Des insectes de toutes les couleurs

Regardez vos pieds

Dans un jardin sauvage

La vie en couleurs


Ici (Chaudfontaine) ou ailleurs (Bomal-sur-Ourthe), je vous présente les minuscules que j’ai rencontrés en ce mois de mai (et début juin).

Un mois de mai parsemé d’averses, de vent parfois violent, de généreux soleil le temps d’un trop bref instant.

Les jardins ne sont pas entretenus. À peine tondus une fois quand on y pense, quand il ne pleut pas (facile de ne pas tondre durant le mois de mai, tellement il a plu très régulièrement).


Un matin nuageux mais sec, je me suis accroupie dans le jardin et j’ai observé la vie qui grouille à mes pieds. J’ai été impressionnée de voir un nombre incalculable de petites araignées noires et blanches. Ma première réflexion a été : Bon sang, je dois en écraser tout plein quand je marche dans le jardin !

J’ai commencé à vouloir les compter, mais cela m’étais un peu difficile tellement il y en avait. Celles-ci sont très timides et se réfugient sous les herbes à une belle vitesse. Je n’osais plus bouger de peur d’en écraser. Puis, j’ai réalisé que l’herbe était tellement haute et les brins, nombreux, qu’elles pouvaient sûrement trouver refuge sur la terre et que les pieds n’arriveraient pas à les aplatir.

Ces jolies petites araignées de moins d’un centimètre sont des Pardosa spec.  Ce n’est pas moi qui le dit,  mon application ObsIdentify.

L’application

ObsIdentify a été installée en août 2022. Par curiosité, pour apprendre à découvrir les noms des insectes que je rencontre. Il n’y a pas que les insectes qu’elle peut identifier : fleurs, plantes, champignons, oiseaux, etc. Tout ce qui est sauvage.

C’est sympa et relativement facile à utiliser. Mais il y a encore quelques bugs et fonctionnalités absentes ou défectueuses. Je dis ça, pour moi. Je ne suis jamais arrivée à télécharger une photo prise avec mon smartphone, avec position activée, et à l’intégrer dans l’application, après l’observation. Il me dit que les donnés géographiques ne sont pas localisées et donc il est incapable de faire l’identification. Car la photo n’est pas toujours bonne, nette, sans la « macro » de mon smartphone. Dommage.

Bref, j’apprends ainsi à identifier les insectes. Mais les noms sont parfois compliqués et je ne les retiens pas tous.

Quand l’application n’est pas certaine de l’identification à 100%, un administrateur, expert, peut apporter ses connaissances et ainsi valider l’identification, la corriger, déterminer le sexe ainsi que le stade (l’âge) de la bête. Mais, les corrections arrivent parfois tardivement.

Et dernièrement (hier), j’ai voulu aller trop vite et l’application a reconnu à 100% l’espèce photographiée, mais elle a choisi d’identifier la plante plutôt que le magnifique insecte posé sur une de ses feuilles !! J’espère qu’un administrateur va pouvoir corriger cela rapidement, car « mon » Agrion est vachement plus intéressant et plus beau que le lierre 😂

Je vais donc vous présenter quelques insectes colorés que j’ai aperçus dans mon jardin ou dans celui de ma maman.

Si vous découvrez une erreur d’identification, merci de me le signaler pour que je puisse corriger cela dans cet article.

Un très bel insecte aux couleurs métalliques et voyantes : la Cétoine dorée

Je poursuis avec un autre insecte tout aussi coloré et aux couleurs vives électriques : l’Oedémère noble. J’ai découvert que le spécimen en photo est un mâle, reconnaissable à ses « cuisses » épaisses.

Une photo un peu floue pour le Cardinal à tête rouge.

Pour rester dans cette couleur, je crois que Gendarme est déjà bien connu…

Mais connaissez-vous le Rhophale faux-gendarme ? Plus grand, plus haut sur pattes, tête rouge… À s’y méprendre si on ne fait pas attention.

Un peu moins rouge mais plus orangé, deux insectes de la même famille : le Téléphore sombre

Et son frère, le Téléphore livide. Photo recadrée et un peu floue, la bestiole ne voulait pas poser pour moi, s’envolant rapidement à la moindre approche.

La belle demoiselle au corps flamboyant : la Nymphe au corps de feu

Et son cousin Agrion gracieux que l’application a zappé, préférant identifier le lierre…

Un insecte moins coloré, mais si l’application à raison quant à son identification, ce serait un insecte rare qui était dans mon jardin. Je vous le présente donc aujourd’hui. Mesdames, Messieurs, applaudissez le Podops européen.

Un administrateur a approuvé mon observation, avec preuve (photo). La photo n’est pas très nette.

Pour terminer le choix de ces premières présentations entomologistes, voici le Charançon damier. Encore un autre insecte moins coloré mais pas moins intéressant.

Oh ! Au temps pour moi. Une chenille se rappelle à moi. Pardon futur papillon.

C’est sous un soleil présent, à quelques trente centimètres du sol, que j’ai remarqué ce magnifique Bombyx du chêne

Le pays des minuscules est à portée de nos yeux. Il suffit de s’accroupir, de se baisser, de patienter.


Depuis août 2022 :

246 observations enregistrées

129 espèces différentes (tout confondu, insectes, fleurs, champignons, oiseaux)

L’éthologie ou le comportement des animaux

J’ai toujours été fascinée par les animaux, par leurs comportements, leurs jeux, leur vie.

Mardi soir, je suis allée écouter (et regarder) la conférence de François Verheggen. Oui, celui-là même qui a écrit les deux livres dont j’ai déjà eu l’occasion de parler ici.

Je le dis tout de suite, la conférence était trop courte. J’aurais pu l’écouter quatre heures durant sans jamais m’ennuyer, en apprenant des tas de choses super intéressantes, en rigolant sur des anecdotes incroyables mais vraies.

Il a depuis peu lancé sa chaîne youtube : science bestiale Je fais très rarement de la pub, mais, franchement, si les animaux vous intéressent, vous passionnent, si vous êtes curieuse et curieux de mieux les connaître, allez regarder quelques vidéos là-bas ! Vous ne serez pas déçues ni déçus. Promis.

Ses livres « Un Tanguy chez les hyènes » et « La cigale et le zombie », je les ai déjà lus. Mais dès le début de sa conférence, il nous a parlé des trois éthologues du XXe siècle, dont celui que j’aime particulièrement et dont j’ai lu presque tous ses livres : Gérald Durrell. Et voici un de ses gros ouvrages qui a été réédité il y a peu, qui réunit trois livres : La trilogie de Corfou

  • Ma famille et autres animaux
  • Oiseaux, bêtes et grandes personnes
  • Le jardin des Dieux

Petite, vers 12 ou 13 ans, c’est en lisant un livre de cet éthologue que j’ai eu envie de me spécialiser. Ce que je voulais faire comme métier, quand j’étais petite, c’était vétérinaire. Comme pour beaucoup d’enfants sensibles à la cause animale. Après lecture du titre « Un zoo dans mes bagages », de Gérald Durrell, je m’imaginais devenir vétérinaire volante, c’est-à-dire une vétérinaire qui se rend dans différents pays pour soigner les animaux sauvages dans leur milieu naturel.

Trente ans plus tard, je n’ai toujours pas pris d’avion une seule fois pour voyager ni faire des études vétérinaires. (Rires)

Non, aujourd’hui, je voyage grâce aux livres et aux milliers d’histoires qui m’emmènent dans des pays différents, tantôt avec des animaux, tantôt avec des enfants.

Et ce rêve d’étudier, de suivre, de comprendre et de soigner les animaux sauvages est toujours présent…

Alors bien sûr, la façon de faire de Gérald Durrell pour étudier et sauver les animaux, à sa façon, pourrait être mal vue aujourd’hui, mais n’oublions pas que les moyens d’études de la faune, sa protection et sa sauvegarde n’étaient pas  aussi faciles et abordables qu’aujourd’hui. Surtout, il n’y avait pas toute cette technologie de pointe.

Sans ses recherches personnelles et sans celles d’autres éthologues aujourd’hui disparus, la science des comportements serait peut-être différente.

François Verheggen nous a expliqué que lui, son domaine de recherches et d’études, c’est autour des phéromones et des odeurs ! Comment elles sont émises, perçues, reçues, transmises, etc. Un côté de la science très peu exploité, je trouve, et dont on ne parle pas aussi souvent.

Avoir des yeux de lynx

La nature est partout autour de nous.

Il faut savoir l’observer. La patience, le calme, le regard affûté et le tour est joué.

Ce week-end, ma fille a utilisé tout ça. Avec son regard de lynx, elle a vu la vie dans la petite mare de sa mamy.

Le jardin de sa mamy est on ne peut plus accueillant pour la faune et la flore. Niché dans un petit village de campagne, au bord de l’Ourthe, le jardin est vivant en toute saison.

Ce couple de Tritons alpestre s’est amusé à jouer à cache-cache avec nous. La femelle était moins timide.

Chez cette espèce, c’est la femelle qui est plus grande et plus grosse.

Longue vie à ce petit couple d’eau. ♥️

Ma voiture grouille de vie

Ma voiture, je lui parle. Elle a un nom. Des noms. P’tite Toto. Ma Titine. Ma Cocotte. Je l’aime bien. Elle est ma première. Je suis sa première. Entre nous, ça roule !

Elle a 5,5 ans. Et toutes ses pièces. Je lui en ai fait voir de toutes les couleurs : trottoirs, nids de poules, buissons, branches d’arbres, je ne les compte plus. Sa première cicatrice date. Je m’en souviens comme si c’était hier. Elle n’avait pas six mois. Un hiver. Quand il fait très froid, je rentre ma Cocotte dans le garage. Un tout petit garage. On dirait qu’il a été conçu pour elle. Sa copine, la voiture de mon compagnon, ne rentre pas dedans. Le garage a multiple fonctions : garde-manger, coin des machines, débarras. La machine à lessiver. Sa porte. Elle était restée ouverte. Je ne l’ai pas vue. Mais je l’ai entendue ! Titine aussi. Elle n’a pas crié. Ou à peine. Il n’a pas fallu la recoudre. Heureusement. La plaie fait un rectangle cinq centimètres sur quatre.

P’tite Toto a déjà subi canicule, orage, pluie, grêle, neige, tempête de vent. Pneus troués, jante abîmée, carrosserie griffée et parfois légèrement cabossée, elle vit sa vie de voiture par tous les temps.

Des voleurs ont failli la kidnapper un jour. C’est sa copine qu’ils visaient et elle, ma Titine, bien à l’abri dans le garage, a eu la peur de sa vie.

La vie. Hier, ma Cocotte a porté la vie. Les vies. Habituée à servir d’aire de repos à notre chat Orion qui aime se prélasser sur son toit, marcher sur son capot et faire le tour de sa silhouette arrondie, hier elle a joué au taxi.

À mon insu, une bonne centaine de bébés araignées a élu leur toile de croissance sur l’avant de ma Titine ! Des dizaines et des dizaines de points jaunes grouillant juste au-dessus de son parchoc. Ils ont découvert la région et je me suis fait guide touristique à cette occasion.

Ces minuscules créatures à huit pattes deviendront, pour certaines, pour celles qui n’ont pas eu froid aux yeux et qui ne sont pas mortes de trouille en vivant quelques instants à 90 à l’heure, de belles Épeires diadème. Je ne sais pas si leur maman était avec ses petits, je ne l’ai pas vue à cet instant.

Regardons de plus près ces petits points.

En dehors du fait que je dois donner une bonne douche savonneuse à ma Cocotte, on peut déjà apercevoir et identifier des araignées. Il est donc certain que ce n’est pas encore aujourd’hui que Titine sera lavée. Laissons la Vie s’épanouir et les araignées, grandir.

La plupart ont survécu à la vitesse de croisière de mon trajet d’hier. Elles étaient en bonne position pour accueillir toutes les mouchettes dans leur filet. Elles n’avaient qu’à se servir sans trop dépenser leur énergie. Un garde-manger qui se remplit automatiquement, ça c’est du service !

Photo de l’heureuse maman dès que possible. Un peu de patience, elle est timide. 🕷️

Gros plan de leur super toile en préparation. 🕸️

Animal mystère sur la côte belge

J’inaugure une nouvelle catégorie avec cette photo.

Photo prise à la mer du Nord. À La Panne, sur la plage, à marée basse.

C’était le dernier jour d’avril, en milieu de matinée. Il faisait beau avec un ciel dégagé et quelques petits nuages blancs. La température était plutôt fraîche pour la saison : 11 degrés en plein soleil, à l’abri du vent.

Mais qu’est-ce que ça peut bien être ?

J’ai discrètement mis un couteau à côté de la créature pour donner une idée de sa taille impressionnante. En longueur, elle devait bien avoisiner le mètre ! Je n’ai pas osé la toucher.

Sa texture semblait gélatineuse et humide. Des centaines et des milliers de petits tubes couleur saumon.

Je ne voyais ni la tête, ni les pattes.

L’application Obsidentify m’a donné une réponse sûre à 100%. Malgré tout, je n’étais pas certaine, car cela n’y ressemblait pas.

Alors, j’ai lancé une bouteille à la mer, c’est le cas de le dire, en publiant ma photo et ma question dans un groupe sur FB : « Côte belge, La Panne et ses environs ».

Plus de 1000 réactions 😳 (du jamais vu pour moi) et une bonne centaine de réponses. Seulement une poignée de personnes a pu me répondre en justifiant leur identification tantôt par une capture d’écran d’un site avec une photo de l’animal, tantôt par une photo qu’elle a faite elle aussi, sur une plage voisine, le jour même ou la veille.

Un indice : l’animal n’est pas adulte et ce n’est pas encore un jeune. Il sort d’habitude entre les mois d’avril et d’août.

Un autre indice : Il n’est pas seul, il y en a plusieurs, ils sont vraiment nombreux.

Parmi les réponses loufoques que j’ai reçues (et une que j’ai imaginée la première fois que j’ai vu ce « truc »), je peux vous garantir que ce n’est pas :

  • Pollux
  • Des spaghettis ou des nouilles
  • Une serpillière
  • La moumoute d’un politicien américain
  • Une écharpe
  • Un poisson vivant près d’une centrale nucléaire
  • Une anémone 
  • Un corail
  • Une méduse

La première réponse que j’ai reçue, je l’ai adorée. Je l’ai gardée pour la fin. On garde toujours le meilleur pour la fin. Car celle-ci a été écrite avec tant de sérieux que j’ai eu un doute sur l’existence de cet animal.

Quoique vous puissiez le croire aussi, je vous certifie que cette bête n’est pas un mouton marin. Je n’ai pas vérifié sur place, je n’ai pas réveillé la bestiole, car je ne voulais pas qu’elle soit de mauvaise humeur après son sommeil et qu’elle me charge !

Enfin, moins gai mais plus appétissant pour certaines personnes, à l’âge adulte, cet animal peut être consommé par l’humain. Oui, on peut le manger 🥺


Continuer à lire … « Animal mystère sur la côte belge »

La nature en bref, faits de printemps

Infos lues dans le magazine À la croisée des mondes inexplorés, n°62 – avril – mai – juin 2024

Petits billets réécrits by me.

  • Le monde tourne fou ! On a jeté en prison un pigeon. Oui, vous avez bien lu : un pigeon ! Son crime ? Il a simplement fait son job de messager en apportant un message à un humain. Son erreur ? Le message était illisible. Il a été intercepté et a été immédiatement soupçonné d’espionnage ! Bah oui, le pays où l’animal a passé 8 huit mois de sa vie en prison, c’est l’Inde et le message était écrit en … chinois. Huit mois d’emprisonnement dans une clinique vétérinaire de Bombay avant de retrouver sa liberté ! Pauvre pigeon. Je n’en sais pas plus, mais je me demande s’ils ont fini par trouver l’expéditeur humain. Si oui, qu’ont-ils faits ? Si non, j’espère qu’ils tirent leur propre conclusion et qu’ils n’enverront plus un pauvre animal en prison !
  • On n’arrête pas le progrès ! Les fabricants de supers optiques, lunettes d’observation, jumelles et longues-vues, Swarovski, a réussi à combiner une intelligence artificielle à son matériel ! Comment ? Grâce à un logiciel relié à une application sur un smartphone. Cette technologie permet aux passionnés d’ornithologie (comme moi) d’identifier pas moins de 9.000 espèces d’oiseaux ! Et ce n’est pas tout. Les autres amateurs de nature ne sont pas en reste, car l’appareil est aussi capable de reconnaître quelques 300 espèces de mammifères, plus de 200 papillons et même 60 libellules différentes ! Tout cela ne vous coûtera que la modique somme de 4.600 euros.
  • L’Humain est le plus gros pollueur ! Vous avez envie de faire une grimpette jusqu’au Mont Everest ? Avant d’y aller, pensez à embarquer dans votre sac à dos un pince-nez et un sac pour recueillir et transporter vos propres déjections. Hélas, oui, il est rapporté qu’au niveau du camp le plus proche du Mont Everest, pas moins d’une tonne et demie d’excréments humains sont laissés là. Je pense qu’avant même de commencer la grimpette, vous sentirez l’odeur pestilentielle de la merde ! Rassurez-vous, grâce à la poudre contenue dans votre petit sac spécial, vous pourrez vous débarrasser de vos déjections au camp, la poudre supprime toute odeur. Personnellement, je trouve qu’on devrait former les grimpeurs à enfouir leurs cacas à des endroits bien précis de telle façon qu’ils transforment leur visite en matière recyclable en créant un compost naturel. Faire d’une pierre deux coups, c’est tellement mieux pour tout le monde.

Jeu d’écriture : réécrivez ces trois petits articles avec un autre ton :

  • neutre : information principale, sans prendre parti de l’un ou de l’autre
  • policier : énigme, interrogation, tout est bon
  • humour : qu’on rigole un peu
  • scientifique : avec des données précises et… scientifiques

Bon amusement :-)

Balade dominicale, choix de jumelles, sans APN

Savez-vous qu’il est bon de s’autogratifier de temps en temps ?

Non seulement, ça fait un bien fou, mais cela renforce notre confiance en nous.

Le week-end dernier a été un peu particulier. Tout a commencé samedi matin. J’ai osé prendre une petite araignée sur ma main, pour la sauver d’une mort certaine par noyade impitoyable (douche). Bon, j’ai tendu une main et elle a voulu prendre tout le bras, j’ai donc du y mettre le hola ! Mais une fois qu’elle était en sécurité et que, ma peau, elle a quitté, je me suis sentie fière et forte ! Ancienne arachnophobe, je n’avais jusqu’ici osé inviter une araignée de plus d’un millimètre à me grimper dessus. Oh ! Celle-ci n’était pas bien grande et s’approchait d’un bon demi centimètre, mais elle était si légère que je n’ai même pas senti ses pattes courir sur ma paume.

Ce n’était pas celle-ci, mais elle lui ressemblait. Alopecosa spec.

Ma première victoire du week-end. « Bravo, Cécile ! »

Mon second bonheur a été de recevoir, cet après-midi là, un livre que j’avais commandé à ma librairie naturaliste « Regards Nature » : La trilogie de Corfou, de Gérald Durrell. La libraire l’a tout spécialement commandé pour moi et elle voulait me faire la surprise. Adorable Marie ! Merci !

Enfin, ce dimanche matin. J’allais voir une amie et j’avais prévu de faire une balade près de chez moi, à Chaudfontaine. En ce moment, je porte une attention particulière à la migration des batraciens. Je souhaitais profiter de cette promesse d’un dimanche lumineux grâce au magnifique lever de soleil auquel j’ai pu assister peu après 7h, pour aller découvrir l’endroit de passage, en plein jour. En effet, ces animaux se déplacent quand il fait nuit, quand il fait noir.

Je prépare mes affaires en pensant à la remarque qu’une copine m’a fait dernièrement quand on s’est baladées au printemps dernier. C’était au même endroit : « Je n’ai jamais vu quelqu’un faire autant de photos en si peu de temps ». Oui, j’ai le clic compulsif. J’avoue que ce tic, ce toc, ce tic-toc s’est accentué avec les années. Et ces derniers temps, je ne fais franchement pas de belles photos. Je privilégie la quantité à la qualité. C’est l’inverse que je devrais faire. Alors, pour cette balade dominicale, j’ai laissé l’appareil photo à la maison et j’ai enfin ressorti ma paire de jumelles ! Magnifique outil d’observation que je n’avais plus utilisé depuis que j’ai super zoom à mon APN (50X optique + le numérique !). Il va de soi que comme c’est un bridge, le zoom poussé au-delà de 10x donne une qualité de photo médiocre, on voit le grain, c’est sombre, parfois flou, bref, c’est moche ! Néanmoins, année après année, à chacune de mes sorties, il ne m’a jamais quittée. A la visualisation de mes nombreuses photos, je soupirais à chaque fois, tellement la qualité laissait à désirer, mais j’étais quand même « contente » d’avoir pu immortaliser cette espèce d’oiseau, cette autre là, ou encore celle-ci.

A la librairie « Regards Nature », il y a tout un rayon avec des jumelles. Des jumelles, des loupes, des binoculaires, des longues-vues, des harnais et adaptateurs pour GSM. J’ai donc pensé à ces jumelles en ressortant la mienne : une paire de Bushnell, une 8X42, qui doit avoir plus de 20 ans ! Je l’avais déjà lors de ma formation ornitho en 2004. De mémoire, je pense que j’ai dû l’acheter quand je travaillais pour le magasin Nature & Découvertes du Woluwe Shopping Center (Bruxelles), soit entre 2000 et 2003 ! Tout cela ne me rajeunit pas !

L’on voit que la technologie a bien avancé. La morphologie de mes jumelles est différente. Elle n’est pas droite, mais tout en courbes. Elle a de belles formes, pour une agréable prise en main. Le chiffre « 8 » indique le niveau de grossissement. Pour un oiseau à 80 mètres, je le vois donc comme s’il était à 10 mètres.
L’autre chiffre, le « 42 », c’est le diamètre de l’objectif. Plus ce chiffre est grand, plus il laisse entrer la lumière. Pour moi qui aime observer les oiseaux et mammifère un peu partout, dont en forêt où, au printemps et en été, les feuilles donnent de l’ombre au paysage, au regard, ce compromis est excellent. Je peux aussi observer par temps couvert.

Bref, ce dimanche 17 mars 2024 est annoncé ensoleillé et sec au début de la matinée et couvert avec un risque de pluie dans le courant de la journée. Nous n’avons prévu une balade que la matinée.

7h57, fin prête, je ferme la porte de la maison à clé. Dedans, toute ma famille encore endormie. J’avance de deux mètres en me demandant si je vais aller en voiture jusque là où à pied. Il y a entre 30 et 40 minutes pour descendre jusqu’au point de rendez-vous, mais pour le retour, la montée en lacet avec une pente de 11 % a refroidi mes envies ce matin-là. Je range mes clés de maison, je sors celle de la voiture. Et je le vois ! Lui ! Un épervier ! Il devait être derrière ma voiture, je ne l’ai pas vu décoller, mais il s’est envolé et s’est perché sur le toit de mes voisins d’en face. Vite, mais avec des gestes délicats, mesurés, sans le quitter du regard, je sors ma paire de jumelles de son étuis. Il est toujours là. Les jumelles vissées à mes yeux, j’ai le temps de l’observer deux secondes pleines avant qu’il ne reprenne son envol et disparaisse derrière les maisons, dans la vallée. Deux secondes c’est très court et à la fois assez long pour avoir pu voir les iris orange de l’oiseau, son pelage plutôt gris cendré et son poitrail ligné de roux et de blanc. De la taille d’un pigeon, c’était un beau mâle d’Epervier d’Europe ! Les rapaces me fascinent, mais bien d’autres espèces plus petites et non crochues me fascinent tout autant.

Je vis là un signe. Je devais partir à ce moment-là et être pile à cet instant dehors, pour le voir. Vu la balade prévue, je serai certainement déjà sur les rotules et c’est sans regret que je prends la voiture, les jumelles sorties posées sur le siège passager. Je suis tout sourire. Il n’y a personne pour me voir, mais je continue à afficher un grand sourire de pur bonheur. Les jumelles, c’est vraiment toppisime pour les observations ornitho ! Pourquoi et comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Sur la route, je suis déjà occupée à imaginer une épitaphe pour mon appareil photo, le remerciant pour ses bons et loyaux services rendus durant ces dernières années. J’en suis là dans mes pensées quand, fenêtres ouvertes et radio muette, j’entends un Geai des chênes avant de le voir voler au-dessus de moi.

Il est 8h03 quand j’arrive à l’entrée du Parc Hauster, à Chaudfontaine. Il fait 5°C. Tour de cou, gants et veste coupe-vent, un carnet et un crayon dans une poche et mon téléphone portable dans l’autre, j’entame le début de ma balade. Celle-ci sera d’abord en solitaire. Mon amie arrivant vers 9h30, j’ai tout le temps pour découvrir le réveil du parc et de ses habitants ailés.

Trois canards colvert, deux mâles et une femelle, tournent en cercle au-dessus du pont. Ils descendent après le troisième passage. L’un d’eux a hésité où atterrir ! Avant ou après le pont ? Choix difficile. Descente amorcée. Il se posera dans un grand splash sous le pont.

Il fait calme. Peu de monde à cette heure matinale, un dimanche. Quelques chiens font leur première balade. L’un ou l’autre joggeur aussi. Le soleil brille. Je commence même à en ressentir sa chaleur. Un petit chant me fait lever la tête et je marche … dans une énorme déjection d’oiseau (oie ou canard). Est-ce que marcher dans une merde d’oiseau porte autant la chance que les merdes canines ? Je veux le croire.
Je suis assez nulle à l’identification des chants d’oiseaux. Au visuel, j’ai un bon niveau d’amateur avancé, mais à l’ouïe, c’est une catastrophe. Heureusement, la Sittelle coopère et se pose non loin, à portée de jumelles. Je vois très clairement son petit derrière roux avec des taches blanches. A moins que ça ne soit un derrière blanc avec des taches rousses ? Toujours est-il que je suis agréablement surprise de la qualité d’observation. Je ne pense même plus à mon appareil photo, aucun regret, aucune triste pensée pour lui. Le petit bec de ce passereau s’ouvre, je vois les plumes de sa gorge vibrer, le son qui en sort, mélodieux.

D’autres petits chants l’accompagnent. Un vrai concert en plein air. Gratuit et sublime. Je devine un rouge-gorge, des mésanges de toutes sortes, un merle, un étourneau et sans doute d’autres que je n’ai pas vu ou que je ne connais pas.

Deux pigeons ramiers sont discrets. Tout comme une corneille dans le ciel, qui vole et qui passe au-dessus de moi, tout simplement.

Ah oui ! Bien sûr ! Ce magnifique chant appartient au Pinson des arbres. Je vois Monsieur et Madame, côte à côte, qui s’en vont, qui viennent, qui volent, qui se posent après avoir fait des figures improbables dans les airs.

Un petit son bref, aigu, répétitif. Une, puis deux Bergeronnettes des ruisseaux. Gris et jaune, avec un peu de blanc, je ne peux pas les confondre. Le mâle a le ventre et dessous de la queue jaune vif, la femelle a des couleurs plus pâles, plus ternes à ce niveau là, mais elle garde néanmoins de belles couleurs. Monsieur a aussi une bavette noire bien large, absent chez Madame. Leur deuxième nom, « Hoche-queue », leur colle bien à la peau. Posé, en marche, leur queue ne cesse de monter et de descendre. Avec leurs fines griffes, elles s’agrippent aux pierres qui contiennent La Vesdre. Cette même eau et d’autres, qui en juillet 2021 a débordé de son lit et a fait de nombreuses victimes et nombreux dégâts. Presque 3 ans plus tard, des stigmates sont encore visibles ici.

Quelques mètres plus loin, une mésange me réjouit de sa présence. Pas n’importe laquelle. Ce n’est pas la toute petite « bleue », ni la bien connue « charbonnière ». Ce n’est pas la « noire » que j’espère un jour revoir. Pas plus que la longue-queue qui a changé de nom (Orite à longue-queue). Celle qui est là, devant moi, est en réalité, je ne sais pas exactement. J’ai toujours confondu et je n’ai pas réussi à retenir les différences visuelles pour les Mésanges nonettes et les Mésanges boréales. Je croyais me souvenir que c’était une histoire de taille de calotte ou de niveau de celle-ci, noire : est-ce qu’elle englobe les yeux et descend jusqu’à la nuque ? Eh ben, flute et zut ! Car les deux ont une calotte identique… Il est question ici d’une brillante de cette calotte ou d’une tache plus chamois sur les flancs ! Je crois que je vais me fier à cet article (merci Ornithomedia) qui dit que l’espèce « boréale » est plus rare.

Après mon petit schéma que je ne partagerai pas vu mon niveau médiocre de dessin, mes observations continuent avec plusieurs individus de Bernaches du Canada : sur l’eau, sur le bord de l’eau, en vol, en cancanant, etc. Je ne les ai pas comptées exactement, mais en nombre, elles remportent la patte palmée d’or !

Un autre Geai des chênes me salue de son cri rauque et caractéristique. J’aime les couleurs de cet oiseau : chamois, rose, roux, noir, bleu et blanc ! Et avec de ces yeux bleus hypnotisant !

Le long de l’eau où les inondations ont charrié un koï blanc, je rencontre furtivement le splendide Martin-pêcheur. Il ne fait que passer et je l’admire donc de mes simples yeux émerveillés d’humain. Au loin, j’entends le rire tout aussi caractéristique d’un Pic-vert. Je ne le verrai pas du tout ! Son rire continuera à me narguer durant dix à douze bonnes minutes.

Il est 9h. J’arrive presqu’au bout de ce deuxième tronçon, au-delà du parc Hauster, non loin du Grand Casino de Chaudfontaine. Un bras de La Vesdre, qui était quasi à sec il y a moins de deux mois, déborde légèrement. Elle n’est pas encore sur le chemin, mais elle a déjà pris le dessus du petit passage en bois qui est installé dans l’eau et au-dessus de celle-ci. Il y a eu beaucoup de précipitations il y a 3 à 4 semaines et un orage avec de la grêle et des trombes d’eau, de courtes durées heureusement, 48 heures plus tôt.

Ce sont donc les pieds dans la boue, enfin les chaussures de marche qui en ont déjà vu d’autres, qui avancent prudemment pour ne pas me faire glisser. Plic ploc, je verrai d’autres Bergeronnettes des ruisseaux, un autre Pinson des arbres mâle et une poignée de Bernaches du Canada. Et un miaulement me fera lever les jumelles vers une Buse variable qui plane et décrit de larges cercles, haut dans le ciel.

Au sol, des traces de la visite d’un ou des castor(s) !

9h30, mon amie est là. Zou, je vais à sa rencontre, heureuse de la revoir après tout ce temps et nous débutons notre jolie promenade tout en papotant gaiement, un peu comme les oiseaux gazouillant.

Nous aurons l’occasion de voir une Gallinule poule d’eau solitaire, 3 mouettes ou goélands ? (bien trop haut pour les identifier), 2 Goélands NonIdentifiés ainsi qu’un Grand cormoran en vol et deux autres posés sous un pont. Dans le Parc Hauster quand on revient, un Grimpereau (des bois ou de jardin ? encore une colle pour moi) ne cessera de se jouer de moi à la fin de notre balade. Mais Vanessa a pu le voir brièvement avec les jumelles, et rien que pour ça, j’en suis déjà contente.

Pour les animaux, autres que les oiseaux, sans le voir en chair et en poils, nous avons vu les traces du Castor sur quelques arbres qui n’étaient pas (pas encore) protégés par un grillage.

Enfin, grâce à l’application ObsIdentify, j’ai pu identifier des champignons sur les arbres. On en voit régulièrement, mais jamais je n’avais poussé ma curiosité à chercher à leur donner un nom.

De haut en bas et de gauche à droite : Daldinie concentrique, Amadouvier et Crepidotus mollis à deux stades différents