Des cris que j’attendais

Vingt-quatre octobre
Les grues cendrées voyagent
Oh ! Je les entends


Écoute-les crier
Ce sont les grues cendrées
Soirée d’automne


Y a des grues
Dans le ciel
J’entends les grues qui crient
Y a des grues cendrées
Dans le ciel étoilé
J’entends les grues crier
J’entends, j’entends, j’entends les grues qui crient
J’entends, j’entends, j’entends les grues crier.


Mais je ne les vois pas, car il fait trop noir. Crotte et profite d’oiseaux

Photo de novembre 2020

Un dessin, un haïku, une photo, un souvenir

J’ai froid. Je pense à mes vacances pas si lointaines à la mer du Nord.

Alors, je fais un petit dessin.

Puis un haïku.

Et une photo pour compléter ce souvenir d’été.

Je l’ai faite souriante pour dédramatiser la mort 😔

Un haïku en passant

17 juin 2024

Il est 7h35. Je suis bien tôt au travail. Ciel gris, mais ligne ensoleillée quelque part. Arbres verts, mais troncs bruns. Nuages blancs, mais bas. Percée bleue, je ne vois que ça. Un arc-en-ciel de nature qui me donne envie de faire quelques pas autour du parc. Car oui, il fait peut-être nuageux, mais il fait sec. Sec ! Il faut savoir profiter de ce répis. Chaque minute avec le chant des oiseaux est une minute de douce musique. Zen. Chaque minute sans pluie est bénie.

Ce gris souris constant, cette pluie et ces averses régulières, ces bourrasques de vent, tout ça, pfff, c’est déprimant.

Je marche dans cette montée raide. À mon aise. Je progresse à mon rythme. Un pas. Une respiration.

Une limace sur le bord du trottoir.

Une corneille dans le ciel est repérée.

Le chant d’un petit oiseau que je n’arrive pas à identifier, perché et caché dans l’arbre rempli de feuilles vertes. Un beau vert pétant. De belles feuilles dentelées.

Et puis, mon regard revient au sol. Ne pas écraser un escargot, un gendarme, un insecte. Là, à trois mètres de moi, une tache brune que je prends par erreur comme un paquet de terre, de boue… Qui bouge ! Un oiseau. Un rouge-gorge.

Je ne bouge plus. Immobilisme. Observation. Sourire. Regards qui se croisent.

Naissance de quelques mots, en passant.

La neige

Dans le soleil, sur fond de neige immaculée, une tache orange. Un rouge-gorge sautille de branche en branche. Un deuxième arrive près de lui. Lequel en premier se met à chantillonner ? Siffler doucement. Un roucoulement aigu, qui roule et qui chante. Qui rebondit dans ce silence hivernal. Il n’aurait pas dû. Le chanteur est chassé. Les deux oiseaux sont au sol et des coups de pattes et de bec sont donnés. Ils roulent littéralement dans la neige. J’ai froid pour eux.

Le conflit semble terminé. Ils remontent dans l’arbre, non loin du sol. Mais ils n’ont pas dit leur dernier mot. La scène recommence. Course poursuite dans les airs, se posent au sol, les pattes tendues, les ailes dans la poudreuse fraîche et lumineuse.

Un samedi matin pas comme les autres.

En Belgique, Liège, nous n’avons pas souvent autant de neige. Alors, autant en profiter. Marcher comme sur de la glace. À petits pas. S’arrêter pour observer. S’arrêter pour ne pas glisser. Et sourire aux oiseaux.

Écrire de petits poèmes de saison… par et pour les enfants

Vous connaissez mon attrait pour les haïkus, ces courts poèmes nous venant du japon. S’il y a certaines « règles » à respecter pour qu’on puisse l’appeler haïku (5,7 puis 5 syllabes, référence à une saison, capturer l’instant présent, pouvoir dire le poème d’un seul souffle, etc.), pour moi qui aime sortir du cadre, j’en écris selon l’inspiration du moment. Parfois, j’ai tous les bons éléments et je respecte bien les règles, parfois non.

Et voilà que je découvre le site d’un institutrice passionnée par son travail. Sur son site (la bande à Baudelaire), elle partage une de ses créations au sujet de l’haïku. Elle a composé un tableau avec différents éléments de grammaire afin de faire d’une pierre, deux voire trois coups ! J’adore cette idée. Qui dit « institutrice » dit « enfants ». Mais je trouve son idée tellement simple et efficace que j’ai souhaité partagé avec vous son article, car ne sommes-nous pas restés des enfants au fond de nous ? ;-)

J’accroche bien à ces codes couleurs et ce genre de bricolage pour apprendre. C’est ludique et très agréable tant à fabriquer, à mettre en place, qu’à partager avec les petits et les plus grands.

L’occasion ne s’est pas encore présentée pour que je vous montre le résultat de ma planche à haïkus/grammaire, mais je crois que ça va beaucoup plaire à mon groupe d’adultes en situation de troubles psychotiques ! Ils sont demandeurs de dictées et de « cours » de français pour mieux écrire. Il aiment particulièrement la poésie et les chansons. Je prépare cela pour le printemps et je reviendrai ici vous dire comment cela s’est passé :-)

Merci Céline pour ton partage !

Dans l’arbre dénudé
Le rougegorge isolé
Se fait chasser sans ménagement

Aquarelle de Yves Fagniart, issu du livre « Fragments de temps »

Pour la petite histoire du Rougegorge. C’était hier. Assise à la table du salon, devant la fenêtre, j’ai une super vue sur l’arbre côté rue. Il y vient pas mal de visiteurs, en toutes saisons. Une bande de petits moineaux domestiques, au nombre de quatre ou cinq, arrivent les premiers. L’arbre qui déjà fin de l’été perdait ses feuilles, a connu brièvement une deuxième floraison en octobre ! Les baies sont là, les branches sont nues de feuilles, les bouquets de fleurs du mois passé sont tout secs, rabougris et secs. Les moineaux sont bien visibles, ils sautillent et volettent par-ci, par-là. Une poignée de secondes s’écoulent pendant que je les observe. Le temps qu’il faut pour qu’un couple de merle, Monsieur tout noir, Madame toute brune, arrive à son tour. Suivi immédiatement par un rougegorge. Ce petit dernier, n’a pas le temps de profiter de la vue et de découvrir ses voisins qu’il est pourchassé par un moineau, puis par un deuxième. Heureusement l’arbre et grands et il a plein de branches. Le rougegorge fuit sans s’en aller de l’arbre. Mais c’est sans compter sur les merles ! A leur tour, ils volent derrière le pauvre rougegorge. Il n’a pas trente-six solution, il quitte l’arbre et s’en va voir si l’arbre des voisins est plus accueillant. A côté, le même arbre, plus jeune, a encore la plupart de ses feuilles qui jaunissent petit à petit. Je ne verrai plus le rougegorge. Les moineaux et les merles cohabitent bien les uns près des autres.