Araignée du matin, je me sens bien

– Maman ! Il y a une araignée qui est tombée sur ma tête quand je suis entré dans la douche.
Grand gaillard de 17 ans m’informe tout simplement de sa rencontre matinale. Le plus tranquillement du monde. Il n’a pas peur, lui. Les araignées et autres insectes ne le dérangent pas tant que ce petit monde reste loin de lui et ne le touche pas.
Il vient donc chercher l’outil de capture pour déplacer la bête.


– Tu veux que je m’en occupe ? (Non mais allô quoi ! Je lui propose ça alors que c’est moi qui suis une ancienne arachnophobe, je suis stupide parfois !)
Signe affirmatif du fiston paisible qui mesure une bonne tête de plus que moi, mais avec 20 kg en moins.
Il aime me tester, je vous l’dis, les ados sont sans pitié.
– Tu es sûr que ce n’est pas un grand Moustique, un Cousin ?
– Non, je t’assure, une araignée !
Je prends l’outil sauveur en main.
Je monte les escaliers.
J’ouvre la porte lentement. Mes yeux scrutent le plafond au-dessus de la porte.
– Sous la douche, là. Dit-il en me pointant du doigt le/la coupable.

Ah oui ! Pas une petite. Pas une grande non plus. Je n’ose quand même pas la prendre dans ma main. Faut pas pousser maman dans les orties, hein ! Et puis, oups, y a quand même un Cousin qui vole partout. Je ne peux pas être au four et au moulin, j’en ai déjà mis un dehors hier matin ! Si ça se trouve c’est le même qui revient et qui n’a pas pigé qu’il risque sa … Plastch ! … sa peau, oui. Je t’l’avait bien dit, cousin, qu’il ne faut pas frôler le fiston au risque de passer un sale quart d’heure. Bon, oui, tu n’as pas vu le temps passer, ni le temps de dire « ouf ».

J’ai réussi à « éduquer » mon fils et son père de ne pas tuer les insectes, mais de les capturer et de les déplacer (même si ceux-ci finissent par revenir à l’intérieur un peu plus tard, chuuuut, faut pas leur dire). Sauf pour les moustiques, les mouches collantes et reines du harcèlement. Le Cousin, lui, n’est pas un moustique, il ne pique pas. Mais il a de longues ailes, de longues pattes et il a beaucoup de mal à se poser tranquillement et à nous laisser prendre nos douches. Quand c’est moi qui suis dans la salle-de-bains, ils ne craignent rien – plus aujourd’hui – mais si c’est le fiston ou Monsieur mon amoureux, oups, ça va vite. Ils n’ont pas le temps de souffrir.

Bon revenons à nos moutons, enfin, à notre araignée. Un, deux, trois et hop ! un peu d’acrobatie en montant sur le rebord de la baignoire, mes deux pieds écartés pour m’assurer de ne pas glisser et la bête est dans la boîte. Car je vois déjà les titres en grands dans les journaux locaux « Une mère de famille se brise le cou dans sa salle-de-bains en voulant sauver une petite araignée de rien du tout ».
Le fiston prend sa douche et moi je me demande où je vais libérer la bestiole. Dans l’attente, je la libère sur un mur du salon. Je la sens agitée dans cet espace clos, comme prise au piège.
Sur le mur blanc, clic-clac, une photo que je télécharge dans l’application « ObsIdentify », j’apprends que c’est une Épeire diadème. Le sujet présent à de longues pattes, plus longues que les autres que je côtoie régulièrement. Enfin, j’ai cette impression, mais les pattes tendues, ça peut me tromper.
Puis, j’y pense : au salon, il y a toujours une Épeire diadème qui fait sa toile sur la fenêtre, à l’extérieur. Toujours avec la petite boîte, je déplace l’araignée sur la fenêtre qui est ouverte. Je pose l’ouverture du piège sur le bord de la vitre. Elle s’y rend de suite, puis, zzzzzzou, elle se laisse tomber. Elle reste accrochée à un fil de la toile je suppose. Les huit pattes bougeant dans le vide. Zut ! Ce n’est pas sa toile, elle tente de fuir et se laisse tomber par terre. Sur la couverture des chats, elle est recroquevillée et fait semblant d’être morte. Je la reprends une troisième fois dans la boîte.

– Désolée jeune fille (une araignée, ne sachant si c’est un mâle ou une femelle, je l’appelle « jeune fille »), tu es un peu bousculée, mais je cherche à te mettre dans un endroit accueillant.

J’abandonne le salon pour la déposer sur le muret de la terrasse qui est situé en bas de la salle-de-bain. Et là, elle s’y sent comme chez elle. Elle va à gauche, puis à droite, de long en large. Elle finit par s’immobiliser à un endroit. Je décide de faire une photo de près, pour le groupe FB dans lequel je suis. J’aimerais bien la prendre sur ma main, mais elle a toujours ses huit pattes tendues et ça me refroidit quelque peu. L’Epeire diadème est l’espèce d’araignée qui m’a permis de me réconcilier avec ces petites bêtes. J’ai commencé par admirer leur motif sur leur dos, leur couleur différentes, leur taille, leur toile. C’est grâce à une, deux, trois épeires que j’ai eu moins peur des 8 Pattes. Je pourrais faire un petit effort peut-être ?

Une, deux, trois, quatre photos plus tard, je me décide. Croyez-moi ou non, c’est pile au moment où je me décide de me jeter à l’eau qu’elle disparaît mystérieusement. Je l’avais là, devant l’objectif de mon smartphone, puis, pfffiouit, elle n’y est plus. Disparu. Evaporée ! Ou alors, elle a sauté dans mes cheveux ? Mais les épeires ne sautent pas, pas comme les petites Salticidae (celles-là, j’en ai déjà pris 2 sur ma main !). Je cherche, je cherche. Elle a dû se cacher. Je ne la trouve plus.

– Longue vie à toi petite épeire aux longues pattes :-)


Petit BONUS avec un montage photos d’une Epeire diadème en plein travail de construction de toile. C’était fascinant à regarder. Quelle patience et « compas dans les yeux » (rires). C’était la semaine dernière à mon travail (Liège)

Le reflet rouge, c’est à cause de la vitre, la pochette de mon smartphone est voyant ! Ha ! Ha !

Une vision de cauchemar

Une jeune mésange prend un bain de fourmi. Elle semble vachement apprécier ce nettoyage gratuit. Elle se dresse sur ses deux minuscules pattes, se fait grande et écarte les ailes pour n’oublier aucun endroit.

Une enfant et une adulte que je suppose être sa mère ne remarque pas l’oiseau à terre, affairé à se nettoyer. Je n’ai pas le temps d’immortaliser cette scène de la nature en photo, l’oiseau s’est envolé, les fourmis sont tombées. Il n’y a plus rien à voir. Circulez.

Quelle déception.

Je prends ma voiture pour une destination inconnue. Je me dirige vers un chemin incertain. Au gré de mes envies, vers le destin. Dans la rue à ma droite, qui descend, enfin, normalement, en voiture, on la monte depuis en bas, il y a un feu qui a été installé.  Il est orange. Une file commence à se former. C’est déjà arrivé que le sens de circulation, qui est unique en temps normal, soit modifié. Jamais, il n’a été installé un feu pour permettre une circulation dans les deux sens. C’est aberrant. C’est une toute petite rue. Une petite rue étroite et longue de près de 500 mètres (je dirais, à vue de nez), avec une pente estimée à 11 %. Avant d’avoir ma voiture, je la prenais souvent à pied pour retrouver ma maison. En haut de la montée, le rythme de mon cœur dépassait les 150 battements à la minute ! Même si je suis contente d’avoir Titine, ma toto, même si j’apprécie qu’elle ne souffle pas comme un bœuf quand elle arrive en haut, cette montée, à pied, me manque parfois. Il y a un bois qui longe toute cette route et je vois toujours une chouette faune.

Donc ce feu de circulation, étrange. Je n’y pense plus, car voilà que sur l’autre route que je prends, une nationale, limitée à 50 km/h, mais que tout le monde, y compris moi, ne respectons presque jamais pour cause qu’on longe deux parties boisées, il y a aussi un feu mobile. « Mais qu’est ce qu’il se passe ici ? ». Au croisement, une policière fait la circulation. Je freine un peu tard pour l’apercevoir dans mon rétroviseur. Elle s’est mise à un drôle d’endroit. Je ne vois donc pas si elle me dit que je peux y aller. Et j’y vais. Il n’y a personne à ce croisement. Je descends cette route sinueuse. Je n’entends pas de coup de sifflet. C’est que c’était OK. Et là, stupéfaction. Consternation. Dans les arbres, à ma droite, à ma gauche, dont les branches font un pont entre les deux côtés de la route, j’aperçois un pigeon blanc et gris mort, puis un rapace. Ma voiture avance toute seule, je mets souvent le point neutre dans cette descente de près d’un kilomètre. Y a pas de petites économies. Des pigeons morts dans les arbres, j’en vois plein. Impossible à compter. Et, en réalité, ce ne sont pas des pigeons, mais des rapaces. Je crois des Élanions blancs. Je n’en ai jamais vu de mes propres yeux, mais en photos, oui. Ils sont magnifiques. Blanc et gris, avec des yeux rouges. Des larmes roulent toutes seules sur mes joues, inondant brièvement ma vision. Je ne sais plus où regarder. Je connais cette route par cœur, Titine aussi. Elle se laisse descendre sans effort. Un vrai massacre ! Certains oiseaux pendent tristement comme s’ils avaient été lâchés du ciel, comme s’ils étaient tombés inconscients en plein vol. Il a plu des rapaces. Une horreur. Il y en a absolument partout, dans presque chaque arbre.


Je me réveille avec le cœur palpitant trop vite. La gorge serrée, je pleure réellement.

Là, un souhait. Un vœu ardent. Une envie irrépressible : retourner dans ce cauchemar et changer la destinée de ces pauvres malheureux. Rêver que ce n’était qu’un rêve. Souhaiter que les oiseaux se réveillent. Désirer ardemment que je me suis trompée, que ce n’était qu’une illusion. Une simple illusion d’optique.

Mais je n’y arrive pas. Contrôler ses rêves, je l’ai toujours espéré, je n’y suis jamais arrivée malgré la tonne de volonté que j’y mets.

Ce rêve, ce cauchemar, je le dois à une insomnie qui m’a prise vers les deux heures du matin. Ma vessie, tendue à se vider à la moindre pression ou éternuement m’a fait me lever. Mode zombie, je suis allée la soulager. Sans allumer la lumière. Sans chat dans les pattes. J’ai fait ce que je devais faire et me suis aussitôt recouchée, les paupières déjà à moitié fermées. Mais le sommeil m’a fui. Morphée n’a plus voulu de moi. Mon cerveau s’est réveillé malgré mes sommations, mes ordres lâchés et ignorés. Finalement, à force de ne pas lui accorder plus d’importances que ça, les songes sont venus me happer. Et ils me l’ont bien fait payer. Les bougres.

Quand j’ai ouvert les yeux, il était 5 heures passées de quelques minutes. Sachant qu’un rêve, même un cauchemar, ne dure vraiment pas très longtemps, je n’ose calculer la durée de mon insomnie.

Pourquoi avoir rêvé de cet oiseau ? Et pourquoi cette vision de cauchemar ? Les éléments de réponse se trouvent dans ma vie réelle :

  • Les tourterelles turques qui ont niché dans l’arbre et dont les bébés ont été dévorés par un rapace. Les tourterelles ont les yeux rouges, du même rouge que cet Élanion.
  • En deux jours, deux de mes chats ont essuyé une bagarre et ont été blessés. Le sang frais des plaies de l’un, m’a attristée. Je l’ai bien sûr soigné. Tous les deux.

Pour le reste, le nombre, les positions, les arbres, l’endroit… Je cherche encore. Peut-être l’écureuil roux et le petit hérisson vus écrasés un peu plus haut sur cette route, il y a une semaine, hantaient-ils encore mon esprit nocturne ?

Photo : © Jean van der Meulen, Pixabay

Ça tombe à pic

Pic vert

Pic épeiche

Pic mar

Pic épeichette

Pic noir

Pic cendré

Pic de Levaillant

Pic à dos blanc

Pic tridactyle

Pic et Pic et collegram

Bourre et bourre et ratatam

Am stram gram


Près de chez moi, c’est là-bas, il est là, je le vois. En fait, ils sont trois. Je n’en reviens pas. Ils sont là à quelques pas de moi. J’en suis complètement baba. Je suis gaga.

Grands, grands, ils sont. Beaux, beaux, ils sont. C’est merveilleux. Merveilleux.

Je me promène. Je ne suis pas seule. Les autres autour de moi n’existent pas vraiment. Je suis dans ma bulle. Comme dans un rêve. Je longe un chemin bordé d’arbres de toutes sortes. Dans un sapin, immense sapin, tout en haut, il y a du monde. Ça vole, ça vit, c’est le vivant qui fait battre mon cœur : des oiseaux. Plein d’oiseaux. Ça chantonne, ça siffle, ça gazouille, ça crie, aussi. Tout à coup, un oiseau, long et grand, grand et long, noir et blanc, blanc et noir, se distingue des autres. Jumelles aux yeux, je le repère sans difficulté. Il ressemble à un pic épeiche, en cinq, non, en six fois plus grand. Hallucinant. Gigantesque. Un nom me vient en tête « pic royal ». Mais je crois que je l’ai inventé. Pourtant, ça lui va comme un gant. Je fouille l’endroit du sapin où je l’ai vu. Il a plein de copains avec lui : mésanges de toutes sortes, moineaux, pigeons, tourterelles, roitelets, fauvettes, et ainsi de suite. Puis, je vois d’autres comme lui. Longs et grands. Grands et longs. Noir et blanc. Blanc et noir. Ils sont trois. Et même quatre. J’imagine un couple avec deux enfants. Je me demande s’ils ont des différences. Souvent, chez les oiseaux, il existe un dimorphisme sexuel. Mâle et femelle sont différenciés tantôt par les couleurs de leur plumage, tantôt par leur taille. Les jeunes aussi sont différents. Mais ici, les quatre se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

Je n’en reviens pas de la diversité que je vois. Je n’arrive cependant pas à mettre un nom sur ces quatre-là. Ils ressemblent vraiment au Pic épeiche (+/- 24 cm) , mais les rayures noires et blanches sont plus nombreuses, plus régulières. Et puis, la taille. Ils sont grands, grands comme le Pic noir (+/- 50 cm). Une nouvelle espèce ? Un croisement ? Autant en une fois ? À un seul endroit ?

Stop ! Personne d’autre ne doit le savoir. Ce sera mon petit secret. Rien qu’à moi.

Pourtant, je ne suis pas seule. Près de moi, autour de moi, devant moi, derrière moi, d’autres gens. Des promeneurs. Des hommes et des femmes qui passent. Qui marchent. Aucun ne lève le nez. Tout ce qu’ils ne voient pas !

Je prends du recul. Je recule. Quelques pas en arrière. Je rêve sûrement. je m’assieds cinq minutes sur un banc en bois. Je laisse flotter mon regard partout. Devant moi. loin devant. À gauche. À droite. Je reprends mes jumelles et je balaie l’horizon. Doucement, tout doucement, je dirige mes mains et mes yeux vers le sapin. Je pars d’en bas, du tronc puis, je monte doucement. À chaque étage, il y a du monde, il y a des becs, il y a des couleurs. Les Quatre sont toujours là. Avec des tourterelles à côté d’eux, je compare leur taille. Ils sont encore plus grands que le Pic noir. À vue de nez, mais je n’ai pas le compas dans l’oeil ni une bonne notion des distances et des mesures, ils doivent s’approcher des 70 centimètres, du sommet de la tête au bout de la queue. Pic Royal. Ça leur va bien.


Ce que je vois, ce que j’observe est tellement incroyable que je me réveille. J’aimerais bien que la réalité dépasse mon rêve.

Mon rêve s’explique par la réalité. C’est une douce continuité de ma réalité, de ma vie. Ils font souvent ça les rêves : poursuivre le quotidien vécu. Souvent en bien, parfois en mal. Quand ils tournent mal, on les appelle des cauchemars.

Certains rêves deviennent réalité. Ils faut pour cela qu’ils soient suffisamment grands pour qu’on ne les perde pas de vue. Ils faut qu’ils se répètent. Ils doivent marteler nos songes, imprimer notre conscience endormie pour marquer. Ils faut qu’ils soient forts. Il faut que nous croyons en eux. Alors, seulement, ils pourront se réaliser.


Belle journée

Et ce soir, cette nuit, faites de beaux rêves.


N.B.

Je crois que le Pic royal n’existe pas. Il est le fruit de mon imagination endormie.

Cette observation m’a permis de faire un beau rêve. Un rêve marquant. Un rêve plein de promesses. Un rêve d’avenir.

Mais chuuuut, c’est un secret. Je n’en dis pas plus.

Elles sont de retour pour mon plus grand plaisir

Hier soir, dans l’arbre aux oiseaux (en face de mon salon), de petites Orites à longue-queue m’ont à nouveau rendu une visite éclair.

J’ai même réussi à les prendre en photo. Mais c’est qu’elles ont la bougeotte ! Je préfère vous montrer des photos nettes grâce aux supers généreux photographes qui partagent leurs photos sur le site de Pixabay.

Les deux photos de l’oiseau qui a la face blanche sont de Sharkolot. La troisième est de Kev dont j’ai déjà partagé d’autres photos d’oiseaux de ce site. J’ai choisi celle-ci en couverture de l’article.

Ma plus belle photo, recadrée. Désolée pour la qualité, mais c’est une photo de l’écran de mon vieux bridge.

Allez, une autre photo de l’écran où on en voit une de face et sa longue-queue qui lui doit son nom.

Trois petits chats, à moi

Le début pourrait s’apparenter à la comptine « Trois petits chats ». Mais il n’en est rien.

Ce matin, un sourire vient.

J’ai trois petits chats, à côté de moi.

Après la pluie, après la nuit, ils me tiennent compagnie.

Ce matin , un sourire vient.

J’ai trois de mes chats, tout près de moi.

Après avoir mangé, après s’être lavés, ils se sont étirés, et au salon, se sont installés.

Ce matin, un sourire vient.

Trois de mes quatre chats sont avec moi.

À présent que leur ventre est rempli, que leur poil brille, ils sont dans le pays des rêves jolis.

Il se passe quelque chose de bizarre

Aujourd’hui, jeudi, je travaille à la maison. Ça tombe bien, je suis malade.

Le matin, dès potron-minet, je « vérifie » le nid des tourterelles qui se trouve en face de mon salon. Je fais discrètement, je zyeute entre les tentures pour ne pas les effrayer. C’est qu’ils sont à deux mètres environ de ma fenêtre !

5h15, maman est sur le nid.

5h45, plus personne sur le nid, je vois, aux jumelles, deux trucs jaunes et noirs, les deux bébés.

6h10, papa ou maman est là et donne à manger. Les deux sont impatients et affamés. Ils tendent leur cou, se font plus grands et vont chercher la nourriture dans le bec de leur parent. Oui, les deux en même temps, chacun d’un côté du bec !

6h25, le repas est terminé, l’adulte est parti se poser près de sa moitié sur le câble en face, de l’autre côté de la rue.

Ce va-et-vient va se renouveler trois ou quatre fois, devant moi.

Dans l’après-midi, je ne sais plus vers quelle heure, je travaille quand même un peu (rires), je remarque que des mouches s’approchent puis se posent sur le nid, dans le nid, sur les bébés ! Hormis les mouches, rien ne bouge dans les brindilles. Les parents sont posés en face, non loin.

Les heures passent. Je trouve ça bizarre que ces mouches ne cessent de roder autour des bébés. D’abord, naïvement, je me dis que leur peau est trop.dur pour ces insectes. Puis, je me souviens des paroles de la nouvelle coordinatrice du Creaves près de chez moi :  » quand les mouches pondent dans un hérisson, si on n’intervient pas rapidement, l’animal peut mourir en quelques heures ». Merde ! Les oisillons sont malades, affaiblis ou morts ?!

Cela pourrait expliquer leurs absences régulières depuis hier. Cela s’est fait petit à petit. Durant toute la couvaison des œufs, les parents n’ont jamais laissé plus de cinq minutes le nid tout seul – sauf quand la pie venait harceler et agresser l’adulte présent – et même les trois premiers jours où les bébés sont nés. Il est vrai que depuis hier ou même avant-hier, mais je n’étais à la maison que le matin et le soir, je voyais de temps en temps les petits laissés seuls. Seuls à la merci des prédateurs !!

20h30. 20h45 ? Je regarde le nid aux jumelles. Les deux petits sont déjà bien grands. Ils dépassent du nid, enfin, ils ont beau être couchés, je les vois sans problème, sans même devoir monter sur une chaise. Mais ils ne bougent toujours pas. Les mouches sont toujours là. Les parents sont toujours en face, sur les câbles.

Je lis un peu sur ma liseuse. Dix, peut-être quinze minutes. Mais je suis fatiguée. Je décide de commencer mon rituel pour me préparer à aller dormir : vérifier que les portes sont bien fermées à clé, le gaz éteint, les lumières OFF. Quand je vérifie la porte d’entrée (vitrée), j’aperçois un mouvement au sol, près de notre voiture. Un chat. Je n’ai pas le temps de voir si c’est un des nôtres, je pense immédiatement aux petits oiseaux, peut-être y en a-t-il un qui est tombé et que le chat le cherche (c’est déjà arrivé). Je lève donc la tête et je vois le nid. Vu d’en bas, trois mètres de différence. Un autre point de vue. Ah ! Je crois qu’un parent est revenu. Ouf, il leur donne à manger. Ils ne sont donc pas morts. Mais … C’est bizarre cette queue. Elle est plus large. Plus grande. Une pie ? Ses yeux sont clairs ?! Oh ! Mon Dieu ! Il ne donne pas à manger, il MANGE les bébés. Un épervier !!

Le temps que je réalise ça, le rapace s’en vole à tire d’aile. Vite ! Vite ! Je monte au salon où j’ai meilleure vue. Avec les jumelles, je le cherche sur les toits voisins. Mais il n’est plus là.  Et le nid, vide. Plus rien. Et les parents tourterelles, sont là, ils n’ont pas bougé de leur place. Indifférents ? Résignés ? Est-ce donc ça qu’ils attendaient ? Car à l’heure où je vous écris ça, une heure s’est écoulée et les parents sont… Partis.

Les vitres pour les oiseaux, un véritable piège

Le reflet du ciel ou des arbres dans une vitre, est un véritable danger mortel pour les oiseaux.

Fenêtres d’habitation, d’immeubles, de bâtiments commerciaux, de serres, d’entrées d’hôpital, etc. L’oiseau en vol croit que le paysage se poursuit et fonce sur la vitre. S’il se prend la fenêtre de face, une « chance » sur deux pour qu’il y reste, fracture du crâne, cou cassé, hémorragie intracrânienne, invisible, c’est la mort. S’il ne meurt pas dans les deux ou trois heures, il a une chance de s’en sortir. Sauf si l’hémorragie est faible, il mettra plus de temps à succomber.

Certains s’en sortent. Si le choc n’est pas trop violent, si l’oiseau s’est pris la fenêtre de côté. Comme « ma » tourterelle, choc décrit dans un article hier.

Hier soir, ma fille, étudiante, m’envoie un message, une capture d’écran d’un message posté sur un groupe FB, d’une autre étudiante à Liège. Un oiseau s’est probablement cogné contre une vitre de la maison, il a été retrouvé groggy au sol, « au pied » de la fenêtre. Il a été mis en sécurité, dans une boîte, au calme et à l’ombre.

C’est un étourneau sansonnet adulte. Vous savez, ces oiseaux qui se rassemblent par centaines et qui font de jolis « dessins » quand ils volent en groupe dans le ciel.

Photo : Kev, de Pixabay

Hier soir, la Belgique a connu des orages violents. Je ne pouvais pas aller chercher l’oiseau avec cette météo. Et le relâcher par ces intempéries était risqué après le choc.

Après avoir donné les consignes en cas de traumatisme pareil, il est décidé de laisser l’oiseau dans sa boîte, à l’abri de la pluie violente et des chats, toute la soirée. Vu que l’étudiante va se coucher tard et que moi, c’est tout l’inverse, je lui propose de m’envoyer un message la nuit pour me dire si je dois venir chercher l’oiseau pour aller le déposer dans un Creaves (centre de revalidation pour animaux vivants à l’état sauvage) le lendemain.

À 5h du matin, ce mercredi, je lis un message de l’étudiante (posté à 1h40 😅) : l’oiseau semble blessé à une aile et il ne s’envole pas. J’avais décidé, hier soir, d’aller le chercher en allant au travail puis de le déposer au Creaves sur les coups de midi. Au lieu de ça, j’ai pris ma douche et j’ai préparé le nécessaire pour aller récupérer l’infortuné et le déposer dès potron-minet au refuge.

L’oiseau avait été déposé en lieu sûr, dans une boxe à l’extérieur, bien à l’abri et accessible facilement pour moi, petite souris. Sans réveiller les habitants de la maison, j’ai récupéré l’étourneau et trente minutes plus tard, une bénévole du Creaves de Theux le réceptionnait dès mon arrivée, à 6h55 !

L’oiseau était encore vivant, près de douze heures après le choc. Il criait et rouspètait à la manipulation, transfert de boîte. Mais il ne tenait plus sa tête droite ni  ne tenait pas fermement sur ses pattes. Ses deux ailes s’ouvraient et il peinait à les refermer. Son cou était rejeté en arrière, comme s’il avait les vertèbres cervicales brisées qui ne pouvaient plus soutenir sa tête. Néanmoins, entre les mains de la bénévole, il arrivait à la redresser de temps en temps.

Je ne sais pas s’il leur sera possible de le remettre sur pattes et de le soigner afin qu’il n’ait plus aucune séquelle. Sans cela, il ne sera pas relâché.

Pour éviter ces chocs contre des vitres, il suffit de mettre soit des rideaux, soit des autocollants. C’est uniquement pour casser le reflet de la nature  et « matérialiser » la fenêtre invisible. Pour la rendre visible, tout simplement.

S’ils ont le temps, cet hôpital pour animaux sauvages m’informera de la suite. En effet, en pleine grosse saison, ils ont des centaines d’animaux à nourrir, à soigner, à s’occuper.

Une photo et petit poème de moi dans cet article de juin 2020 !

Photo : Kev, de Pixabay