Découverte des oiseaux en hiver au parc

Dimanche 11 janvier 2026

Chaudfontaine, dernière journée enneigée

Balade interdite aux promeneurs. La grille et le panneau d’interdiction franchis, je compris rapidement la raison : les allées étaient devenues une vraie patinoire.

Je n’étais pas la seule à franchir cet interdit, mais il y avait moins de monde que d’habitude. Froid, mais pas glacial. Bien habillée, au sec. Agréable pour se promener si l’on fait abstraction des glissades occasionnelles.

Le paysage, les arbres, la vie, le parc, le sol… tout est blanc. Silencieux, hormis les voitures sur la route de l’autre côté de la Vesdre. Et puis, les oiseaux chantent. Peu et brièvement, mais ils sont là. Une discussion vient rompre ce charme : un couple parle et leurs voix portent loin. Désagréable pour moi.

Je marche sur le côté, dans la neige, pas sur le chemin verglacé qui crisse sous les pas. Voilà qu’un tout petit oiseau file à un mètre du sol. De petite taille, de couleur sombre, je pense au troglodyte. Trop rapide, je n’ai pas pu l’identifier. Il s’est caché dans un buisson, muet comme une carpe. Devenu aussi invisible que la cape d’Harry Potter.

Je souris et poursuis mon chemin en regardant à ma droite. Il y a souvent un héron les pattes dans l’eau. Pas aujourd’hui. Trop froid sans doute. Je pense alors à Martin, mon copain. Je veux parler du martin-pêcheur. À cet endroit, je le vois presque toujours et quand je ne le vois pas, je l’entends. Mais lui aussi, aujourd’hui, brillera par son absence. Par son silence.

Des colverts et des bernaches du Canada, en veux-tu en voilà. Et, encore plus nombreuses, des mouettes.

Mon petit bouchon* n’est pas visible. Le petit grèbe, le plus petit que l’on peut voir chez nous, en Europe, (grèbe castagneux) doit avoir bien froid lui aussi. Je me demande où il se cache, s’il trouve quand même assez de nourriture ici ou s’il a dû se déplacer plus loin pour se restaurer.

Deux bernaches se sont rapprochées de moi. Elles espèrent sans doute que je leur donne à manger. Moins farouches, ces deux-ci me regardent avec espoir, sans crainte. J’en suis désolée. Je n’ai rien pris à manger…

Quelques mètres plus loin, un rire éclate : une mouette a réussi à attraper quelque chose, un aliment d’assez belle taille. Trognon de pomme ? Morceau de pain ? Autre ? Je l’ignore. J’ai le temps de prendre deux photos, mais le butin reste indéterminé à mes yeux. Chez ces oiseaux, quand l’un a trouvé quelque chose à becqueter, il se fait aussitôt harceler par ses copains – non pour partager, mais pour se faire voler le trésor. S’ensuivent des acrobaties aériennes délicieuses à observer. J’ai toujours le secret espoir que celui ou celle qui a découvert le mets parvienne à échapper à la poursuite. Mais c’est rarement le cas : le butin, s’il n’est pas volé, est tombé, rattrapé ou ramassé par un autre qui n’attendait que ça ! Le chanceux est à son tour poursuivi… Et ainsi de suite. Ça peut parfois durer très longtemps !

À ma gauche, dans le paysage blanc, je vois du brun : de la terre retournée, éventrée au niveau d’un banc en bois recouvert de neige. Je sais qu’il y a pas mal de cyclistes qui descendent du bois, mais la trace des pneus indique que le chemin qu’ils empruntent est juste deux mètres en avant. Je m’approche. C’est impressionnant. Aussitôt une image s’impose dans mon imagination : des sangliers. J’ai déjà vu, il y a presque pile trois ans, le 13 janvier 2023, un sanglier entrer sur le parking d’un immeuble, s’arrêter devant le mur – à quatre ou cinq mètres de moi – et… traverser le double vitrage du cabinet de dentiste au rez-de-chaussée ! Il y a des souvenirs qui marquent au fer rouge, celui-là en fait partie !

Je vérifie que ces bêtes imposantes ne sont plus présentes et j’examine le lieu du crime : la terre gelée est complètement retournée. Je peux remonter la trace du troupeau jusqu’à six ou sept mètres plus haut, dans le bois. Sur le banc, des empreintes, mais pas nettes. Tout me fait penser à la visite de sangliers, mais la certitude n’est pas là. Je fais deux photos pour tenter d’y voir plus clair chez moi.

Un homme courageux, ou fou, passe à côté de moi en courant ! Il fait son jogging habituel… Mais comment fait-il pour ne pas glisser ?

Ti tu ti tu ti tu ti… Une petite mésange chantonne. Du regard, je la cherche et finis par la trouver haut perchée. Une minuscule bleue. Deux, trois… Elle n’est pas seule. Mais trop haute dans les branches pour que je tente une photo.

Par contre, une mésange charbonnière, silencieuse elle, se laisse photographier.

Une photo… L’une de mes résolutions pour 2026 est de faire moins de photos « clic compulsif » et davantage de photos uniques, en mouvement, racontant à elles seules toute une histoire naturelle.

Ce ne sera pas pour aujourd’hui que j’arriverai à diminuer le nombre de clics, quoique … Prévoyante, grâce à ma manie de garder les anciennes photos sur la carte SD – zut, elle est déjà remplie à la moitié de ma balade – j’ai emprunté une carte à mon compagnon, de faible capacité, histoire de dépanner. Grâce à ça et aux températures basses (la batterie se vidant plus rapidement), j’ai globalement fait moins de photos durant ces deux heures de balade. Enfin, tout est relatif (rires).

Car voilà qu’au bout de mon chemin, un groupe de mouettes poseuses me nargue. Quelques photos pour la forme car j’aime ces oiseaux, mais je cherche quand même à ne pas faire un énième portrait standard.

Oh ! Un grand cormoran en vol. Lui aussi, d’habitude visible couramment ici, n’est que peu présent en ce milieu de matinée hivernale.

Je commence à rebrousser chemin. Et là, une grappe d’orites à longue queue ** joue aux top model. De véritables acrobates naturelles. Des mini boules de plumes à longue queue. La vilaine habitude du clic compulsif revient très vite. Zut alors. Mais d’un autre côté, je ne crois pas avoir une seule belle photo nette de cet oiseau qui se déplace si souvent en groupe. Alors je fais des photos : une, cinq, dix… Il y en aura bien une dans le lot qui sera belle, non ? Allez, encore quelques-unes puis je les laisse tranquilles. Une réflexion absurde arrive telle une fusée : heureusement que les oiseaux ne perdent pas leurs couleurs ou leur consistance quand on fait trop de photos d’eux, les pauvres, ils seraient mal servis avec moi…

Je ne sais pourquoi, après cette séance de shooting, je lève la tête. Bingo, pile à ce moment-là, un rapace haut dans le ciel se laisse planer ! Le temps de deux photos (trois en réalité mais la première est floue, bonne pour la poubelle), et il est déjà trop loin pour moi. Je lui trouve les ailes bien larges. Bondrée ? Buse ? Autre ?

Pas le temps de cogiter, j’entends une sittelle donner de sa voix fluette. Mais je ne la verrai pas, pas à ce moment-là. En lieu et place, plus loin, je vois un petit oiseau au bord de l’eau gelée : un rouge-gorge affairé à picorer le sol. Zoom poussé à fond – ce n’est pas l’idéal, mais je n’y voyais goutte dans ces sombres broussailles.

Puis un tout petit oiseau s’amusera à jouer à cache-cache avec moi. Le temps de discuter avec un charmant couple et leur chien fou de neige, la petite mésange bleue se laissera apercevoir de loin, de haut !

Et quasi au même endroit, un turdidé (merle, grives et étourneaux) se fait remarquer. Le temps d’une seule photo… Pas de gaspillage, propre et rapide (rire).

La tête rejetée en arrière et les yeux dans le haut des arbres, je scrute les cimes à la recherche du nid de frelons asiatiques qui a été traité. Il est toujours là, bien entier quoique plus petit, me semble-t-il…

Je commence à avoir les orteils engourdis. Je n’ai pas froid, mais à force de marcher dans la neige, mes chaussures sont détrempées et je suppose que mes chaussettes sont mouillées, même si je n’en ai pas l’impression.

C’est à cet instant qu’un rouge-gorge (le même ou un autre ?) se pose à moins de trois mètres de moi et chante. Il n’a pas l’air d’avoir peur et reste là, face à moi qui le mitraille un peu trop. J’ose avancer de quelques centimètres. Une ou deux photos avec le zoom moins poussé. Encore quelques centimètres et quelques photos plus tard, je finirai par être certaine d’avoir réussi au moins deux beaux clichés de ce chanteur d’hiver. Je le remercie pour sa générosité, je souris et poursuis mon chemin.

Tiens, voilà une sittelle. De loin. Très loin. « On » fait quand même des photos. Plusieurs en se rapprochant néanmoins de quelques centimètres, décimètres, mètre ! Beaucoup, beaucoup trop de photos. Zut, mes deux cartes mémoires sont pleines. Je profite que la sittelle soit bien occupée à taper du bec sur l’écorce de l’arbre pour supprimer une dizaine de photos de vacances. Pour, sait-on jamais, faire d’autres photos d’un autre oiseau que j’aimerais revoir et surtout photographier : le grimpereau ou mon préféré parmi les mésanges, le huppé. Oui, la mésange huppée.

Hélas, je ne verrai aucun de ces deux-là. Mais ce n’est pas grave. J’ai passé un super bon moment avec tous mes amis à plumes.

Je rentre chez moi en m’imposant de trier sérieusement mes photos et de les classer enfin correctement. J’ai du pain sur la planche, vous vous en doutez. Après deux demi-journées, je n’ai pas encore fini…

À bientôt pour d’autres sorties racontées.


*un peu d’étymologie

« Grèbe » vient probablement du savoyard, sans signification particulière, c’est juste le nom qu’on donnait à ces oiseaux aquatiques dans certaines régions.

« Castagneux » vient de « castagne » (châtaigne en ancien français). L’oiseau a été nommé ainsi pour sa couleur brun-roux, qui rappelle celle de la châtaigne. Mais il y a eu confusion historiquement : le nom a parfois été donné au grèbe huppé aussi, mais c’est bien le petit grèbe qui l’a gardé officiellement.

« Petit bouchon » (surnom belge !) est parfait : avec sa forme ronde et trapue, sa couleur sombre et sa façon de flotter à la surface comme un petit bouchon de liège, le surnom lui va comme un gant. Et quand il plonge subitement, il disparaît comme… un bouchon qu’on enfonce !

En anglais, il s’appelle d’ailleurs « Little Grebe » (petit grèbe, très original !) mais aussi « Dabchick », qui évoque justement ses plongeons brusques.

** un peu d’humour scientifique

Orite à longue-queue ou Mésange à longue-queue ? En effet, ce changement de nom a fait grincer quelques dents chez les ornithologues amateurs !

Pourquoi ce changement ?

Les scientifiques ont affiné la classification génétique des oiseaux et décidé que ces petites boules de plumes vives avaient droit à leur propre famille distincte. Résultat : la « mésange à longue queue » n’appartient pas à la famille des Paridés (les vraies mésanges comme la bleue, la charbonnière, la huppée) mais à celle des Aegithalidés. D’où son nouveau nom français : orite à longue queue.

Mais dans les faits…

Physiquement, avec sa petite bouille ronde, son comportement grégaire et acrobate, elle ressemble TELLEMENT à une mésange ! Elle vit avec les mésanges, se déplace avec elles en bandes joyeuses… Alors oui, pour beaucoup de naturalistes de terrain, elle restera « la mésange à longue queue » dans le cœur.

Le pigeon ramier, le collier blanc des jardins

On le croise souvent sans vraiment le regarder. Et pourtant… le pigeon ramier est un oiseau fascinant. C’est le plus grand pigeon chez nous. Un beau costaud, capable de peser jusqu’à un demi kilo ! Adulte, on le reconnaît facilement grâce à :

  • son collier blanc bien visible sur le cou,
  • sa poitrine rose mauve,
  • son bec orange,
  • une barre blanche sur le bord de l’aile (surtout bien visible au vol, sur l’extérieur des ailes)
  • et son œil vert clair, lumineux

En vol, il est impressionnant : large, puissant, avec des battements d’ailes francs. Ses ailes claquent au vent, ça s’entend fort bien. Sa force est réelle, même si, face aux voitures, aux accidents et aux balles des chasseurs, elle ne suffit malheureusement pas toujours…

Il n’y a quasiment pas de dimorphisme sexuel (différence visible entre le mâle et la femelle). Un œil aguerri pourra remarquer que le mâle a un collier blanc plus large et une couleur du poitrail plus vive. Mais pour ça, l’idéal, est d’avoir les deux côte à côte pour pouvoir comparer.

Photo personnelle d’il y a 15j ! Voici un baiser de Pigeons ramiers. Les marques d’affection sont courantes chez cette espèce (et chez d’autres animaux bien sûr). Je dirais que la femelle est à droite, car je lui trouve un collier blanc un peu plus fin que son amoureux :-)

Un roucoulement caractéristique

Le pigeon ramier a aussi une voix bien à lui. Si tu tends l’oreille, tu peux le distinguer de sa cousine, la tourterelle turque.

👉 Le pigeon ramier roucoule souvent 5 fois,
👉 la tourterelle plutôt 3 fois.

Bien sûr, comme nous, ils modulent : le chant change selon le message à faire passer : appel, alerte, séduction… Le roucoulement n’est pas juste un bruit de fond, c’est un véritable langage.

Discret, mais présent

Le pigeon ramier vit près de nous : jardins, parcs, lisières de forêts, campagnes, mer du Nord. Il observe, il s’adapte, il traverse nos saisons, parfois sous quelques flocons de neige comme aujourd’hui sur les hauteurs de Liège, parfois en plein vol d’été, comme sur cette photo prise en juillet, à Nieuport.

Alors la prochaine fois que tu verras passer une grande silhouette grise au collier blanc, prends une seconde pour l’observer. Ce n’est “qu’un pigeon”, peut-être. mais c’est surtout un oiseau fort, sensible et étonnamment expressif.

un pigeon ramier
est passé devant mon nez
zou ! photographié
.


L’image mise en avant pour présenter l’article est également une photo que j’ai faite à la mer, à La Panne, été 2023. On peut voir que les gouttes glissent sur son plumage.

Mon coin de verdure : nature et créativité

Ce matin, nous allons à la maison communale. Pour des papiers. J’ai la chance d’habiter un endroit plutôt verdoyant. La maison communale est situé dans un magnifique petit parc.

Dans le bureau, je fais face à de grandes vitres et au parc.

Une mésange bleue et une charbonnière se donnent malgré elles en spectacle. Elles vont et viennent sur le tronc d’arbre qui est pile devant moi. Je les admire.

A la sortie, je décide de rentrer à pied. A peine dehors, j’observe un grimpereau qui se pose au bas d’un immense arbre et qui … grimpe au tronc en en faisant le tour : je le vois, je ne le vois plus. Je le vois… plus. Il joue à cache-cache ainsi jusqu’aux premières branches. Je passe tout près de lui, à trois mètres. Lentement, je ne le perturbe pas, c’est comme si je n’existais pas. Et c’est tant mieux, je peux l’admirer à loisir. Mais voilà qu’une sittelle lui pique la vedette. Sur le même tronc, ce petit oiseau qui ressemble à une mésange allongée avec son masque de Zorro sur les yeux, descend, elle, la tête en bas. Arrivée trop bas pour elle, elle s’envole et se pose en hauteur de l’arbre à côté, aussi à quelques mètres de moi. Tête en bas, hop, elle redescend. De l’autre côté du tronc, je ne la vois plus, mais je l’entend : tac tac tac. Elle picore l’écorce de son bec long et fin, à la manière d’un pic.

J’ai vraiment beaucoup de chances de vivre dans ce coin. J’ai le temps de dire ça en regardant toujours amoureusement la sittelle quand un autre petit oiseau, tout aussi adorable attire à son tour mon attention : un troglodyte.

Comment vais-je faire pour écrire mon haïku du jour avec ces trois oiseaux ? C’est à ça que je pense quand un geai traverse le ciel et déchire le silence ambiant par son cri perçant.

Des étourneaux sifflotent quelque part, je ne les vois pas, mais j’écoute attentivement cette mélodie extraordinaire qui sort de ces petits becs.

Tout ça pour vous expliquer pourquoi, l’après-midi, j’ai enfin décidé de me remettre à dessiner. Toujours d’après des modèles d’un livre que j’ai chez moi.

Dans le livre que j’ai choisi, il n’y a pas de sittelle, ni de troglodyte, pas plus que de grimpereau. Zut. Alors, je laisse le livre s’ouvrir à une page et le choix est fait : le Clairon des abeilles. Et quand je veux attraper un objet pour tenir la page ouverte, quelques pages du livre se referment. Le Cétoine doré veut aussi que je le dessine. Bon et bien, allons-y !

C’est un signe. Depuis très longtemps, je veux dessiner des insectes. Avant d’entamer un nouveau carnet (que j’avais prévu pour les dessins entomologistes), je poursuis dans le troisième carnet reçu de ma belle-maman.

Nous avons donc un Clairon des abeilles un peu glouton (trop dodu) et un Cétoine doré au régime forcé (trop allongé).

Mis en couleurs par des crayons aquarellables.

Clairons des abeilles et Cétoine doré

Autoévaluation : peut mieux faire (rires)

Image mise en avant : IA

Dans mon jardin d’automne, quelques oiseaux et…

Dans mon jardin d’automne
Ça vole, ça vole !
Un rouge-gorge familier
Des moineaux domestiques
Des mésanges bleues et charbonnières
Un accenteur mouchet
Un troglodyte mignon
Des tourterelles turques
Des pigeons ramiers
Des pies bavardes
Des corneilles noires
Des étourneaux sansonnets
Et, au bout de mon jardin, dans le haut cyprès, une quarantaine de frelons asiatiques.

— Même pas peur, dit le rouge-gorge.
— Ça se mange ? demande la pie.
— En tout cas, ça pique ! répond mon chat Loki.

Dans mon jardin d’automne,
Ça vole, ça vole !
Un rouge-gorge familier,
Qui vient, chaque jour, me saluer.

Les moineaux domestiques,
Se font plus discrets quand souffle le vent frais.
Les mésanges bleues et charbonnières,
Viennent toquer à mes fenêtres.

Un accenteur mouchet,
M’émerveille par son chant parfait.
Un troglodyte mignon,
Se glisse au cœur des buissons.

Deux couples de tourterelles,
Quelles tendres demoiselles !
Quelques pigeons ramiers,
Portent au cou un blanc collier.

Des pies bavardes,
Aux chansons criardes.
Des corneilles et des choucas,
Noirs comme Orion, mon chat.

Des étourneaux sansonnets,
Aux reflets changeants, quel ballet !
Et, au bout du jardin, dans le haut sapin
Une armée de frelons, volant, zigzaguant sans fin
Leurs couleurs brillent au soleil magique,
Mais, ces créatures volantes, je les trouve… bien moins sympathiques !


Quelques photos personnelles des oiseaux (la plupart prises dans mon jardin, mais pas uniquement cet automne).

Je n’ai pas parlé du pic épeiche qui nous rend parfois visite, comme une flèche.

Ni du merle qui pourtant est un fidèle visiteur.

Enfin, le geai des chênes aussi, avec ses belles couleurs, qu’est-ce que je l’aime !

Un insecte étrange : la beauté cachée

Les dessous d’un insecte

Un drôle d’insecte flotte dans le bol d’eau,
Jaune et noir, quel étrange oiseau !
Ni guêpe, ni frelon, ni abeille,
Un corps tout plat, drôle de merveille.

Ses longues antennes me font hésiter,
Je tends la main, pour le sauver.
Hélas, il ne bouge plus d’une patte,
Figé, brillant, sous la lumière plate.

Par précaution, au vu des couleurs,
Je prends une brindille, sans frayeur.
Quand on ne sait ce qu’on a trouvé,
Mieux vaut sauver sans trop toucher.

Clic-clac ! Une photo pour l’histoire,
Dans mon appli, je veux tout savoir.
Quel est donc ce curieux invité,
Aux habits jaunes délicatement zébrés ?

Oh ! C’est une punaise ! et quelle espèce !
Sous ses élytres, quelle finesse !
La gonocère des haies, rien de moins,
Un nom savant pour un insecte du coin.

Elle aime les haies, les prunelliers,
Les aubépines et les pommiers.
Discrète encore sous le ciel doré,
Elle prend la chaleur avant d’hiberner.

Sous ses ailes dorées,
Le jaune et noir s’y fait beauté.
Je la croyais morte, noyée, figée,
Mais la voilà qui revit, toute en légèreté.

Sous le soleil chaud de la mi-saison,
Elle s’ébroue, reprend son horizon.
Elle déploie ses pattes, suit son chemin,
Comme si de rien n’était, tranquille, enfin.

Moralité : avant de crier « punaise ! »,
Apprenons à voir la beauté qui se dresse.
Sous leurs dessous de soie ou d’écorce,
Les insectes cachent mille forces.

Quel automne : 17 degrés en ce 5 novembre 2025 !
Avait-elle chaud ou soif pour que cette punaise tombe dans l’eau ?

Comment les oiseaux réchauffent mon cœur en automne

C’est l’automne, il fait humide, il fait gris.
Dans mon cœur aussi, il pleut aujourd’hui.
Je me réfugie dans mon nouveau bureau aménagé,
Quand, dans mon regard perdu, apparaît un invité.

Le rougegorge descend les escaliers,
Il se laisse observer.
Petits bonds incertains,
Quelques regards vers moi,
Moi qui n’ose esquisser un pas,
Et lui, l’oiseau, il avance quand même,
Malgré les portes vitrées qui ne cachent absolument rien.

Petit poitrail orange sanguin,
Des couleurs vives de l’automne,
Qui sont comme une braise dans la saison morne.

Présence discrète, soutien délicat,
Rien là que pour moi,
Ce rougegorge qui va et vient,
C’est un signe que je choisis de faire mien.

Les oiseaux sont mes doux amis,
Jamais aucun ne m’a trahie.
Ce petit messager m’appelle,
Il éclaire mes pensées cruelles.

Même les cœurs les plus blessés
Trouvent encore la force de chanter,
En automne ou en hiver au ciel de fer,
S’élève une voix, mélodieuse, lumière d’éclair.

Dessin réalisé par l’intelligence artificielle sur base de ma description.

C’est un Rouge-gorge géant, mais ce n’est pas là l’important :-)

Car mes photos, ne sont pas terribles, mais, ce souvenir, lui persiste.

Photo faite par mon GSM au travers une fenêtre (sale)  😅

Et comme un messager ne vient jamais seul, ma fille et moi avons eu la chance d’observer, deux jours durant, un autre oiseau, petit passereau :

Un Rougequeue à front blanc, une femelle, sans doute de passage chez nous, une halte dans sa migration ?

Grâce à ma fille, je peux vous le montrer : elle a réussi à faire une photo grâce aux jumelles ! Elle a le coup d’oeil, la précision et la rapidité de réaction !

Photo de la demoiselle : GSM devant jumelles et au travers une vitre 💪 (j’ai aussi recadré car l’oiseau était bien à dix mètres)

La comptine de l’automne

Dur, dur de se lever
Quand la nuit n’est pas finie,
Dur, dur de s’activer
Sous le ciel tout gris.

Mais zou, zou, zou, en avant,
On s’habille en rigolant,
On descend tous les escaliers,
Un, deux, trois, sans traîner !

Quatre, cinq, six, manteaux sur le dos,
Sept, huit, neuf, en route dans l’auto,
Dix, onze, douze, arrêt de bus,
Les enfants s’en vont, et moi, je m’élance en plus.

Bienvenue l’automne,
Avec ton vent frais,
Tes feuilles qui frissonnent,
Tes flaques au détour des allées.

Plic, plac, ploc, la pluie du matin,
Mouille mes chaussures, mes cheveux châtain,
Mais tant mieux, je fais ma balade
Sous la pluie douce, sous le ciel malade.

Et hop ! un rougegorge chante au sol,
Un grand cormoran émerge puis s’envole,
Coin-coin des canards, tout plein, tout plein,
Et le troglodyte qui trille au chemin.

Clic-clac, clic-clac, photos de couleurs,
Feuilles rouge-sang, jaune-or, brun-douceur.
Champignons trempés, petits parapluies,
Bogues et marrons tombés dans la nuit.

Ploc, ploc, ploc, les fruits s’échappent,
Un héron immobile guette et attrape.
Sifflent, s’envolent les bergeronnettes,
Tchic-tchac, voltigent les mésangettes.

Plus loin, dans l’eau, petits paquets d’oies,
Cinq, dix, quinze, vingt, ce sont des Bernaches du Canada !
Battements d’ailes, cris voyageurs,
Un salut d’automne qui réchauffe le cœur.

Deux heures passées, à marcher, à sourire,
À cueillir des images, à rêver, à écrire.
Bienvenue l’automne, saison des merveilles,
Toi qui chantes la vie au creux de mes oreilles.