La Camargue, carnet de voyage

Liège (Belgique) – Saintes Maries de la mer (France) : 1000 Km

Je ne voyage pas souvent, pour ne pas dire jamais. Cela doit bien faire des lustres que je n’avais plus fait un aussi long voyage. Presque trois lustres pour être plus précise. C’était en été 2010, à Salernes, avec ma petite famille et belle famille, avec nos enfants qui étaient tout petits.

En Camargue, j’y suis allée une fois, en 2001 ou 2002. Toute seule. En trains et bus. J’étais célibataire à l’époque et n’avais pas encore le permis de conduire. Je garde très peu de souvenirs de ce séjour. Les seuls qui m’ont marqués ont été la rencontre fortuite et brève avec le Héron pourpré et ma visite au Parc Ornithologique, à pied depuis mon hôtel avec tout mon barda photographique (5 Km x 2).

Pour fêter nos 21 ans de couple, mon amoureux nous a offert ce petit séjour. Nous avons choisi Saintes Maries de la mer pour la vue depuis la chambre d’hôtel, et parce que je connaissais – vaguement – l’endroit. Peu de temps avant notre départ, j’ai reçu le livre « 15 belles balades en Camargue », des éditions Belles Balades. (version de 2018, je vais recevoir la dernière version de 2023 avec 20 belles balades !) Nous avions une semaine complète. Un jour pour faire le trajet jusque là, un autre pour le retour à la maison. Trois jours sur place. J’ai eu énormément de mal à choisir nos balades, sans compter que le maître d’hôtel nous en a recommandé d’autres (rires).

Mais d’abord, un petit mot sur le trajet. Fait avec une voiture électrique (voiture de société de mon amoureux), le trajet a été vraiment facile et agréable. Je craignais des problèmes électriques, des difficultés pour charger la batterie, une panne technologique, etc. Rien de tout ça. Grâce à des applications, nous savions où il fallait nous arrêter, quand il le fallait et combien de temps cela allait prendre. En France, l’offre de charge est quand même bien plus importante que dans mon pays, la Belgique : nombreux points de recharge, divers possibilité de charge (lente, rapide, plusieurs câbles accessibles), etc.

Comme nous partions quand même avec pas mal d’inconnues (nous avions la voiture depuis 5 jours), le départ fut très tôt : 4h50, la nuit. Nous avons fait quatre pipit’stop : deux longs (petit-déjeuner et déjeuner) et deux plus courts, pour arriver à l’hôtel vers 17h15. Le retour a été plus rapide, avec 3 pipit’stop.

Super accueil. On dépose nos bagages et immédiatement après, on se dégourdit les jambes avec une balade sur le rivage et à l’intérieur de la ville. La route a été humide et frisquette; 10 à 12°C, pluie, purée de pois à couper au couteau et la météo en Camargue n’était guère réjouissante puisque des orages étaient prévus localement avec un vent soutenu. Heureusement, la température était bien meilleure ici : 22°C ! Nous abandonnons rapidement la plage, car les vagues s’écrasent sur les rochers et nous éclaboussent.

Nous sommes le lundi 23 octobre. Il fait moche, couvert, humide, venteux, mais oh ! Quel bonheur d’être ici. L’iode, le bruit de la mer, le bruit des vagues, le bruit de l’eau qui se dispute avec le vent. Nous marchons une bonne heure pour revenir à notre chambre d’hôtel et réfléchir à notre balade du lendemain.

Mardi 24 octobre 2023. Longue balade prévue. Notre objectif est d’aller jusqu’au phare de la Gasholle et peut-être plus loin. Mon guide de référence annonce une boucle de 17 km, depuis un parking jusqu’au « Passage des Douanes » à faire en une journée, ou 6 heures de marche, « ponctué de baignades » au retour. La carte reçue à l’hôtel, éditée par l’Office du Tourisme mentionne 12 km pour atteindre le phare. Il y a donc une différence, différence qui s’explique que le parking mentionné se trouve à environ 2 km de l’hôtel et que le phare est lui aussi plus éloigné de 2km après le « Passage des Douanes ». Je n’y avais pas fait attention et je n’avais, à ce moment-là, pas calculé ainsi.

Nous étions frais et dispo et avions envie de faire cette balade depuis l’hôtel, pour ne pas prendre la voiture pour si peu. Rapidement, des pancartes annoncent les distances pour rejoindre le phare de la Gasholle et Saintes Maries de la mer. Rapidement, on comprend qu’on ne fera que le phare de la Gasholle et que nous n’irons pas plus loin. Rapidement, on réalise que ça va vraiment nous prendre toute la journée, à pied. Surtout, que moi, amoureuse inconditionnée des oiseaux, je m’arrête souvent pour admirer la faune aviaire, prendre quelques photos, profiter à fond de l’instant offert. Mon amoureux fait une blague et dit que la balade annoncée de 6 heures va prendre le double du temps avec moi qui m’arrête pour photographier les piafs et les paysages magnifiques !

Le chemin est balisé. Il est fait pour les piétons (nous sommes les seuls sur le trajet à l’aller), les cyclistes (qui sont en nombre, surtout des familles avec enfants) et les cavaliers. Le ciel est partiellement couvert. La pluie est rare, mais régulière et le vent est toujours bien présent. Dès le début du sentier, je peux voir des limicoles dans les pierres qui jalonnent la plage : Gravelots ou Chevaliers ? Trop loin, ils n’arrêtent pas de marcher à une vitesse hallucinante. Je tente quelques photos, mais j’arrête d’essayer, car il y a déjà pas mal de cyclistes, pêcheurs et autres gens autour de moi et moi, je n’aime pas qu’on me « colle » de trop près. Un malaise s’installe et on poursuit notre balade, main dans la main. Rapidement, on voit Les Oiseaux emblème de la région : les Flamants rose ! Des centaines. Des milliers. Quelques individus un peu pâles, un adulescent et oui, encore un tout jeune, tout gris. Ce dernier est isolé avec (je suppose) sa maman.

Sur le chemin, des dizaines de petits oiseaux. Des passereaux. Des petits oiseaux de la taille tantôt de moineaux, tantôt de petits merles. Des bruns et jaunes. Que je n’identifie pas tout de suite, car ils volent et s’envolent dès qu’on arrive trop près d’eux. Ils décollent des buissons qui longent le chemin et se posent plus loin, à l’abri des regards et des dérangements. Quand je peux, j’essaie de m’arrêter et de photographier. J’arriverai ainsi à immortaliser deux Cochevis huppés, deux ou trois Pipit farlouse et un Pinson des arbres, une femelle. Dans le ciel, je vois et j’entends une alouette.

Lors d’une petite pause pour boire un peu et grignoter des fruits secs, où l’on s’assied en bordure de chemin, près de l’eau, parmi des cailloux lisses, on peut admirer d’un peu plus près un groupe de Flamants rose. Quand on se relève, mon amoureux et moi, on échange nos impressions. On marche lentement, en se tenant la main. On se dit qu’on a de la chance avec le temps qui se dégage doucement. On profite pleinement du calme, de la vue, des paysages, d’être là, ensemble, rien que nous deux. Tout à coup, un bruit important me surprend. Je pousse un petit cri, sans le vouloir. Une femelle faisan décolle bruyamment à moins d’un mètre de moi ! Je ne l’avais pas vue. J’avoue que je ne faisais pas attention à la végétation touffue qui longe le sentier. Mon amoureux m’avoue que cela l’a surpris aussi. C’était bruyant. Lourd. Une fuite que je n’ai malheureusement pas pu photographier. L’oiseau est allé se poser bien plus loin de nous, au-delà un autre chemin d’eau.

Les pancartes sont régulières. Nos pieds avalent les kilomètres sans trop s’en rendre compte. Jusqu’à ce que midi arrive. Voilà un peu plus de deux heures que nous marchons d’un pas tranquille, ponctué de courts arrêts pour regarder les oiseaux. Le phare est visible de très loin. Un petit point reconnaissable grâce à sa silhouette longiligne qui se détache du paysage. Petit à petit, il semble se rapprocher. Le chemin est sinueux, il tourne tantôt à gauche, légèrement, puis à droite. Le phare n’arrête pas de bouger (rires). Je dis, un peu en rigolant et vraiment par hasard, que nous arriverions au phare à 13h15. Je commence à bien sentir les muscles de mes cuisses. Ce n’est pas encore une douleur, juste une sensation, un rappel de leur présence. Après 10 kilomètres, c’est tout à fait normal. Les trois milles et derniers mètres pour atteindre le phare me semblent plus longs. De petits oiseaux bruns avec une queue rouge orangée volent de-ci, de-là. Des libellules rouge sang m’accompagne dans les derniers mètres. Il est 13h25 quand nous nous asseyons sur une plateforme, une sorte de puits fermé ou de citerne. Les petits oiseaux bruns avec leur queue rouge orangée sont moins farouches que les autres vus un peu plus tôt. Je peux leur tirer leur portrait sans problème. Je leur offrirai le trognon de ma pomme que je viens de manger en guise de déjeuner. Je n’ai pas reconnu immédiatement ces Rougequeues noirs, car je n’ai vu, ici, que des femelles. Ou des jeunes. Aucun mâle avec la moitié de la tête, la gorge, le poitrail, bien noir. Tous ceux que j’ai observés sont d’un brun uniforme avec le bas-ventre et le dessous de la queue rouge orangée.

Après une vingtaine de minutes de repos, nous reprenons le chemin du retour. Le livre mentionne un retour sur le rivage à deux kilomètres du phare. Nous trouvons facilement le chemin. Nous l’empruntons en nous demandant si nous pourrons quand même passer par là étant donné les grandes flaques d’eau qui inonde partiellement le chemin. Nous arrivons sur la plage. L’étendue d’eau, avec le soleil, est splendide ! Il y a comme une minuscule île, que je prends en photo. Notre regard, au loin, est inquiet. Nous longeons bien la barrière en bois, mais nous ne voyons que de l’eau après. Plus de barrière, plus de bois. La végétation arrive encore à percer à la surface, à certains endroits. Prudemment, nous continuons lentement en nous disant qu’on devra certainement faire demi-tour, que les intempéries de la veille ont fait monter l’eau bien plus haut que prévu. J’espère que j’ai tort et qu’on pourra quand même continuer, pour ne pas prendre le même chemin qu’à l’aller. Dans les dunes, il y a une tente. Un peu plus loin, une pancarte expliquant sa présence (suivi d’insectes). Et encore plus loin, de l’eau. La mer. Ici. Là-bas. Partout. Mon amoureux me montre du doigt où nous devrions aller. Entre cette tache au loin et nous, la mer. On hésite à y mettre les pieds. Mais nous ne sommes vraiment pas équipés pour faire trempette avec nos appareils sur le dos. Grâce à mon zoom super puissant (optique + numérique), j’essaie de voir aussi loin que je le peux. Est-ce profond ? L’eau pourrait monter jusque où ? Impossible de donner une réponse. C’est à regret que nous rebroussons chemin et qu’on continue notre route, à pied, directement Saintes Marie de la mer.

Peut-être par dépit, peut-être par tristesse, sûrement par fatigue, je commence à ressentir quelques bobos un peu partout. Après 18 km, j’ai mal aux genoux, aux hanches, au dos… heureusement les pieds ne me font pas souffrir, ou si peu. J’ai bien un petit caillou dans la chaussure gauche qui me gêne et qui commence à m’enquiquiner, mais tant que mes pieds sont vaillants, je continue. Hélas, l’épuisement et les douleurs commencent à saper mon moral. J’ai enlevé le minuscule caillou qui me gênait le talon. Un peu trop tard. Il a formé une cloque à mon talon. Je ne savais même pas qu’on pouvait avoir une cloque au talon ! Mon amoureux doit user de stratagème pour me motiver. Je veux continuer, je veux arriver jusqu’au bout, mais c’est difficile. Très difficile. Surtout que le soleil est à présent magnifique. Rayonnant. Chauffant. J’ai chaud. J’ai soif. J’ai sûrement un coup de soleil. J’ai mal partout. Heureusement, grâce à de la musique entraînante et à la visite de quelques oiseaux et autres petits animaux, je progresse. Nous avançons lentement mais sûrement. Les passages remplis de sable sont vraiment pénibles, mais heureusement, il n’y en a pas beaucoup.

De nombreuses libellules rouge sang nous accompagne tout au long du chemin du retour. Il y a même de temps en temps des couples. Une Rouge et une Verte. Accrochées ensemble. Volant ensemble. Que c’est beau l’amour (rires).

Et puis, un peu plus loin, un autre insecte volant m’étonne. Il est grand, très grand. Un criquet géant !! J’arrive à faire une photo (trois en réalité, mais juste celle-ci où on le voit bien). Si j’aurais aimé qu’une libellule se pose ma main (ça n’est jamais arrivé), je redoutais que cette créature me touche ! Impressionnant ! Assez effrayant au final, même si je pense qu’elle ne me ferait pas le moindre mal.

Enfin, un peu après, ou avant, je ne sais plus, un autre criquet tout brun. J’avais vu quelque chose bouger, mais je ne le voyais pas dans mon viseur d’appareil photo. Mais le coquin a bien été immortalisé :-)

Les deux derniers kilomètres ont été fait en mode automatique. Je ne me suis plus jamais arrêtée pour faire une photo. Si je m’arrêtais, je n’aurais pas pu redémarrer. Mon talon était finalement aussi douloureux que mes cuisses, que mes genoux, que mes hanches et que mon dos. J’ai eu une vague pensée pour le livre de Stephen King : Marche ou Crève. Enfin, l’observation de deux Aigrettes garzette occupées à se draguer (ou étaient-ce des jeunes qui jouaient ??) m’a permis d’oublier momentanément les douleurs. Car je me suis arrêtée pour les regarder, pour les photographier et… j’ai réussi à reprendre la marche. Il ne restait que 15 petites minutes avant de m’écrouler dans notre chambre.

Nous sommes revenus à l’hôtel un peu avant le coucher du soleil. Nous avons marché 7h30 et avalé 26 kilomètres !! J’ai envie de dire que c’était exagéré, mais sincèrement, je ne regrette rien du tout !
Il m’aura fallu 24 heures pour être de nouveau prête à marcher des heures. Et encore, je ne suis pas restée toute une journée sans rien faire.

Le lendemain, mercredi 25 octobre. Je dors mal, les coussins sont trop gros. J’ai trop chaud (malgré la fenêtre ouverte). Je suis réveillée à 5h. Réveillée mais pas levée. Courbatures un peu partout. La cloche au talon est vraiment douloureuse, toute petite, mais oh ! combien pénible à supporter. Ma hanche et genou gauches sont HS. Le petit déjeuner (au rez-de-chaussée, où il m’a fallut descendre une vingtaine de marches d’escalier une patte à la fois) est revigorant. C’est mon amoureux qui m’apporte tout, car j’ai vraiment du mal à me dérouiller. Mais je sais qu’il faut que je continue à faire fonctionner la machine, sinon ça sera pire après. Quelques Paracétamol plus tard, nous prenons la voiture pour nous rendre aux Aigues-Mortes. Marché local et visite du rempart médiéval au programme. Tout ça ! Oui ! Je suis folle (rires).

Le rempart m’a vraiment bluffé. Non pas par les escaliers à grimper (au secours !), mais par les points de vue qu’il offre quand on monte dans les tours. Je ne suis pas une fan de l’Histoire, mais voir ces pierres et pouvoir parcourir l’ensemble de l’édifice, m’a impressionnée. Tout comme de voir ces montagnes de sel ! Ouah !

Le petit tour au marché + faire le tour du rempart = 6 km de marche. Eh oui ! Quand même ! Et sous un magnifique soleil. Si j’avais prévu tout pour la photo, j’avais oublié d’emporter avec moi une casquette. Ce fut pour moi l’occasion d’en acheter une spéciale, de là-bas, avec le symbole de la Camargue, un cheval et un taureau de part et d’autre de cette croix particulière. Pour connaître la signification de ce symbole, je vous invite à aller sur ce site L’Auberge cavalière.

J’ai quand même réussi à prendre une photo d’oiseaux : un adorable couple de Choucas des tours… c’est de circonstance ;-)

Jeudi 26/11/2023. Pour notre dernier jour sur place, il me fallait choisir le lieu à visiter, la balade à faire, les oiseaux à observer. J’ai toujours eu du mal à choisir. Depuis le début, j’espérais secrètement pouvoir (re) voir le fameux Héron pourpré et pourquoi pas, essayer de photographier un rapace, Milan noir ou Milan royal, que j’ai l’occasion de voir en nombre haut dans le ciel ? Alors, j’ai épluché mon guide de voyage et j’ai choisi la Réserve naturelle régionale du Scamandre et ses marais boisés de tamaris. Le livre mentionne que c’est l’occasion de découvrir pas moins de 9 espèces de hérons !! Neuf ! Mais nous sommes au automne, ce n’est pas la saison idéale pour tous les observer, certains sont déjà partis en migration. Et avec un peu, beaucoup, de chance, j’aurai aussi l’occasion d’observer un ou deux milans.

Le parc ouvre ses portes à 9h. Levée tôt, comme à mon habitude, je décide de d’abord faire un tour sur la plage des Saintes Maries de la mer, pour voir si les Aigrettes garzettes se donnent toujours en spectacle et aussi, surtout, pour essayer de faire de plus belles photos de ces Tournepierres à collier que j’avais eu brièvement le temps d’apercevoir au tout début de notre longue balade du mardi. Je ne savais pas de quelle espèce il s’agissait. Entre-temps, j’ai eu le temps de regarder sur le net pour les identifier : des Tournepierres à collier. Le soleil se lève avec quelques gouttes de pluie. Il y a un paquet de Tourterelles turques (photo). Je mets un bon quart d’heure pour arriver à l’endroit désiré. Étonnée de croiser plusieurs personnes, joggeurs et maîtres qui sortent leur chien pour la première balade du jour. Deux pêcheurs également sont déjà sur place. Mon regard embrasse large et je discerne immédiatement trois oiseaux différents posés à un même endroit. Le temps d’un clic et le goéland décolle. Les aigrettes sont toujours là. La scène est répétée. Une troisième arrivera peu après, mais elle se fera rembarrer aussi sec. Des hérons cendrés? Des Grands cormorans. Deux ou trois Goéland leucophées. Le G. leucophée et le G. argenté se ressemblent très fort, si ce n’est la couleur de leurs pattes différente, seul critère qui me permet facilement de les différencier. Le leucophée a les pattes jaunes tandis que l’argenté les a rose.

Et puis, en passant sur le pont, je vois quelque chose qui bouge dans les grosses pierres sur le bord de l’eau. Ce n’est pas un Tournepierre, c’est plus petit, plus fin, plus gris : un Chevalier guignette. Le temps de quatre photos, floues, et il s’en va à tire d’ailes. Voici la moins floue de la série. Enfin, dans les cailloux colorés, « mes » Tournepierres à collier. Une dizaine qui ont la bougeotte affamée. Pffiou, ils me fatiguaient rien qu’à les observer ! Leurs mouvements rapides et l’endroit éloigné où j’étais ne m’ont pas permis de faire les belles photos que j’espérais. Dommage.

8h35, il est plus que temps que je rentre rejoindre mon amoureux pour aller aux marais du Scamandre. C’est quand même à trente minutes en voiture. 9h20, on loupe l’entrée de la réserve naturelle. 9h25, on gare la voiture dans le parking. Il fait mitiger. La fine pluie ne reste pas et la lumière du soleil a un peu de mal à percer la couche légère des nuages gris. Il fait 18°C. La température montera très légèrement pour atteindre 20 degrés fin de matinée. On aura été sur tous les pontons, chemins et « miradors » ou cabanes d’observation. Je n’aurais vu aucun autre héron que le cendré et la garzette (Aigrette). Un bruit incroyable nous a permis d’assister à un envol et un atterrissage d’un couple de Cygnes tuberculés. (photos floues « caca boudin » !) Mais j’ai été ravie d’apercevoir à quatre ou cinq reprises un puis deux Martin-pêcheurs, mais à chaque fois, en vol, avec l’impossibilité de les photographier. J’ai bien pris, je crois, un Milan noir en photo, mais de loin, très loin, très très loin. Enfin, grâce à mon compagnon, j’ai vu un Ragondin, mais mon appareil photo, en mode automatique « intelligent », a buggé sur les roseaux et végétation devant et n’a pas réussi à faire la mise au point correctement sur l’animal. Flute ! À plusieurs reprises, il y avait des panneaux nous prévenant de la présence d’un Butor étoilé (ce héron jaune trapu, massif et maître en camouflage – voir précédent article clic clic), mais hélas, trois fois hélas, je ne l’ai point vu. Je pense l’avoir entendu, il a un « glou » très caractéristique, mais je n’en suis pas moins sûre ! Malgré le peu d’oiseaux observés, c’était une agréable balade, dans un environnement calme, avec, à cette heure matinale, très peu de monde. Quand nous sommes sortis, sur les coups de onze heures, j’ai aperçu dans un champ, une poignée de Hérons garde-bœufs (petits hérons blanc et beige au bec orange qui sont souvent posés sur des ruminants, bovins, chevaux, taureaux pour picorer les insectes qui se trouvent en nombre sur ces grands animaux), posés droits sur des piquets ! Juste le temps de les remarquer, qu’on les dépassait et que je râlais de ne pas avoir eu le réflexe de déclencher mon appareil photo. Crotte de bique !

L’après-midi de ce jeudi, je demande à marcher sur le bord de la route qui mène à Saintes Maries de la mer, car j’y ai aperçu un étang avec des échassiers. J’espère que les oiseaux seront toujours là. Je pense aux Échasses blanches et peut-être à des Hérons garde-bœufs. Les petits hérons blanc et beige ne sont pas là, mais il y a pas mal d’Aigrettes garzettes et d’échasses. Je trouve les Échasses blanches très gracieuses, fines, délicates. Si je me rappelle bien, en 2001 ou 2002, la première fois que je suis venue à Saintes Maries de la mer, j’avais aussi aperçu des Avocettes élégantes. Ces grands échassiers noir et blanc sont de fait très élégants. Les échasses ont les pattes rouges, très longues et fines, tout comme leur bec. Comme nous étions au bord de la route, en sécurité derrière une barrière métallique, il y avait pas mal de trafic et de bruits. À un moment, juste où j’essayais de faire une photo nette (beaucoup de vent), un camion arrive sur ses gros pneus et puissant moteur et effraye tout ce petit monde. On pense qu’une aigrette et une échasse sont rentrés en collision. Mais tous les oiseaux ont pu atterrir non loin, sans perte de plume à déplorer. Rafale de photos, toutes floues malheureusement.

Et voilà, notre petit séjour en Camargue se termine. J’espère que ce récit de voyage vous a plu tout autant que moi. J’espère pouvoir y retourner au printemps. Ou faire un autre voyage « ornithologique » tout aussi magnifique et ressourçant.

À bientôt sur ce magnifique coucher de soleil, vu depuis notre chambre.


Ma série de photos ratées sur le vol d’un Milan noir (je crois)

Une autre série sur des engins volants en métal :-)

Un jour, un matin, à Embourg

Un cri dans le ciel. Je lève la tête.  Héron cendré je pense. Mais je ne le vois pas. À la place, un rapace. Non deux. Un milan royal. Un couple ? Ils sont bas. Vol lent et gracieux. Un cercle plané pour le deuxième. Il se laisse observer. Admirer  Oui, je suis subjuguée. Tête claire, blanche, visible de la terre. Queue échancrée, caractéristique chez cette espèce. Je pars à pied chez le médecin. Je suis malade. Zut, pas de photo.

Ça crie grave. Ça discute sec. Ça fait du potin tintamarre. Au rond-point « Au Passou », dans le marronnier du coin, rassemblement de corvidés. Les corneilles s’expriment, les pies volent de-ci de-là, les geais sont discrets. Une histoire d’oiseaux. Discutent-ils de l’automne ?

Petit papillon se pose devant moi. Vite vite les derniers rayons de soleil. Souvenir  d’un été passé. Dernières chaleurs d’un automne débutant.


En haïkus

Un cri dans le ciel

Couple de milan royal

Migration d’automne

Dans le marronnier

Ça crie et ça discute

Plein de corvidés

Le Parc de Hauster, à Chaudfontaine

Ce matin, pour mon anniversaire, je me suis offert une balade en solitaire :-)

Depuis la maison, j’ai marché, marché, marché, pour arriver jusqu’au parc de Hauster, situé à Chaudfontaine, Liège, Belgique. Je n’ai pas pris le même chemin à l’aller qu’au retour. Il faut savoir varier les plaisirs. Et quelle bonne idée j’ai eu de faire ce détour ! J’ai fais de chouettes rencontres ornitho. Clic-clac, des photos.

J’avais aussi envie de poésie. Courte poésie. 5 – 7 – 5 syllabes. Cela nous vient du Japon. Des haïkus. Oui, dès le réveil, les mots ont chantés dans ma tête. Dès le réveil, j’ai ouvert mes oreilles, d’abord, et puis mes yeux. Quand je me réveille, il fait encore noir. Noir d’encre. Encre nuit. Le soleil n’est pas encore levé.


Croissant de lune
Chant d’un oiseau nocturne
Une chouette

Chante la chouette
Au petit matin d’été
Happy bird day

Le dix septembre
Là une chauve-souris
Croissant de lune

La chauve-souris
Passe devant la lune
Déjà elle s’en va


Au parc de Hauster
Un héron entre deux ponts
Les pattes dans l’eau

Sur le chemin
À côté de la rivière
Un merle noir

Au-dessus de l’eau
Le rire caractéristique
Du pic-vert raisonne


Le soleil se lève
Colore d’un rayon pourpre
Le héron cendré


Un cri craquant
Le héron s’envole
Il le fait savoir


La mouette rieuse
Atterrit sur une pierre
Dans la rivière


Poignard délicat
Qui farfouille dans les plumes
Toilette du héron


Tac-tac je l’entends
Le martellement de son bec
Pic où es-tu ?

Tout petit oiseau
Minuscule boule de plumes
Un des deux pouillots

Un petit pouillot
Perché au-dessus de l’eau
Virevolte

Petite araignée
Sur la barrière en bois
Est rouge sang


Au petit matin
Moment de la toilette
Pour la mouette


C’est au bord de l’eau
Que je vois le plus d’oiseaux
Prendre la pause


Grappe de cormorans
Se repose tranquillement
Au bord de l’eau


Pour clore cette balade d’anniversaire, rien que pour le plaisir des yeux, une grappe de photos avec les mouvements de l’eau et les oiseaux. J’aime entendre ce bruit de l’eau qui chute, des remous, une chanson douce à mes oreilles, une musique relaxante.

Les marrants oiseaux marins et des photos à gogo !

Mes vacances à la mer du Nord

La mer. Les coquillages. Le vent. Les oiseaux. La plage. Le sable. La mer. Les oiseaux.

La Panne et Nieuport (B) et Bray-Dune (F). Le long de la plage, à l’intérieur, dans une réserve naturelle, non loin des dunes, en ville. Des balades quotidiennes. Des sorties le soir. Et des photos. Plein de photos.

Le temps n’est pas extraordinaire. Pas mal de pluie, presque quotidienne, et du vent. Beaucoup de vent. Vent véritablement violent, qui renverse les poubelles des restaurants sur la dune, qui fait courir les grains de sable dans nos yeux, qui freine nos balades quand on avance contre lui. Mais ce vent permet de joyeuses observations ornithologiques : des goélands qui planent au-dessus de votre tête pour voir si vous n’auriez rien à becqueter et des mouettes qui font elles aussi du surplace au-dessus d’un bras de mer. Elles sont portées et soutenues par ce vent, ailes ouvertes. Quand elles zyeutent un repas, zou, les ailes se rabattent et elles tombent tout en délicatesse. Pic, elles picorent leur nourriture et vlan, elles rouvrent leurs ailes. Elles remontent aussitôt à la verticale. Fascinant.

Le vent soufflant fort sur la mer donne aussi un fabuleux spectacle chez les humains. Nous avons été témoin d’homme (ou femme ?) volant, littéralement ! Accroché à un fil à son parachute, confiant sa planche aux vagues énergiques, un homme a été emporté dans les airs comme s’il s’agissait d’un brin de paille. Si cela avait été moi, j’aurais vraiment fait pipi dans ma combinaison ! Mais là, ce n’était pas moi et j’ai été surprise d’abord, puis j’ai rigolé comprenant que l’homme gérait la situation.

Depuis que nous sommes arrivés, malgré le vent, j’entends avec bonheur le rire des goélands. Ils sont marrants à donner de la voix régulièrement. J’aime les écouter, les regarder. Je peux fermer les yeux et me perdre dans cet instant rien qu’à moi. Ces oiseaux typiques du littoral, nous les rencontrons parfois à l’intérieure des terres, en ville, à proximité d’un canal ou d’un étang. Chez moi (Liège), ce sont souvent des mouettes que j’observe. Ici, à la mer du Nord, c’est plutôt l’inverse : les goélands sont bien plus nombreux et présents que les mouettes.

Grâce à mon appareil photo numérique, je peux faire des centaines de photos en une seule sortie. Avec le vent qu’il y a, et immortalisant toujours la nature sans trépied, les deux-tiers de mes photos sont floues.

Voilà quatre jours que je suis là et je n’ai pas encore eu l’occasion d’observer à loisir une mouette. J’ai pris en photo des goélands, des petits, des plus grands, des gris clairs au très foncé, presque noir, mais point de mouette. Un soir, alors que le ciel est dégagé et que nous venons de souper, la vue que j’ai en face de moi (le ciel, des arbres, le toit d’une maison) me pousse à sortir pour une dernière balade sur la plage. Mon objectif est clair : trouver et photographier une mouette, ou deux, ou trois… le matin-même, j’avais dessiné deux mouettes dans mon carnet de dessin. C’était un cygne, enfin un signe je veux dire.

Sandales, pantalon léger et souple que je peux remonter pour marcher dans l’eau et appareil photo. Je suis parée et déterminée à remplir mon objectif. D’ailleurs, je préviens mon amoureux : je reviens quand j’aurai vu et photographié une mouette, pas avant (rires).

Les oiseaux sont là très tôt le matin et le soir, quand les plages se vident, quand le calme revient et que les enfants criants, riants et courant partout sont rentrés. Reste les chiens, les joggeurs et les promeneurs comme moi. Pour le moment, le matin n’a jamais été sec, j’ai donc profité d’une accalmie le soir.

Impressionnant ! La plage est déserte, ou presque. Il n’est pas très tard : 19h. Nous soupons tôt, il est vrai, sans doute que beaucoup de gens se restaurent à l’intérieur. Très vite, j’ôte mes sandales pour sentir le sable sous mes pieds. A une dizaine de mètres, je remarque immédiatement un oiseau près d’une étendue d’eau. Un oiseau de la famille des laridés. Cette famille comporte 22 genres et 103 espèces. La plupart des espèces appartiennent aux goélands, aux mouettes et aux sternes. L’oiseau que je vois est plutôt petit pour un goéland et fin. Cela pourrait bien être une mouette. Quelle chance ! Depuis que j’ai un appareil photo avec un super gros zoom, un bridge de la marque Sony, un Cyber-shot, DSC-Hx400V (2017), je n’utilise plus mes jumelles. En effet, mon appareil photo a un zoom optique de 50x avec un stabilisateur intégré. L’oiseau en question ne semble pas farouche, car un homme se trouve assez proche de lui et il ne s’en va pas. L’oiseau marche (poussé par le vent) dans une flaque d’eau de mer. Je le vise dans un premier temps pour tenter de l’identifier. C’est bien une mouette, chouette ! Mais les couleurs sur sa tête sont un peu particulières. Les mouettes rieuses, celles que l’on voit la plupart du temps, ont à l’âge adulte un capuchon chocolat sur la tête. Cette caractéristique est présente uniquement pour les adultes qui nichent (printemps-été), c’est ainsi qu’on les reconnaît facilement. Les adultes qui ne nichent pas (et en automne-hiver) en sont dépourvu, ils ont la tête toute blanche avec une petite tache noire au niveau de chaque oreille et près des yeux. Les jeunes ont des taches brunâtres sur la tête et selon leur âge, plus ils sont jeunes, plus ils ont du brun dans leur plumage.

« Ma » mouette est donc un peu bizarre, car elle a des taches brunes, mais qui descendent bien au-delà du haut du cou, plus bas que le collier. Ma référence pour identifier les oiseaux, c’est le super site : oiseaux.net. Et voyez ce que je découvre en plus des nombreuses photos et infos textes : une aide d’identification par Intelligence Artificielle !! Il reconnaît la mouette rieuse, mais me demande de poser la question dans le forum ou d’essayer avec d’autres photos, car si le genre « mouette » est certifié avec 72,16 %, l’espèce précise « mouette rieuse » n’est identifiée qu’à un taux de 19,17 %. En effet, sur la première photo, un profil montre une tache brune qui descend bien en-dessous du « capuchon » habituel. Il existe une autre espèce de mouette, moins fréquente, qui a aussi un capuchon « chocolat noir intense » sur la tête qui descend plus bas, mais cette mouette mélanocéphale n’a pas le bout de ses plumes noires, elle est entièrement blanche et grise. J’ai donc inséré une autre photo de « ma » mouette, avec l’autre profil, et là, la certitude monte à 94,54 % pour le genre mouette et 60,14 % pour la mouette rieuse.

Heureuse je suis donc ! Mais ce n’est pas pour autant que je vais déjà rentrer, il fait beau, il fait sec, il fait calme. Je continue mon chemin sur la plage, les pieds dans le sable, en faisant attention aux coquillages cassés qui peuvent me blesser. Et puis j’aime aussi faire trempette. Juste les pieds et les chevilles. Très agréable, relaxant, ressourçant. Il fait tellement gai, je me sens tellement bien que je décide de m’asseoir sur le sable mouillé, en tailleur, et je ferme les yeux. J’écoute les goélands jacasser. Un chien aboyer. Le vent me murmurer un peu trop fort des mots doux et iodés. Et puis, un « tchiip tchiip » me fait ouvrir les yeux immédiatement. Je vois une minuscule silhouette au-dessus des vagues. Un chevalier ? Bécasseaux ? Ils sont deux et volent côte à côte. Trop rapides. Trop tard pour moi, je n’arrive pas à les viser dans mon appareil photo. Cela me pousse à me lever et à continuer ma promenade. Bien plus loin, un groupe d’oiseaux m’attend. Des goélands sûrement. Je marche lentement, doucement. Je ne suis pas pressée. Un peu avant le groupe que j’ai repéré de loin, je discerne une silhouette sur la plage, tout près des vagues qui vont et qui viennent. Une mouette ? Elle me parait bien fine et basse sur patte. Zoom : une sterne !! Je ne sais pas laquelle (Caugek ou Pierregarin), car je n’en n’ai pas encore vue de mes propres yeux. Et donc encore moins photographié. Je mitraille de là où je suis. Elle est loin. Très loin. Elle est petite. Zoom à fond, je sais que ce n’est pas bon, on voit le grain, la photo ne sera pas nette.

Et puis je pense à un livre que j’ai lu dernièrement où l’on disait qu’aujourd’hui, on ne sait plus simplement profiter d’un paysage ou d’une observation, qu’il faut qu’on photographie ou qu’on filme à tout va et puis qu’on partage ça sur les réseaux sociaux. Cet extrait m’a marqué. Il est vrai que j’aime pousser sur le déclencheur un peu trop souvent, impulsivement. Mais ce n’est pas pour en « parler » autour de moi rien que pour me « montrer », mais j’aime partager mes découvertes ornitho, partager mes connaissances sur les oiseaux, pour apprendre à les connaître, à mieux les protéger, à les aimer. Et puis, aussi, j’avoue, pour me souvenir que j’ai vu ça, que j’étais là aussi, pour me rappeler ces instants magiques, intimes entre la nature et moi. Je ne suis pas une « cocheuse » comme on dit chez les ornithos zozos (ou zinzins, c’est comme vous préférez). Cocher le plus d’espèces visibles, courir ou voler dès que quelqu’un dit avoir vu telle ou telle espèce, tout quitter pour « cocher » une observation, enregistrer les moindres alertes, être à l’affut de « la coche ». Oui, une sterne, je n’en avais jamais vue. Je sais qu’il en existe au moins deux espèces différentes que je peux voir ici ou pas trop loin de chez moi. C’est marrant, car à mon travail, mon patron (qui est aussi un passionné de la photo et des oiseaux) avait mis une sterne en fond d’écran sur mon ordinateur. Il y a peu de temps, je l’ai changée pour une photo que moi j’avais prise, un jeune goéland avec un bâton dans le bec. Je pense donc à mon patron quand je vois cette sterne et je prends plein de photos, en avançant petit à petit, vraiment tout petit à tout petit pas. Le vent est toujours assez fort. Je dois mettre un genou à terre pour essayer de bouger le moins possible. J’essaie d’avancer pour être devant la sterne (toujours à une vingtaine de mètres d’écart entre elle et moi) et pour avoir le vent de dos. Mais dès que j’arrive à son niveau – à au moins quinze mètres d’elle – elle s’envole aussitôt pour se poser encore plus loin. Elle et moi jouons à ce petit jeu pendant dix minutes environ. Dix minutes. Et il m’en faut quelques autres supplémentaires pour réaliser qu’elle s’est rapprochée du groupe de goélands et… qu’elle n’est plus toute seule !! Une deuxième sterne est avec elle. Sont-elles de la même espèce ? Ou est-ce un jeune ? Je ne connais pas cet oiseau et suis incapable d’émettre la moindre hypothèse. Alors, je mitraille encore à gogo. Pauvres oiseaux (rires). Après une bonne cinquantaine de photos, je me dis que c’est assez. Elles m’ont fait avancer l’air de rien et de La Panne mon point de départ, je vois que Bray-Dune n’est plus très loin à présent. Elles m’auront bien fait marcher ces petites demoiselles :-)

Les sternes sont aussi appelées  » hirondelles de mer ». Et ce ne sera que sur l’écran de mon ordinateur que j’identifierai deux espèces différentes : la Sterne caugek et la Sterne pierregarin !

Ces sternes, j’aurai l’occasion de les apercevoir en nombre, mais de bien plus loin, lors de notre balade à Nieuport.

C’est précisément lors de cette balade que j’ai pu voir, et photographié bien sûr, un Huitrier-pie (« pie » car il est noir et blanc comme « notre » Pie bavarde et « huitrier », car il se nourrit principalement d’huitres !), des chevaliers (de deux espèces différentes je pense), un Courlis cendré (et même plusieurs, de loin), quatre Hérons cendré, une Aigrette garzette (que je n’avais pas vue au début, et qui pourtant était plus près que les hérons !), un Faucon crécerelle en vol, un Faucon épervier aussi en vol et, enfin, trois Vanneaux huppés. J’ai failli oublier : des Grands cormorans, sur piquet, sur la plage, en vol, … (retrouvez toutes les photos d’oiseaux dont je parle ici, à la fin de l’article)

Je n’ai pas revu de Grèbe huppé que j’avais eu l’occasion de voir en novembre dernier, à Nieuport. « À la place », un jeune goéland bagué surveillait les passant en plein centre-ville, confortablement et idéalement posé sur le toit d’une camionnette garée.

Enfin, l’avant-dernier soir, j’ai eu la chance de pouvoir observer, sur la plage de La Panne une étoile de mer mal en point qui a fini par servir de repas à un Goéland cendré solitaire, ainsi qu’un Bernard l’Hermite.

J’ai essayé d’écrire, en détails, chaque sortie dans mon carnet, carnet particulier que j’ai trouvé dans une librairie, carnet ligné avec en couverture… un Vanneau huppé ! Rien n’est hasard, tout est signe 😊

Enfin, dans mon carnet de dessin prévu aussi tout spécialement pour ces vacances, après avoir rempli quelques pages de dessins inspirés par mes livres de dessins sur les animaux, coquillages et flore marine, j’ai envie de dessiner d’après mes photos. Mais pour cela, il va nous falloir, à vous et à moi, encore un peu de patience avant de pouvoir vous montrer et vous partager le résultat.

Et parce que j’ai enfin fini le tri des photos, en voici d’autres Vous reconnaitrez :

  • un pigeon ramier (un papa ou une maman) qui s’est (re)posé sur la terrasse de notre logement.
  • un poisson mort intact (de la pêche ou malade ?)
  • un calmar
  • des crabes ou araignées de mer

Enfin, pour terminer ce long article, voici quelques photos d’oiseaux en vol. J’ai essayé de prendre des photos en pleine action. Beaucoup sont ratées, quelques-unes sont intéressantes et d’autres sont vraiment chouettes.

Nous n’avons pas eu beaucoup de soleil, mais durant deux soirées, je suis restées dehors jusqu’à ce que le soleil se couche. Cela donne de magnifiques lumières et photos en contre-jour.

PS : après avoir réduit les photos et noté la date et le lieu de prise de vue, ainsi que mon nom, je remarque que j’ai fait une faute au nom à la ville de Nieuport. J’ai fait un mélange de son écriture francophone et néerlandophone, oups !

Jeune corneille, corneille noire

Je me suis fait un copain. Une copine ? Une jeune Corneille noire.

C’était lors de notre visite au refuge « Animal sans toi…t » dimanche dernier.

On continue avec une comptine ? Saurez-vous reconnaître celle-ci ?

Y a une corneille

Dans le refuge

J’entends la corneille qui crie

Y a une corneille

Dans le refuge

J’entends la corneille crier.

J’entends, j’entends la corneille qui crie,

J’entends, j’entends la corneille crier.

La corneille fait partie de la famille des corvidés : pies, corneilles, geais, choucas, corbeaux, cassenoix, etc. Ce sont des oiseaux très intelligents. Ils savent compter. Ils savent imiter. Ils aiment jouer. Ils font preuve de réflexion. Ils savent apprendre. Ils s’apprivoisent même facilement, car ils ne craignent pas l’homme (certains sont plus timides et plus farouches que d’autres)

Quand j’habitais à Bruxelles, ce qui était bien, c’est que tous les oiseaux et mammifères ou presque tous étaient protégés. Malheureusement, ici en Wallonie, la Corneille comme d’autres animaux sont considérés comme « nuisibles » et les chasseurs et autres énergumènes homidés qui se considèrent à tort comme espèce supérieure aux animaux, les tuent.

Mais passons…

Ma fille et moi, nous arrivons au refuge sur les coups de 14h. On passe par l’entrée principale. Dehors, nous nous dirigeons vers les poules, ce sont par elles que ma fille commence sa tournée. Nic-nac écrasés ou coupés font leur régal. Il y a un petit coq tout mignon, des dizaines de poules de toutes les couleurs et de toutes les plumes, des plus petites aux plus grandes et il y a un géant, un coq impressionnant qui vient toujours tout près, mais qui laisse les autres manger. Il ne s’impose pas et ne beque pas la tête des autres.

Notre routine est bien établie : poules, cochons, chevaux et ânes, moutons et chèvres. Sans oublier Jurassic l’emeu ni Casimir le jeune bœuf adorable. Si nous avons le temps et qu’il n’y a pas trop de monde, nous passons voir les chats pour une séance de câlins.

Nous sommes sur le chemin pour aller vers l’enclos des poules quand nous nous arrêtons. De là où nous sommes, on a vue sur la prairie des caprins (elle est marraine d’une chèvre). Alors qu’elle se demande si de nouvelles chèvres sont arrivées, car il lui suffit d’un coup l’oeil pour repérer les « petits nouveaux », une taille, une couleur differente, moi je cherche du regard un oiseau qui crie. Elle scrute la prairie éloignée, moi je tends l’oreille pour essayer de déterminer l’endroit de ce gueulard 😄 une corneille sans doute, ou peut-être corbeau freux mais le son ne me parait pas si grave. Et entre le vent et mon ouïe déficiente, pas facile d’identifier cette voix. Mais ce qui est sûr, c’est un appel. Appel à l’aide ou appel à manger… peut-être un jeune coincé quelque part ou tombé du nid ??

On est là pour une heure minimum. On vient d’arriver, on fait notre petit tour et on verra bien.

Sur le chemin « des caprins », juste avant, j’entends de manière bien plus nette le cri : c’est un jeune sans aucun doute. Et je le vois rapidement sur le muret. C’est une jeune corneille. Que fait-elle là toute seule, à hurler à plein poumons ? Où sont ses parents ? Je m’approche rapidement et m’étonne qu’elle grimpe toute de suite sur mon bras que je lui présente ! Ma fille est allée donner à manger aux moutons. Je lui demande s’il ne lui resterait pas un petit quelque chose à manger pour l’oiseau qui a grimpé sur mon épaule puis qui s’est installé sur le haut de mon sac à dos. Elle lui donne 3 petits morceaux de banane qu’il engloutit sans la moindre hésitation. Les jeunes corvidés sont omnivores avec une préférence pour la viande pour une belle croissance. Momentanément, quand on n’a pas de viande ou d’animaux mort sous la main, on peut donner de la nourriture pour chats (viande humide ou croquettes humidifiées). Ça tombe bien, nous sommes dans un refuge pour animaux et il y a des chiens et des chats qui attendent une adoption.

La corneille, pas farouche et sans-gêne a grimpé sur ma tête en s’accrochant à mes cheveux. Je la reprends sur mon avant bras. Nous ne pasons pas inaperçues elle et moi. Surtout elle 😄 Je croise une bénévole et je lui dis qu’il faudrait nourrir ce jeune oiseaux… et là, j’apprends qu’il est déjà pris en charge et soigné par une autre bénévole et qu’ils l’ont laissé volontairement là pour lui apprendre la liberté. Il a été trouvé dans cet état avec des plumes bien abîmées (prédateur ? pluie/vent ?). Parents invisibles, il a été récupéré par le refuge. Il réclame à corps et à cris à manger. Tout le temps. Il n’aurait pas pu tomber mieux.

Voilà pourquoi il était si familier avec moi. Il est déjà « apprivoisé ». J’espère qu’il retrouvera la forme, des plumes bien comme il faut, une santé de fer et une liberté dans ses mouvements. Il est fort possible qu’une fois adulte et indépendant, il fasse du refuge, son territoire. Reste à savoir si les autres oiseaux sauvages l’accepteront parmi eux.

Ma fille a fait une vidéo, que je ne peux pas partager ici malheureusement. Mais les photos parlent d’elles-mêmes : un grand bavard qui a de la voix 😄

Escargot escarg’eau

En voici un qui adore l’eau !

Cela me fait penser à l’adorable comptine

Petit escargot

Porte sur son dos

Sa maisonnette,

Aussitôt qu’il pleut

Il est tout heureux,

Il sort sa tête.

Celui-là, un « Petit-gris » bien grand, a d’abord été l’objet de curiosité de Minos, le grand roux, le grand chat. Puis de moi.

J’me baladais sur la terrasse, le cœur ouvert à l’inconnu moustachu. J’avais envie de dire bonjour à n’importe qui. N’importe qui, ce fut toi, d’abord le chat, et puis toi à l’humaine, je t’ai dit n’importe quoi puis, je suis monté sur ton doigt. Il suffisait que je rampe sur le dos ta main, pour t’apprivoiser.

Vous avez bien sûr reconnu la chanson de Joe Dassin, que j’ai adaptée pour l’occasion.

Je devais partir au travail ce matin-là. Alors, j’ai invité Monsieur l’Escargot à descendre de mon poignet sur lequel il se baladait à s’naise. J’ai rapproché ma main du recipient d’eau qui est sur le mur de notre terrasse pour les animaux de passage (et nos chats).

  • Pas une seule seconde il a hésité !
  • À son rythme déterminé, mon poignet, il a quitté.
  • Tête la première, dans l’eau, il a plongé.
  • Exploré, tout au fond, il a été.
  • Fascinée, j’ai été.
  • Se noyer, je me suis interrogée.
  • Sans se presser, il est remonté.

C’est seulement quand j’étais certaine qu’il gérait la situation à la surface, que je me suis activée, pour en photos, la situation immortaliser !

Ma fille a des escargots aquatiques dans son aquarium, plein d’escargots, vraiment beaucoup, de 3 espèces différentes. Eux ne remontent pour ainsi dire jamais à la surface, aucun ne s’est échappé même du petit aquarium sans couvercle. Si tout le monde sait que les escargots – terrestres – sortent quand il pleut et qu’ils aiment (ont besoin de) l’eau, je ne savais pas qu’ils pouvaient y rester plusieurs minutes (heures ?) complètement immergés.

Quand, par mégarde, il m’arrive de marcher sur l’un d’eux, je me fonds en excuses et vérifie si je ne l’ai pas tué en brisant sa coquille irrémédiablement. À mon grand désarroi, mon amoureux aime les manger. Mais celui-là, il ne finira pas dans son estomac (mais peut-être bien dans celui d’un oiseau !)

La nature nous inspire

Fabienne et Marianne ont été inspirées par une photo que j’ai faite lors de mon 1er atelier d’écriture dans les bois, avec Isabelle, de Time to Cin’k. Pour aider à l’inspiration, je leur ai proposé quelques mots de ma liste et elle pouvait en choisir au minimum 3 :

  • gazouillis
  • femmes
  • arbres
  • oiseaux
  • vent
  • forêt
  • fauvette
  • banc
  • nature
  • calme
  • printemps
  • groupe
  • bois
  • toile

Texte de Marianne

Les héros minuscules

Marianne Debry

En ce mois de mai, mes pas m’avaient conduite sur un promontoire. Devant moi s’étendait une généreuse vallée, tout arborée. Un chant mélodieux s’éleva d’un taillis, celui d’une fauvette des jardins, à la robe brun-gris. Un petit oiseau assez terne, bien éloigné des chatoyants volatiles. Cette discrète demoiselle ne mesure que quatorze centimètres et pèse dans les vingt grammes.

Et pourtant, on aurait tort de la sous-estimer….

Car cette jouvencelle revenait tout droit d’Afrique du Sud où elle avait hiverné. Elle avait parcouru pas moins de dix mille kilomètres. Elle gardait dans ses ailes la trace de ce périple où elle avait joué sa vie.  

L’épreuve la plus terrible s’avéra la traversée du Sahara. Elle se souvient du désert avec ses courbes de femmes et son sable ridé, ses massifs de lave et ses regs caillouteux. Figée dans l’ombre en journée, elle ne volait que la nuit. Rien pour se sustenter, elle vivait sur les réserves de son corps. Elle ne pouvait compter que sur elle.

Alors, imaginez-la à présent épuisée et amaigrie. Elle qui a enduré, dans une extrême solitude, le chaud et l’aride. Elle dont le regard a bu, à longueur d’heures, l’ocre du désert.

Elle contemple ces forêts à perte de vue, touffues, mousseuses. Du vert, du vert à en perdre la tête, de la fraîcheur à s’y rouler. Et ces ruisseaux qui gambadent ; et ces insectes qu’elle débusque ; et ces baies qu’elle engloutit. Elle est transportée de joie !

Elle voudrait s’abandonner au vertige de l’extase. Elle rêverait de camper au septième ciel. Mais elle sait que, dans six mois, elle repartira vers le sud. Durant sa courte vie, elle entreprendra quatorze fois sa mythique odyssée. C’est son destin, sa tragédie, sa noblesse.

Je poursuivis mon chemin, la fauvette nichait dans mes pensées. Ce modeste oiseau, d’apparence si banale, doit nourrir une âme puissante. Elle me fit songer à tous ces héros minuscules, au courage surhumain. Ces invisibles pour lesquels mon cœur se gonfle d’admiration et de respect.

Cette grande voyageuse me donnait à voir une sagesse. Souffrir dans la traversée de nos déserts, porté par la force du désir, habité par la promesse de la joie à venir.

Refuser la vie en pantoufles, l’esprit grégaire. Choisir la découverte, le questionnement, l’exigence. Chercher dans l’épreuve une occasion de croître.

Et cette quête infinie, aller au bout de soi-même…


Texte de Fabienne

C’est encore le printemps et il fait déjà très très  chaud !

Par ces temps caniculaires, rien de tel qu’une promenade en forêt à l’ombre des arbres, à l’écoute du gazouillis des oiseaux .  N’est-ce pas une fauvette que j’entends à proximité ? Un petit vent circule. L’idéal pour s’asseoir sur un banc en pleine nature au milieu des bois.  J’aurais pu me joindre à un groupe de femmes elles aussi en balade mais j’ai préféré rester seule au calme…Il n’est pas impossible qu’en redescendant en ville je me fasse une petite toile….Mais je n’ai pas encore consulté le programme de cinéma.


Merci à elles deux d’avoir joué à ce petit jeu.