Une vidéo de présentation de mon dernier livre autopublié

Grâce à Made in Belgium, j’ai fait une petite vidéo où ma fille m’interview à propos de mon dernier livre publié : Raconter des salades … de contes.

Elle est ici sur YouTube ! Merci à Philippe de Made in Belgium de soutenir et d’encourager les auteurs et autrices belges ❤

Attention, il faut augmenter le son pour m’entendre, mais le son de la musique est du coup bien fort… attention à vos tympans 🙉

Il me reste encore quelques livres à la maison si vous voulez (vous) faire plaisir et découvrir mon univers.

Ceci, en attendant la sortie de mon prochain livre : La petite fille du Togo. 🤩

Tous mes livres que j’autoédite et que je vends sont aux profits de diverses associations belges qui viennent en aide soit aux enfants soit aux animaux.

« Raconter des salades de contes » se vend au profit de l’association liégeoise Rêve d’Enfants.

« La petite fille du Togo » sera vendu au profit de Yalla ! En Avant ! pour les pays de mes petits filleuls que je parraine en Afrique d’ouest.

À bientôt pour de nouvelles actualités.

Mon prochain livre au profit d’une association humanitaire

Présentation de mon second roman jeunesse

Le projet

But : autoéditer mon 5e livre

Chez qui ? Publié par et avec l’aide d’Atramenta

Pour qui ? A vendre au profit de l’association humanitaire Yalla ! En Avant !

Quantité de livres : entre 100 et 200

Concrètement, à quoi va servir l’argent de la vente des livres ? Pour les enfants parrainés (et qui n’ont pas encore de parrain/marraine) de l’Ouest-Afrique et qui vivent dans une grande précarité au Togo, au Bénin et au Burkina Faso.

Pour tous ces enfants qui n’ont pas assez à manger, qui sont malades, blessés, abandonnés, orphelins !

Le livre

Titre (provisoire) : La petite fille du Togo

Roman jeunesse, conte pour enfants à partir de 8 ans (ou plus jeune avec lecture à voix haute d’un plus grand)

Format A5

Entre 120 et 130 pages (150 au final !)

Papier bouffant crème, 80 gr ou 90 gr

Imprimeur certifié FSC & Imprim’Vert (et imprimeur à la demande)

Textes et illustrations en noir et blanc

Illustrations par Lili, future jeune artiste de 12 ans

Prix estimé à la vente : entre 10 et 12 euros/pièce

L’histoire

Bineta est une petite fille qui vit au Togo. Du jour au lendemain, elle se retrouve sans ses parents. Ils ont disparu mystérieusement. Du haut de ses cinq ans, l’enfant est déterminée à savoir ce qui leur est arrivé. Mais la voie de la vérité est longue.

La petite fille sera d’abord recueillie par un membre de sa famille, puis accompagnée par une association humanitaire qui vient en aide aux enfants précarisés comme elle.

Grâce à sa marraine de cœur, Bineta reçoit un étrange collier de pierres magiques. Celui-ci va lui permettre de communiquer avec les animaux. Certains de ces animaux sont spéciaux, mais chuuut ! Il ne faut pas ébruiter cette information, ici !

Au travers des contes d’animaux de la savane, Bineta cheminera dans sa nouvelle vie. Elle va grandir et apprendre un tas de choses. C’est entouré d’histoires, d’amour et d’amitié qu’elle parviendra au bout de sa quête.

Les remerciements spéciaux avec cadeaux

  1. Pour toutes les commandes passées directement chez moi : merci du fond de mon petit cœur + dédicace sur demande + marque-page
  2. Pour toute commande de 3 livres : idem au point 1. + un de mes 4 livres au choix en cadeau  (clic sur mon compte Atramenta plus bas) avec son marque-page inclus (en fonction du stock disponible)
  3. Pour toute commande de 6 livres ou +, vous recevrez le pack complet avec mes 4 premiers livres autoédités et leur marque-page dans chacun d’eux !

Attention : le prix demandé lors des commandes ne comprends pas les frais d’envois !


Une image, un clic pour le plein d’infos !


Marque-page sur papier recyclé, bio, 300gr, recto-verso, coins arrondis


Mes dons reversés pour mes livres autoédités

Depuis 2011, j’autoédite mes livres avec l’aide d’Atramenta. Voici un petit récapitulatif de mes commandes, de mes « gains » et des dons que j’ai pu reverser aux différentes associations choisies.

J’écris principalement pour la jeunesse et je suis sensible à la cause environnementale, de la nature, des animaux et celle des enfants malades, en situation précaire, fragilisés…

Pour les livres que j’autoédite, je choisis généralement une association locale, en Belgique à qui reverser les bénéfices des ventes.

N’étant pas de nature très extravertie, il m’est toujours difficile de me mettre en avant pour « me vendre ». La confiance en moi augmente avec le fil du temps et surtout avec les retours de mes lecteurs, fidèles pour certains depuis le début de mes pas en tant que passeuse d’histoires.

Si l’association bénéficiaire s’investit dans ma démarche et m’aide à vendre mes livres, le montant du don qui leur sera reversé peut vraiment être impressionnant (pour moi) !

Pour 2021, mon second roman jeunesse (titre provisoire) « La petite fille du Togo« , j’ai envie de déplacer des montagnes pour l’association bénéficiaires : Yalla ! En avant ! Plus j’ai de contacts avec les bénévoles, la présidente, les autres parrains et marraines des enfants, qui travaillent dans et pour cette association humanitaire, plus j’ai envie de faire exploser le compteur des ventes (rires)… mais ça, c’est une autre histoire. Et elle est pour tout bientôt ! (à suivre)

Raconter des salades de contes
  • Raconter des salades de contes

Commande de livres : 55

Association bénéficiaire : Rêve d’enfant de Liège

Montant du don : 200 euros

Livres vendus : 45



Démarrer au quart de tour

Commande de livres : 55

Association bénéficiaire : Centre de revalidation pour animaux sauvage de l’Aquascope de Virelles

Montant du don : 120 euros

Livres vendus : 40


  • Faire pousser des oiseaux

Commande de livres : 120

Association bénéficiaire : Make a wish (Sud, à Bruxelles)

Montant du don : 500 euros

Livres vendus : 139


  • Un oiseau peut en cacher un autre

    Commande de livres : 58

    Livres vendus : 32

    Reversé à moi-même : +/- 50 euros +rentrée dans mes frais d’impression, publication, envois postaux

Projet d’écriture : roman jeunesse

Je n’avais plus trop envie d’écrire depuis quelques mois. De fait, je dévorais les bouquins ! Aujourd’hui, je ressens l’effet inverse : j’ai une énergie pour écrire, mais plus pour lire (rires).

En réalité, je savais déjà qu’il me fallait un objectif, une « adresse » où aller pour titiller mon inspiration. Et je l’ai enfin trouvée, sans la chercher !!

Depuis peu, je parraine un enfant en Afrique de l’Ouest. De discussion en discussion avec le responsable des parrainages dans cette région et après découverte de la vie de mon premier filleul de cœur, j’ai une énergie folle pour écrire un roman jeunesse, mon deuxième. En effet, jusqu’ici, j’ai beaucoup écrit des recueils, de nouvelles, de contes. Et un seul roman avec « Faire pousser des oiseaux ».

Mais ce sera un roman un peu particulier, car vous pourrez y lire des contes des animaux de la savane et y découvrir la vie difficile d’une petite fille. Si l’histoire et le personnage principal sont inventés, ceux-ci sont basés sur des faits réels et des enfants bien vivants !

Ce livre sera une nouvelle fois autoédité, mais mes économies étant un peu au ras des pâquerettes, je choisirai le système de souscription avant impression et envois des livres. Les bénéfices de ventes seront, bien sûr, reversés dans leur intégralités à l’association humanitaire que je viens de rejoindre.

Mon objectif est transparent : vendre assez de livres pour pouvoir payer tous les frais nécessaires et importants pour mon filleul, pour une durée d’un an. (scolarité, médicaments de soins et de prévention contre la malaria et le paludisme, moustiquaire, dentifrice, nourriture, vêtements, etc.)

Mais, chuut, je ne vous en dis pas plus pour le moment.

Un oiseau peut en cacher un autre

Rien qu’avec le titre, pourriez-vous me dire quelle histoire aimeriez-vous entendre/découvrir ?

Ces histoires sont toutes dans mon premier recueil autopublié avec Atramenta : un oiseau peut en cacher un autre.

Je souhaiterais adapter mes propres histoires pour les conter oralement.

Si vous n’avez pas le livre chez vous, je vous propose de découvrir les premières histoires… je mettrai les prochaines en ligne bientôt.

Rififi chez les mésanges

Aphone

Scar l’escargot

La guerre des becs

Il est né… le terrible enfant !

Œil pour œil, bec pour bec

Le dernier des pétrels

Princesse Clématite

Une histoire de lapin.

Il faut sauver le petit Dio !

Les maisons-pomme

Martinets cherchent toit pour nidification

Le Chevalier

Grand merci pour votre réponse. :-)

Scar l’escargot, son histoire

Voici encore une histoire que j’ai écrite il y a quelques temps et qui est parue dans mon recueil « Un oiseau peut en cacher un autre » (et autres contes pleins d’animaux)

Scar l’escargot

       Scar est un escargot infortuné. Mal voyant de naissance, il vexe à plusieurs reprises sa mère en l’appelant parfois « papa ». En effet, Scar ne parvient pas à différencier un mâle d’une femelle escargot même celle-ci lui a dit et répété qu’il ne verrait sans doute plus jamais son père.

       Il y a quelques jours, quand sa coquille n’était pas encore fortifiée, il a reçu un caillou sur le dos. Chez d’autres jeunes, cela n’aurait rien fait. Mais chez Scar, cet incident eut des conséquences désastreuses. Le malheureux en est marqué à vie.

       Les jours passent et il craint l’arrivée de l’hiver avec cette fissure sur son dos.

       « Je suis sûr que la pluie, le froid et la neige trouveront la faille pour pénétrer dans ma peau. Il faut que j’imagine un stratagème pour imperméabiliser ma coquille. », pense-t-il. »

       Scar réfléchit à ce sujet. Frileux comme il est, il ne survivra pas aux rigueurs de la saison. Il pense demander de l’aide à l’oncle Lim.

       « Il a toujours des idées. Il pourra certainement m’aider. Il a plus d’un tour dans sa vieille coquille. », sourit-il.

       Tout en suivant lentement les traces de sa maman, le jeune escargot pense à l’oncle Lim. Soudain, perdu dans ses pensées, il ne regarde pas où il met le pied et se cogne à sa mère. Celle-ci se retourne et lui dit :

       — Mon petit garçon, tu es devenu grand. Il est temps pour toi de commencer ta propre vie, d’avoir tes amis, ta maison. Arrête donc de me suivre partout.

       — Mais maman, tu n’y penses pas, je suis encore bien trop jeune ! Comment vais-je survivre aux nombreux prédateurs ? Sans toi, je vais mourir ! lâche-t-il presque en sanglotant.

       — Scar, tu es peut-être malvoyant, mais tu n’es pas idiot ! Au contraire, tu es un escargot très intelligent. Je suis sûre que tu trouveras des astuces pour échapper à tous les gourmands du quartier. Et arrête de t’accrocher à moi comme tu le fais, tu sais que j’ai horreur quand tu grimpes sur ma maison.

       — Pardon maman. Ne m’abandonne pas, j’ai besoin de toi.

       — Allons, allons, ne fais pas l’enfant, tu as déjà deux ans. Regarde donc ta peau, elle n’est plus si pâle, elle a de très jolies couleurs.

       — Mais tu m’as dit que je serais adulte quand j’aurais deux rayures sur ma coquille, mais je n’en ai qu’une !

       — Oui, en effet. Mais cela doit être à cause de ton accident. Le principal, c’est que ta maison soit solide, et, toc toc, elle l’est ! Elle n’est plus molle. Arrête de chercher le moindre prétexte à rester accrocher à mes tentacules.

       Scar est dans tous ses états. Il se voit déjà grelottant, insomniaque, ne pouvant hiberner à cause de son insalubrité.

       « Si je suis encore vivant d’ici là » pense-t-il.

       Depuis cette discussion avec sa maman, des visions d’horreur occupent son esprit. Son sommeil est coupé par de nombreux cauchemars de hérissons dévoreurs, de grives décortiqueuses et d’insectes affamés.

       — J’ai une lune pour abandonner le nid, pleure-t-il. Jamais je ne survivrai tout seul.

       Scar a peur de quitter sa maman. Le délai que lui a laissé celle-ci pour se détacher d’elle est court, bien trop court au goût du petit escargot.

       Et pourtant…

       Bien des lunes plus tard, lors d’une nuit noire et silencieuse, Scar se réveille en sursaut. Il a entendu le souffle caractéristique du nez fouisseur de la taupe !

       — Oh non ! Je… j’avais presque… ou… oublié celle… celle-là, bégaie-t-il de terreur.

       Heureusement pour notre petit escargot, il a plu en journée. Il peut s’échapper en glissant aisément sur le sol encore humide.

       Depuis qu’il vit seul, Scar a énormément travaillé son unique muscle et, après tous ces exercices, il est même prêt à participer à la course annuelle des gastéropodes. Mais pour cela, il lui faut d’abord sauver sa chair…

       La taupe derrière lui, Scar grimpe sur le premier muret qu’il rencontre. Lors de sa progression, il trouve une petite crevasse, juste à sa taille. Il y pénètre bien vite.

       — Ouf ! Sauvé.

       Le lendemain matin, il risque un œil tendu vers la sortie.

       Avant de le quitter, sa maman a pris soin d’inverser ses tentacules. À présent, son œil droit était à gauche et vice-versa. Grâce à ce système ingénieux, tenu délicatement par un fil solide, mais doux d’araignée, Scar voit nettement mieux.

       — Point de taupe à l’horizon. Le hérisson dort sûrement à cette heure. Quant à la grive, je sais qu’elle est occupée à couver. Je peux donc sortir en toute sécurité.

       L’escargot avait été à l’école des détectives privés. Les cours étaient accessibles à toute proie potentielle, autrement dit, beaucoup d’animaux avaient pu suivre cette formation.

       Scar avait appris énormément de choses. Il était à cette époque le petit escargot myope qui n’avait jamais grandi à la vue de son unique strie sur sa carapace. Malgré ces problèmes de santé, il était sorti le meilleur élève de l’année scolaire !

       Hélas, la théorie n’a rien de comparable à la pratique dans la vraie vie sauvage.

       Scar décide donc de se montrer. Fini les cachettes. À force de rentrer dans un trou à n’importe quel bruit ou vision, identifié ou non, il n’a plus mangé depuis trois jours.

       — J’en ai marre d’être considéré comme une poule mouillée. Aujourd’hui, je vais aller explorer le jardin du voisin. Il paraît qu’il y a de bonnes feuilles à se mettre sous la langue.

       Affamé, il baisse sa garde. Il n’a pas le temps de poser pied sur un autre territoire qu’il est happé par une patte d’oiseau. Sa tête est rentrée immédiatement dans sa carapace au moment même où il a vu l’ombre volante fondre sur lui. Il sait qu’il a peu de chance d’échapper à une chute de plusieurs mètres dans le vide.

       — Oh maman ! Si tu me voyais. J’ai perdu neuf grammes et là je vais m’écraser sur le sol comme une vulgaire fiente d’oiseau.

       Scar parle souvent à sa mère, même s’il ignore où elle est. Cela le réconforte.

       À cet instant, il s’efforce de se remémorer les techniques de secours en cas de danger pareil. Il l’a appris grâce à Monsieur Lapie. Le comble pour un escargot d’avoir eu un cours de sauvetage donné par un professeur-prédateur !

       Le déclic est immédiat. Après la première tentative, ratée, d’écrasement, la grive se pose dans un arbre et cherche à déloger sa proie à coups de bec violents.

       Scar a un instinct hors du commun. Avant de recevoir le premier coup, il balance tout son poids d’un côté de sa carapace et provoque le roulement attendu.

       — Et ça marche ! Ouah ! Maman, maman ! Tu devrais voir ça. C’est génial. Même la sensation est extraordinaire. On dirait que je suis dans un ballon. Je roule, je roule. Ha ! Ha !

       Et Scar roule pendant quelques secondes avant d’atterrir dans un buisson touffu, à l’abri du regard de l’oiseau.

       — Sauvé. Je suis sain et sauf. Tête de linotte que je suis, j’ai pensé à la femelle qui couve, mais j’ai oublié le mâle !

       Il n’en revient pas de s’en être sorti vivant d’une attaque de Grive ! Très brièvement, il s’examine :

       — Point de coquille cassée et mon corps n’est pas égratigné ! Le nœud de maman a même résisté au choc, mes yeux ne se sont pas démêlés.

       Au moment où il pousse un soupir de soulagement, il voit une boule piquante foncer droit sur lui.

       — Un hérisson ! Sauve qui peut ! Mais que fait-il ici ? Réveillé en cette heure si avancée du jour ? Non d’une limace, je porte la poisse !

       Sous le buisson, il ne peut aller de l’avant rapidement. Des branches et des feuilles entravent sa progression. Scar sait qu’il ne gagnerait pas cette course-ci.

       Il n’a pas le temps de se remémorer un autre cours du professeur Lapie, le hérisson l’arrête d’un coup de patte griffue.

       — Un jeune ! C’est un petit. Faites que sa maman ne lui ait pas encore expliqué comment se nourrir d’un escargot. Pitié, pitié, faites qu’il ne sache pas comment me déloger de ma maison !

       Scar ne peut qu’espérer que son vœu va s’exaucer.

       Il transpire de peur. Il sent une langue gluante lui caresser la tête. Il met aussi loin qu’il peut ses yeux derrière lui. Soudain, il se rend compte que le hérisson s’est pris d’affection pour lui ! Il ne veut pas le manger, mais lui donne des bisous baveux.

       « Je dois déjà être au paradis pour m’imaginer une blague pareille ! » se dit Scar, à moitié mort de rire de penser à une telle relation amicale.

       Mais il ne rêve pas. Le pressentiment qu’il a eu tout à l’heure sur le fait que le jeunot ne sache pas comment s’y prendre pour dévorer un escargot n’est pas tout à fait faux. Le petit hérisson, orphelin, ne comprend pas comment il doit faire pour décortiquer une bête comme Scar. Et à dire vrai, il ne peut concevoir de tuer un autre animal… notre boule piquante est végétarienne… pour le plus grand bonheur de notre ami.

       « Finalement, j’ai beaucoup de chances. En une seule matinée, j’ai échappé deux fois à une mort certaine. Je dois avoir une bonne fée avec moi, ce n’est pas possible autrement. », pense-t-il tout ému de sa nouvelle connaissance.

       Le petit hérisson n’a pas beaucoup de relations. En fait, Scar est son seul et unique ami. Aussi, quand, quelques jours plus tard, Scar est menacé par un insecte mangeur d’escargot, le hérisson lui suggère de grimper sur la tige d’un chardon.

       — Mais tu es fou ? Tu veux que je grimpe là-dessus ? As-tu bien regardé cette tige ? Elle est truffée d’épines !

       — Justement, mon ami, justement. Tu ne le sais sans doute pas, mais ton corps est aussi souple que de la gelée. Ces épines ne te perceront pas. Tu ne sentiras rien, crois-moi. J’en ai vu d’autres faire ça et ils n’ont même pas eu une seule griffe. Aie confiance en moi, Scar… ou essaie d’échapper à ces pinces puissantes !

       Scar voit l’insecte avancer vers lui à une vitesse incroyable. Il n’a aucun autre moyen de l’éviter.

       — J’espère que tu as raison. J’espère surtout que lui, il ne me suivra pas.

       — Vas-y, dépêche-toi un peu.

       — Si seulement tu n’étais pas végétarien, tu aurais pu le manger…

       — Mais si je peux le manger lui, je peux te manger toi aussi alors…

       — Bon, bon c’est d’accord, je n’ai rien dit, finit-il par lui répondre essoufflé d’avoir grimpé si vite sur le chardon.

       Comme l’a bien conseillé son nouvel ami, Scar ne ressent pas la moindre gêne à glisser sur ces épines.

       — Merci Heriss, du fond du cœur merci ! Sans toi, je n’aurais sans doute jamais eu l’idée de grimper ici.

       Le hérisson sourit. Il s’amuse de la délicate position de l’insecte. Ce dernier essaye de suivre Scar mais les épines piquent son ventre sensible. Têtue, la bête tente à plusieurs reprises de monter sur la tige, mais en vain, elle finit par abandonner au grand soulagement des deux compères.

Le dernier des pétrels

Le dernier des pétrels

       Il était une fois un oiseau extraordinaire, beau, jeune et célibataire qui habitait dans le royaume des Deux Caps, un royaume où il faisait bon voler toute la journée. L’animal était un véritable prince, un grand seigneur, le meilleur navigateur des airs.

       Tout allait pour le mieux jusqu’à hier. Jusqu’à hier, le prince pouvait tout faire. Il s’amusait et jouait sans se soucier de son avenir. Il pensait être le maître du royaume, le plus beau – et le seul – mâle de la région. Et, surtout, il n’y en avait pas deux comme lui qui savait attirer l’attention de toutes les espèces animales volantes. Tout le monde (surtout les filles) l’admirait pour sa maîtrise de vol, pour ses belles paroles, pour sa technique de pêche et pour sa façon de parader. Justement, il aimait tellement parader qu’aucune femelle, digne de son espèce, n’avait voulu voler jusqu’à lui pour être sa compagne. Cela ne l’avait jamais dérangé.

       Or, hier, ses parents lui avaient appris qu’il devait se dépêcher de trouver une fiancée avant le printemps prochain s’il ne voulait pas être le dernier de son espèce dans cette région.

       En effet, dans ce royaume, il était l’unique descendant de la famille des pétrels.

       Ce matin, il voulait encore discuter sur cette obligation de reproduction.

       — Mais, Père, cela ne me laisse qu’une saison !

       — Je sais mon fils. Ta mère et moi pensions que tu allais te rendre compte du temps qui passe et que…

       — Et que tu n’es plus tout jeune, mon garçon, continua la reine.

       — Mais je n’ai que quinze ans, en pleine plume de l’âge, rétorqua le prince, vexé.

       — « Que » ?… « Déjà » tu veux dire ?… Tu penses sérieusement qu’une femelle va tomber sous ton charme et te donner libre accès à son intimité en un claquement de bec ? lui répondit sa mère d’un ton un peu sévère.

       Le prince baissa la tête. Il devait trouver une compagne, coûte que coûte, sous peine de ne plus voir un seul oiseau de son espèce.

       — Mais où vais-je la dénicher ? Jusqu’où devrais-je voler ?

       Il connaissait le royaume par cœur et aucune cachette n’avait plus le moindre secret pour lui.

       Mais un jour, alors qu’il ne s’y attendait pas, il fit une rencontre pour le moins surprenante.

       Il était occupé à planer, tout simplement, sans prêter attention aux spectatrices et autres courtisanes qui n’avaient d’yeux que pour lui, quand il vit un étrange animal, tapi dans l’herbe, sur le bord de la falaise. Jamais auparavant, il n’avait admiré pareille espèce.

       Il se laissa glisser un peu plus bas dans les airs, pour être plus proche de cette inconnue. Il n’avait pas peur. Il ne ressentait pas de danger et, par il ne sait quel mystère, il était même attiré à elle, comme à un aimant. Il poursuivit sa descente pour être à un coup d’aile de l’objet de sa curiosité.

       Là, il l’entendit murmurer :

       — Oui, continue, approche encore un peu. Sais-tu que tu es magnifique ? Je n’avais jamais vu d’oiseau comme toi. Tu es grand, beau, tout en finesse. Tu planes en délicatesse. Tu as le regard noir, vif et doux à la fois.

       « Oui, oui, je sais déjà tout cela », dit la petite voix intérieure du prince.

       Et alors qu’il s’approchait encore davantage, guidé par la parole envoûtante de l’étrangère, il vit un drôle d’engin entre les…

       — Qu’est-ce que c’est que ça ? Ce ne sont pas des pattes, pas des ailes non plus… On dirait… des mains ! Oui, des mains ! Oh ! Roi du ciel, c’est un humain ! réalisa subitement le prince.

       Clic, clic, fit l’appareil photo de la jeune femme.

       — Ça va être une photo extraordinaire ! Un portrait comme jamais je n’ai pu en avoir d’aussi près. Merci bel oiseau, dit la femme au regard pétillant.

       Le prince n’en revenait pas. Il s’était déjà fait prendre au jeu de la séduction par un goéland, par une mouette et même par une pie, mais un être humain, ah ça non, jamais !

Perturbé par cette révélation, il resta dans ce courant thermique, juste devant les yeux de cette bête à deux grandes pattes et aux longs…

       — Cheveux ! Elle n’a pas de poils, pas de plumes, mais des cheveux ! dit le prince quelque peu déboussolé. Je croyais ne rencontrer cette espèce d’être vivant que dans les contes. Me voilà bien avec cette nouvelle femelle en face de moi.

       Il avait beau être surpris, le prince n’en restait pas moins intéressé par le fait de faire la connaissance d’une telle créature. Il se laissait photographier à loisir, montrant un profil, puis l’autre, faisant des figures dans le ciel comme lui seul en était capable.

       Quand son horloge biologique sonna au fond de son cœur, il se rappela sa mission. Il se posa non loin de la jeune femme pour se relaxer un peu, avant de prendre, enfin, sa route en quête d’une vraie femelle pétrel.

       Ainsi, après cinq minutes de repos, ses yeux se fermèrent doucement. L’humain tenta, timidement, de s’approcher de lui. Hélas, les cinquante-cinq kilos du bipède eurent raison de son poids et, à moins de dix mètres du prince, elle fit craquer une fine branche qui le réveilla en sursaut. Stupéfait, il n’eut pas le temps de décoller et de s’enfuir à la hâte.

       Cependant, ses groupies étaient là et veillaient sur lui. Et c’est un groupe de cinq femelles, bavardes et rieuses, qui attaqua la belle et longue chevelure bouclée. Les becs piquaient sur la tête de la photographe, tandis que les fientes pleuvaient jusqu’à décourager celle qui recevait ces cadeaux malodorants et collants.

       La pauvre victime arrêta net sa progression vers le prince. Les mouettes aussi stoppaient leur attaque.

       Le prince, le cœur battant la chamade, observait toute la scène, médusé.

       — Oh ! Ça va les filles, dit la femme qui essuyait les déjections gluantes. Si vous voulez que je vous tire le portrait, il va falloir calmer votre jalousie !

       — Une photo ? De nous ? Ici et maintenant ? Les mouettes n’en revenaient pas.

       Personne n’avait jamais osé proposer de les prendre en photo. Celle avec son capuchon couleur chocolat sur le visage, la plus âgée, la chef certainement, s’ébroua et se lissa les plumes méthodiquement. Elle s’approcha, tourna la tête, tendit le cou et posa. Son petit manège était bien préparé, on aurait dit qu’elle avait fait ça toute sa vie d’oiseau.

       Elle aurait pu être top model dans une autre vie…

       Le prince n’y croyait pas. On lui piquait la vedette ! Téméraire, et un peu fou aussi sans doute, il avança à son tour. La démarche un peu maladroite à cause de sa taille fit mouche et attira à nouveau le regard de la jeune femme sur lui.

       — Voyez les copines, le prince arrive vers nous. Il veut certainement qu’on pose avec lui, bafouilla la plus jeune des mouettes, celle avec du gris et du brun partout sur les ailes.

       — Dans vos rêves, lança l’intéressé. Cette charmante, heu, dame, est venue ici pour moi. Des oiseaux de votre genre, elle en a déjà vu plein, n’est-ce pas, beauté ? répliqua-t-il avec soudain beaucoup d’assurance, un grand sourire aux mandibules.

       La jeune femme lui fit un clin d’œil et répondit courtoisement aux petites midinettes :

       — Il n’a pas tort, vous savez. Néanmoins, dit-elle en montrant son appareil photo, je n’ai pas encore eu l’occasion de capturer dans ma boîte magique une mouette qui s’appelle Sabine. Si vous me la trouvez, je vous promets de vous consacrer le reste de ma journée.

       — Mouette Sabine ? se questionnèrent-elles. Nous ne la connaissons pas. Mais ce n’est pas grave, nous allons la chercher rien que pour vous. Les trajets les plus longs ne nous font pas peur. Nous aimons voler. Dès que nous l’aurons trouvée, nous vous conduirons jusqu’à elle.

       Et elles partirent aussitôt dans un brouhaha comme seuls ces oiseaux-là savaient le faire.

       À peine avaient-elles décollé que le prince rigolait à gorge déployée.

       — Mouette Sabine, mais d’où la sortez-vous ? J’en ai bien connu une qui s’appelait comme ça, mais c’était il y a des siècles !

       — Ah bon ! Elle a réellement existé ? J’ignorais cela, j’ai inventé ce nom-là afin qu’elles s’en aillent et qu’elles nous laissent tranquilles, avoua la jeune femme.

       Alors que les deux complices pouffaient de la bonne blague, la mouette qui avait été prise en photo, celle-là même avec son capuchon brun sur la tête et qui s’était donnée en spectacle, les épiait derrière un rocher. Elle n’avait pas été dupe. Elle était amoureuse du prince, mais pas idiote comme ces oiselles immatures.

       Le fils du souverain et la jeune femme bavardaient gaiement sans s’imaginer une seule seconde qu’ils étaient surveillés. Ils devenaient très familiers et se rapprochaient de plus en plus l’un de l’autre.

       Voilà à nouveau une étrange relation que le prince liait, au grand désespoir et à la colère de l’espionne. La mouette les écoutait et ne perdait pas une miette de ce qu’ils se disaient entre eux.

       — Tu sais, bel oiseau, j’ai entendu, dire que tu devais te trouver une fiancée rapidement. Que fais-tu encore avec moi ? Ne ferais-tu pas mieux de partir à la recherche de ta dulcinée ?

       — Oh ! Que veux-tu ? J’ai déjà beaucoup voyagé et je n’ai jamais vu une fille qui me plaise. Celles qui tournent autour de moi sont soit des jeunettes, soit des vieilles laides et méchantes qui n’ont qu’une seule envie : monter sur le trône. J’aimerais rester dans mon royaume, mais hélas, plus aucun pétrel n’y habite. De plus, je n’ai pas le désir de m’acoquiner avec une autre espèce… Le fruit de cette union serait un sang mélangé, un hybride, et tous savent que c’est interdit.

       La mouette, qui espérait entendre cela, prit la plume magique qu’elle avait volée à sa tante, la bonne fée blanche, et se changea en une belle femelle pétrel. Évidemment, elle ne passa plus inaperçue et le rocher qui l’abritait était désormais trop petit pour la cacher.

       Le prince n’en croyait pas ses yeux. Pas plus que la jeune femme. La mou… enfin, Dame Pétrel avança d’un pas dans leur direction. Elle avait la démarche légère, ce qui n’échappa pas au futur roi. Elle était d’une élégance à couper le souffle. Coquette jusqu’au bout des pattes, elle avait de longs cils noirs, aussi noirs que son regard et un plumage resplendissant qui sentait bon le parfum « Nuages Désirs ». Quand elle ne fut plus qu’à une envergure du prince, celui-ci perçut un fin collier, couleur chocolat, au cou de la belle.

       — Mais qu’est-ce donc très chère ? lui demanda-t-il pour la forme, car il avait déjà succombé à son charme.

       La mouette n’avait pas imaginé qu’elle garderait une trace de sa précédente enveloppe corporelle. Elle rougit puis fit mine d’être flattée par cette remarque et répondit :

       — Oh ! Cela vous plaît-il mon prince ? C’est un collier, un bijou familial. Il me provient de la grand-mère de ma mère.

       — Il vous va à ravir, il vous colle à la peau, dirait-on.

       La jeune femme qui n’en revenait toujours pas de cette soudaine apparition, prit son appareil photo numérique et immortalisa le couple. Elle savait qu’il n’était pas possible que ce soit cette femelle, d’où qu’elle vienne et quel que soit son nom, qui devait épouser le prince. Elle connaissait celle qui devait devenir princesse du royaume, ce n’était personne d’autre qu’elle ! Si elle n’y arrivait pas, elle resterait à tout jamais dans la peau d’une humaine, et ça, elle n’en voulait pas. Non, elle n’en pouvait plus de ne pas voler, de ne pas sentir le vent sur ses ailes, de ne pas pouvoir se régaler de délicieux poissons sauvages.

       Alors, elle décida d’en savoir plus sur cet oiseau venu de nulle part. Elle changea l’option de son engin et regarda le cliché qu’elle venait de prendre. Et là, à son grand étonnement, ce qu’elle vit n’était pas une belle femelle pétrel qui était à côté du prince, mais cette mouette à tête brune qu’elle avait fait semblant de saisir plus tôt dans sa boîte à images.

       — « Sorcière », grogna-t-elle en son for intérieur.

       Elle s’approcha, d’un air déterminé et vengeur, vers sa rivale. Quand elle insista pour montrer la photo à « son » prince, elle fit en sorte de se mettre entre eux deux pour mieux pouvoir pousser la traîtresse. Et la surprise fut de taille lorsque ce dernier vit le portrait de celle qui devait être la future princesse du royaume.

       — Toi ? ! Vilaine mouette tricheuse. Comment as-tu osé ? Tu as joué avec mes sentiments, tu as trompé mon cœur et ma tête ! Tu n’as pas le droit de rester en vie après cette supercherie. Néanmoins, comme je ne suis pas un tueur, je vais réfléchir à la sentence que tu mérites.

       Avant que la jeune femme ne puisse pousser l’affreuse mouette, le prince déploya son aile gauche d’une étrange façon et dit d’une voix qui ne semblait ne pas être la sienne :

       — Toi, mouette, traîtresse, menteuse, tricheuse, je t’ordonne de quitter le royaume des airs et de rester jusqu’à la fin de ta vie dans la mer ! Que le sort te frappe et s’exécute immédiatement !

       À ces mots, une nuée d’écailles brillantes enveloppa la fausse pétrel. Un battement d’ailes plus tard, un poisson énorme prit la place de l’oiseau.

       — Hum ! Avec cette taille, j’en ferais bien mon souper, dit le prince en plaisantant devant la proie qui venait de se matérialiser devant ses yeux.

       Il ne put dire autre chose, car la jeune femme donna un coup de pied dans le poisson. Celui-ci tomba de la falaise et rejoignit l’océan. La pauvre bête n’eut pas le temps de découvrir qu’elle pouvait respirer sous l’eau qu’elle fut engloutie par une gargantuesque baleine.

       — Ah ! Que la chaîne alimentaire du règne animal est bien faite, soupira la créature aux cheveux bouclés.

       Se retournant vers elle, le prince la questionna du regard. Il semblait vouloir lui demander :

       « Comment le savais-tu ? » Et pour simple réponse à son interrogation, la jeune femme prit la tête de l’oiseau entre ses mains délicates et l’embrassa sur le bec. Le baiser fut un peu rude sur ses fines lèvres, mais rapidement, des milliers de plumes blanches tourbillonnèrent autour de ce nouveau couple biscornu. La demoiselle retrouva sa forme de princesse Fulmar, la plus jolie des princesses et la plus jolie de toutes les femelles pétrel.

       Il vécurent heureux et eurent comme tous les oiseaux de cette espèce, un seul enfant !