Mon premier roman jeunesse à paraître

Mon projet de livre « Faire pousser des oiseaux », qui sera en vente au profit de l’association Make A Wish Sud, avance bien ! Le livre sera auto-édité chez Atramenta. Ce sera un petit bijou de 72 pages, agrémenté par une bonne vingtaine de magnifiques illustrations (N&B), signées IzaCat.
5 autres illustratrices ont confirmé leur participation à ce projet; vous pourrez découvrir leurs beaux dessins (aussi en noir et blanc) en fin du livre dans la rubrique « Bonus », rubrique qui comportera également un petit jeu des 7 erreurs imaginé par IzaCat.

Dans l’attente de découvrir ces autres talents, un aperçu de leur imaginaire :

Marie Malcles
Nessa
Valérie Vittenet
Magali Garot
Thaïs Aubert

Le livre devrait bientôt sortir, courant février 2013.

Pour vous en mettre l’eau à la bouche, voici un petit dessin de Miss coccinelle, la belle conseillère, illustré par IzaCat.

Chap5_coccinelle

I LOVE EBOOKS

Lire, ça peut se faire partout (dans le lit, dans un fauteuil, en marchant, à la toilette, en attente chez le médecin, en mangeant), n’importe quand (matin, midi, soir ou minuit, il n’y a pas d’heure pour lire), n’importe comment (mot à mot, en diagonale, avec des images, en passant des passages, en chantant,…) Il ne faut que vos yeux.

Découvrons la lecture numérique… peu importe le support, lire, c’est lire :-) Vous ne me croyez pas ? Alors, je vous invite à découvrir I LOVE EBOOKS, une compilation- gratuite – de témoignages et de fictions éditée par ON LIT éditions. Mon petit témoignage dans cet ouvrage.

Téléchargez-le gratuitement. Bonne lecture.

edit : formats en Epub, Mobi et Pdf :-)

ILOVEEBOOKS

Danielle et Cécile, mes plus belles rencontres sur facebook

Voici dans son entièreté ma nouvelle intitulée Danielle et Cécile, qui a été sélectionnée dans le recueil. Cet ouvrage collectif est disponible chez Trinôme Editions (clic)

 

 

Bon sang de bonsoir, je n’en finirai donc jamais avec ces cauchemars ? Quelle horrible nuit ! Et après on s’étonnera que je sois fatiguée, mais je n’arrête pas de courir, de crier, de pleurer, et de souffrir dans mes rêves. On ne peut pas dire que j’ai un sommeil récupérateur.

Heureusement que c’est le week-end. Je vais pouvoir faire une sieste en même temps que mes enfants.

Un petit message sur facebook, histoire de voir si, sait-on jamais, il n’y aurait pas un chaman pour m’aider à faire des rêves plus doux, plus merveilleux, moins traumatisants !

Allons bon, voilà que j’ai oublié mon mot de passe…pffff

Clic « Mot de passe oublié »

Voyons à présent dans ma boîte mail…

Tiens j’ai un message de facebook. Une demande d’ami ? Ça alors… Mais qui cela  peut-il bien être « Danielle Rossi » ? Ce nom ne me dit rien.

« Avant de refuser catégoriquement les demandes d’ami(e)s dont tu crois ne pas te souvenir, connecte-toi d’abord sur le réseau pour voir si la photo te parle », me dit ma petite voix intérieure.

Enfin, j’y suis. Je vais tâcher de ne plus oublier ce foutu mot de passe.

« Danielle Rossi. France. » Quoi, c’est tout ? Je ne connais personne en France qui s’appelle Danielle ! Bon, je vais lui envoyer un petit message privé avant d’accepter son amitié virtuelle.

« Bonjour. Sauf si ma mémoire me fait défaut, je ne pense pas que nous ayons le plaisir de nous connaître. Ne vous êtes-vous pas trompée ? Peut-être à bientôt. Bonne journée. Cécile R, de Belgique. »

Je n’ai pas le temps de me déconnecter que je reçois la réponse de Danielle.

« Chère Cécile. Non, en effet, nous ne nous connaissons pas encore mais, comment vous raconter mon parcours jusqu’à vous ? Comment vous expliquer qu’un rêve, et d’autres signes m’ont guidée jusqu’à votre nom ? Cela serait bien trop difficile. Mais, selon mon rêve, je peux vous aider. (J’ignore encore de quelle façon). Et n’écoutant que mon cœur, je me suis mise à la recherche de votre identité sur ce site, un réseau social mondialement connu. Me voilà donc ! J’espère ne pas vous faire trop peur avec ce message, et avoir le plaisir de vous lire très rapidement. Danielle. »

Quel étrange message, en effet ! Un rêve ? Il ne m’en faut pas plus pour éveiller ma curiosité. Moi qui cherchais un chaman…

Elle n’a pas l’air bien méchante.

Accepter

Me voilà avec une nouvelle amie sur ce réseau.

Malheureusement, elle n’a pas mis grand-chose dans son profil. Aucune photo, aucun lien vers un blog ou un site internet, juste son parcours professionnel qui ne m’est pas d’une grande aide pour faire sa connaissance.

Message privé :

« Rebonjour Danielle. Non, tu ne m’as pas fait peur avec ton message, juste intriguée. Un rêve, dis-tu ? Puis-je le connaître ? Je fais personnellement beaucoup de rêves, et je dirais même que ce sont des cauchemars… Parfois j’y décèle un signe ou une information chipée dans ma journée, pourtant là j’avoue que je suis un peu perdue. As-tu déjà fait des rêves prémonitoires ? Sais-tu décortiquer un rêve, les interpréter ? Désolée de te poser toutes ces questions, mais ton message m’invite à parler de songes… À bientôt. Cécile. »

Je devrais noter mes rêves. Comme je le faisais avant. Je suis sûre que je pourrais en regrouper assez pour en faire un livre ! Et au vu du nombre dont je me souviens chaque matin, je serais capable de faire cela en plusieurs volumes. Pas de crainte d’avoir une page blanche, les rêves ne manquent pas.

Danielle me répond illico, son message est long :

« Dans mon rêve, je vois une jeune fille (toi peut-être ?), dont je ne distingue pas bien le visage, qui m’appelle. Elle essaie de crier, mais elle ne parvient qu’à chuchoter. Elle voudrait courir, mais ses jambes sont immobiles, alors elle vole. Oui elle vole dans les airs, et elle se déplace en mimant la brasse avec ses bras. Quand j’essaie de mieux l’apercevoir, ma vue diminue, et je ne discerne plus grand chose autour de moi. Mes paupières sont lourdes, et elles se ferment toutes seules. Au réveil, un prénom résonne dans ma tête comme si je te connaissais. Ce rêve était celui d’avant-hier. Hier, j’ai fait le même cependant, au réveil,  la première lettre de ton nom me chatouillait les lèvres. Et ce matin, aucun rêve, mais un colis ! Le facteur s’est trompé d’immeuble, et j’ai reçu ton paquet destiné à ma voisine. Nous avons le même numéro de boîte aux lettres, et le facteur ne fait pas attention aux noms : ça change tellement souvent par ici ! Je ne dois pas te faire un dessin : quand j’ai lu le nom de l’expéditeur, il ressemblait à celui de mon rêve.

Je pense en effet que nous avons beaucoup de choses à nous dire, concernant les rêves et autres signes étranges. Je suis certaine de te lire très vite. »

…  Je reste sans voix! J’ai, semble-t-il, affaire à une voyante ? Mon livre est arrivé chez elle ? Je ne crois pas trop au hasard ou aux coïncidences mais là, je ne sais vraiment plus que dire, ni que penser.

« Je n’en reviens pas de ce que vous m’écrivez ! C’est…, tout simplement invraisemblable, incroyable, ahurissant ! Dans le paquet, c’est mon premier livre. Ce sont des petites histoires pour les enfants. Votre voisine me l’a commandé sur le web.

Le monde est petit !

Pour le rêve, c’est encore plus surprenant, car moi-même je fais ce genre de rêves : vouloir crier et rien ne sort de ma bouche; devenir aveugle et voler au lieu de courir.      Ah oui ! Je sais aussi respirer sous l’eau comme un poisson !

Dire que je pensais être folle pour faire des rêves pareils ! Vous me rassurez. Au moins nous sommes deux (rires) !

J’en déduis donc que ce n’est pas la première fois que cela vous arrive. J’ai tellement de rêves à vous raconter que je ne sais pas par lequel commencer…. »

Et mon message continue, je parle, enfin j’écris, encore et toujours plus, en racontant mes rêves.

Nous communiquons beaucoup par messagerie. Nous ne faisons que ça. Je me sens plus à l’aise pour écrire que de parler de vive voix.

Je lui donne même l’adresse mail de mon travail afin que nous puissions encore parler de rêves et de signes qui sont dans ma vie réelle…

Une amitié sincère se lie.

Danielle m’aide beaucoup dans la compréhension de mes rêves. Ce que je pensais être des cauchemars dus à des indigestions ou à un état psychologique émotionnellement faible, s’avère en réalité être un travail sur moi-même et sur mon enfance ! Inconsciemment, mes rêves m’aident à panser et à cicatriser des moments douloureux de mon passé. Sans que je ne lui dévoile tout de mes blessures enfouies, elle sait, presque dans les détails, ce qui m’est arrivé ! Et ce, uniquement grâce à mes rêves et aux images qui marquent mon réveil et qui signent mon état de sommeil. Elle me guide pour interpréter mes rêves par le symbolisme des mots. Je ne prends que ce qui me «touche», que ce qui, je pense, peut m’aider à avancer, à reconstituer, petit à petit, le puzzle de ma vie.

Un peu moins d’un an plus tard, je décide de la rencontrer, pour de vrai. En chair et en os. Entre quatre yeux. Le trajet va être long. En plus, je n’aime pas trop les voyages, car j’ai le mal des transports… Cependant, le train est celui qui me fait le moins peur et le moins mal au cœur.

Par une belle journée printanière, je me rends chez Danielle, dans le Sud de la France. Elle a l’âge d’être ma maman, et je lui parle plus ouvertement que je ne le fais avec ma propre mère. Entre nous, il n’y a aucun tabou, aucun sujet délicat. On se dit tout, et je trouve ça formidable ! Peut-être est-ce le fait que ce soit une relation « virtuelle » qui permet de tout se dire ? Toutefois, peut-être ne serais-je pas aussi à l’aise en la voyant ? Mais, j’ai envie de la connaître.

Cette journée est placée sous le signe du soleil. Le trajet se passe bien malgré ma peur de rater une correspondance. Danielle m’attend à la gare de Dax.

On se reconnaît immédiatement. C’est étrange quand même. Nous n’avons pas beaucoup échangé de photos, et pourtant, quand nous nous voyons, ni elle ni moi n’avons le moindre doute sur notre identité.

La peur de ne pas savoir quoi se dire, je ne l’ai guère ressenti. Elle et moi, c’est un peu comme si nous étions de vieilles copines qui ne se sont pas vues depuis des années. On parle, on parle, de tout, de rien, du beau temps, de la région, des rêves, des oiseaux,…

Puis, on arrive chez elle. Elle loue une maison dans un endroit un peu reculé dans la campagne. Elle n’a aucun voisin proche, si ce n’est la propriétaire, qui est fermière, qui habite à une soixantaine de mètres de chez elle.

Je dépose mes valises. Oui, des valises, car vu la distance qui nous sépare, il est plus agréable de passer un peu plus de temps ensemble. Danielle me montre sa maison, ses peintures et son jardin.

Danielle a des dons. Et je ne doute plus de ses capacités à déchiffrer les coïncidences et autres signes étranges.

Dans l’après-midi, nous visitons cette étrange église aux statuettes invisibles, mais qui imprègnent les pellicules et les cartes mémoires des appareils photo par la seule présence de leurs formes en trois dimensions. Avec Danielle, plus rien ne me surprend !

Néanmoins, à notre retour, quelque chose dans la maison a changé et a fait monter en nous, un vent de panique.

Quelqu’un était passé. Une visite inattendue nous met sur nos gardes.

Danielle me certifie qu’elle avait fermé toutes les portes à clé ainsi que les fenêtres. La personne qui s’est servie dans sa délicieuse tarte aux pommes et aux poires n’a, semble-t-il, laissé aucune trace. Aucun coup de bec dans le dessert ne nous permettait d’inculper un quelconque oiseau chapardeur, comme nous l’avions cru au départ.

Puis, alors que nous commencions vraiment à craindre la visite d’un indésirable personnage dans la maison, nous avons aperçu des empreintes humides sur le carrelage menant à la salle de bain.

« Crotte de souris ! », m’exclamai-je. « Regarde, la petite fenêtre de la salle de bain est ouverte ! »

Et c’est dans un double fou rire que nous concluons que le chat qui était passé par-là, savait ce qu’il aimait et qu’il devait être en pleine forme pour pouvoir grimper jusque tout là-haut.

« Le goinfre ! Il ne nous en a même pas laissé un quart ! » me dit-elle en me lançant un clin d’œil.

Remises de nos émotions, nous soupons tranquillement au gré de la mélodie d’un     rouge-queue nichant pas loin de la maison.

Nous reparlons de notre fausse frayeur de tout à l’heure et un sujet en amenant un autre. Nous passons la soirée à nous raconter des faits étranges et non expliqués qui nous sont arrivés dans notre vie. Sur ce point-là, Danielle, ma nouvelle amie, me dépasse largement en témoignages.

Le lendemain après-midi, c’est avec regret que je  la quitte. Je m’en retourne chez moi, dans mon pays plat, avec des souvenirs indélébiles qui resteront gravés dans ma mémoire comme ces silhouettes imperceptibles des statuettes.

Peut-être qu’à présent pourrais-je m’endormir plus sereinement avec cette fée des rêves ?

 

Nouveau recueil collectif à paraître

Voilà, la date est annoncée : le samedi 29 septembre, Trinôme Editions lance sa soirée de lancement concernant notre recueil collectif « Les plus belles rencontres sur Facebook« . Cela se fera à Paris (75004), au Miroglio Caffé, dès 19h30 autour d’un verre offert. Venez rencontrer quelques auteurs participants (je n’y serai pas, car je travaille ce jour-là, en Belgique).

J’ai écrit pour ce projet lancé début 2010. Sans grande conviction, j’ai raconté trois histoires… et les trois ont été sélectionnées ! Retrouvez-les dans ce recueil disponible chez l’éditeur et bientôt également sur Fnac et Amazon.

15 € pour une quinzaine de nouvelles… j’espère pouvoir en avoir bientôt chez moi pour mes amis belges  :-)

Je vous mettrai très bientôt un extrait de mes nouvelles…

Martinets cherchent toit pour nidification

Voici une nouvelle que j’avais écrite pour un concours (pas gagné), et qui finalement s’est retrouvé dans mon dernier recueil « Un oiseau peut en cacher un autre et autres contes pleins d’animaux » (disponible chez moi ou via Atramenta).

Martinets cherchent toit pour nidification

 Le mois de mai est resplendissant : la nature est séduisante, le soleil brille, le ciel est bleu et les oiseaux s’égosillent. Justement, dans le ciel immaculé, des petits oiseaux volent dans un ordre qui nous paraît, à nous les humains, pas très logique… mais est-ce que les insectes qui sont pourchassés par des martinets – parce que ce sont de ces oiseaux dont il va être question – font vraiment attention à leur façon de voler ? Non, ils essaient par tous les moyens d’échapper à leurs nombreux prédateurs, qui finissent par voler aussi bizarrement que leurs proies affolées.

Si, pour nous, le mois de mai est synonyme de fête du travail, de fête des mères, de  jours fériés et de printemps bien présent, pour les oiseaux, c’est la pleine saison des amours.

Certains d’entre eux commencent à former des couples – comme pour nos amis les martinets – alors que d’autres sont déjà bien installés dans leur nid, et que d’autres encore sont fins prêts à donner la becquée à leur marmaille piaillante, impatiente et gourmande.

En cette fin de mois, une véritable catastrophe s’annonce à l’arrivée du groupe « Nés pour voler ». Ce groupe est composé de six martinets, trois mâles et trois femelles. Depuis cinq ans, ces adultes reviennent chaque année au même endroit pour élever leurs petits. La saison de la reproduction est le seul moment où ils s’autorisent à se poser. En effet, vu leur morphologie, ils ont de très grandes difficultés à se poser. C’est tellement vrai que non seulement ils mangent en volant, mais ils dorment, ils se reproduisent, ils jouent et ils se lavent aussi en plein ciel ! Même pour boire, ils ne se posent pas : ils rasent une étendue d’eau et happent au passage l’eau ainsi offerte.

Voilà pourquoi on les baptise à raison « Nés pour voler ».

L’année précédente a été très riche en terme de reproduction : nos trois couples ont chacun donné naissance à quatre petits ! Oui, quatre pour chacun ! Quand on sait que la norme avoisine une ponte de deux à trois œufs par an, on comprend mieux qu’il s’agisse d’un véritable exploit dont il a été question pour ces six martinets.

Le bâtiment dans lequel ils nichent depuis toutes ces années intéresse beaucoup d’araignées, et les vaches dans le champ voisin attirent bon nombre de mouches et autres insectes succulents indispensables à la bonne croissance des petits, mais aussi au régime alimentaire de tout adulte, qu’il soit parent ou non.

C’est en observant une activité humaine digne du travail d’une fourmilière qu’un martinet prend la parole :

— Nom du Ciel ! Nous sommes au mauvais endroit, rouspète une femelle qui sent une ponte imminente.

— Arrête de raconter des insectes (terme équivalant à « sornettes » chez nous), tu ne reconnais donc point notre chère Vachette tachetée ? lui répond un mâle sur un ton léger.

— En effet, mais dis-moi, qu’est-il arrivé à notre nid d’amour ? Je ne pense pas avoir besoin de lunettes, mais je ne discerne pas l’ombre de notre toit ! Que va-t-on faire ? Que va-t-on devenir ? Où allons-nous aller ?

Sur ce fait horrible, les martinets retrouvent un vent favorable et s’élèvent à nouveau dans les hauteurs du ciel, comme pour pouvoir mieux analyser cette situation critique.

Les discussions vont bon train, les suppositions aussi. Si leur immeuble ne semble pas avoir bougé, le toit, lui, a laissé place à une demi-douzaine d’ouvriers en bâtiment.

— Salut vous autres, siffle une hirondelle. Vous tournez en rond, vous êtes sans doute perdus ?

La femelle mécontente de la situation se plaint :

— Non, pas vraiment. On sait où on est, c’est là qu’était notre nid, mais il a disparu, envolé, volatilisé, pleure-t-elle en désignant du bout d’une aile un toit plat, noir, sans le moindre trou et couvert de bâches en plastique et de morceaux de bois coloré.

— Plume de colibri ! (cela équivaut chez nous à un « mince alors »). C’était chez vous ? On se disait justement que pour une fois, les réparations futiles de toit n’allaient nuire à personne. On ne savait pas que vous y habitiez… Vous êtes déjà allés voir le nouveau spécialiste du logement ? propose l’hirondelle.

— Un spécialiste du logement ? Ici ? Depuis quand ? interroge la femelle visiblement de plus en plus mal à l’aise de devoir contenir son œuf.

— Il a installé ses quartiers depuis l’hiver passé. Il travaille avec un collègue, c’est une petite équipe, et vu qu’ils sont tous les deux nés dans les alentours, ils connaissent toutes les cavités et autres trous libres d’occupation sur le bout des moustaches.

— Sur le… le bout des… des moustaches, balbutie une autre femelle martinet.

— Oui, mais faut pas vous en faire, ce sont deux chats très bien. Ils sont nourris par le fils de la fermière et ne mangent presque pas de viande. Ils se préoccupent beaucoup de la vie de leur quartier et aiment rendre service, explique l’hirondelle, la bouche pleine (elle vient d’attraper une mouche en plein vol.)

— Presque pas, tu fais bien de préciser… et comment est-ce qu’on les paye ? intervient un mâle avec une plume de la queue abîmée.

— Oui bon, c’est vrai qu’ils ne sont pas contre un petit extra de temps à autre, mais uniquement quand l’oiseau tombe du nid. Jamais, ils ne se lancent dans une chasse. Et en échange, ils demandent un retour de bons services, ils veulent qu’on les aide dès qu’ils sont harcelés ou attaqués par un autre chat. Une petite fiente par-ci, un petit coup de bec par-là… rien de très dangereux pour nous qui sommes les as du vol, n’est-ce pas ? dit l’hirondelle en faisant un clin d’œil aux martinets. Entre nous, franchement, ils sont très professionnels. Quand nos appartements ont été détruits, ils n’ont pas mis deux heures pour nous trouver autre chose. En plus, on est vraiment content de l’endroit, la qualité de la boue est très bonne, le support est on ne peut plus solide et il y a même un rebord sous les nids pour éviter que nos petits ne tombent trop vite ! (qu’est-ce qu’elle est bavarde, cette hirondelle, vous ne trouvez pas ?)

L’adresse est échangée rapidement. Alors que nos trois couples se dirigent vers les Établissements des « Chats Errants, Spécialistes du Logement », un œuf tombe du ciel et vient s’écraser juste sous le museau d’un chat, et pas n’importe lequel, Le Responsable !

— Chat par exemple ! C’est ce que j’appelle un appel urgent d’aide immédiate, dit le chat en levant les yeux.

La femelle qui vient de perdre un œuf est dans tous ses états. Son compagnon tente de la calmer comme il peut, leurs ailes se touchent dans le ciel, un petit baiser est rapidement échangé, un réconfort est vaillamment apporté.

Sans même écouter la demande des oiseaux, le chat miaule quelque chose dans sa langue et aussitôt un deuxième chat arrive en courant. Ce dernier fait une course contre le vent doux de saison, fait fuir toutes les souris curieuses et dérange quelques toiles d’araignées pour s’arrêter en haut d’une très vieille maison.

Les martinets assistent médusés à la scène sans trop bien comprendre ce qu’il se passe. Ils essayent d’interpeller le Chef des Chats, mais celui-ci est tout aussi actif que son collègue.

Tout à coup, une patte noire et blanche sort d’un petit trou, sous le toit de la très vieille maison. Le responsable des Établissements des « Chats Errants, Spécialistes du Logement », remarque le geste et crie aux oiseaux :

— Vite madame, allez vous poser là-haut, ce n’est pas très grand, mais cela devrait juste vous convenir. Dans l’immédiat, c’est tout ce que j’ai à vous proposer.

La femelle ne se le fait pas dire une seconde fois, elle vole en direction de la patte qui s’agite et s’accroche à une brique, juste sous le toit. Par bonheur, les restes d’un ancien nid l’invitent à prendre place. Ce n’est pas très confortable, mais en y rajoutant quelques plumes, cela devrait pouvoir aller.

— Tenez madame, prenez ceci en guise de bienvenue, dit le matou aux longs poils noir et blanc en arrachant discrètement un nœud de poils morts à son poitrail.

Dame Martinet accepte le présent, l’étale à la surface du nid et se couche dessus pour pondre son deuxième œuf.

Le compagnon, partagé entre le bonheur d’avoir trouvé si rapidement un nouveau toit pour ses petits et la tristesse de devoir quitter ses quatre amis, s’accroche lui aussi à une brique.

De là où il est, il peut entendre les propos qui s’échangent entre le Responsable des Établissements  »Spécialiste du Logement » et son beau-frère.

— Vous savez, nous aimons rester en groupe, élever nos jeunes ensemble, c’est une tradition vieille de plusieurs dizaines de générations. Et puis, ici, nous avons nos habitudes, nous savons où trouver de la nourriture, du bon matériel pour nos nids, et aussi…

— Ne vous inquiétez pas, coupe le matou. Nous avons juste paré au plus pressé, la situation d’urgence exigeait que nous trouvions rapidement un endroit pour votre sœur, elle n’aurait pas pu contenir son deuxième œuf plus longtemps…

— Oui, en effet, merci infiniment pour elle, mais…

— Et puis, intervient une nouvelle fois le félin, l’autre toit auquel je pense, que nous allons visiter bientôt, est loin pour nous, mais par pour vous qui avez l’habitude des grands voyages…

Sur ces paroles, les chats reprennent la route et encouragent les martinets à les suivre. Pour ne pas perdre de vue les quadrupèdes, nos amis à plumes décrivent de longs cercles dans les airs et ralentissent ainsi leur rythme de vol.

Une demi-heure plus tard, le spécialiste du logement dit enfin :

— Nous y voilà ! Jolie maisonnette à deux étages, bien entretenue, de construction récente, avec peu de visites et vue sur la campagne. Libre d’occupation pour plusieurs nids sous un toit vaste et lumineux. Merveilleusement bien orientée pour les oiseaux, elle offre…

— STOP ! intervient une femelle martinet. Ce n’est pas la peine de continuer, c’est bien trop bas pour nous, on s’écrasera sur le sol avant d’avoir pu trouver un vent favorable pour notre ascension. Car vous savez, nous les martinets, on n’est pas des oiseaux ordinaires, voyez nos pattes toutes riquiqui et nos ailes démesurément longues, quand on sort d’un nid, on se laisse tomber et c’est grâce au vent que nous remontons dans les airs. Il nous faut donc un toit haut d’au moins trois ou quatre étages.

— Je comprends, c’est bien ce que je craignais, j’avais vaguement entendu parler de cette hauteur minimale et obligatoire, mais vous savez, reloger des martinets, ce n’est pas tous les jours que je dois faire ça. D’habitude ce sont des merles qui font appel à nos services ou des mésanges, et aussi beaucoup de pigeons, mais bon, eux ne sont vraiment pas difficiles… revenons-en à vous. Si je vous ai amené ici, c’est parce qu’il y a une autre maison plus loin, au-delà de ces trois chênes, moins récente mais plus haute. Venez donc.

Le troisième mâle, le plus jeune de la troupe, récite pour lui-même :

Le toit, faut pas qu’il soit trop bas
Pour nous envoler, ça l’f’ra pas

Et pour accueillir toute la bande
Faut qu’la maison soit assez grande

Faut des mouches et des araignées
Par centaines, à proximité

 Gaffe aux faucons et aux pèlerins
Qui nous boulottent quand ils ont faim

Trouvons notre toit, notre nid
Où on pass’ra toute notre vie !…

Le temps qu’il chantonne ce petit air-là, le spécialiste les informe des détails sur la nouvelle maison :

— Cinq étages, vue sur réserve naturelle, écuries à cent mètres, élevage d’araignées au rez-de-chaussée, planche de sécurité sous les nids et loyer au tarif d’amis. Contrat de location à durée indéterminée.

— GÉNIAL ! crie la femelle à son jeune compagnon. Mais ? Car il doit bien y avoir un mais, une si belle maison, bien située, avec tous ces avantages doit bien avoir un inconvénient, non ?

— En effet. Ce toit, vous devrez le partager avec une colonie de moineaux. Ils sont nombreux, mais assez gentils. La grande superficie permet ce genre de cohabitation, mais cela dit, vous devrez donc répartir les tâches qui incombent à une telle situation et convenir ensemble d’un règlement de vie intérieure, comme l’heure du coucher des enfants, la dernière becquée, les fêtes de premier envol, la propreté extérieure et ainsi de suite. Ceci a aussi des avantages, vous êtes plus nombreux pour veiller les uns sur les autres, la chaleur interne est plus élevée en cas de pluie ou de chutes de température et la nourriture peut être partagée en cas de disette exceptionnelle. J’en conviens cela peut aussi faire partie des inconvénients.

Les martinets discutent doucement entre eux. Une telle cohabitation ne semble pas les déranger surtout si la place est suffisante pour pouvoir accueillir à nouveau la sœur et son compagnon, l’année prochaine. L’endroit est merveilleux et si toute une colonie de moineaux vit déjà là, c’est qu’il ne doit pas y avoir grand nombre de prédateurs à craindre.

Tout à coup, un moineau sort de son nid. Il ne voit pas l’arrivée de nouveaux occupants d’un très bon œil. Il commence à rouspéter quand, subitement, un énorme chat arrive derrière le responsable des logements. L’intrus grogne, souffle et sa queue a pris un impressionnant volume.

Le moineau fait appel à toute sa famille et douze petites boules de plumes sortent du toit pour crier sur le vilain félin.

Cette créature-là est le pire ennemi des « Spécialistes du Logement », car elle fait ses besoins n’importe où, marque son territoire dans tous les trous possibles et elle fait ses griffes dans les nids des meilleurs clients.

Les douze moineaux n’arrivent pas à faire déguerpir ce chat à l’oreille déchiquetée et à l’odeur nauséabonde. Voyant cela, nos amis martinets n’hésitent pas à se joindre à eux. Ils volent bas pour frôler la tête du matou à une vitesse vertigineuse. Leur énorme bec ouvert crache des insultes et leur cloaque n’hésite pas à faire sortir tout ce qu’ils peuvent. En moins d’une minute et vingt secondes, le pelage roux du matou n’est plus qu’une tache blanchâtre, gluante et repoussante.

La queue entre les pattes et le ventre à terre, la vilaine bête s’enfuit en toute hâte.

— On n’est pas prêt de la revoir de sitôt, ricanent les moineaux. Merci les amis pour votre coup d’aile. Finalement, nous serons bien heureux de vous avoir comme voisins, vous êtes rudement courageux et très efficaces pour repousser l’ennemi.

Les martinets tournent trois fois dans le ciel pour marquer leur accord quant aux conditions de location de leur nouveau nid. Mais, avant de s’installer définitivement, l’un d’entre eux s’en va retrouver sa sœur, au cœur du village, pour la prévenir qu’ils ne sont pas bien loin et qu’ils vont pouvoir se croiser dans le ciel et prendre ensemble la route pour le retour au pays.

 

Recueils collectifs au profit d’enfants malades

Ces recueils collectifs ne sont pas nouveaux, ils ne viennent pas de sortir de presse, mais ils sont toujours disponibles chez TBE !  Je vous en reparle car à présent, j’ai de belles images qui clignotent (Elise, on ne se connait pas, mais je te remercie pour ce travail ! :-) )

Chacun des deux recueils a fait l’objet de grandes attentions sur la blogosphère et même ailleurs grâce à des Internautes sensibles à ce projet : tous les bénéfices de la vente de ces livres ont été récoltés au profit d’enfants gravement malades. Pour chaque livre, un rêve s’est réalisé chez l’association Rêves.  Encore merci à Quichottine d’avoir porté et mené ces deux magnifiques projets jusqu’au bout !

Clic sur les images pour pouvoir passer commande !

L’atelier de Mijoty
Ma petite participation avec « Mijoty au restaurant »

La boîte à rêves
Ma petite participation avec « Le rêve d’Iris »

Faire pousser des oiseaux (1)

Cette année académique, j’ai participé à un atelier d’écriture pour la jeunesse, animé par la pétillante Evelyne Wilwerth. A la fin juin, nous avions toutes une très belle histoire à raconter à nos enfants, petits enfants, voisins, etc. Et, cerise sur le gâteau, nous avons aussi eu des ateliers « créatifs » afin de mettre en objet cette histoire. Une première pour moi qui ne m’imaginais pas une seule seconde faire autre chose qu’un livre d’après ce que j’avais écrit…

Grâce à Emma et à son garçon quand il était petit, elle m’a donné l’idée de base de mon texte. Cette année le thème était « Bizarre ce bazar ». Grâce à ma fille, j’ai été inspirée pour la création et l’évolution d’un des deux personnages principaux. Et grâce à Nathalie S., j’ai découvert qu’une histoire, ça pouvait vivre autrement qu’au travers de mots alignés sur une page :-) Alors à vous toutes, je vous dis MERCI !

Avant de vous montrer le résultat de mon « livre objet », je vous présente d’abord le début de mon histoire intitulée : Faire pousser des oiseaux.

Chapitre 1

 

Iris, jeune fée jardinière, aime la pluie. Aussi, a-t-elle aménagé son jardin en forme de goutte d’eau. Une goutte se terminant par une pointe.

Le jardin n’a donc qu’un seul coin. Heureusement, car la fée a peur du noir et là, il y fait aussi sombre qu’une nuit sans lune et sans étoiles.

Elle a hésité à laisser cette minuscule parcelle de côté, mais elle a choisi d’y jeter toutes ses boutures qui n’aboutissent à rien et autres bazars un peu bizarres.

 

Bien sûr, c’est toujours dans des endroits inaccessibles que se faufilent les plus étranges créatures. Et dans le jardin d’Iris, c’est Monsieur Boudin qui aime se cacher dans ce coin.

Monsieur Boudin, c’est son voisin. Un voisin malpoli, toujours de mauvaise humeur, qui vient lui rendre visite régulièrement en rampant telle une limace laissant plein de traces.

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