Rétrospective 2021, partie 3

Si les histoires tiennent une grande place dans mes loisirs, la nature et les animaux ne sont pas en reste.

Nicolas Vanier m’a passionnée avec son livre Donne-moi des ailes ! La coïncidence a voulu que le film passe à la télévision quelques semaines après que j’ai lu le livre. Là encore, j’ai apprécié les images après les mots, même si je préfère ne pas comparer ces deux arts.

« Et soudain les hommes et les oiseaux n’ont fait qu’un…
Ces oies naines menacées de disparition, qui, chaque matin, survolent étangs et marais, Christian a décidé de les sauver. Il en a fait son combat. fatigué par la ville et son rythme infernal, il a tout quitté pour s’installer dans un mas de Camargue, en pleine nature, au milieu des oiseaux.
C’est là qu’il échafaude son plan, en secret, à la lisière de la légalité. Un projet fou : habituer des oisons, dès la couveuse, au bruit d’un ULM, pour, un jour, voler avec eux en escadrille sur une nouvelle route migratoire, à l’abri des dangers.
En poursuivant ce rêve immense, Christian doit affronter l’hostilité de son fils, Thomas, dont le paysage se limite à son écran d’ordinateur. jusqu’au jour où l’adolescent rebelle se laisse émouvoir par ces oisons qui s’entichent de lui au point de le prendre pour leur père ou leur mère.
Pour Christian et son fils, c’est le retour d’une complicité perdue et le début du grand voyage, de la Scandinavie à la Camargue.
Mais l’un et l’autre sont loin d’imaginer les périls qui les attendent…
Inspiré d’une incroyable histoire vraie, celle de Christian Moullec, Donne-moi des ailes n’est pas seulement un grand roman d’aventures : c’est un cri d’alarme contre la disparition de millions d’oiseaux dans le monde.
Aventurier, écrivain, cinéaste, Nicolas Vanier a lui-même volé avec les oies. Après ce voyage bouleversant, il a décidé de porter cette histoire à l’écran. Un film événement qui sortira en salles le 9 octobre 2019. »

Un jour, j’ai caressé l’idée de faire de ma passion pour les oiseaux, mon métier. C’était un rêve, peut-être celui-ci est-il toujours présent quelque part au fond de ma mémoire…

En 2000, j’ai travaillé pour des magasins belges Nature & Découvertes ; en 2002, j’ai suivi la formation de guide-nature par la ; en 2003, j’ai travaillé pour La Protection des Oiseaux et en 2004, j’ai suivi la première année de formation « ornithologie » donnée par Natagora à Namur.

À partir de 2005, mes enfants sont arrivés et ils ont prit naturellement toute la place dans ma vie. Aujourd’hui, ils sont grands, en pleine adolescence, ils deviennent petit à petit plus indépendants. Ma fille se passionne pour les animaux et la science et mon fils pour l’informatique et les jeux vidéo !

Dans l’histoire de Nicolas Vanier, c’est un papa ornithologue qui fait découvrir à son fils mordu de jeux vidéo la vie difficile d’une espèce d’oiseau. Aider les oies cendrées à trouver une nouvelle route migratoire pour éviter tous les pièges et les dangers tendus par l’Homme, c’est un pari osé, risqué. Et la vie étant ce qu’elle est, tout démarre d’une passion, d’une espèce animale en voie de disparition et d’enjeux politiques qui penche toujours du mauvais côté de la balance.


Désormais, vous savez que le Japon titille ma curiosité à plus d’un titre. Lian Hearn est une autrice jeunesse que j’ai découvert il y a peu de temps. Deux livres jaunes, à la couverture intrigante et au titre accrocheur Shikanoko, l’Enfant du Cerf et L’Empereur invisible, m’ont appelée. De fait, ces deux livres en sont en fait quatre ! Deux tomes dans un seul volume.

Shikanoko, l’Enfant du Cerf suivi de La Princesse de l’Automne et L’Empereur Invisible suivi de L’Héritier de l’Arc-en-ciel. 

Classée dans la littérature jeunesse, cette série est le début d’une autre série : Le Clan des Otori.  Série que je n’ai pas encore lue mais que j’ai trouvé en occasion chez Livr’Ensemble !!

« Aux sources du Clan des Otori… Une épopée fantastique dans un Japon médiéval fascinant.
Laissé pour mort dans la montagne, le jeune Shikanoko trouve refuge chez un sorcier qui lui fabrique un masque aux immenses pouvoirs magiques. Il devient «L’Enfant du Cerf». Il parlera aux fantômes et aux esprits protecteurs, il apprendra des hommes et des femmes les plus puissants, il connaîtra le raffinement, l’amour et les sentiments les plus purs, mais aussi la bestialité, la cruauté et les machinations politiques…
Lian Hearn dévoile dans ce «prequel» les origines mythiques du «Clan des Otori». Elle nous plonge dans un monde envoûtant où se mêlent les aventures de samouraïs traditionnelles et une dimension surnaturelle d’une grande originalité.
Fluidité, beauté de l’écriture, génie de la narration, puissance romanesque exceptionnelle… Lian Hearn nous ensorcelle une fois de plus.
Le premier des quatre livres de l’épopée SHIKANOKO. »

Cette tétralogie m’a littéralement envoûtée. J’avais chez moi les deux livres contenant les quatre histoires et je les ai toutes lues d’une traite, l’une après l’autre, ne pouvant m’arrêter pour lire autre chose. Encore une fois, ce que j’ai aimé, ce qui m’a transporté, ce sont les personnages, la vie dans un Japon médiéval, les traditions et us & coutumes particulières. Bien sûr, les créatures orientales, les légendes, le fantastique sont en grande partie la réussite de ce succès auprès de moi.  Un peu trop de « sang » à mon goût, mais là contre, je ne sais rien y faire et rien à dire. Ce n’est pas trop, c’est l’Histoire qui est ainsi, l’Homme d’hier, l’Homme d’aujourd’hui et l’Homme de demain.


Pour rester dans les créatures fantastiques, je vais vous parler à présent de mangas que j’ai découvert dans la grande bibliothèque du centre de Liège : Les Chiroux.

Des créatures extraordinaires, de la magie, des enfants, de la sorcellerie, des plantes, des enfants apprentis, un vétérinaire spécial et me voilà embarquée dans l’univers de Kaziya avec sa série « Créatures fantastiques ».

« Découvrez un monde magique, peuplé de créatures extraordinaires !
Tsuiska est l’assistante d’un vétérinaire pas comme les autres puisque ce dernier soigne des créatures fantastiques. Fille d’une magicienne, elle est triste que la science ait remplacé la magie pour exercer ce métier. Après le travail, elle se rend en secret dans la forêt où elle a découvert un animal magique qu’elle pense être la seule à voir. Il est gravement blessé et malgré les soins prodigués par la jeune fille, son état empire.
Le docteur remarque que son apprentie est distraite et il la suit un soir pour savoir pourquoi. Il découvre alors l’animal qu’il peut voir lui aussi, et après avoir réprimandé Tsuiska, il décide de soigner la bête en employant la magie puisque la science semble impuissante. Il laisse son assistante préparer un médicament selon les recettes et les incantations que cette dernière a appris de sa mère et ce procédé fonctionne. L’apprentissage de Tsuiska pour maitriser la magie ne fait que commencer ! »

J’ai pu emprunter les 4 premiers tomes ensemble, à la bibliothèque. J’ai tellement aimé, que je me suis offert le premier tome, dans l’espoir de pouvoir me procurer la suite et de pouvoir lire et relire ce manga super sympa !


Après le manga, voici une BD dans le même thème : Sorceline. Scénario de Sylvia Douyé et dessins de Paola Antista. Paru aux éditions Vents d’Ouest. Trouvé le premier tome, Un jour, je serai fantasticologue !, chez mon libraire, dans le cadre des 48H BD, à prix mini pour une giga découverte.  Adoré. Dévoré. Redemandé. Et hop, petit à petit, j’ai trouvé le tome 2 puis le troisième dans la foulée, peu de temps avant Noël 😊

Après ornithologue, c’est bien ce métier qui aurait pu m’attraper : fantasticologue ! Rien que le nom, j’adore (rires). L’histoire et les dessins sont topissime.

« D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours aimé les animaux… Mais pas les matous câlins ou les chiens fidèles. Non, moi, ce qui me passionne ce sont les dragons, les licornes, les monstres, les chimères… Bref, les animaux légendaires ! »


Plus sobrement, et plus réel quoique mon dessin est plutôt anthropomorphe avec un sourire toujours éclatant sur son visage, je vous présente La Tortue. Si j’aime beaucoup ce dessin, c’est parce que je trouve l’animal plutôt réussi, surtout sa carapace que je pensais ne pas réussir à croquer. Ensuite, les couleurs sont intéressantes pour moi. J’ai beaucoup pensé à la tortue du conte Urashima Tarô au royaume des saisons perdues (clic sur le titre).

Et pour anticiper la suite et illustrer les animaux de la ferme, voici d’autres dessins que j’aime beaucoup et que j’ai aimé dessinés et colorier : une vache, un coq et un poussin :-)


Pour rester dans le monde animalier, voici une association, un refuge pour animaux domestiques et de ferme, que j’ai découvert avec ma fille : Animal sans toi…t

Le monde est petit, ou plutôt la Belgique est toute petite (rires). Une rencontre en entraînant une autre, en fait, je vais vous parler de tout un réseau, toute une famille extraordinaire ! Mais pour ne pas tout emmêler ni mélanger, on va commencer par vous présenter le refuge.

Ma fille adore les animaux, tous les animaux, les petits comme les grands. Mais elle aime particulièrement ceux de la ferme : poules, chèvres, chevaux, cochons, canards et moutons… mais nous n’avons pas un grand jardin et nous ne sommes que locataires. Un jour, elle m’a demandé si elle pouvait elle aussi devenir marraine, mais d’un animal. Donner mensuellement un peu d’argent pour venir en aide à un refuge qui recueille, soigne et fait adopter les animaux.

Très rapidement, elle a trouvé le refuge de son cœur. C’est ainsi que depuis le mois d’avril, une partie de son argent de poche et une partie de ses week-ends sont consacrés aux caprins dans ce refuge.

Ce refuge vient en aide à tous ces animaux blessés, abandonnés, trouvés, maltraités. Ils sont recueillis, soignés, chouchoutés. Si la plupart sont en adoption, d’autres sont devenus des résidents à vie, tel cet émeu qui répond au nom de Jurassic. Ma fille a commencé par parrainer un bouc au nom de Sethi, mais celui-ci, après deux ou trois mois de parrainage a été adopté. Ça a été le premier drame pour ma fille qui s’était attaché malgré tout à ce caprin câlin ! Elle était contente pour lui, mais il lui manquait quand même. Elle a reversé donc son don mensuel à Gordon, un beau mâle couleur sable qui n’a plus qu’une seule corne. Plus farouche, il se laisse néanmoins approcher quand on lui donne à manger. Entre temps, ma fille a pu biberonner Rosie, un chevreau trouvé sur la route avec son cordon ombilical ! Une fois sortie d’affaire, elle a été rapidement adoptée également. Il y a peu de temps, le refuge a été appelé pour une saisie d’une dizaine de caprins qui n’étaient pas bien soignés. Après plusieurs semaines, celles-ci ont pu être mises dans le même enclos, avec les autres. Et dimanche passé, deux de ces nouveaux ne nous ont pas lâchées, réclamant câlins et attention.

Quelques photos du refuge, plusieurs caprins ont déjà été adoptés, il me faudra refaire d’autres photos de nos amis…


L’idée de parrainer un animal vient du fait que depuis peu (fin mars, début avril 2021), je parraine des enfants dans l’ouest-Afrique. Grâce à l’association Yalla ! En Avant !, j’aide comme je peux deux enfants vivant dans une grande précarité, l’un au Togo et l’autre au Bénin. L’histoire de mon petit filleul m’a tellement bouleversée que j’ai écrit un livre sur lui et que je reverse les bénéfices de vente à l’association qui me permets de lui venir en aide.  

C’est à ce même refuge, Animal sans toi…t que nous avons fait connaissance avec le Président de Wolf Eyes, qui se trouve être le frère de la Présidente de Yalla ! En Avant !  Wolf Eyes s’occupe d’aider les animaux qui sont emprisonnés et maltraités dans des zoos et autres parcs animaliers.

Et c’est toujours dans ce refuge que nous avons rencontrés Dany le Burkinabé. Dany est le trait d’union entre les enfants parrainés au Burkina-Faso et l’association Yalla ! En Avant !. Dany promène aussi les chiens du refuge Animal sans toi…t. Dany connaît aussi Wolf Eyes.

Quand je vous disais que la Belgique était petite 😊

Yalla ! En Avant !
Wolf Eyes
Dany le Burkinabé

Autant de personnes et d’associations (et d’autres encore !) que j’ai eu le plaisir et le privilège de rencontrer en 2021 !

Je vous en parlerai plus longuement dans un prochain article.

Rétrospective 2021, partie 2

Je continue ma petite rétrospective 2021. Les livres tiennent une grande place dans ces souvenirs récents, car je suis de plus en plus souvent plongée dedans 😊

Grâce à Françoise qui se reconnaîtra, qui partage ses nombreuses et génialissimes lectures sur Facebook, j’ai découvert un auteur extraordinaire : Ito Ogawa, avec deux de ses livres que j’ai dévorés : La papeterie Tsubaki et sa suite, La République du bonheur.

« Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l’art difficile d’écrire pour les autres.
Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l’encre, l’enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d’un singe, des lettres d’adieu aussi bien que d’amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin.
Et c’est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre de réconciliations inattendues. »

« La vie est douce à Kamakura. Amis et clients se pressent dans la petite papeterie où Hatoko exerce ses talents d’écrivain public. Tendres, drôles ou tragiques, les destins se croisent sous son pinceau. Hatoko s’est mariée et découvre, en compagnie de Mitsurô et de sa petite fille, les joies d’être mère au sein de leur famille recomposée : elle enseigne à l’enfant l’art de la calligraphie comme le faisait sa grand-mère et partage avec elle ses recettes des boulettes à l’armoise ou du thé vert fait maison. Mais si Hatoko excelle dans l’art difficile d’écrire pour les autres, le moment viendra pour elle d’écrire ce qui brille au fond de son coeur. Après La Papeterie Tsubaki se dévoile une fois de plus tout le talent d’Ogawa Ito pour nous révéler les sources invisibles du bonheur. »

Ce premier livre, après lecture, a fait l’objet d’un petit collage créatif dans l’un de mes magnifiques carnets de Marujito Books (à lire dans un prochain article, et en attendant, vous pouvez déjà retrouver un premier article consacré à lui, ici). Ces deux livres font partie de ces rares que j’ai envie de relire une seconde fois. Dans ce livre, j’ai tout aimé, tant l’histoire que la façon dont elle est écrite, que l’ambiance qui est rendue. Et bien sûr les personnages sont attachants. Les thèmes du Japon, de la calligraphie, des traditions, du papier, de l’écriture, de la plume, tous ceux-ci me parlent, attisent ma curiosité, mon envie de découverte, d’apprentissage. Les personnages sont décrits de telle façon que j’ai pu m’identifier rapidement à la principale, l’encourageant par la pensée à faire ceci ou cela, la félicitant pour telle action, la « grondant » pour une autre.

C’est sûr, une fois que j’aurai un peu épuisé ma pile de lectures à lire, je tâcherai de me procurai un autre livre de cet auteur.


Le sumo qui ne pouvait pas grossir, d’Eric-Emmanuel-Schmitt. Ce livre, je l’ai trouvé dans une boîte à lire dans mon quartier. Ce livre s’est également retrouvé dans la liste des livres proposés à la lecture dans l’école de mon fils, l’année dernière. Il ne l’a pas choisi, mais a choisi un autre livre du même auteur (L’enfant de Noé).

« Sauvage, révolté, Jun promène ses quinze ans dans les rues de Tokyo, loin d’une famille dont il refuse de parler.
Sa rencontre avec un maître du sumo, qui décèle un « gros » en lui malgré son physique efflanqué, l’entraîne dans la pratique du plus mystérieux des arts martiaux. Avec lui, Jun découvre le monde insoupçonné de la force, de l’intelligence et de l’acceptation de soi.
Mais comment atteindre le zen lorsqu’on n’est que douleur et violence ? Comment devenir sumo quand on ne peut pas grossir ?
Derrière les nuages, il y a toujours un ciel… »

Nous revoici au Japon, dans la grande ville de Tokyo ! Ce livre m’a appelée, oui ! Non seulement pour le pays dans lequel l’histoire se déroule, mais aussi parce que le héros principal est un garçon de 15 ans qui est tout maigrichon et qui va devenir sumo. Au moment de la lecture, mon fils avait presque 14 ans et il a toujours été assez mince, pour ne pas dire aussi maigre que Jun, le garçon du livre. Loin de lui l’idée de devenir sumo, mais la force mentale de l’enfant du livre qui vit dans les rues de Tokyo est quelque peu semblable à celle de mon « petit » garçon.

Ce livre, cette histoire est vraiment un livre à mettre entre les mains de tous les ados et toutes les adolescentes pour « l’intelligence et l’acceptation de soi ».


Ici, c’est grâce à mon papa que j’ai lu et découvert avec grand plaisir ce recueil : Fables et légendes japonaises, de Ippei Otsuka.

« Aussi nombreux que fascinants, les contes du Japon et leurs enseignements traversent les âges. La sagesse, mais aussi la bravoure, la sincérité ou encore l’amitié y sont centrales. Découvrez dans cet ouvrage ces récits porteurs de valeurs, qui mettent en scène les personnages emblématiques des légendes nipponnes : Son Goku, Momotaro, Kintaro, Hanako et tant d’autres. »

Tant que je suis sur ma lancée, je reste dans le pays du soleil levant 😊

Rien que pour la couverture et les petits dessins sur la quatrième de couverture valent le détour. Je suis fan (rires). Ces illustrations sont l’œuvre de Keiko Ichiguchi et de Jean-René Derosas.

Dans ce recueil, vous pourrez lire ces délicieuses histoires :

  • Daidarabotchi, le géant tyrannique
  • Son Goku et le voyage en Occident
  • Ikkyu-san, le petit bonze de génie
  • Issunboschi, le plus petit samouraï du monde *
  • Kintaro, l’enfant d’or
  • La bande des tanuki de Shoo
  • La princesse porte-vase *
  • Momotaro, l’enfant-pêche
  • Tanabata
  • Taro Urashima *

Les contes avec une petite astérisque à côté du titre, je les ais également dans les superbes albums des éditions nobi-nobi (voir cet autre article)


Côté BD, en 2021, j’ai trouvé en occasion (chez BD Liège, à … Liège, mais aussi chez Livr’Ensemble, à découvrir également dans un prochain article consacré à ma petite rétrospective) deux titres de la série des Schtroumpfs : L’œuf et les Schtroumpfs et La flûte à six Schtroumpfs.

Petit à petit, ma collection pour cette série grandit et l’envie d’avoir tous les titres, en ce comprenant les hors-série ou les autres publications spéciales, grandit avec.

C’est ainsi qu’en 2021, j’ai acheté également le quatrième titre des Schtroumpfs et le village des filles, Un nouveau départ (paru fin 2020) ainsi que le Méga Spirou spécial sur les Schtroumpfs ! Les Spirou, ma maman et moi en offrons régulièrement à mon fils qui est fan de cette revue. Pour l’occasion et vu le prix (5,90 euros pour 192 pages de BD et de jeux), j’en ai acheté deux cette fois-ci, un pour lui et l’autre rien que pour moi 😊 Et coïncidence, dans ce Méga Spirou, je retrouve l’histoire complète de… « La flûte à six Schtroumpfs ». Mais ici, ce sont les dessins originaux. Dans l’ancien livre trouvé en occasion, ce sont les images du dessin animé, livre publié en 1975 aux éditions Dupuis.

En 2021 est paru également un nouveau titre, le numéro 39, « Les Schtroumpfs et la tempête blanche ». Je suis toujours admirative de ces illustrateurs et scénaristes qui parviennent à sortir des titres d’une série au fil des ans. Pour les petits lutins bleus, j’ai aimé cette idée de faire apparaître de nouveaux personnages et une nouvelle série « Le village des filles », tout en gardant le même graphisme pour les héros. Il faut sans cesse se renouveler, faire preuve d’imagination pour garder une fidélité dans les fans et les collectionneurs tout en attirant un nouveau lectorat. Ce sont là des prouesses que je salue et respecte, c’est un travail colossal de rester dans la course après tout ce temps.

Alors que chez certains auteurs/illustrateurs ce sont les enfants qui ont repris le flambeau, chez d’autres, ce sont de nouveaux duos, de nouveaux talents qui poursuivent les aventures de nos amis en bande dessinée.

Chapeau mes amis. Et merci de toujours m’emmener loin dans ces pays imaginaires extraordinaires.


En manga, faut-il le rappeler, c’est ma fille qui m’a fait découvrir ces BD orientales en noir et blanc. Si je me suis adaptée rapidement au sens de la lecture différente, je n’ai pas encore appris à « fouiner » dans les milliers de mangas qui existent pour en découvrir d’autres. C’est donc ma fille qui me conseille et qui me propose des lectures (rires).

En 2021, elle a découvert et moi aussi donc par la même occasion, la série Deep Sea Aquarium MagMell, de Kiyomi Sugishita. Le tome 6 est paru il y a peu et jusqu’ici, on les aime tous 😉

« Ouverture d’un aquarium dans la baie de Tokyo, à 200 m sous l’eau !

Le Deep Sea Aquarium MagMell est un lieu unique au monde où la faune abyssale peut être observée de près. Kôtarô Tenjô, jeune balayeur timide, adore les créatures sous-marines. Sa rencontre avec Minato Osezaki, directeur de l’établissement, va changer sa vie.

Ce que j’apprécie dans cette série, ce sont l’histoire bien sûr, mais aussi les dessins justes, précis, détaillés. À chaque fois que l’on rencontre une espèce animale abyssale, il y a une petite fiche descriptive et scientifique. Il y a tout un tas de personnages qui gravitent autour de Kôtarô, et beaucoup sont intéressants.


Mon deuxième dessin que j’aime beaucoup est celui-ci. Un calmar en noir et blanc.  Je ne l’ai pas colorié, par crainte qu’il soit moins joli. Je ne maîtrise pas encore toutes les techniques du coloriage et du dessin, mais je trouve cet animal bien réussi. Je l’aime beaucoup, pas vous ?

Les outils qui m’accompagnent sur le chemin du dessin, sont deux livres de Anne Kubik, trois petits livres « dessiner des… super mignons » de Ai Kakikusa, différentes revues sur le dessin et les aquarelles ainsi que des photos personnelles. (livres que vous pourrez découvrir dans un prochain article)

En septembre 2021, c’était mon anniversaire. Et j’ai reçu un superbe carnet de la part de ma belle-maman. C’est dans ce carnet que je dessine depuis tous mes dessins 😊  

Merci belle-maman.


Alors, oui, la pandémie mondiale a eu un impact sur ma vie, sur la vie de tout le monde. Et si j’avoue en avoir ras-le-bol d’entendre parler Covid à tout bout-de-champ, (je suis secrétaire médicale dans un cabinet de médecins généralistes et donc mon « record » d’appels téléphoniques Covid a explosé en ce dernier trimestre 2021 avec une centaine d’appels en quatre heures !!), il faut dire que certaines choses découlant de ce changement de vie, sont positives !

D’abord, c’est grâce à ce ras-le-bol que j’ai eu l’idée de faire cette rétrospective. Car oui, il n’y a pas que ce virus dans la vie, même s’il bouleverse nos habitudes, même s’il nous a arraché des vies.

Grâce au confinement, j’ai parlé davantage par Internet. Grâce à ma maman, grâce à Françoise (dont je vous ai parlé plus haut avec ses partages de lecture), j’ai découvert les haïkus, leurs bienfaits, la zenattitude qu’ils offrent en les lisant ou en leur donnant vie. Ces petits poèmes japonais (encore ce pays ! 😉 ) ont plein de propriétés bénéfiques. Si je ne maîtrise pas entièrement toutes leur subtilité, j’aime me perdre dans cette magie créatrice et j’aime profiter de ces instants « sur mon petit nuage », entièrement déconnectée du monde stressant tout en restant connectée à la force et l’apaisement de la nature.  

Faisant suite au confinement de 2020, j’ai ouvert et animé un petit atelier virtuel consacré aux haïkus. Nous étions 5 dans le groupe et durant toutes ces semaines, ça a été un vrai bonheur pour moi de lire l’univers des autres et d’imaginer les thèmes.

1000 Mercis gigantesques à ma maman, à Françoise, à Fabienne et à Christine d’avoir été présentes tout au long de cet atelier avec votre imaginaire, votre sensibilité, votre enthousiasme et vos partages.

Un petit recueil d’haïkus et de quelques dessins personnels verra le jour en 2022.

Rétrospective 2021, partie 1

2021, pour moi, cela a été :

  • Des lectures
  • Des photos
  • Des activités créatives
  • Des découvertes
  • Des rencontres

Durant 7 jours, entre Noël et Nouvel An, je vous parlerai de mon année 2021.

Ce n’est pas un « bilan », mais simplement des souvenirs de bons moments que je souhaite partager. N’essayez pas d’y retrouver un ordre ou un classement quelconque.


  • La petite fille de Monsieur Linh, par Philippe Claudel. Un livre pour adulte ou adolescent que je recommande vivement ! La fin est tout à fait inattendue. Les personnages, ou plutôt le personnage principal, Monsieur Linh et sa petite fille, sont attachants. L’histoire est bouleversante.

« C’est un vieil homme debout à l’arrière d’un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu’il s’appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s’éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l’enfant dort. Le pays s’éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l’horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette. »

A l’école, mon fils a reçu cette année une liste de livres à lire durant cette année scolaire. Parmi eux, ce livre ! Il n’y a pas d’étranges coïncidences, juste des signes du destin 😊


  • Le château des Nuages, par Diana Wynne Jones. Ce livre est le second tome, sur trois si je me souviens bien. Le premier, Le château de Hurle, je l’ai lu en 2020. L’animé de Myazaki a été tiré de ce roman. J’ai vu l’animé avant de lire le livre, chose que je ne fais habituellement jamais. Eh bien ! J’ai adoré autant l’un que l’autre. Bien sûr, j’ai voyagé davantage dans les livres au pays de l’imaginaire, mais je n’ai pas ressenti le moindre ennui en lisant ces deux livres. De la magie, de l’incroyable, du fantastique. Que demander de plus ?

« La suite tant attendue du Château de Hurle vous emmène cette fois au sud d’Ingarie, dans les mondes imaginaires des Mille et Une Nuits !

Loin du pays d’Ingarie, dans le sultanat du Rajpout, un jeune marchant se plaît à rêver à une vie différente. Il s’imagine ainsi fils de prince, promis depuis sa naissance à une belle héritière, bien loin de sa vie miséreuse et de son père ingrat, bien loin de son petit étal de tapis. Lorsqu’un beau jour, un étranger lui vend un tapis volant, la vie d’Abdallah prend un tournant pour le moins inattendu. Les péripéties s’enchaînent et le destin de notre héros semble soudain lié à celui de la superbe princesse Fleur-dans-la-Nuit. Pour la retrouver, il part pour une incroyable odyssée, semée de djinns légendaires, de sorciers, de prophéties anciennes… et d’un mystérieux château dans les nuages. »


Des livres, j’en emprunte aussi à la bibliothèque de mon quartier. Et c’est ainsi que j’ai découvert trois livres de Henry Brunel sur « Les plus beaux contes zen ». Zenattitude, contes d’ici et d’ailleurs, histoires d’animaux, sagesse et conseils sages.

Le premier tome s’intitule « Le bonheur zen ». Le deuxième, « La grue cendrée ». Le troisième, « Les plus beaux contes zen, suivis de l’art des haïkus »

Je ne les ais plus sous la main, mais cela ne saurait tarder 😉


  • Dans le bonheur d’aller, est un recueil de plusieurs haïkus des plumes de Jean-Hugues Malineau (1945-2017) et de son épouse Françoise Naudin-Malineau. Ici, je remercie Hervé Malineau, le frère de Jean-Hugues, pour m’avoir fait dédicacer ce magnifique recueil de petits poèmes par Françoise : un vrai bonheur !

« Vous en avez assez de courir sans cesse après le temps ? Ce recueil de haïkus est pour vous. La vie s’y écoule plus lentement, plus doucement, plus intensément aussi. On y croise des nuages rêveurs, des rivières qui musardent, un papillon en prière, des volubilis tourbillonnant comme des derviches tourneurs, des sentiers buissonniers où l’ombre n’en finit pas de jouer à cache-cache avec la lumière…

Ces poèmes, Jean-Hugues et Françoise Malineau les ont écrits ensemble, côte à côte, durant presque trente ans. Le plus souvent, c’était l’été, en Charente, dans ces mêmes paysages hors du temps qui avaient vu éclore les couleurs de leur enfance. (extrait de la préface de Thierry Cazals)

Nos haïkus s’écoutent et se répondent, se font parfois écho. C’est une conversation ininterrompue que chaque lecture renouvelle. (Françoise Nadin-Malineau) »


  • Les oiseaux en BD, tome 2 ! Oui, il est paru, je l’ai lu, et je l’ai tellement aimé que je ne peux que vous le recommander. Je suis certaine que vous allez l’adorer autant que moi. Vous allez apprendre des tas d’informations, certaines vont vous étonner, d’autres vous surprendre, et certaines vont même vous faire rire.

« Ils sont partout autour de nous, dans les airs, dans nos arbres, dans nos jardins. Ils ont même envahi notre langage quotidien : bavard comme une pie, cervelle de moineau, gai comme un pinson…

Qu’ils soient migrateurs, pêcheurs, chasseurs, avec cet album entre humour et vérité scientifique, vous saurez enfin tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir sur nos amis à plumes. »


  • Côté manga, en 2021, j’ai lu le 4e tome de Magus of the library. Je vous en parle dans cet article, même si j’ai un peu moins aimé ce dernier tome paru. Disons qu’en réalité, je m’attendais à une autre histoire pour la suite. Elle n’est pas inintéressante, loin de là, mais différente et cela m’a un peu surpris. Dans ce manga, les dessins sont extraordinaires ! Plein de détails, de délicatesse, de poésie !

« Protéger les livres, c’est protéger le monde !

Lors de la dernière épreuve du concours, Shio et ses camarades ont été confrontés à un problème de taille : parvenir à déterminer l’origine d’un texte en un temps record… Grâce à leurs efforts conjoints, et malgré bien des disputes, le petit groupe a réussi à résoudre l’énigme ! Hélas, le trio a perdu de précieuses minutes et a été finalement disqualifié.

Convaincu d’avoir échoué, le jeune garçon retourne dans son village natal et, alors qu’il est sur le point d’abandonner son rêve, les résultats tombent : le voilà désormais apprenti kahuna ! Pour Shio, c’est une toute nouvelle aventure qui débute…

Magus of the library est une ode à la lecture et un formidable appel à l’aventure. Au carrefour des Mille et une Nuits, des récits de pirates et de l’heroic fantasy, c’est un terrain de jeu rêvé pour l’enfant qui sommeille en nous ! »


  • Certaines et certains d’entre vous savez déjà que depuis le mois d’août, je me suis mise au dessin. De manière tout à fait autodidacte, j’apprends à donner vie à des animaux, des paysages ou des bâtiments en les croquant, en les coloriant et/ou en les peignant. Mon préféré de ma première série qui date du mois d’août, est le Lucane Cerf-volant.

A mon travail, j’ai croisé une dame. Une charmante personne avec laquelle je corresponds par courrier depuis quelques mois. Nous avons trouvé plusieurs points en commun et adorons nous donner des nouvelles par la voie traditionnelle du courrier postal ! Avec le petit courrier, elle m’envoie une carte postale d’une série que j’adore. Je les collectionne ainsi. Ne sont-elles pas magnifiques ?

Merci Josiane :-)

Avis de lecture et premiers dons : « La petite fille du Togo », en avant !

La petite fille du Togo est mon dernier livre. Un conte pour enfants. Un conte un peu plus long dans lequel il y a d’autres petits contes d’animaux.

Cette histoire, c’est la quête de Bineta pour comprendre ce qui est arrivé à ses parents. Oui, du jour au lendemain, ses deux parents ont mystérieusement disparu ! Cette petite fille de 5 ans ne sera pas seule dans l’aventure. Aidée d’une marraine de cœur, recueillie par sa tante, conseillée par des animaux et aimée par un tas d’amis, elle va cheminer lentement mais sûrement dans sa nouvelle vie.


« Je le trouve limpide, simple et efficace : les contes coulent bien entre les différentes rencontres et péripéties. L’écriture est belle aussi et accessible à tous les types de lectures. J’aime beaucoup les personnages et les contes. Beau travail !  » Stéphane

 » J’ai vraiment beaucoup aimé l’histoire. J’ai été transporté. Je me répète, mais j’ai lu une très belle histoire.J’aimerais également pouvoir l’entendre de vive voix. » Pierre

 » Ce livre est envoûtant, je n’y suis allée qu’une fois en Afrique, mais je m’y revois grâce à toi, c’est magnifique, mille fois merci. » Renée

« J’ai profité du week-end pour lire  » La petite fille du Togo » et j’ai beaucoup aimé 🥰, son cheminement, les animaux… j’ai passé un moment bien agréable en grand enfant que je suis toujours… très réussies les illustrations et la couverture superbe👌🤩 Merci pour ce bon moment 🙏 » Philippe

Ce livre, est vraiment un projet familial. L’image de couverture, on le doit à ma maman et c’est grâce à mon papa que je vais déjà pouvoir faire un premier don à chacun des trois pays, car il m’a avancé l’argent pour que je puisse commander beaucoup, beaucoup de livres. Comme c’est moi l’auteur qui ai passé la commande, j’ai eu droit à un tarif préférentiel et c’est ainsi que je peux reverser près de 50 % du montant à chaque vente de livre !

Vous êtes déjà plus de 60 lecteurs, lectrices, amies, amis et collègues à m’avoir soutenu dans cette cause qui me touche particulièrement. Soyez-en remerciés chaleureusement !

Avec ce premier don, je suis déjà à 40 % du montant total que je souhaite reverser au Togo, au Bénin et au Burkina Faso. Nous allons pouvoir aider deux familles en grande précarité à démarrer une activité génératrice de revenus et aiderons tout un village à la construction et la gestion d’un poulailler. Aidez-moi à atteindre 100 % et vous nous permettrez également d’aider à la création d’un dispensaire de soins dans le village de mon filleul, au Togo !

Donc, on ne lâche pas l’affaire. J’ai encore besoin de vous !

Ce livre est actuellement disponible :

  • Chez moi, à Chaudfontaine, Liège (je peux envoyer par La Poste + 3 timbres pour un livre ou Mondial Relay + 3,75 euros à rajouter pour les frais d’envoi)
  • Au Human Store de Yalla ! En Avant !, à Chênée
  • à la librairie « Le plaisir de lire », à Embourg

Et bientôt disponible (début décembre) :

  • À la Parenthèse du centre-ville de Liège

J’espère également pouvoir en déposer (courant décembre) :

  • Chez Pax, Liège
  • Livre aux Trésors
  • Librairie jeunesse La Grande Ourse

Atelier d’écriture : racontez un métier

À la mi-novembre, j’ai participé à un atelier d’écriture avec Stéphane Van Hoecke. Cela s’est passé au château du Sartay, à Embourg, Liège.

Je partage avec vous deux textes que j’ai adoré écrire. Le premier est sorti durant l’atelier, sur un temps donné. L’autre est né le lendemain matin, très tôt, chez moi, quand tout le monde dormait. Le premier a été écrit directement sur l’ordinateur, le second, au stylo-plume dans mon cahier d’écriture.

Tous les deux racontent la tranche de vie d’un métier. Nouveau métier. Métier métissé. Mélangé.

Explications :

  1. dresser une liste de 10 métiers (ou plus, au choix) qui existent et qui se compose de deux termes comme « chirurgien des mains », « coiffeur pour enfants », « analyste de données », « illustrateur de BD », etc.
  2. mélanger le premier terme du premier métier avec le second terme du deuxième métier. Renouveler l’opération en mélanger le début des uns avec la fin des autres métiers.
  3. écrire une tranche de vie de ce nouveau métier, « jusqu’au jour où tout bascule »

Vous verrez, mon premier texte a eu du mal à arriver à ce fameux jour où tout bascule. D’ailleurs, je ne l’ai pas terminé. J’envisage de le retravailler pour l’améliorer. Mais ce ne sera pas pour tout de suite.

Le second texte a été imaginé uniquement dans le but d’inclure trois métiers bizarres, mais qui me « parlaient ».

Quand j’écris, je ne fais pas de plan. Souvent, j’ai une idée précise d’un passage, d’un début ou d’un moment bien précis. La suite arrive « naturellement », au moment où j’écris.

Laveur d’insectes

Christophe est laveur d’insectes. Il fait ce métier très pointilleux depuis bientôt six ans. Christophe est un jeune homme plein d’ambition. Sérieux, intelligent et agile de ses doigts, il donne souvent un coup de main à son patron pour que le travail à l’usine soit le moins pénible, le plus rapide et le plus efficace possible. A trente-trois ans, il a déjà fabriqué plusieurs machines :

  • le shampouineur 1.7.-L (prononcé UN SEPT=insecte et puis aile) pour tous les insectes volants du plus petit gabarit (mouchette de la taille d’un millimètre) au plus grand (lucane cerf-volant) qui préserve la fragilité des ailes en leur donnant une meilleure résistance tant aux chocs qu’à la pluie
  • le colorateur PP’ON pour que les papillons retrouvent un éclat coloré dans leurs ailes écaillées. Cette machine en plus de nettoyer délicatement les ailes, de renforcer la couleur d’origine, saupoudre en même temps l’insecte d’une lotion vitaminée qui permet de résister plus facilement aux changements de temps soudain,
  • le savonique BZ-Z, la machine qui savonne les moustiques, avec cloison amovible pour séparer les mâles des femelles. Cet engin a déjà été trafiqué, vandalisé plusieurs fois pour que la cloison qui accueille les femelles se referme soudainement sur ces petites créatures. Là aussi, Christophe a fait preuve d’une maturité et d’ingéniosité en rendant cet engin invisible en été ! (fallait y penser)

Christophe a inventé et fabriqué toutes ces machines et bien d’autres, petites et grandes, dans son bureau qu’il partage avec d’autres fourmis ouvrières. Il est entouré de filles et ce n’est pas vraiment pour lui déplaire. Sa particularité qui fait qu’il a rapidement été embauché, c’est son doigté et sa finesse à travailler méticuleusement. Malgré sa différence aux mains, il a six doigts à chacune de ses deux mains, son employeur n’a pas fait la fine bouche quand il a vu qu’il écrivait avec des pattes de mouche. Il est aussi habile de ses douze doigts qu’une araignée avec ses huit pattes. Les tâches ne sont pourtant pas piquées des vers. Le rythme est soutenu et les besognes pas très gratifiantes. Mais Christophe ne s’en est jamais plaint. D’ailleurs, il aime tellement son travail qu’il vient de dessiner une nouvelle machine pour… les araignées !

L’entreprise 6-Clean, spécialisée dans son domaine depuis 1966, a bonne réputation. Tous les insectes du coin, de la région et du pays tout entier font le déplacement jusqu’ici pour un insect’wash. Nettoyer les carapaces, les pattes et les ailes, 6-Clean en fait son affaire ! Les mandibules sont récurées, les têtes sont bichonnées. À pattes ou en vol, ils font le déplacement depuis toutes ces années, car justement, ils connaissent le patron, de père en fil (FIL comme un fil) qui garanti la sécurité durant tout le processus du lavage.

Les araignées, qui ne sont pas des insectes, car ces bestioles ont huit pattes, sont leur seule ennemie. Petites, sauteuses, velues, grosses ou fines aux longues pattes, ils ne font pas de différence. 6-Clean interdit leur entrée dans leur usine. Depuis 1966, aucune araignée n’a su franchir les portes de la sécurité.

Jusqu’au jour où Christophe, sérieux, intelligent et agile de ses douze doigts, dessine une machine pour elles. Elles, les araignées. Elles, l’ennemie numéro 1 des établissement 6-Clean ! Christophe n’est pas raciste, il aime toutes les bestioles, qu’elles aient quatre, six ou huit pattes. Et cela fait six ans qu’il travaille ici. Six ans. Le temps maximum pour chaque travailleur, ouvrier ou employé ! Christophe, sérieux, intelligent et agile de ses douze doigts, se dit qu’il pourrait travailler durant huit ans et aider ainsi les araignées. Huit pattes-huit ans. Pour lui, le compte est bon.

Christophe ne sait pas que son contrat va s’envoler, se brûler, se consumer, disparaître. C’est ainsi. C’est comme ça chez 6-Clean. Après 6 ans, à la date anniversaire, pffuuiiit, le contrat s’arrête.

Il est dix-huit heures, six heures. L’heure de la fermeture de l’usine. Christophe est encore dans son bureau. Mais il est tout seul. Les fourmis ouvrières, ses petites copines, sont déjà parties.

Christophe est assis sur sa chaise, l’imprimante 3D qui lui sert dans toutes ses inventions va aussi s’arrêter. Elle a un minuteur qui fait que dès que dix-huit heures sonnent, l’électricité se coupe et tout le bâtiment se met en veille. Christophe le sait ça. Il l’a anticipé. Il a apporté une batterie portative qu’il branche sur l’imprimante 3D pour la rendre autonome.

Le bidouillage fonctionne bien. Il fait calme dans les bureaux, il ne reste que sa petite lumière qui est allumée ainsi que celle du patron qui est à l’étage. Il sait qu’il doit faire vite pour terminer d’imprimer. Il veut offrir cette machine à son patron.

Christophe ignore tout de la fin de son contrat…

Quand sa montre automatique indique dix-huit heures et six minutes, il sent comme un cocon se former tout autour de lui. Il comprend qu’il va se transformer, qu’il va évoluer. Il ne savait pas que ça pouvait lui arriver à lui aussi, mais après tout, il travaille depuis tellement de temps avec les insectes que plus rien ne l’étonne vraiment. Christophe est sérieux, intelligent et agile de ses douze doigts. Vite, il appuie sur un bouton de l’imprimante 3D pour accélérer le travail d’imprimerie. Sa petite machine pour les araignées va faire un tabac ! Il en est persuadé.

Christophe est sérieux, intelligent et agile de ses douze doigts. Mais il est aussi un peu naïf.

Son sixième doigt glisse malencontreusement sur une autre touche de l’imprimante. Le cocon a atteint sa taille et l’empêche de tendre son bras comme il aurait aimé le faire. L’imprimante crachote, zozotte, bzzobzotte. Une étrange fumée sort de l’objet imprimé. L’appareil que Christophe a imaginé est stoppé net. La boîte n’est pas terminée. Mais à la place, une, deux, trois, quatre… cinq, six… sept, huit pattes sortent de la tête d’imprimante. Une araignée géante, blanche, faite toute de plastique s’extirpe de la machine. De ses huit pattes mobiles, elle crapahute partout et se glisse dans le cocon de Christophe. Par une agilité et une rapidité incroyable, l’araignée détricote le cocon et libère ainsi son créateur. Une alarme sonne. Huit fois. Huit bruits horribles sont vomis par les haut-parleurs des établissements 6-Clean.


Vendeur de courriers, chercheur de timbres, laveur de lettres d’amour

Cette histoire se passe au présent. Aujourd’hui, en 2021.

Voilà des années que certains métiers sont oubliés. Tombés en désuétudes à cause de la technologie, tu Temps qui passe et qui s’efface toujours de plus en plus vite.

Damien est professeur des écoles. Un métier d’actualité qui existe depuis de nombreuses années et qui, dit-on, n’a pas changé. Mais il a changé, pas beaucoup pour les élèves mais pour les professeurs : oui ! Ils sont de moins en moins écoutés, respectés, aimés.

Et Damien, professeur depuis près de treize ans, en a sa claque de devoir toujours s’écraser face aux étudiants qui le bousculent dans ces couloirs surpeuplés, il en a marre de craindre des parents qui se croient « meilleurs », « plus intelligents », « plus éduqués » que lui alors qu’ils ne savent pas élever leur gosse avec les valeurs de base.

Damien est petit pour un homme : un mètre soixante-cinq, de corpulence normale, la vie ne l’a pas épargné en lui donnant un visage lisse et beau avec une voie aigüe. Hypersensible, il ne supporte pas qu’on touche à ses cheveux, son visage ou son corps. Il porte donc de longs cheveux qu’il laisse pendre sans jamais les attacher. Des cheveux lisses comme sa peau, soyeux comme du duvet.

Il ne s’en fait plus des remarques sur son physique et il a l’habitude qu’on le prenne pour une femme. Surtout depuis février 2020, où, avec l’arrivée de la crise sanitaire, des confinements et du port du masque, on ne distingue plus beaucoup sa barbe et sa moustache soigneusement taillée quotidiennement.

Damien enseigne l’histoire. Cette matière pourtant détestée quand il était lui-même un étudiant imberbe, s’est révélée à lui au travers de la littérature, des correspondances entre tous ces acteurs et toutes ces actrices qui font partie de l’Histoire.

Mais il sait qu’aujourd’hui, fin 2021, l’Histoire, le cours, cette matière scolaire qu’il enseigne, de manière identique depuis treize ans, n’a plus sa place ici.

Ici dans sa classe, oui c’est la sienne, dans cet établissement scolaire.

On est à la mi-novembre et cette dernière rentrée scolaire sera la dernière tout court pour Damien. En cachette, il préparer sa prochaine rentrée. Elle se fera en janvier. Oui, il va démissionner, abandonner son métier pour enfin faire ce qui lui plaît vraiment, ce qui le fait vibrer.

En réalité, il hésite entre trois orientations :

  1. Vendeur de courriers
  2. Laveur de lettres d’amour ou
  3. Chercheur de timbre

Trois métiers oubliés, trois métiers perdus de vue, à cause de l’informatique. Ah ! La technologie a du bon, mais comme pour toute chose, elle a le revers de la médaille.

  • Je vais recréer un métier. Mon métier ! dit-il sûr de lui.

Comme pour lui, « choisir, c’est renoncé », il décide de ne pas choisir et de faire ces trois métiers.

  • Je serai polyvalent, car j’aime les tâches diversifiées. Je serai patient, car je sais que le bonheur ne se construit pas en un jour. Je serai le seul spécialiste de ces métiers oubliés, le seul, l’unique, c’est ça ma niche !

Grâce à ses compétences de professeur, grâce à son expérience professionnelle dans l’Histoire, il sait ce qu’il doit faire pour commencer.

Et c’est ainsi que Damien progresse dans son nouveau chemin. Il a choisi son destin, il s’est pris en matin et ne regrette rien.

Le temps passe.

Nous voilà en janvier. Damien n’est plus professeur. Peut-être l’avez-vous déjà croisé dans la rue. Tantôt, vous pourrez peut-être le voir fouiller dans les boîtes aux lettres à la recherche de véritables anciens timbres, ces petites images qui n’ont déjà plus de dents et que l’on colle encore parfois dans le coin supérieur droit de certaines enveloppes.

Si Damien en trouve, vous le verrez alors bondir de joie, examiner le courrier en question ; et le dissimuler rapidement – mais pas discrètement – dans sa sacoche qu’il a lui-même cousue.

Tantôt, vous pourrez peut-être le voir, à l’inverse, vendre du courrier. Comme autrefois, il le fera « à la criée » : il criera en deux ou trois mots le sujet de chaque enveloppe. Dans des enveloppes de papier de couleur différente, il vous proposera une lettre d’encouragements, de félicitations, de condoléances, de demandes de pardon ou même des lettres de famille, quand certains se sont perdus de vue depuis déjà bien trop longtemps.

Damien vend ce courrier au plus offrant, au plus pressé, au plus embarrassé, au plus tête en l’air.

Quand il vend son courrier, Damien installe sa petite échoppe ambulante à la sortie des bouches de métros ou aux pompes à essence, en ville. Une fois par mois, généralement dans les derniers jours, quand c’est la fin des haricots, il se rend à la campagne et là, il fait sa B.A. comme il dit :

  • Oui, je fais aussi du bénévolat et j’offre des mots doux, des mots de réconfort, des mots accompagnants, des chauds mots-mots à toutes ces personnes âgées et isolées à qui personne ne pense… sauf moi !

Damien a un grand cœur, oui ! Car en plus de son bénévolat à la fin de chaque mois, il fait aussi de grosses promotions sur ses courriers qu’il vend à la criée. Des promotions réservées à toutes ces familles qui survivent dans ces cages à poules, ces clapiers comme certains appellent ces H.L.M.

C’est à cette charmante clientèle défavorisée qu’il offre ses services de laveur de lettres d’amour.

  • Car, voyez-vous, c’est souvent ceux qui ont le moins de moyen qui en ont le plus besoin !

Peut-être que si vous croisez Damien à la sortie de ces quartiers abandonnés, il vous racontera l’histoire de sa première lettre d’amour qu’il a lavée. Moi, je l’ai croisé une fois, Damien. Enfin, je crois que c’était lui, des gars comme ça, ça ne courre pas les rues. Surtout que depuis le temps, beaucoup trop d’eau a coulé sous les monts et détruit des maisons. Entre tous ces évènements, je finis par perdre mon latin et le jour qu’on est…

Cette première lettre d’amour que Damien a lavée a été le début d’une grande histoire d’amour. Elle était timbrée cette lettre, au sens figuré. Elle s’enflammait pour un oui, pour un non. Elle crachait ses mots à n’importe qui, car elle n’avait aucun prénom, aucun nom, aucun destinataire noté sur sa face. Elle se chiffonnait d’impatience, elle se mettait en boule et pouvait exploser d’une colère bleue d’encre si elle n’arrivait pas à capter l’attention.

  • Quand je l’ai trouvée toute chiffonnée dans la rigole de ma rue, l’encre avait coulée, ses larmes bleues dégoulinaient sur les mots. Elle en avait bavé la pauvre. Je l’ai ramassée délicatement. C’était le printemps, je me souviens, il n’avait pas plu depuis trois jours et pourtant, mes mains étaient trempées de tristesse.

Damien a les yeux perdus et humides quand il me raconte cela.

  • Avec d’infinies précautions, avec des gestes lents et tremblants un peu quand même, je l’ai déchiffonnée, remise à plat, caressé son papier tout embrouillonné. Et je lui ai parlé. Chuchoté. Confié. Oui, je l’ai aimée immédiatement. Ça a été un véritable coup de mot, comme le coup de foudre, mais en lecture.

Damien m’explique qu’il est aussitôt rentré chez lui. Ce jour-là, il n’a fouillé aucune boîte aux lettres. Ce jour-là, aucun timbre ne s’est rajouté à sa collection. Ce jour-là, il a, pour la première fois, lavé une lettre d’amour.

  • Je l’ai d’abord fait sécher à l’air libre. Heureuse d’être l’objet de toute mon attention, les larmes se sont taries et j’ai pu commencer à la défroisser. Lentement. Doucement. Patiemment. Quand elle a vu que je voulais l’aider, elle a accepté de se coucher entre deux papiers-buvard, puis pressée dans mon herbier.

Damien me raconte comment il a nettoyé les boulettes, les pâtés et autres taches dues aux larmes. Comment il l’a frictionnée avec une gomme pour effacer toute ligne grise, mine sombre et essai raté. Avec son plus beau stylo-plume, il a choisi une cartouche d’encre de la même couleur, du même ton qu’elle avait sur elle.

  • J’ai fermé des boucles, j’ai accroché des tirets, j’ai déposé des petits points là où il n’y en avait plus. J’ai ensuite écrit un prénom juste avant la virgule tout en haut, où il y aurait dû avoir un destinataire. J’y ai mis le nom de ma mère qui a perdu son mari d’un cancer. Quand le cancer a gagné la guerre, le cœur de ma mère s’est refermé à double tour, et la clé, elle l’a jetée.

Damien pleure à son tour. Mais ici, ce ne sont pas des larmes de tristesse, mais des larmes de joie.

  • Ma première lettre d’amour que j’ai lavé a permis à ma mère d’aimer à nouveau !

Vous qui me lisez, continuez à écrire, envoyez des lettres d’amour à laver, collez des timbres, postez des courriers !

Oui : aimez !

Écrire en pleine conscience avec ses sens en éveil

Ou comment partager une tranche de vie de manière plus… comment dire ? Plus poétique ? Plus émotionnelle ? Plus émerveillée ? Plus en lien ?

Ce matin, très très tôt, j’ai pu prendre du recul avec le monde qui m’entoure. J’ai pu faire un saut dans le passé. Oui, dans le passé. Le temps que j’écrive ce que je « ressentais », ce que je « voyais » en repensant simplement à un moment précis, hier soir.

En réalité, nous faisons toutes et tous cela : un saut dans le passé en évoquant des souvenirs, un saut dans le futur en imaginant l’avenir.

Depuis peu, j’essaie de profiter chaque jour de l’instant présent. Et petit à petit, j’y arrive !

Avant-hier, dans la fin de l’après-midi, j’étais là au bon endroit, au bon moment. C’est-à-dire chez moi, assise au salon, dans le fauteuil une place placé face à la fenêtre. Je ne faisais rien de spécial. J’ai du mal à « ne rien faire ». En réalité, je naviguais sur mon téléphone dans le dossier « photos » et je supprimais, et je regardais, et je recadrais et je classais… En réfléchissant à mes collages créatifs et expressifs, je lève la tête un instant et je vois. Je me doutais qu’il devait apparaître. Je l’avais dit quelques minutes plus tôt à mon fils : avec cette pluie et ce soleil, on devrait voir un joli arc-en-ciel. Je n’ai pas réfléchi longtemps avant d’abandonner mon activité, de me lever, de sortir mon appareil photo, d’ouvrir la fenêtre de mon salon et de capturer ces couleurs du bonheur, cette magie impalpable, cette vue que nous aimons toutes et tous.

Et puis hier soir, j’ai encore vécu un présent, un cadeau de la nature. Encore une fois, j’étais dans mon salon, dans ce fauteuil à une place placé face à la fenêtre.

3 novembre 2021. Bientôt 21h. C’est déjà la nuit. J’entends la pluie frapper le sol dans la rue, les gouttes s’écraser sur le toit de ma voiture garée devant la maison. Sur les fenêtres du salon double vitrage, c’est le silence. Le lampadaire sur le trottoir éclaire le bitume et le métal des voitures d’une lumière jaunâtre, fausse, humide de nuages trop lourds.

Au salon, ma pièce préférée pour son usage multiple, son confort et sa créativité foisonnante, je m’installe en tailleur dans le fauteuil à une place. Ma position change rapidement pour me sentir plus à l’aise. Le dos contre un accoudoir, les fesses parallèles à ce dernier sur le coussin d’assise et les jambes par-dessus l’autre accoudoir, je me glisse dans ce mobilier vieux de plus de 12 ans, dont le tissu est recouvert d’un plaid tout doux.

Et j’ouvre mon livre. Lecture du soir, rituel habituel, quotidien, pour me préparer à une nuit rapide peuplée de songes extraordinaires, bizarres, angoissants ou merveilleux.

Le livre, mon trésor, mon voyage, mon ami. Malgré sa taille et son volume plutôt imposant pour mes doigts remplis d’arthroses avancée, n’est pas trop lourd entre mes mains. Le papier est léger, d’un blanc cassé qui ne me fait pas mal aux yeux. Lecture agréable d’une histoire pour enfants remplie de magie. Un livre que j’ai trouvé dans une grande librairie au rayon jeunesse au centre de ma ville. Un livre, une histoire que je ne cherchais pas à avoir. Ce jour-là, frustrée de ne pas avoir pu aller flâner dans une autre boutique de livres, spécialisée dans les bandes-dessinées et les mangas neufs et d’occasion qui était fermée pour cause d’inventaire, j’ai dépensé sans compter dans ce magasin reconnu de la ville et bien au-delà.

Je lis ce livre avec plaisir. L’histoire m’emmène dans un monde étrange, doux mélange d’une réalité possible et de l’univers d’Harry Potter. Un monde où magiciers et quiétons (des gens normaux quoi, vous et moi) se côtoient, où la magie existe, mais est gardée secrète et où elle ne se voit pas par les « autres ». Dans cette histoire, un chat génial et particulier, une grand-mère extraordinaire et un adolescent, des adolescents, attachants.

Ce sont principalement ces deux-là, le chat et la grand-mère, dans cet univers fantastique qui m’a fait dépenser près de vingt euros pour ses 400 pages. Mais la couverture est tout aussi magnifique. Avec son titre et le nom de l’auteur en relief. Avec les couleurs dorées de certaines lettres, ça pétille dans le regard. Et puis les illustrations sont tout aussi magiques : un chat blanc aux longs poils et au sourire coquin, des livres précieusement gardés par une végétation vivante et foisonnante, un manoir aux pièces éclairées dans une nuit de pleine lune et un personnage représentant la mort qui a le dos tranquillement posé tout contre un sablier gigantesque.

J’arrive sur la fin. Page 333 sur les 409, chapitre 25 sur 30 de « Magic Charly, l’apprenti » ; de Audrey Alwett.

«  Pendant deux heures, ils tentèrent de désherber la boutique. Sapotille tâcha aussi de prélever des livres dans la bibliothèque et se fit mordre. Quelques ouvrages s’étaient déjà accrochés à des branches et se prenaient pour des fruits. Sapotille parvint à en cueillir trois ou quatre qu’elle disait être particulièrement précieux.
– À mon avis, Maître Lin va très mal, dit-elle avec angoisse. Sinon, sa boutique ne serait pas dans un état pareil. »

Et puis, alors que je lis le nom de « Maître Lin » et pense aussitôt à cet autre livre « La petite fille de Monsieur Linh », de l’auteur Philippe Claudel, j’entends comme des trompettes légères et discrètes.

Dans ce salon silencieux où je suis seule à profiter de cet instant magique, je referme temporairement mon livre en glissant un index entre les pages 352 et 353 et tend mon oreille droite vers la source de ce bruit familier mais que je ne reconnais pas immédiatement, mon cerveau étant encore immergé dans une autre dimension…

Ces cris ressemblent un peu à ceux des oies dans le film « Donne-moi des ailes », de Nicolas Vanier que j’ai enregistré plus tôt à la télévision et regardé il y a quelques jours (et livre que j’ai lu il y a quelques mois !). Mais ces cris sont un rien plus aigus, plus brefs, plus claquants je dirais. Je tends mon oreille droite vers la fenêtre du salon. La droite car la gauche est légèrement défectueuse et entend moins bien. Je sais que cela ne sert à rien de me lever pour tenter d’apercevoir, d’identifier ces oiseaux en plein vol migratoire. Mes stores sont abaissés, les lampadaires dans la rue sont allumés et il aussi noir que dans un four éteint. Ma vue exceptionnelle, spécialisée et entraînée à remarquer la moindre petite bestiole rampante, courante ou volante ne me sera d’aucune utilité en ce moment précis. Alors, je ferme les yeux, l’index droit toujours dans mon livre et je profite de cet instant magique. Et je me les imagine. Un groupe de grues cendrées en vol, formant un « V », passant au-dessus de ma maison, de celle de mes voisins de gauche, de mes voisins de droite, de mes voisins d’en face. Puis, le « V » se disperse. Il y a deux groupes. C’est le désordre. Il y a des retardataires. On s’attend. On s’appelle. On essaie de se mettre d’accord, de remettre de l’ordre dans la formation.
Je suis auprès d’elles un instant. Un bref instant. Quelques secondes. Deux ou trois tout au plus.  Mais je suis là. Avec elles. Dans le ciel. Le vent est froid. La pluie n’est plus qu’un crachin et elle glisse sur mes grandes ailes. J’ouvre le bec pour donner la direction à suivre, pour m’assurer que toute la troupe, mes amies, ma famille, est bien derrière moi. Et on me répond. Et cela me rassure. Alors je le dis et je réponds à mon tour.

L’instant est passé. Les grues se sont éloignées. Le silence est revenu. Comme ma conscience est redescendue.

Je suis à nouveau au salon. Je ressens les pages du livre qui enserrent doucement mon doigt-marque-page, je dis au-revoir à ces oiseaux voyageurs et j’ouvre les yeux. Mon chat, le gros matou roux et blanc n’a pas bougé d’un poil, ignorant sans doute le voyage merveilleux que je viens de faire juste à côté de lui. Il est bienheureux lui aussi sur ce fauteuil, couché tranquillement dans une position apaisante, peut-être même est-il déjà dans un rêve…

Alors sans faire de geste brusque, pour ne pas le réveiller, j’enlève mon index de mon livre, inséré le vrai marque-pages à sa place, tends le bras vers mon smartphone-appareil-photo et immortalise cet instant.

En moins de dix minutes, j’ai rencontré Maître Lin, grand magicier et ai découvert sa bibliothèque magique, j’ai côtoyé des grues cendrées en plein vol d’une soirée d’automne et j’ai capturé le rêve d’un chat bienheureux.


Les photos des grues cendrées en vol ne datent bien sûr pas d’hier soir, mais de fin novembre 2020 (et les deux photos les plus proches datent de début février 2021). Je me souviendrai toujours de ce moment, car le ciel était bien bleu et comme pour à chaque fois que je fais cette observation, je les entends d’abord puis les cherche du regard. J’abandonne toute activité pour contempler ce ballet aérien jusqu’à ce qu’il n’y ai plus une seule grue visible.

Voici en images les livres et le film dont je parle plus haut.


Et les deux petits haïkus composés hier soir, juste avant de dormir, avec le son des trompettes des grues dans la tête :

soir de novembre
écoute les grues chanter
migration d’automne

dans le ciel de la nuit
j’écoute les grues chanter
magie d’automne

Elle est morte devant moi

Petit délire d’un soir, lors d’une balade à pied dans un chemin mal éclairé.

Contexte, Tombe, Feuille, Morte, Décès, Surface, Sombre

Elle est morte devant moi

Elle est morte là, juste devant moi.

Juste devant moi, je l’ai entendue tomber.

Je l’ai entendue tomber, frapper le sol. Ne plus bouger. Ne plus bruisser. Ne plus vivre. A-t-elle souffert de sa chute ou bien était-elle déjà morte avant de cogner si durement le sol ? Je ne le saurai jamais. Je peux supposer des tas de choses. Je préfère croire qu’elle a rendu son dernier souffle dans le murmure du vent, doucement, sans mal, sans maladie, sans mal à dire.

Je l’ai entendue frapper le sol dans un bruit bien distinct et pourtant pas sonnant, mais trébuchant, raclant, grattant le chemin de ma destination.

C’est la nuit. Il fait noir d’encre.

La saison fait son automne. La nuit tombe tôt comme cette chose qui est morte là devant moi.

Il fait nuit, noire d’encre, dans ce petit chemin peu fréquenté par les voitures. Et sur ce chemin, des lampadaires. Certains sont inconscients, d’autres seulement endormis ou malades. Rares sont ceux qui sont vaillants, vigilants et éclairants.

Et pourtant, dans ce sombre chemin, je l’ai vue tomber, choir à deux pas de mes chaussures. Pour dire la vérité vraie, je ne l’ai pas vue réellement tomber des airs, du ciel ou d’un arbre. Je l’ai seulement entendue.

Tchac. Son bref, court, droit, sec. Et puis plus rien. Pas un souffle, pas un murmure de vent pour la déposer sur le bas-côté. J’ai dû l’enjamber pour ne pas l’écraser, pour ne pas la piétiner, pour ne pas la briser, la déchirer, la craquer. Pourtant elle est déjà morte. Morte mais entière. Morte mais pas enterrée. Tombée sur le sol, jetée distraitement. Abandonnée à son triste sort. À sa solitude, à son indifférence obscure dans cette nuit débutante d’automne de fin octobre.

Visage de couleur indéterminée. Il fait nuit, il fait noir d’encre, tout est sombre, tout est contour flou, mal déterminé. Forme recroquevillée de la taille d’une main d’humain adulte. La taille de ma main. Sans odeur ni couleur, sans cri et sans vie. Elle est insignifiante, invisible. Je ne l’ai même pas touchée ni palpée, mais je l’ai devinée sèche, rigide et fragile au bruit qu’elle a fait quand son corps pourtant aussi léger qu’une plume, en moins doux, a fait lorsqu’il a rencontré le bitume devant mes pieds.

C’est ce bruit, cet instant précis, ce moment figé qui m’a donné envie de vous partager la tranche infime de cette vie de feuille morte d’automne…

Une feuille, quelques centimètres de nature qui raconte tout un cycle, qui conte mieux que personne une saison.

Dark Parc, Le Parc De La Nuit, Horreur, Lanternes

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