Avoir les yeux plus gros que le ventre

Avoir les yeux plus gros que le ventre

Maman me dit toujours que j’ai un appétit d’ogre. Et c’est vrai ! Il n’y a que quand je suis malade que je ne mange pas. Cela en est d’ailleurs le premier symptôme. C’est mon manque d’appétit qui met la puce à l’oreille de maman quand je commence une maladie. En effet, comme beaucoup d’enfants, j’ai parfois de la fièvre, et malgré cela, je me sens en pleine forme.

 Aujourd’hui est un grand jour. Je suis à présent assez grande pour chasser toute seule mon repas ! Quel événement !

Dès mon réveil, à l’aube, j’imagine un plan d’enfer pour capturer mes proies.

 Mon fil de soie est très fin, solide et transparent. J’ai tellement d’énergie en moi que je m’attèle à un travail d’hercule, je construis une toile aussi grande que la niche du chien qui est dans ce jardin. Oui bon, c’est un petit chien, n’empêche, ma toile est gigantesque. Titanesque. Grandiose. En un peu plus d’une heure, elle est fin prête, une jolie forme triangulaire avec un cercle parfait au milieu. Le tout avec une vingtaine de rayons. Et cela avec environ trente mètres de fil.

 – Quel beau travail ma fille, me félicite maman dès qu’elle revient de sa balade près du gazon, au niveau du sol.

– Merci maman, mais viens au centre avec moi, j’ai hâte d’attraper ma première nourriture, je lui réponds en souriant.

Elle et moi on se met l’une contre l’autre, au milieu de ma toile diabolique, là où c’est très solide et non collant.

 Rapidement, un bourdonnement attire mon attention. Un bzzzz régulier, un bzzz que les humains détestent. Je n’ai pas une très bonne vision mais je distingue quand même un insecte jaune et noir au dard méchant qui volette près de ma toile.

 – Eh le mille pattes, tu crois que je te vois pas peut-être ? se moque la guêpe en parlant de la patte de maman qui tremble involontairement.

– D’abord, madame je sais tout, on est pas des mille pattes mais des araignées ! Si tu sais compter un peu, on a juste une paire de pattes en plus que toi, rétorque-je en rouspétant.

– Ouais bon, mais si tu comptes m’attraper pour que je te serve de petit déjeuner, va falloir te lever un peu plus tôt. On distingue ta toile à des kilomètres… t’as encore du pain sur la planche, crois-moi !

 Il n’en fallait pas plus pour que cette petite enquiquineuse me pousse à bout. Dare-dare, je cours sur le fil de ma toile pour lui dire de plus près ma façon de penser.

– Laisse-là, mon araignénounette, me crie maman, elle n’en vaut pas la peine, tu gaspilles ton énergie pour rien, reviens, y aura bien une autre idiote pour tomber dans ta magnifique toile.

 Mais maman n’en dit pas plus, car la guêpe s’envola en marche arrière et heurta le fil supérieur de mon piège. Ce petit frôlement suffit à faire vibrer toute la toile, surpassant de loin les petits tremblements de pattes de maman.

HA HA HA ! Le rire est sorti spontanément. Il ne faut pas grand chose pour s’emmêler les ailes ou les pattes… et plus l’insecte stupide se débat, plus elle fait des nœuds et moins elle a de chances de s’en sortir.

Je m’arrête de bouger et l’observe avec des yeux presque doux. Le fil colle à son corps comme de la glu et la victime – que j’aime ce mot si délicieux dans ma bouche – a beau battre vigoureusement de son aile encore libre, elle ne fait que monter et descendre un peu comme dans un saut à l’élastique. La seule grosse différence entre un bête élastique et mon fil, c’est que le mien est ultra-solide, aussi résistant que tu métal.

 La guêpe s’affaiblissait rapidement, c’est elle qui gaspillait inutilement son énergie ! Je tirai un peu sur mon fil pour lui montrer qu’à présent je la maitrisais parfaitement et que sa vie était désormais entre mes huit pattes.

 – Pitié, pitié, excuse-moi, laisse-moi m’en aller. Pardon, pardon. Je ne dirai plus jamais de mal de vous, vous êtes très intelligentes et très fortes. S’il te plaît, laisse-moi m’en aller et tu ne me reverras plus jamais, me suppliait mon repas.

– Trop tard. Ta maman ne t’as jamais appris à tourner sept fois ta langue dans tes mandibules avant de parler ? De toute manière, c’est toi qui t’es fourrée dans ce guêpier, enfin dans cette toile, toute seule. Il ne faut t’en prendre qu’à toi-même.

 J’attendais encore un peu pour être certaine qu’elle n’avait pas la possibilité de se retourner et de me tuer avec son dard. Quand elle ne donnait plus signe de forces, je passais sur le rayon suivant pour l’approcher par derrière. D’un coup de mandibule, je lui pince le cou et la paralyse pour de bon. Je l’emballe très vite, comme j’ai souvent vu ma maman le faire. Il faut faire très attention à cet emballage car ce serait dommage que j’en perde une miette quand je me mettrai à table.

 Quand je reviens au centre de la toile, maman me regarde bizarrement.

– Tu as les yeux plus gros que ton ventre mon araignénounette ! Comment vas-tu faire pour ingurgiter tout cela maintenant ? Tu en as pour une semaine.

– J’ai une faim de loup maman, tu me connais, j’en aurai juste assez pour ce matin, et ce soir si j’ai encore un petit creux.

Les homonymes, à s’arracher les cheveux

J’ai essayé de jouer avec Rébecca pour son avant dernier jeu qui consistait à écrire un court texte en utilisant que des homonymes… le but du jeu est de comprendre le texte en le lisant à haute voix ! Moi qui ai une mémoire visuelle, j’ai eu beaucoup de mal à travailler sur cela mais voilà le petit résultat :

Mac si mit lit an a dort son peu tic houx zin(c) allait qu’cendre.

–> Maximillian adore son petit cousin Alexandre.

Astuce, mon c est une lettre muette dans mon exercice (ha ha) et ce n’est pas un texte, mais une seule phrase…

Allez, encore une pour le plaisir (c’est que je prendrais presque plaisir à m’arracher les cheveux :-) )

Mètre corps beau haie un noix zoo quille faix parti heu deux la femme mie dé corps vidés.

–> Maître corbeau est un oiseau qui fait partie de la famille des corvidés.

De l’eau dans le gaz, de l’orage dans l’air

Petite nouvelle pour enfant à partir de l’expression
« Il y a de l’eau dans le gaz » ou « de l’orage dans l’air ».

Dans l’étang de la ferme, il y avait de l’eau dans le gaz, de l’orage dans l’air.

On pouvait entendre une dispute éclater.

Deux bernaches s’insultaient et les noms d’oiseaux pleuvaient !

– Espèce de canard casserole !

– Toi-même, canard boiteux.

Les animaux des environs bouchaient les oreilles de leurs enfants afin qu’ils n’entendent pas pareils gros mots.

La différence qui opposait pourtant ces deux mêmes oiseaux était simple : une autre bernache. Mais pas n’importe laquelle. La princesse bernache, future reine de l’étang.

Les deux mâles étaient amoureux de la princesse et tous deux espéraient pouvoir voler avec elle et fonder une belle famille.

La princesse n’aimait pas les disputes, aussi voulu-t-elle partager les deux garçons par une épreuve.

– Celui qui saura me faire un nid confortable, doux, spacieux et pratique aura une chance supplémentaire de me séduire.

Nos deux bagarreurs cessèrent immédiatement de s’enguirlander. Chacun fila de son côté et commenca à récolter les matériaux pour la construction d’un nid.

L’un s’appliqua à mélanger diverses herbes et branches, et arracha quelques plumes au derrière de son adversaire pour que le nid soit plus doux.

L’autre se préoccupa plutôt du côté de la taille du nid et n’hésita pas à donner coups de bec et de pattes afin de repousser les voisins un peu plus loin.

Pendant ce temps-là, la princesse se fit une petite toilette (de chat). Elle était belle la princesse avec son bec brillant de santé, ses plumes aussi noires qu’une nuit sans étoiles, et son oeil vif. Tout dans ses mouvements était séduisant.

Les habitants de l’étang encourageaient l’une ou l’autre bernache qui était en compétition pour gagner le coeur de la princesse.

Personne ne prêtait attention à l’oiseau qui venait de se poser au bord de l’île. Celui-ci ressemblait à n’importe quelle autre bernache, mais il avait en lui cette bonté qui caractérise un futur prince.

Discrètement, il construisit lui aussi un nid. Seul, sans demander de l’aide à personne, sans embêter le moindre voisin, sans arracher le plus petit duvet à quiconque.

Son nid était beau, grand, facile d’accès et avec une vue imprenable sur la ferme. Une réserve de nourriture était même mise à disposition non loin de là. Il se secoua un peu et, naturellement, de belles plumes blanches, douces et soyeuses, tombèrent sur le nid.

Un des deux mâles qui se querellait, attérit près de la princesse.

– Belle princesse, je vous invite à venir vous reposer sur notre nid d’amour.

Tout à coup, l’autre bernache en conccurence, arriva aussitôt et se planta entre la princesse et son rival.

– Venez d’abord chez moi princesse, vous verrez, vous ne pourrez plus quitter ce nid tant il est doux. Il est même plus près d’ici, venez donc avec moi.

Dans le dos de la princesse, des coups d’ailes se perdaient. Cette ambiance ne plaisait vraiment pas à la future reine de l’étang.

Elle demanda alors à ses amis de bien vouloir reconduire ces deux prétendants sur la berge, le temps qu’ils se calment et qu’elle puisse prendre sa décision.

Lorsque la princesse s’avança, nageant tranquillement vers l’un des deux nids, un éclat lumineux près de l’île attira son attention. Comme elle pouvait entendre les deux autres se disputer à nouveau, elle abandonna sa tâche et se dirigea vers la source lumineuse.

Depuis toujours, la princesse avait un faible pour les baies aquatiques. Elle ne l’avait jamais dit à qui que ce soit car ces baies-là, aussi bonnes soient-elles, avaient tendance à lui donner un reflet rouge sur le blanc de ses joues. Et là, sur l’île, sur une couronne d’algues fraîches, reposait une dizaine de baies rouges ! Son regard s’arrêta sur une étrange feuille dorée qui brillait avec le soleil. Sur cette feuille, elle pouvait lire « Pour la princesse de mon coeur ».

Tournant la tête à gauche, puis à droite, la princesse chercha l’auteur de ce mot et de ce succulent repas.

L’oiseau qui était à l’origine de tout cela était caché derrière le seul arbre de l’île. Amoureux et intelligent, il n’en était pas moins un grand timide. Il s’avança doucement, et se présenta gentiment :

– Bonjour chère Princesse. Je me présente, je m’appelle Canader. Cela fait longtemps que j’en pince pour vous… accepteriez-vous de prendre place dans le nid que je viens de terminer ?

Canader recula de deux pas et dévoilà sa construction.

La princesse, séduite par tant de gentillesses, de politesses et d’initiatives, s’émerveilla devant le nid.

– Oh ! Il est magnifique ! Grand, doux, pratique et avec une très belle vue. Mon cher Canader, je suis heureuse de vous avoir trouvé. Je suis sûre que nos enfants seront ravis de naître dans ce petit coin de paradis.

A la grande surprise générale, la princesse resta sur l’île, en compagnie du nouveau venu. Il avait tellement épaté tout le monde que la plupart des voisins devenèrent rapidement leur copain.

Sur la berge, deux mâles n’en revenaient pas. Ils ne digéraient toujours pas la pilule et trouvèrent là une excellente excuse pour se battre à nouveau.

Montrer pattes blanches

Petite histoire pour les enfants à partir de l’expression :
montrer pattes blanches

 

Il était une fois une maison de cygnes. La maison était grande et abritait papa et maman cygne ainsi que trois cygneaux. Un jour, alors que maman cygne était partie chercher à manger, papa cygne s’en alla lui aussi afin d’aller chez sa cousine lui demander des outils. En effet, l’hiver n’allait pas tarder à arriver et la porte d’entrée menaçait de s’envoler dès la première rafale de vent. Aussi papa cygne confia la maisonnée à l’aîné des trois cygneaux.

– Tu ne laisses entrer personne et vous ne sortez pas tant que maman n’est pas revenue. Avez-vous bien compris ?

– Oui papa, soupiraient les petits qui se trouvaient déjà pourtant bien grands.

Et il s’en alla.

Dans la maison, les petits cygnes faisaient les cent pas maladroits. Ils n’aimaient pas rester enfermés et rêvaient de pouvoir nager un peu dans leur étang préféré, situé au centre de la ferme.

Quand le plus petit voulu ouvrir la porte, l’aîné gronda gentiment.

– On ne peut pas sortir, si le renard nous voit, il nous mangera !

– Mais on s’ennuie ici, lui répondit son petit frère.

Alors le troisième, celui du milieu, trouva une idée de jeu :

– Et si on jouait aux expressions. Celui qui en trouve le plus pourra aller le premier dans l’étang quand maman reviendra.

Un cri de joie s’éleva parmi les cygneaux.

Ils jouèrent donc ainsi, une bonne partie de l’après-midi. Ils ne se lassaient pas de trouver et de mimer des expressions. Aussi, quand leur maman arriva et qu’elle trouva la porte fermée à clé, elle frappa à la porte.

Toc toc toc

Aussitôt, tous les cygneaux se turent.

– C’est le renard, chuchote l’aîné.

– Oui, sûrement, on a rigolé trop fort et il nous a entendu, répond tout doucement son cadet.

Et les trois cygneaux se faufilèrent dans différentes pièces et se cachèrent.

– Les enfants, c’est maman, dit maman cygne. Ouvrez-moi, j’apporte le souper.

Comme personne ne répondit à son appel, elle frappa plus fort à la porte.

Boum, boum, boum !

Le plus grands des trois, craignant que la porte ne cède sous les coups, s’approcha de la porte et cria :

– Il faut montrer pattes blanches !

Dès qu’il eu dit ça, les deux autres pouffèrent dans leur coin, trouvant cette expression extraordinaire vu la situation.

La mère n’en croyait pas ses oreilles. Elle montra à la fenêtre ses deux ailes, blanches comme neige.

– J’ai dis les pattes, pas les ailes. Nous savons que c’est toi vilain renard, va-t-en ou maman va te botter le derrière.

– Mais les enfants, c’est moi, maman ! Enfin, vous ne reconnaissez pas ma voix ? demande-t-elle sur un ton un peu dur, trouvant la farce de mauvais goût.

– Maman, elle ne nous rouspète jamais dessus, répondit le plus petit qui était sorti de sa cachette.

– Montre tes pattes blanches, répète encore une fois l’aîné.

Ne sachant plus que répondre, la maman alla chez son frère peintre et lui demanda de lui couvrir ses pattes avec de la peinture blanche.

Revenant bien vite, elle frappa une nouvelle fois à la porte, fit le poirier et montra ses pattes blanches à la fenêtre.

– Si tu étais vraiment notre maman, tu aurais les pattes noires ! dit le troisième cygneau en tirant la langue.

Désespérée et fatiguée, la maman cygne s’installa devant la porte et attendit le retour de son mari.

Ce dernier ne tarda pas et souria quand il comprit ce qu’il se passa. Il se posta devant la porte et dit :

– Les enfants, je me retrouve nez à nez avec votre mère. Elle me fait les yeux doux et espère que je vais la mettre sur la voie afin qu’elle tire son épingle du jeu. Vous savez, elle ne rentre pas bredouille, la pêche a été bonne. Allez ! Ne faites pas la fine bouche et baissez vos armes.

Tout de suite, la porte s’ouvre et l’aîné répond :

– Oh papa ! Tu es trop fort, tu as encore gagné à ce jeu. Redis-nous toutes ces expressions, on les aime trop !

Maman cygne en reste baba, et papa cygne, fier comme un paon, ne se fait pas prier pour jouer le jeu encore une fois.

Bécasse recyclée, cane violée

But du jeu : écrire un fait divers en 3 lignes ou 3 phrases. Moi qui ne suis pas habituée à faire si court… j’ai été inspirée.

 

  • Ce matin, à l’aube, une bécasse a perdu la vie en se fracassant la tête contre la vitre de l’association VOL (Vive les Oiseaux Libres). Son corps a été directement recueilli par le soigneur de l’asbl : « Elle a frappé à la bonne porte, son cadavre va servir au faucon pèlerin en convalescence chez nous. » dit-il en précisant qu’un tel recyclage est rare et qu’il faut en profiter tant que la victime est encore chaude et molle.
  • Une jeune cane colvert a été violée par trois mâles, en plein après-midi, sur l’étang des Canards Heureux à Bruxelles. La victime n’a pas survécu à son agression et elle est morte, noyée sous le poids de son dernier assaillant. Les gardiens du parc se mobilisent pour qu’on leur accorde le droit de renommer l’étang, car cet acte odieux est bien plus fréquent que ce que l’on croit.

Comme les deux parties de mon cerveaux ne s’entendent pas fort pour le moment, elles s’abstiennent de jouer à l’avant dernier jeu de Rébecca qui consiste à écrire un texte sur une sortie mais de deux manières différentes : l’une en  utilisant le côté gauche du cerveau, et l’autre le droit… l’une est le rationnel, l’autre l’imaginaire.

Par contre, à ce dernier jeu, l’une des deux parties a gagné la partie… vous avez deviné laquelle ?  :-)

J-Cl. Mourlevat, la rivière à l’envers et la ballade de Cornebique

A nouveau deux petites fiches de lecture (pas récentes), d’un auteur que j’apprécie beaucoup. Jean-Claude Mourlevat est l’auteur de nombreux livres pour enfants et adolescents. Je ne les connais pas tous et je n’ai certainement pas la moitié de ses livres dans ma bibliothèque :-)

La rivière à l’envers. Tome 1 : Tomek.

Cette histoire se passe il y a si longtemps. Du temps où les téléphones n’existaient pas et où des enfants pouvaient être orphelins et vivre seuls ou tenir des boutiques sans l’aide de personne.

C’est l’aventure d’un jeune épicié de treize ans qui succombe au charme d’une fillette de douze ans. Celle-ci lui demande s’il vend une certaine eau (car ce jeune gaçon a vraiment de tout dans sa boutique, si si, je vous l’assure). Cette eau magique a le pouvoir de donner vie éternelle à celui qui la boit. Mais cette eau « coule » à l’envers d’une rivière et elle ne trouve repos qu’au sommet d’une montagne étrange. Avant d’arriver à cette montagne, il faut encore pouvoir traverser la forêt de l’oubli et ses ours et des champs de fleurs étonnantes !

Et voici le second tome de « la rivière à l’envers ». Tome 2 : Hannah.

Dans le premier livre, c’était l’histoire et l’aventure de Tomek que l’on suivait. Ici, c’est du côté de Hannah, jeune orpheline qui cherche désespérement l’eau magique pour son petit oiseau. Comme le premier volume, j’ai été transportée dans ce monge imaginaire d’une manière totalement légère et enchantée.
On retrouve la forêt de l’oubli, bien sûr, et les petits parfumeurs mais on découvre aussi de nouvelles contrées comme la traversée du désert ou de l’océan.

A lire sans modération.

Ces deux livres se lisent si aisément qu’on est transporté dans ce monde merveilleux de l’imagination sans la moindre difficulté. Ils sont rafraîchissants, innocents et sans véritable méchant ! Néanmoins ils savent tenir le lecteur en haleine et donnent du « gentil » suspens.

La ballade de Cornebique

 Ne vous y trompez pas, il s’agit bel et bien de l’histoire d’une bique qui part en balade suite à une peine de coeur et qui emporte avec elle son banjo car elle adore pousser la chansonnette. Sur son chemin, alors que Cornebique se sent seul, une minuscule boule de poils lui tombe littéralement du ciel. La petite bête, c’est Pié, un loir encore bébé qui dort profondément en cette saison froide. Pié a beau être riquiqui, cela ne l’empêche pas d’être poursuivi par une armée de fouines. Et ces deux-là, ils vont devenirs les meilleurs amis. Plus rien ne pourra les séparer… mais pour pouvoir rester en vie, il va leur falloir traverser bien des épreuves. Cornebique et Pié – et plus tard – un troisième personnage incroyable mais vrai – vont à coup sûr vous faire rire, vous surprendre, vous émouvoir.

Pour les enfants à partir de 8-9 ans et aussi pour les plus grands qui aiment s’évader et qui veulent rigoler un bon coup.

A lire, à relire, à conseiller absolument.

Site Internet de l’auteur

Moulin à paroles

Avec un peu de retard, je joue avec Rébecca. Le jeu du « sandwich » consiste à écrire un texte entre deux phrases imposées.

La première phrase est tirée de l’album C’est moi le plus fort de Mario Ramos : « Un jour, un loup, qui avait très bien mangé et n’avait plus faim du tout, décide de faire une petite promenade dans les bois. »

La dernière phrase de l’album Mon lapin et moi de Pascale Francotte : « On ne se quittera plus jamais ! »

 

Un jour, un loup qui avait très bien mangé et n’avait plus faim du tout décide de faire une petite promenade dans les bois.

–          Pom, pom, pom, pom. J’ai bien mangé, j’ai bien bu, j’ai le ventre bien tendu… Une bonne promenade, rien de tel pour une digestion tout en douceur. Eh ! Mais que v’là ?

Alors que le loup chantait, son regard s’arrêta sur une petite chose rouge. L’objet en question était une croix rouge.

–          Qu’est-ce que c’est que ce bazar ? se demandait-il en se grattant les poils de sa barbe.

La croix dormait, paisiblement et confortablement installée sur une litière d’aiguilles de pin. Quand le loup s’approcha d’elle, il pouvait même entendre qu’elle ronflait !

–          Une croix qui ronfle ? J’aurai tout vu dans cette histoire… rigolait-il doucement quand même pour ne pas réveiller la croix.

La croix avait un sommeil profond et n’entendit donc rien du rire étouffé du loup moqueur.

Tout à coup, un bien étrange bruit brisa la quiétude des bois. C’était une sorte de glouglou accompagné par une plainte aiguë qui ressemblait à « aïe, ouille ».

–          Oh, non ! gémissait le loup. Voilà que mes crampes au ventre reviennent.

À vouloir être tout le temps trop gourmand, notre ami le loup avait souvent des crampes au ventre. Cela lui arrivait au moins trois fois par semaine. Il le savait pourtant bien qu’il mangeait trop, qu’il avait les yeux plus grands que le ventre. Hélas ! Rien n’y faisait, son appétit était plus fort.

À ce gargouillis douloureux, la croix s’éveilla. Tout de suite, elle reconnut le mal et, très sûre d’elle, s’adressa au loup :

–          Monsieur le loup, vous mangez trop ! Vilain gourmand que vous êtes. Mais, parce que votre chemin vous a conduit jusqu’à moi, je vais aujourd’hui vous aider à ne plus avoir mal.

Le loup qui n’en croyait pas ses oreilles (ni ses yeux), écouta bien la petite croix.

–          Pour éviter de trop vous goinfrer, vous devrez boire, avant chaque repas, les paroles d’un enfant-moulin.

–          Un enfant-moulin ? demanda le loup. Où est-ce que je les trouve ?

–          Ils sont un peu partout. Vous ne risquez pas de ne pas les trouver, ce sont de vrais moulins à parole, ils ne cessent de parler, de bavarder, de babeler, du matin au soir et du soir au matin. Il vous faudra attraper au moins dix phrases avant de pouvoir vous mettre à table pour votre repas.

Le loup qui trouvait cela de plus en plus bizarre nota quand même les consignes de la croix.

–          Normalement, après cette boisson coupe-faim tout à fait extraordinaire, vous aurez un appétit plus réduit. Essayez donc cela pendant une semaine, à raison de trois fois par jour. Si cela ne va pas, revenez me voir, dit la croix en sautillant gaiement.

–          Mais, et comment est-ce que je vais bien pouvoir vous retrouver ? C’est la première fois que je vous vois, demanda-t-il.

–          Ne vous inquiétez pas, si vos gargouillis continuent, ils vous mèneront une nouvelle fois près de moi.

Le loup qui se demandait s’il ne rêvait pas décida de tenter sa chance. Il marcha encore un tout petit peu, plié en deux par les douleurs, quand il entendit une petite voix.

Pour ne pas faire peur à l’enfant, il se cacha derrière un arbre. Les paroles de la fillette s’envolèrent aussi légèrement qu’une plume est portée par le vent. Le loup n’avait plus qu’à lever les bras pour attraper les phrases et ouvrir la bouche pour boire cette potion soi-disant magique.

Là, dès la première gorgée, le loup sentait quelque chose de vraiment bizarre au fond de lui. Non seulement la douleur au ventre disparaissait, mais en plus il n’éprouvait plus cette sensation de faim. Mieux encore, il se sentait léger. Heureux, repus et léger !

–          Formidable ! Cette croix est vraiment une magicienne, dit-il en cachant sa joie pour ne pas effrayer la petite fille qui continuait de parler.

Il fila dans les bois et retrouva sa maison. Là, dans sa cuisine, il prit un énorme bocal et s’en alla aussi vite qu’il était venu. Il se cacha une nouvelle fois derrière le moulin à paroles et attrapa autant de phrases qu’il put, jusqu’à en remplir son bocal en verre.

Il regarda son précieux trésor avec des yeux de merlan frit et dit :

On ne se quittera plus jamais !