau, des animaux qui me griffent, des endroits que je ne connais pas, des chemins qui conduisent à ma perte.

J’ai l’impression d’être ailleurs, de ne pas vivre le moment présent. Chaque instant, chaque seconde s’égraine devant moi comme le contenu d’un sablier renversé.

Alors que j’avais l’impression d’un grand silence, les portes de mes oreilles s’ouvrent brutalement au monde environnant.

Le brouhaha des voitures incessantes, les freins d’un vélo qui grincent, un coup de klaxon qui retentit, tout cela rentrent en moi et me bouscule.

Une voiture au pot d’échappement troué fait un boucan d’enfer et me saisit.

Sur le trottoir d’en face, un jeune couple, deux gamins à peine sortis de l’adolescence, se disputent, s’enguirlandent, se crachent des injures. Je crains qu’ils en viennent aux mains.

Des perruches en vol au-dessus de moi s’annoncent dans leur langue de psittacidés, ce n’est pas un chant, c’est un cri aigu, bref, strident. Et elles sont nombreuses à crier… heureusement elles ne font que passer.

Bien plus haut, c’est un avion qui se rajoute à tout ce non-silence pesant.

Puis, de concert, un chien aboie, une voiture freine et la sirène d’un véhicule prioritaire hurle son urgence.

Des sons brefs, qui se juxtaposent les uns sur les autres ou qui se suivent mais ne se ressemblent pas. Pas une seule seconde de silence. Pas une ! C’est horrible…

Pendant dix minutes, je marche ainsi, irritée par tous ces bruits. Jusqu’ici, je ne prêtais pas attention, cela fait partie de mon quotidien et je n’y peux rien.

Je marche en silence, que je crois. Mes pas se posent sur le sol aussi doucement que des baskets peuvent le faire. Mais le frottement de mes bras sur ma veste trahissent mes mouvements. Mes mains dans les poches résolvent cette friction.

J’arrive à un feu rouge. Une voiture polluante accélère. Deux passants attendent à mes côtés que le petit bonhomme devienne vert. L’un écoute une musique à faire péter les tympans, l’autre est une jeune femme, talons aiguilles, bouteille de parfum renversée sur elle. Tac tac tac, les chaussures avancent, la bouche répond à une sonnerie de téléphone, la voix s’égosille, le rire vibre.

Le parfum s’en va, le rire en écho derrière elle.

La musique s’affaiblit.

Puis, j’arrive à mon travail.

L’alarme branchée, je dois la désactiver avec des bip bip bip. Enlever le répondeur qui fait tilu tilu.

Puis le fonctionnement de l’ouverture automatique de la porte se met en route…

La sonnerie du téléphone, l’ouverture automatique de la porte, les portables qui s’activent, l’ordinateur qui tourne, la circulation dans la rue, … cela ne s’arrêtera plus avant ce soir.

Au coucher des enfants, je me dis que j’aurai un peu de répit, mais il y a les machines à faire tourner, alors, j’attends la nuit. J’attends de dormir pour avoir le silence, un silence bien mérité, un moment sans bruit, sans cauchemar ?

Et ce soir, il pleut… on est au rez-de-chaussée, au-dessus des caves, et la pompe qui aide les égouts à ne pas déborder se met à vivre la nuit ! Un vrombissement se fond dans mes rêves.

Cette nuit, dans mes cauchemars, il y a un monstre qui grogne, de la pluie qui rentre dans ma chambre et qui monte jusqu’au plafond… heureusement, je sais respirer dans l’eau !

 Ps : je vous rassure, Chouna n’est absolument pas le monstre que l’on pourrait croire sur la photo que j’ai utilisée pour illustrer le passage de mon cauchemar dans ce texte. Mes deux chats adorent jouer avec des bouts de ficelles et ici, Chouna fait un joli bond, toutes griffes et crocs sortis pour attraper la ficelle.

Le lièvre et la tortue, jeu d’écriture

Pour la 11ème fois, déjà !, je joue avec Rébecca, merci à toi !
Réécrire une fable de La Fontaine en incluant une série d’ homonymes.

Le Lièvre et la Tortue

Tout le monde le sait : il est inutile de se presser, il faut partir à temps.

Le Lièvre, maire de son village, et la Tortue, mère courageuse de six enfants, en sont un témoignage.

–          Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point, sitôt que moi, ce pin situé non loin d’ici.

–          Sitôt ? Êtes-vous sage ? demanda l’animal d’un ton enjoué. Ma commère, il vous faut purger avec quatre mûres bien mûres.

–          Sage ou non, je parie encore, lui répondit-elle en crachant sur un mur.

Ainsi le pari fut lancé et accepté par les deux parties.

De tous deux, on mit près du but les enjeux : savoir quoi, ne nous regarde pas, ni de quel arbitre l’on convint.

Notre Lièvre n’avait que trois bonds à faire ; j’entends de ceux qu’il fait lorsqu’il est pourchassé par des renards affamés !

–          Ayant, dit-il, largement le temps pour brouter, pour me préparer un pain pour demain, pour dormir, pour écouter d’où vient le vent, et pour rêver des vagues salées de la mer, je laisse la Tortue, cette pauvre vieille mère, démarrer gentiment et tranquillement, tout à son aise. Je suis quand même bon joueur…

Elle part, elle s’évertue, elle se hâte avec lenteur.

Lui cependant, méprise une telle victoire, tient la gageure à peu de gloire. Il croit qu’il y va de son honneur de partir tard. Il ne se presse pas. Il ne court pas. Non, il grignote de l’herbe, déguste des pâquerettes, il se repose, il fait la cour à des demoiselles lièvres, il donne des cours de sauts aux levrauts, il s’amuse à toute autre chose qu’au défi. Sot qu’il est !

À la fin, quand il vit que son adversaire touchait presque au bout de la carrière, il partit comme une flèche. Hélas, les élans qu’il fit furent vains : la mère Tortue arriva la première en levant une patte en l’air en signe de victoire !

– Eh bien ! lui cria-t-elle, n’avais-je pas raison ? De quoi vous sert votre vitesse ? J’ai remporté l’épreuve. Que serait-ce si vous aviez une maison sur votre dos ?

Tout le monde applaudissait la Tortue, même un cygne, qui était de passage.

Mérédith : 3 – Insectes : 0

La mouche.

Vous connaissez le film ?

Moi c’est mon préféré.

Je crois que j’ai dû le voir au moins soixante-trois fois ! Sans mentir !

Alors quand j’ai appris ce que Mérédith avait fait à mes pauvres amis, je me suis immédiatement rendue chez le Grand Sorcier des Petites Bêtes. Celui-ci est ravi de me voir.

— Seule une mouche a le tempérament qu’il faut pour oser l’aventure. Arthropodus Hexapodus, tu es née pour être une héroïne !

Après cet accueil chaleureux, il m’a conseillé d’éviter la baignoire.

Sans blague, il me croit suicidaire ?

Ensuite il m’a dit de suivre la bipède à une distance raisonnable, histoire qu’elle ne se rende pas compte de la filature.

Pfeu trop fastoche !

Les humains sont bêtes parfois, je vous jure. Elle n’a rien vu, ni entendu.

Nous sommes donc arrivées sur le lieu de son travail.

Le Grand Sorcier m’a suggéré de me poser d’abord sur un excrément bien dégueu avant d’attaquer Mérédith. Il paraît que la texture liquide des fientes d’oiseaux est un excellent outil pour réaliser rapidement, et sans faille, ses potions magiques. Au bout de mes pattes pendent donc des gouttes blanches et vertes dont le doux parfum titille mon odorat excité.

J’ai tout prévu… ou presque !

Je dois simplement me poser, ne fût-ce que deux secondes sur son cou délicat. Il me suffit d’appuyer très légèrement mes pattes à un endroit bien précis (les scientifiques appellent ça la « veine jugulaire ») pour que son cœur arrête de battre !

Cela parait aussi simple que de voler !

Hélas, tout paraît toujours plus simple dit comme ça. Mais en pratique, c’est vachement plus dur.

Si si je vous assure.

Pendant dix minutes, je parviens à esquiver une main meurtrière. Heureusement que je suis sortie première de ma classe de vol sinon, elle m’aurait déjà aplatie comme une crêpe, la Mérédith !

C’est qu’elle ne se laisse pas faire la vilaine.

Elle est carrément déchaînée !

Je prends de la hauteur, je vire à 180 degrés, je fais un looping du tonnerre, trois figures aériennes parfaites bien que d’une inénarrable complexité, enchaînées avec une dextérité à faire pâlir de jalousie feu mon professeur de vol ! (et le pire dans tout ça, c’est qu’il n’y a personne pour admirer mes voltiges, mes prouesses, ouiiiiin) et elle, cette M.. Me… Mer… édiiiiith ouh là je l’ai échappé belle !

Elle m’observe, vise et vlan : m’envoie le dos de sa main presque en pleine poire !

Pffuii une aile à côté et j’étais defunto ! Quel calor ! Mamamia.

Là, je ferais bien une pause.

C’est que j’en peux plus, moi…

Je suis à bout de souffle, vidée, lessivée, crevée…

La mouche, qui se prenait pour une Super Mouche, ne prit pas la peine de réfléchir deux secondes et alla se poser sur le clavier, juste sur la touche PAUSE, devant et sous les yeux de la terrible Mérédith.

De vous à moi, que croyez-vous qui soit passé par sa petite tête d’insecte repoussant pour aller se poser sur cette touche ?

Vous pensez sincèrement qu’elle a su lire le mot « pause » ?

Non, je n’y crois pas. Les mouches, ça ne sait pas lire quand même ?

Toujours est-il que Arthropodus Hexapodus glissa maladroitement de la touche (sûrement à cause du reste de la fiente d’oiseau qui devait encore être sur ses pattes) et, épuisée qu’elle était, n’a pas pu réagir à temps.

Elle n’ouvrit pas ses ailes et alla coincer son petit corps répugnant entre les deux touches du clavier.

Dans de pauvres « bzzzzz… bzzzz… bzzzzzzzzzzzzz… bzzzzzz… » désespérés, ses ailes essayaient vainement de s’ouvrir, mais c’était peine perdue. Le clavier de l’accueil n’était pas spécialement lavé tous les jours et les gouttes de café et les miettes de biscuits au chocolat devaient certainement empêcher la pauvre mouche de se sortir de la périlleuse situation dans laquelle elle s’était fourrée… toute seule !

Une chose était certaine : elle allait mourir…

Parce que Mérédith n’allait bien évidemment pas l’aider à abréger ses souffrances…

Ça prendrait le temps que ça prendrait (personne ne se sert jamais de la touche « PAUSE », non ?)… Elle n’avait qu’à se coincer entre le « e » et le « r » !…

Bref… après le moustique et l’araignée, le score tournait une nouvelle fois en sa faveur…

Dans quelques heures, ça nous donnerait : « Mérédith : 3 – Insectes : 0″…

 

Pour suivre la suite des aventures de Mérédith, c’est ici sur Atramenta