Une histoire de lapin

Pour rester « dans les lapins », voici une de mes histoires publiée dans mon dernier recueil
L’idée de ce texte m’est venue en regardant les magnifiques photos de Benoit Henrion. Voici celle qui m’a inspirée.

 

C’est l’hiver, il fait froid et il neige.

Madame Valeria a faim. En tournoyant dans le ciel, elle a repéré une tache sombre sur la terre blanche. Cette tache ne bouge pas, mais un délicieux fumet de lapin semble venir d’elle.

— L’avantage avec la neige, dit-elle, c’est que les proies se voient plus facilement.

L’année passée, Madame Valéria a fait une mauvaise expérience. Elle s’était laissé tenter par un animal mort, et après l’avoir mangé, elle avait vite eu mal au ventre. La douleur était très forte, mais heureusement, grâce à des Bipèdes, elle a eu la vie sauve. Ils l’avaient emmené dans un centre où on soignait des animaux comme elle. Et bien qu’elle ne parle pas la langue des Bipèdes, elle avait retenu le son « poison » et avait très vite compris que les gens qui s’occupaient d’elle étaient très fâchés après ce mot.

Depuis ce jour, elle attend toujours un peu avant de fondre sur un cadavre. Elle patiente pour voir si un autre animal, intéressé par cette viande, allait se tordre de douleurs après l’avoir touchée.

— Alors, que font-ils ? Qu’on ne me dise pas qu’à cause de la neige, aucune corneille ne sort de chez elle ou qu’aucun rat n’est tenté par ce festin ? grommelle-t-elle dans son bec.

Une demi-heure plus tard, un gargouillis se fait entendre et Madame Valéria toise son ventre :

— Tu vas avoir à manger, je te le promets, lui répond-elle.

Elle termine à peine sa phrase quand, tout à coup, son ouïe détecte la présence d’un rival.

— Une autre buse ! siffle-t-elle. Elle va me piquer mon lapin !

Aussitôt, elle décolle de son perchoir et se pose non loin du gibier.

L’autre rapace arrive en même temps, et celui-ci, pattes bien tendues, ouvre ses ailes en grand pour s’imposer.

Face à cette posture d’intimidation, Madame Valéria se fait toute petite.

« Vas-y mon coco, goûte-moi ce lapin et dis-moi s’il est bon », ricane-t-elle en son for intérieur.

Madame Valéria réalise soudain que, quelle que soit l’issue de ce combat qui semble inévitable, elle va en ressortir perdante.

— Si ce lapin est bon et que je ne gagne pas le combat, je n’aurai que les restes et si l’autre crie « au poison » ou se plie en deux, je n’aurai rien à manger, l’un comme l’autre, c’est fichu, dit-elle tout bas pour ne pas que l’autre puisse l’entendre.

Les deux oiseaux sont de taille identique, mais son rival semble être en meilleure forme physique, car il n’arrête pas de hurler, ailes ouvertes.

La guerre pour le lapin a commencé. Madame Valéria est impressionnée par la position de force de l’autre. Il siffle, ses yeux sont menaçants et il avance d’une démarche sûre. Elle n’a pas d’autres choix que d’accepter le conflit.

Madame Valéria se ramasse sur elle-même et bondit sur son rival toutes serres tendues. Puis, elle ouvre ses ailes aussi pour garder un meilleur équilibre.

Les deux grands oiseaux ne sont plus que deux masses brunes, mélangées. On reconnaît juste Valéria par son poitrail un peu plus clair, et mis à part ce détail, on pourrait presque les prendre pour des jumeaux.

— Il est à moi ce lapin, va-t-en voleuse, lui crache l’autre en plein visage.

— C’est faux, c’est moi qui l’ai vu en premier !

— Ah oui ? Et pourquoi as-tu attendu que je me pose pour venir ramener ton bec ?

— C’est que…

Valéria n’ose pas lui avouer qu’elle craint qu’il ne soit empoisonné. Alors, elle réfléchit à sa réponse et lui dit :

— En fait, j’avais un peu froid et l’idée de mettre mes pattes dans toute cette neige ne m’encourageait pas à aller le chercher si vite, mais quand tu es arrivée, je ne voulais pas le voir partir sous mes yeux, alors je me suis imposée.

À tout expliquer de la sorte, Valéria baisse sa garde et reçoit un violent coup de patte dans le ventre.

— Ouch ! Quel coup bas ! Je pensais qu’on pouvait trouver un terrain d’entente, mais visiblement, tu n’es pas prêt à écouter ma proposition, lui dit-elle en retrouvant son souffle.

— Que le meilleur gagne, ricane-t-elle.

En un rien de temps, Valéria se retrouve le dos dans la neige avec une serre puissante sur son ventre. Elle croit qu’elle va perdre un œil ou avoir un vilain coup de griffe, mais tout à coup, son rival penche sa tête sur le côté et la regarde d’un drôle d’air.

— Alors, je te plais vue sous cet angle ? lui demande-t-elle en fermant un œil.

Profitant de ce doute, elle se redresse tout aussi soudainement qu’elle était tombée, déstabilisant son adversaire. Celui-ci, de tout son poids, s’enfonce dans la terre et se retrouve avec de la neige jusqu’aux genoux, limitant ainsi fortement ses mouvements.

Ils sont à égalité. Chacun a marqué un point dans cette bagarre de proie.

Valéria, toujours obnubilée par le risque éventuel de poison dans le lapin finit par proposer un arrangement au mâle.

— Écoute, visiblement, tu es plus fort que moi. Je te propose ceci. Tu peux commencer à te servir, mais tu me laisses la moitié. Tu peux choisir les meilleurs morceaux. Je n’ai pas envie de continuer à dépenser de l’énergie dans ce combat par un froid pareil. Qu’en dis-tu ?

— Hum ! Très juste. Tu as bien évalué ton adversaire et tu as entièrement raison. J’accepte ta proposition. Et parce que je suis galant oiseau, je te déposerai le reste du lapin au pied de l’arbre rouge dans la forêt, ainsi tu n’auras plus les pattes gelées.

— Oh ! Quelle délicieuse attention, merci à toi.

Ainsi, Valéria a-t-elle finalement gain de cause. Certes, elle ne va pas pouvoir profiter de la partie la plus tendre du lapin, mais elle sera définitivement fixée quant à la qualité de ce met délicieux. Et vu comment l’autre rapace le dévore goulûment, elle attend impatiemment son morceau. Elle s’en lèche déjà le bec.

Jeu – questions sur mon recueil un oiseau peut en cacher un autre

Je me suis amusée à inventer 3 questions pour chacune des 13 histoires de mon dernier recueil pour enfants : Un oiseau peut en cacher un autre.

Une question de « lecture » et de compréhension de l’histoire, et deux autres plus générales sur la nature et les animaux que l’on rencontre dans mon livre (mésanges, moineaux, rapaces, martinets, mouettes, goélands et autres oiseaux de mer, pics, hérissons, escargot, fleurs, etc.)

Questionnaire que je peux vous envoyer par e-mail sur simple demande, en commentaire.

  • Pourquoi la mésange bleue ne peut-elle plus quitter son nid ?
  • Que veut dire dimorphisme sexuel ? Aide : chez les mésanges, il n’y a pas de dimorphisme sexuel entre le mâle et la femelle.
  • Remets dans le bon ordre O R I N H I C
  • Comment s’appelle l’oiseau qui sauve Troglo Dite de la noyade ?
  • D’où vient le nom Troglodyte ?
  • vrai ou faux : aphone veut dire éternuer.
  • Pourquoi Scar a-t-il peur de l’hiver ?
  • Est-ce qu’une limace, c’est un escargot sans sa coquille ?
  • Remet dans le bon ordre : D T A S R E O O P E G
  • Qui sont les PUB ?
  • Que veut dire « indigène » ? Aide : chez nous, les perruches vertes ne sont pas des oiseaux indigènes.
  • vrai ou faux : les sittelles nichent dans les arbres?
  • Comment fait le coucou pour tromper la rousserolle avec son oeuf ?
  • Quel est le chant du coucou ?
  • Remets dans le bon ordre : A A I P S R E T
  • Comment reconnait-on l’épervier qui a tué le petit moineau ?
  • Il existe deux espèces de moineaux chez nous, cites-les.
  • vrai ou faux : les pies sont des rapaces
  • Pourquoi le Prince est-il pressé de se marier ?
  • Que veut dire pélagique ? Aide : le pétrel (ou fulmar boréal ) est un oiseau pélagique.
  • Remets dans le bon ordre : G E N R U E R V E
  • Qu’est-il arrivé aux autres clématites ?
  • De quoi le hérisson aime-t-il se régaler ?
  • vrai ou faux : le papillons sont de petits oiseaux.
  • Pourquoi Valéria hésite-t-elle à manger le lapin ?
  • La buse variable est diurne ou nocturne ?
  • Remets dans le bon ordre : I O P N S O
  • Quelle catastrophe naturelle est à l’origine dans l’histoire du petit Dio ?
  • Pourquoi est-ce que les albatros ont-il tant de difficultés à se déplacer sur la terre ferme ?
  • vrai ou faux : l’albatros de Laysan existe vraiment.
  • De quels mammifères est-il question dans l’histoire des maisons-pomme?
  • Pourquoi est-il dangereux de réveiller un hérisson qui hiberne ?
  • Remets dans le bon ordre : E I N T O S T E
  • Qui aide les oiseaux à trouver un toit ?
  • De quoi se nourrit exclusivement un martinet ?
  • vrai ou faux : le martinet est capable de dormir en volant.
  • Quelle est la particularité des pierres d’Olonne ?
  • Que veut dire « limicole » ? Aide : le chevalier fait partie de cette famille.
  • Remets dans le bon ordre : A A R I M S

Princesse Clématite, histoire pour enfant

Voici une des 13 histoires qui compose mon dernier recueil : Un oiseau peut en cacher un autre (et autres contes pleins d’animaux).

Pour 8 euros (hors frais d’envoi), vous pouvez commander mon livre directement chez Atramenta ou, si vous êtes de Belgique, contactez-moi ! Une séance de présentation, d’information et de jeux d’écriture pour enfants est prévue bientôt, à Bruxelles. clic sur l’image pour découvrir le sommaire.

Princesse Clématite

Il était une fois une fleur très spéciale qui n’avait pas le moral. C’était la Princesse Clématite. Un jour de grand soleil, celle-ci expliqua à Dame Rose (une fleur voisine très gentille, mais aussi très curieuse) le pourquoi de sa tristesse :

— Je ne sais plus très bien à quoi je sers ni si je suis encore utile. Personne ne sait que j’existe, aucun bourdon, aucun papillon ne vient jusqu’à moi. Même le jardinier n’a pas un regard envers ma petite troupe de sépales.

La jeune Princesse pleurait son sort. Elle était l’unique survivante de sa famille et malgré sa petite taille, elle résistait encore et toujours aux aléas de la vie florale. Ses parents avaient établi leurs racines à côté de l’abri de jardin, derrière un imposant et magnifique rosier. À cette époque, ils devaient se cacher, car un fougueux mangeur de Clématites sévissait dans les environs. La bête en question n’était autre que la légendaire Limace Géante ! Depuis la dernière saison de pluie, ce gastéropode hors normes avait décimé toutes les fleurs bleues, clématites ou non, mais principalement celles-ci.

Ses parents avaient succombé alors qu’ils protégeaient leur unique enfant. L’assassin était passé juste à côté de la princesse, la trouvant trop chétive pour s’arrêter pour elle. Princesse Clématite cessa de grandir depuis ce terrible jour.

— Oh ! C’est terrible ce que vous me racontez là, Princesse ! Il est vrai que grâce à nos piquants, la Terrible Limace Géante ne s’intéresse pas à nous, lui dit Dame Rose en essayant de la réconforter.

Les épines de Dame Rose frissonnaient de tristesse. Et dans ses pétales, une certaine agitation commençait. Un bourdon qui butinait son pollen avait tout entendu. Ce dernier, indigné par l’histoire, s’empressa de s’envoler pour raconter le malheur de la princesse des Fleurs.

— Pardon, pardon, laissez-moi passer. J’ai un message urgent à transmettre au peuple des ailes. L’insecte au gros ventre jaune orangé poussait de son corps massif ses autres congénères à qui il avait demandé de se rassembler.

— Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, papa, maman, belle-maman, beau-papa, et cetera, j’ai une importante mission à vous confier. Pas plus tard qu’à l’heure où le soleil était entre nos deux arbres préférés, j’ai entendu une terrible histoire que je dois vous conter.

Le bourdon, chef de sa colonie, imposa le silence. Il expliqua en détails toute la mésaventure de la Princesse Clématite. Après quelques bourdonnements de stupéfaction, tous étaient d’accord pour venir en aide à la princesse. Chacun avait pour mission de raconter l’histoire à une autre famille d’insectes. C’est ainsi, qu’après bien des distances parcourues, bon nombre de papillons, d’abeilles et autres butineurs avaient vent de l’affaire en cours.

Le Chef Bourdon élabora un plan diabolique pour exterminer la Limace Géante.

— Que les membres de ma colonie continuent à travailler. Il ne faut surtout pas montrer que nous nous occupons d’autre chose, ça pourrait éveiller des soupçons. Vous les papillons, vous irez vous poser – et butiner si vous le souhaitez – sur toutes les roses de la cabane pour veiller sur la Princesse Clématite et enfin, vous les guêpes, vous assurerez notre protection à tous. Une guêpe par insecte devrait suffire. Je répète, il ne faudrait pas éveiller les soupçons du Tueur de Clématites. Enfin, quand je décrirai trois cercles au-dessus de la Fleur Solitaire, ce sera le signal pour dire que le jardinier arrivera. Seuls les papillons resteront près de la Princesse pour guider le Grand Maître du jardin. Est-ce clair ? Des questions ? Non ? Alors au travail mes amis !

Bien dissimulée par les mauvaises herbes et par un tas d’orties, la Limace Géante a tout capté du plan.

— Ainsi donc, la Princesse Clématite vit toujours, quelle délicieuse nouvelle ! dit la plus terrible des créatures rampantes en se léchant la bouche gluante.

Le monde ailé est en ébullition et chacun se met en place, prêt à tout pour sauver la dernière Clématite de cette propriété.

Quelques instants plus tard, le Chef Bourdon décrivit trois cercles au-dessus de la Fleur Solitaire. Le soleil se coucha lorsque le jardinier ouvrit la porte de la maison de briques et sortit avec son arrosoir pour donner à boire à tout végétal en terre ou en pot. La journée avait été chaude et sèche, tous attendaient avec impatience cette eau divine.

Dans le jardin, un doux bourdonnement éveilla la curiosité du Grand Maître du jardin.

— Tiens, que font ces insectes encore debout à cette heure tardive ?

Quand il s’approcha des rosiers, il stoppa net et déposa l’arrosoir. Devant lui, sur chacune des treize roses se tenaient trois papillons ! Ce ne fut pas tant le nombre d’espèces différentes de ces papillons qui l’étonna, mais bien leur comportement. Tellement surpris par ce spectacle, il ne prit pas la peine d’aller chercher son appareil photo et voulut comprendre la raison de ce soudain regroupement. Aucune aile ne bougea quand il toucha une tige du rosier. Puis, tout à coup, les roses qui entouraient la Princesse Clématite bougèrent, poussées par certains papillons qui avaient ouvert leurs ailes. Dame Rose encourageait ses sœurs à fournir un dernier effort et à ne pas crier alors que les pattes des insectes tiraient leurs pétales. Petit à petit, une minuscule fleur bleue apparue au regard du jardinier qui gardait des yeux immensément ouverts devant une telle volonté de la nature !

— Oh ! Mais que fais-tu là toute seule, Petite Fleur ? Tu es bien trop jolie pour te cacher. Même un ciel bleu dégagé de nuages n’a pas autant de lumière que toi. Ne sois pas timide, montre-toi, je ne te ferai aucun mal, bien au contraire !

Pendant ce temps-là, l’horrible créature tueuse en série rampait doucement, mais sûrement vers sa victime convoitée. Mais c’était sans compter sur une jeune coccinelle qui admirait le spectacle depuis l’envers d’une feuille de rose.

Alors que le Grand Maître du jardin rentrait en vitesse chez lui pour aller chercher tout le matériel nécessaire à la protection de sa dernière Clématite (ficelle pour attacher certaines tiges des rosiers afin que La Petite puisse avoir du soleil, tuteur pour lui permettre de garder la tête bien droite, purin d’amour pour une bonne croissance,…), la Limace Géante arriva au pied de la Princesse !

Miss la coccinelle avait des contacts dans tous les rangs d’insectes. C’est ainsi qu’elle eut l’idée de contacter Tica, une amie de longue date. Cette amie, élevée au rang de Tique Solitaire, a élu domicile sur un aimable hérisson. Lequel ne doit plus faire sa réputation d’amateur de limaces ! Et à l’instant même où la Terrible Limace commença son ascension sur la tige de la Princesse Clématite, la terre se mit à trembler et une forte odeur de mammifère affamé arriva rapidement dans toutes les narines.

— Hum, je sens un fumet puissant de limace ! Le festin va être exceptionnel, car l’odeur est forte et… exquise ! Elle est où ? Elle est où ? dit le hérisson hors d’haleine qui arriva en courant et en regardant de tous côtés.

Personne ne dut lui préciser le chemin. En moins de temps qu’il ne faille à un papillon pour s’envoler, la Limace Géante fut dévorée ! D’aussi grande taille fut-elle, la Terrible Créature n’a pu faire face devant une bouche si immensément gourmande.

Le jardinier arriva juste après, se désolant de ne pas avoir été plus rapide. Lorsqu’il aperçut la tige abîmée de la Princesse Clématite (elle avait été un peu écrasée par la patte puissante du hérisson), il se retourna, arracha une toile d’araignée proche et entoura la blessure du doux filet apaisant.

— J’espère que cela suffira. Je suis désolé pour toi l’araignée, mais c’est pour la bonne cause !

Lorsque le jardinier dévoila la Princesse Clématite à tous les habitants du jardin, un magnifique papillon aux reflets azuré, inconnu jusqu’ici, arriva et posa ses pattes délicates sur la petite fleur rayonnante de bonheur.

— Princesse Clématite ? Comme je suis heureux d’enfin vous trouver ! Laissez-moi me présenter : Prince Argus pour vous servir. Mes ailes ne doivent leur couleur qu’à votre pollen. Accepteriez-vous ma trompe ?

Princesse Clématite ne sut que dire… Si ce n’est que pour toute réponse, elle ouvrit davantage ses sépales pour offrir son cœur tendre au Prince.

« Plus tard, je serai libre » dans un manuel scolaire

Je suis heureuse d’annoncer qu’une partie de ma nouvelle intitulée « Plus tard, je serai… LIBRE ! », va être publiée dans un manuel scolaire pour des étudiants francophones de 1ère secondaire, en Belgique. Le début de ma nouvelle, écrite en 2005, va être utilisée en lecture à voix haute.

J’écris principalement pour les enfants et j’aime beaucoup lire des histoires à voix haute, pour moi, c’est un vrai bonheur que d’apprendre cela !

Je remercie toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont contribué à cette mise en contact.

Clic sur l’image pour télécharger l’histoire (en PDF ou ePub) sur Atramenta.

Découvrez mon second recueil : un oiseau peut en cacher un autre

  Grâce à Isabelle – grand merci à toi ! – , je vous offre ces petits résumés de chacune de mes 13 nouvelles qui compose mon    second recueil : Un oiseau peut en cacher un autre… et autres contes pleins d’animaux.

Commandez directement sur le site d’Atramenta, souscriptions déjà actives chez moi… intéressé ? envoyez-moi un petit mail.

8 euros pour 160 pages d’évasion.

Rififi chez les mésanges

Sans que Pierre ne s’en aperçoive, une violente dispute éclate entre les mésanges de son jardin, et ceci pour une sombre histoire de perchoir.

Un tel vacarme fini par attirer un mystérieux et charismatique oiseau qui arrive à calmer les esprits. Les bébés peuvent enfin arriver …

Aphone

Troglo Dite, un petit oiseau à la voix envoûtante se retrouve aphone. Quel malheur ! Il ne sait faire que chanter et la saison des amours vient de débuter. Après plusieurs humiliations subies dues à son soudain handicap, le pauvre et si triste petit oiseau décide de s’exiler.

Il ignore que cet exil lui fera recouvrer sa délicieuse voix et rencontrer une charmante demoiselle tout aussi délicieuse …

Scar l’escargot

Scar l’escargot est myope. En plus, sa coquille est fêlée à vie !

Malgré la fragilité de son petit Scar, maman escargot pense qu’il est temps pour lui de prendre sa vie en main. Après tout, Scar est un petit escargot bien intelligent …

Scar a très peur de quitter sa maman. Mais Scar se révèle être très courageux seul dans cette nature hostile. Et au fil des nombreuses péripéties, Scar va apprendre à avoir confiance en lui et à se faire des amis …

La guerre des becs

C’est l’hiver et il neige. Les perruches envahissent le territoire et n’hésitent pas à déloger les heureux petits riverains de leurs chaleureux nids. C’est clair : les perruches ont décidé de chasser sans la moindre pitié tous les habitants du quartier.

Mais c’était sans compter sur l’intelligence et la détermination du Grand Sage et de nos petits amis à plumes … ou à poils …

Il est né … le terrible enfant !

Mademoiselle rousserolle est enfin maman. Elle a décidé de ne pas faire comme tout le monde. Elle est par conséquent obligée de quitter le nid, le temps pour elle de se ravitailler. Pendant ce temps, un œuf y sera échangé et elle n’y verra que du feu.

Enfin, jusqu’à l’éclosion …

Œil pour œil, bec pour bec

Mano, courageux oisillon prend le meurtrier de son frère en filature, un impressionnant rapace sans pitié, lui-même papa de trois bébés rapaces. Mano va alors élaborer un plan et venger ainsi les nombreux meurtres subis jusqu’alors au sein de la colonie. Grâce à l’ingéniosité et le courage des oiseaux de la rue des Moineaux, le rapace sera enfin pris alors qu’il croyait prendre … Cauchemar après lequel la rue des Moineaux retrouvera rapidement sa sérénité.

Le dernier des pétrels

Le prince des pétrels, un magnifique et majestueux oiseau plein de grâce s’éprend d’une … humaine ! Une étrange complicité va très vite s’installer entre l’oiseau et la ravissante jeune femme, cette humaine, qui en réalité, n’était pas moins que la future princesse du royaume …

Princesse Clématite

Comment sauver la princesse Clématite de la limace géante ? Et comment lui redonner le moral, elle qui se sent si seule, si inutile, après avoir vécu une si terrible histoire ? Heureusement, le peuple des ailes va voler à son secours. Mais c’est sans compter sur la détermination de la limace géante à exterminer la princesse Clématite …

Une histoire de lapin

C’est l’hiver. Il neige et il fait froid. Que ne ferait pas madame Valéria pour s’offrir un bon lapin ? Mais aïe aïe aïe, voilà que madame Valéria n’est pas seule sur le coup ! Heureusement, elle aura affaire un galant oiseau et pourra enfin se nourrir sans crainte d’être empoisonnée !

Il faut sauver le petit Dio

Dio, petit mâle albatros, fait malheureusement partie des nombreuses victimes du tsunami survenu au Japon. Il est littéralement épuisé et sa maman essaie désespérément de le sauver. Mais un miracle va se produire, une étrange apparition sous forme humaine viendra à eux,  sur cette plage dévastée par la catastrophe. Dans ce récit, nous verrons qu’une maman peut aller bien loin pour sauver son petit …

Les maisons-pomme

Dans cette forêt sacrée, deux clans se partagent le même village. Des hérissons et des écureuils cohabitent dans cet étrange village constitué de maisons-pomme. Mais une menace règne sur le village : les fourmis géantes dévoreuses de maisons-pomme ! Comment mettre fin à cette menace ? Les hérissons et les écureuils n’étant pas des mangeurs de fourmis …

Martinets cherchent toit pour nidification

C’est le printemps, et la pleine saison des amours pour nos amis les oiseaux. Depuis cinq ans, un groupe de six adultes revient chaque année au même endroit pour élever leurs petits, et ces oiseaux-là ne se posent que pour la reproduction. Mais l’endroit en question est déjà occupé. Heureusement, les spécialistes du logement vont les aider à trouver un autre endroit pour élever leurs bébés … Mais qui sont ces spécialistes du logement ? Deux gros matous pardi ! Et les meilleurs !

Le chevalier

Une sorcière ornithologue qui vit dans un marais où les pierres chantent chaque automne a une bien étrange activité, celle de transformer les humains en oiseaux ! C’est ainsi qu’un grand chevalier de la région a été transformé en petit oiseau. Depuis sa disparition, sa fiancée l’attend désespérément au bord du marais. Et les pierres n’ont qu’un souhait, celui de voir la princesse embrasser le petit oiseau sur le bec comme dans les contes de fées. En observant ce petit oiseau, la princesse découvre qu’il n’est autre que son bien aimé …

Plus tard, je serai… libre !

–  Nicolas, tu es de nouveau dans les nuages, reprends-toi ! Nous sommes en classe je te rappelle, cesse de regarder par la fenêtre !

  Mais Madame, je réfléchis à votre question.

– Alors donne-moi ta réponse.

Plus tard, je voudrais être un oiseau.

– Un oiseau ? Ben voyons… Tu veux dire vétérinaire ou ornithologue ?

Non, madame, un oiseau. Un Albatros pour être plus précis. C’est le maître de l’océan, le dieu des vents. C’est l’oiseau avec la plus grande envergure, vous le saviez ça ?

– Nicolas, mais tu ne peux pas te transformer en oiseau. Tu peux l’étudier, le suivre, faire des photographies, mais jamais tu ne seras un animal.

Nicolas reste rêveur, il n’écoute déjà plus sa maîtresse d’école. À 10 ans, il est le plus petit de sa classe et parfois certaines moqueries de camarades le blessent.

   Je serai le plus grand…grommela-t-il entre ses lèvres.

Il continue à regarder par la fenêtre. Une Mouette rieuse le nargue en passant et repassant tout près de la fenêtre du dernier étage de l’établissement scolaire.

  Je suis un oiseau… je suis une mouette… je suis un Albatros hurleur ! Oui Hurleur, car je veux crier au monde entier que je ne suis pas le plus petit, je ne suis pas faible, je ne suis pas bête. Je suis Albatros, le maître des oiseaux. Je suis sur une colline. J’avance doucement, de ma démarche maladroite, pour atteindre le bord. Je ne peux pas ouvrir mes ailes directement, car elles sont trop grandes et touchent le sol. Je saute dans le vide. À peine ai-je quitté la terre que j’ouvre mes longues ailes. Je plane très vite, le vent glisse sur mes rémiges, sur mon corps tout entier. Je suis fait pour planer. Il n’y a pas trop d’embouteillage : les Fous sont un étage plus bas, plongeant comme une flèche pour attraper leur poisson, les Goélands n’ont pas encore faim et ils planent juste au-dessus de moi tandis que les Mouettes sont déjà sur la mer à flotter sur l’eau. Rapidement, je trouve une ascendance thermique qui m’élève dans le ciel, je vais bientôt rejoindre mes cousins.

Il fait beau, le ciel est bleu, l’horizon est dégagé. Grâce au vent, je ne dois dépenser inutilement mon énergie, je me déplace lentement mais sûrement. Ma queue fait office de gouvernail, je suis la direction du vent. Il me guide où je veux, quand je veux.

Je commence à avoir faim, je descends toujours aussi lentement. À quelques mètres de l’océan, je plie légèrement mes ailes pour ne pas remonter et atterrir en douceur. Un banc de délicieux poisson s’est formé juste en dessous de moi, je n’ai qu’à plonger légèrement et me servir de mon mets préféré. Ah quelle belle vie. Je dirige tout, je contrôle tout.

Avec mon envergure de trois mètres cinquante, je n’ai même pas besoin de dire qui je suis, tout le monde me reconnaît et me respecte. Même s’il est vrai que j’aime rester à un endroit qui me plait, il n’est pas rare de me voir migrer à la recherche de nourriture et d’un climat plus clément. Parfois je me perds à cause du brouillard ou de vents violents, mais il y a toujours de la nourriture où que je me retrouve. Sinon, je ne reste pas bien longtemps et je repars aussitôt. Cela n’arrive pas souvent, mais j’ai entendu crier un jour un oiseau de mon espèce…il s’était fait tiré par un chasseur fou alors qu’il migrait paisiblement. Ah les humains ! Pour rien au monde, je voudrais leur ressembler.

– Nicolas ! À présent ça suffit, réveille-toi et lis-nous le 1er chapitre de notre nouveau livre : Jonathan Livingston le goéland.

Hein ? Quoi ? Goéland ? Où ça ? Oui Madame, tout de suite Madame.

Un sourire se dessine sur les lèvres du petit Nicolas. Un livre où l’on parle d’oiseaux, ça ne peut être que pour lui. Goéland ou Albatros, qu’importent l’un et l’autre sont symbole de liberté.

Il réfléchit encore deux secondes avant de commencer la lecture. Plus tard, je serai…libre !

Extraits de Mes animaux imaginaires

Dans ce premier recueil, 28 petits textes se partagent les 90 pages. Voici quelques extraits choisis :

Monsieur Rougegorge a froid

– Papa, tu as vu ? Il neige ! Il neige pour Noël ! Ça, c’est la fête.

– Oui, fiston, j’ai vu. Si tu veux, on peut faire un petit bonhomme de neige !

– Oh oui, chouette alors ! »

Alors que Pierre s’apprête pour sortir, un petit oiseau brun et orange se pose sur la table du jardin et, de ses petits yeux, regarde sur la table et par terre s’il n’y a rien à se mettre dans le bec. Dehors, il fait froid et les flocons de neige tombent et fondent sur le petit corps de l’oiseau.

– Tu es prêt, Pierre ? Je t’attends

– Oui mais, papa, tu as vu à la fenêtre ? Un Rougegorge. Il a l’air d’être malade, il ne bouge pas beaucoup.

– Oui, en effet, il a certainement froid…et peut-être aussi faim ! Tu veux l’aider ou tu préfères ton bonhomme de neige ?

Léon

Sur le chemin de terre qui mène à une ferme, il y a un petit hérisson penseur. Il trouve que le temps se rafraîchit bien vite et qu’il serait temps pour lui de chercher un abri pour hiberner tranquillement. Il marche à son aise, faisant bouger ses picots à droite puis à gauche. À la vitesse à laquelle il avance, il risque fort de ne pas arriver dans son jardin favori avant le lever du jour. Soudain, un bruit fort le met en boule. Il ne bouge plus, tétanisé par ce qu’il vient d’entendre. Ça ressemble étrangement à un coup de fusil. L’éclat recommence et on dirait même qu’il se rapproche. Léon, le petit hérisson, ose relever la tête et avance un peu plus vite. Il est presque drôle à courir ainsi. Mais il a peur.

Sassi le serpent sans dent

Il était une fois dans une forêt, un
drôle de serpent. Sassi, c’est son nom, est triste depuis qu’il a perdu ses dents de lait. Sa maman lui a toujours dit de cacher les dents qui tombent, sous son oreiller. Ainsi la petite souris passe, prend la dent et laisse derrière elle un merveilleux cadeau. Mais Sassi a toujours faim…aussi à chaque fois que passe une souris, il la mange ! Si bien qu’à la fin, toutes ses dents de lait sont tombées et aucune souris n’a survécu au passage de l’oreiller. Pour le punir de sa goinfrerie, Sassi n’a pas vu repousser la moindre nouvelle dent d’adulte dans sa belle bouche et n’a jamais appris à étouffer une proie.

Le lac des souhaits

Dans la forêt voisine, vit un petit oiseau extraordinaire. Il s’appelle Sylvain. C’est un oiseau de la taille d’un pigeon mais au plumage flamboyant de roux et de jaune. Il a toute l’élégance d’une hirondelle et il est aussi souple qu’une mésange. Très attentif à son plumage et à sa réputation, c’est le plus grand séducteur de la forêt. Sylvain est un animal très dynamique. Il ne peut s’empêcher de marcher ou de sautiller à tout moment de la journée. Et quand, enfin, il prend le temps de s’arrêter, sa longue queue, elle, continue de bouger. Hélas, il a un gros problème. Livré à lui-même depuis son enfance, il n’a jamais apprit à voler !

– Si seulement je pouvais trouver le mode d’emploi, cela m’éviterait bien des misères, se répétait-t-il, sans cesse. En vain, il ne trouve décidément pas la technique pour décoller. Têtu, il essaye une nouvelle fois mais sans succès. Epuisé par cette dernière tentative, il glisse de son perchoir et chute assez maladroitement. Il se fait très mal à la tête. Depuis ce moment, allez savoir pourquoi, il se prend pour un chat !


Hugo le train

…Pendant ce temps-là, Hugo est en visite. Grâce à ses phares puissants, il ne craint pas de rouler la nuit. Hélas, son trajet doit le faire passer dans le nouveau tunnel. Ça par contre, il n’aime pas. Il préfère les grands espaces et il a peur de sentir à l’étroit ou de se retrouver dans un endroit confiné. (Lui, est, ce qu’on appelle un claustrophobe). Il ralentit lorsqu’il arrive à proximité du long tunnel. Il ne veut pas y pénétrer mais il n’a pas le choix, il n’y a pas d’autres chemins qui conduisent au centre commercial. Dans ses wagons, les clients commencent à s’impatienter. Ce qu’ils prennent pour un séisme n’est rien d’autre que les roues tremblantes d’Hugo. Des passagers réguliers qui connaissent très bien Hugo, viennent le voir dans la cabine. Ils lui parlent d’une voix douce. Ils tentent tant bien que mal de le rassurer et de le guider vers le tunnel. Il n’y a rien à faire, Hugo a bien trop peur. Sa frayeur est si grande, qu’il s’arrête net…
Julie lit la pâtisserie

…Comme tous les enfants de son âge, Julie aime les bonbons et autres biscuits sucrés. Elle adore jouer à saute-mouton, rigole beaucoup avec ses petits camarades et se méfie du grand méchant loup. Hélas, elle n’arrive pas à déchiffrer les merveilleuses histoires que sa maman lui raconte, le soir, avant d’aller dormir. Trop distraite par mille choses intéressantes, Julie n’a pas encore réussi à lire un mot, aussi court soit-il.

Puis un jour, alors qu’elle est toute seule dans sa chambre, elle tombe de fatigue et s’endort dans un profond sommeil. Immédiatement, des rêves viennent occuper toutes ses pensées. Alors que tout semble calme dans ce songe, une douce musique titille ses oreilles et l’amène à se lever du lit de coquelicot sur lequel elle est assise…

Noémie est accro

Ses doigts longs et fins triturent le bas de son gilet blanc. La tirette émet un petit cliquetis aigu et régulier. Son cœur bat un peu plus rapidement, sa respiration se fait plus haletante. Elle hésite à rentrer, à franchir le pas de la boutique.

Comme chaque jour, cet instant qu’elle attend depuis le matin devient une vraie obsession. Elle sait que ce n’est pas bien, elle sait qu’elle est accro et elle sait qu’elle doit pouvoir y résister. Mais comment peut-elle s’imaginer freiner cette terrible envie qui lui ronge l’estomac depuis qu’elle a trois ans ?