Mes photos : Une nouvelle catégorie, et pourquoi je ne suis pas sur les réseaux sociaux
Il m’a fallu beaucoup de temps avant de me décider à créer cette catégorie. Longtemps, je me suis dit qu’il me « fallait » être sur Instagram. C’est la norme, le passage obligé. Mais pour accéder à toutes ces informations partagées en masse (photos, vidéos, événements, actualités), il faut s’inscrire, donner une adresse mail, entrer dans ce grand Monde Virtuel pour avoir le droit de participer.
Or j’ai déjà ce blog, accessible à tout le monde, sans inscription, visible en tout temps, par toutes et tous. Je ne vois donc pas l’utilité de « faire comme tout le monde » uniquement pour me sentir intégrée.
Entendre « tu dois être sur tel réseau pour être au courant de tout », « tu devrais écrire comme ceci », « tu ne devrais pas partager cela », « si j’étais toi, je serais visible sur telle plateforme », « quoi ? comment tu fais pour ne pas être au courant, tu ne sais pas ce que tu rates ! »… m’horripile de plus en plus. Ces conseils, bien intentionnés ou non, reflètent une société d’hyperconsommation, d’addiction et d’injonctions permanentes à la visibilité.
J’ai donc décidé d’ouvrir cette catégorie « Mes photos » pour partager un peu de ma vie, à ma façon, à travers les images de mon quotidien, qu’elles soient belles, difficiles, ou simplement là. Parfois je commenterai, je raconterai l’histoire de la photo, du héros ou des héros du jour. Parfois, l’image sera juste là, sans un mot de plus.
La photo du jour et la petite histoire qui va avec
Cette première photo a été prise hier, lors de ma formation.
Le Centre Régional d’Initiation à l’Environnement de Spa * était venu jusque chez nous. C’était une magnifique journée tant par son contenu que par les approches utilisées pour nous apprendre à lire, entendre, goûter, sentir et voir la nature et le Vivant.
L’après-midi, nous avons exploré un petit étang et découvert quelques-uns de ses habitants. J’ai aperçu, et je ne suis pas la seule, un Triton alpestre avec son ventre orange. Furtivement. J’aurais aimé l’observer plus longuement, m’émerveiller, l’admirer… mais il y avait bien trop de monde et de bruit autour de lui pour qu’il ose se laisser voir davantage.
Pourtant, avec un peu de patience, le peuple minuscule de l’eau s’est ouvert sous nos regards ahuris, passionnés, curieux.
Alors que l’animatrice expliquait comment utiliser une clé de détermination pour identifier les invertébrés aquatiques, mon regard périphérique capte un mouvement sur le bord de l’eau. Un gros insecte noir se débat. Il va se noyer si je n’interviens pas. Ne sachant pas encore ce que c’était, j’ai pris la précaution d’utiliser une petite épuisette pour le tirer de sa mauvaise posture. Après identification, et la certitude de ne pas me faire mordre, je l’ai posé sur mon doigt pour qu’il se sèche. Quelques secondes, une photo, et je le déposais dans le potager partagé voisin.

Le Bousier commun (Geotrupes stercorarius) est un coléoptère entièrement noir, trapu et robuste. Il tient son nom de son régime alimentaire : il se nourrit principalement d’excréments, qu’il roule en boules pour les transporter et les enfouir. Il peut ainsi déplacer des boules de bouse pesant jusqu’à 1 000 fois son propre poids ! Un record digne des plus grands athlètes !
Mais au-delà de l’anecdote, le Bousier est un allié précieux et souvent méconnu. En enfouissant la matière organique, il aère le sol, participe à la formation de compost naturel et contribue au recyclage des nutriments. Un véritable jardinier de la Terre, discret et indispensable.
* Le Centre Régional d’Initiation à l’Environnement de Spa (Province de Liège, Belgique)
