Retour aux sources par un chemin de traverse

La vie est faite de petites (et de grandes) coïncidences !

Voici d’ailleurs une sage réponse de notre ami Nasreddin Hodja, dans son conte intitulé « Un conseil d’ami« :

 » Venus l’interroger dans l’espoir de trouver des réponses à leurs questions, des hommes se présentent devant Nasreddin.

Quelle est la chose la plus précieuse au monde ? lui demandèrent-ils.

C’est facile ! Un conseil d’ami n’a pas de prix, répond Nasreddin.

Et la chose qui a le moins de valeur ?

C’est aussi un conseil d’ami, répond-il à nouveau.

Devant l’étonnement de la troupe, il s’empresse d’ajouter :

Le conseil d’un ami peut s’avérer sans prix s’il est suivi. Par contre, il est sans valeur si on n’en tient pas compte. »

J’aime dire « C’est quand tu ne cherches pas, que tu trouves ». Cela a été souvent le cas pour mes jobs, pour des rencontres, pour des observations d’histoires naturelles, pour l’arrivée de nos (mes) chats à la maison, etc.

Je vais bientôt rencontrer de nouvelles personnes, dans un cadre particulier, pour faire quelque chose de particulier, avec et pour elles.

Ce que je m’apprête à faire, c’est un peu comme les contes : j’ai toujours imaginé faire cela un jour, dans un tel cadre, avec un tel public, mais je n’ai presque jamais osé franchir le pas, demander, proposer… souvent sentie illégitime pour aller jusqu’au bout de mes idées, de mes envies. Parfois, quelques mots d’encouragements ont manqués. Parfois, un soutien espéré a tardé à se manifester. Quelques fois aussi, j’ai dû essuyer des critiques causées par tantôt de la jalousie, tantôt par incompréhension, ou encore par malhonnêteté. Toutes les excuses sont bonnes pour tenter d’expliquer pourquoi je n’ai pas fait ceci ou cela.

Peut-être attendais-je seulement le signe, le bon moment, le bon contact ?

Mais force est de constater que j’ai toutes les cartes en mains, aujourd’hui, pour réaliser non pas un rêve, mais un projet qui me tient à cœur.

Certes, ce n’est pas ça qui va payer le loyer dirait mon amoureux. Non, ni les factures, ni les livres que je n’arrête pas d’acheter avec (son) argent 😄 mais ça va me donner une bouffée d’oxygène, ça va me donner de bons moments à partager, ça va me booster dans mon énergie et ma créativité. Cela ne me coûtera rien, car quand même, je serai rémunérée pour faire cela et mes frais annexes seront remboursées. Et surtout, je vais pouvoir progresser dans ce domaine, acquérir de l’expérience, envisager d’autres activités comme celle-ci.

Savoir profiter de l’instant présent n’a jamais eu plus de sens que maintenant. J’ai un job à temps partiel que j’aime et qui paye le loyer. Mon amoureux a un job qu’il aime et qui nous permet de payer toutes les factures, nourriture et loisirs de toute la famille. Autant continuer sur cette voie qu’est de joindre l’utile à l’agréable. 🥰

J’aime les routines, mais j’apprécie encore plus les événements, rencontres et activités ponctuelles qui me poussent à sortir de ma zone de confort. Ceci pour ne pas m’endormir sur mes lauriers. Pour progresser. Pour approfondir mes connaissances. Pour partager. Pour me surpasser.

Ce que je vais faire est un peu comme un « retour aux sources », si ce n’est qu’aujourd’hui, la (re)source, c’est moi. Avant, j’ai reçu. J’ai pris. J’ai puisé. Ca m’a porté, transporté. 25 à 30 ans plus tard, je partage, je donne, je transmets.

Cet acte, ces rencontres m’ont nourrit, m’ont soignée, m’ont sauvée.

Un juste retour des choses pour les autres.

Ce n’est pas le chemin habituel. Mais rien n’est « normal » chez moi et ce sont ces différences qui font ma-notre-richesse et force !

J’étais sur ce même genre de petit nuage il y a 3,5 ans. C’est maintenant, quand j’écris tout ça, que je le réalise ! Je suis tombée bien bas. Ça m’a fait mal. J’ai souffert. J’ai fait confiance et je me suis confiée à une personne. Trop vite. Trop bête (naïve) j’étais. Heureusement, ce n’est pas tout à fait la même chose ici. Cadre différent. Objectifs différents. Contrat différent. Et je suis seule, pas de binôme. Pas de multiples déplacements. Liberté bien plus grande dans tous les domaines : thèmes, animations, durée, temps, matériels, investissement personnel. 😉

Le livre que je lisais au moment où une connaissance m’a envoyé sa question par message’air 😁
Mon carner personnalisé pour l’occasion

La Tourterelle turque : en mots et en images

Avant-hier, j’ai eu le grand plaisir de voir en direct, le nettoyage minutieux et attentionné d’un couple de Tourterelle turque. J’étais assise sur ma chaise, au salon, devant les fenêtres. Devant les deux fenêtres qui se trouvent juste au-dessus de la porte d’entrée, un arbre. Devant l’arbre, l’avenue. Devant l’avenue, d’autres maisons.

L’épisode m’a tenu émerveillée durant une bonne demi-heure. Je ne me lassais pas de les observer, à moitié cachés parmi les feuilles, avec une fenêtre entre nous et quelques deux ou trois mètres tout au plus.

Les dix premières minutes, je n’ai rien fait d’autres que les regarder. Puis, comme je voyais qu’ils restaient là, tranquillement, j’ai sorti mon appareil photo, un hybride avec un grand zoom. C’est là que je me suis félicitée d’avoir enfin nettoyé mes fenêtres pour pouvoir prendre des photos sans trop de crasses (rires) sur les images.

Les Tourterelles font partie de la famille des colombidés, famille qui regroupe les pigeons et les tourterelles avec quelques 350 espèces. Ce sont d’ailleurs mes « pigeons » préférés. Je les appellent toujours « belles demoiselles », qu’ils soient mâles ou femelles. Elles sont délicates, un plumage doux, unis, de magnifiques yeux rouges hypnotiseurs, un roucoulement agréable, un vol que j’aime contempler…

L’on confond souvent la Tourterelle avec une colombe. Pour faire un peu d’étymologie, voici ce que dit mon livre de chevet « L’étymologie des noms d’oiseaux », de Pierre Cabard et Bernard Chauvet :

 » Le nom tourterelle vient du latin turtur d’origine onomatopéique (il faut prononcer tourtour). (…) En vieux français, on trouve tortre, tourte et tourtrelle. Signalons qu’en latin, turturella signifie « homme efféminé ». De turtur, outre tourterelle, sont nés l’anglais turtle, l’allemand Turtel et l’espagnol tortola.
L’anglais turtle désigne non seulement les tourterelles mais encore les tortues marines (…). Tortue vient du bas latin tartaruca (qui appartient au Tartare), c’est-à-dire l’enfer !
Comme on le sait, les tourterelles (confondues avec les colombes) sont symboles de fidélité du couple.

Streptopelia decaocto –> Tourterelle turque
Streptopelia vient des mots grecs stréptos (collier) et péléia (le pigeon ramier). Il s’agit du demi-collier noir.
Decaocto signifie dix-huit. L’origine de l’attribution de ce chiffre remonte à un mythe grec. Une servante, accablée de travail et payée dix-huit pièces par an, suppliait d’être débarrassée de sa tâche. Les dieux l’entendirent et la changèrent en tourterelle. Depuis, elle fait retentir à tous les échos sa lugubre plainte : « hou, hou, hou« . Quand elle chante ainsi, on dit en français que la Tourterelle gémit. (…) cri de l’oiseau, trisyllabique avec accentuation de la deuxième syllabe (…)
Turque, car la Turquie est son origine. Elle est protégée en pays musulman car on pense qu’elle dit ses prières en chantant à heures fixes comme un bon croyant.
On sait que cette tourterelle a envahi l’Europe depuis 1930, où elle est maintenant sédentaire. Seul l’anglais n’indique pas sa provenance et préfère tourterelle à collier. L’italien choisit une voie complète avec tourterelle orientale à collier. »

Février 2019, au fond de notre jardin, de l’autre côté de la maison

Pour en savoir plus sur la belle demoiselle qu’est la Tourterelle turque, clic pour aller sur le super site de oiseaux.net.

Photos ci-dessus, au refuge Animal sans toi…t

Voyez la construction de son nid : un enchevêtrement (sommaire) de branches et de brindilles. Ce nid peut être construit n’importe où : entre des câbles, dans une jardinière sur une terrasse, au-dessus de lampadaires de rues ou plus classiquement, dans un arbre :-)

Jeu de société sur la cuisine et les monstres japonais

Yokai Ippai est un jeu de société sur la cuisine et les monstres au Japon.

Avec ma fille, nous y avons joué 2x. La première fois, ce fut un peu long, le temps de lire le mode d’emploi et de nous familiariser avec le jeu, ses possibilités et ses trucs et astuces.

La deuxième fois, ce fut un peu plus court, mais nous y avons joué entièrement comme il faut, c’était encore plus gai. Et cela nous a donné envie d’y rejouer bientôt encore. (Je ne suis pas mauvaise perdante, à chaque fois, ma fille me bat, mais j’ai tellement de plaisir à jouer que je ne râle pas trop ! :-) )

Le but du jeu : Préparer des recettes de cuisine avant que tous les yokai (monstres) ne dévorent les ingrédients et gâchent a fête du Royaume.

C’est un jeu qui a été imaginé par une française et dont la fabrication et commercialisation à durée déterminée a pu être possible grâce à la plateforme de soutien « Ulule ».

Le jeu est très bien pensé, imaginé, fabriqué. Dans des matériaux solides, l’auteure a elle-même illustré le plateau, les cartes et le livret. Le jeu est accessible pour les enfants dès 8-10 ans, sans problème. Tant sur les cartes que dans le livret, on découvre aussi la langue japonaise.

Quelques photos de la mise en place et du jeu.

Retrouvez Yuzumi sur Facebook :-)

Recueil collectif de haïkus

C’est avec une grande joie et fierté que je vous présente mon, notre, premier recueil de haïkus.

Ce petit livre d’une soixantaine de pages tient entre ses pages la créativité et la passion de trois femmes. Une centaine de haïkus (petits poèmes qui nous viennent du Japon), une poignée d’aquarelles et quelques petits dessins en noir et blanc se partagent la place dans ce livre.

Francine, Christine et moi-même Cécile vous présentons « Petites bulles de poésie entre amies ».

Vendu au prix de 8 euros hors frais d’envoi, tous les bénéfices sont entièrement reversés à l’association « Maison Bien-Être » de Charleroi.

Disponible chez moi ou sur le site de l’imprimeur (pour la Belgique, la France, et même au-delà)

Atelier reliure japonaise à Redu

Comme il y a deux ans, ma fille et moi sommes allées à un atelier à Redu. L’atelier Double Page nous a encore une fois permis de passer un excellent moment. Après quatre heures, à notre aise, sans pression, avec beaucoup de bienveillance, de patience et de sympathie, nous sommes reparties chez nous avec quatre carnets faits de nos petites mains. Quatre carnets reliés selon une technique qui nous vient du Japon.

Défi dessin kawaii

Pour avancer, pour m’obliger à essayer dessiner un petit peu tous les jours, pour partager, pour m’amuser, j’ai imaginé ce jeu. Un jeu, un défi, un challenge. Autour du dessin, du coloriage, de la peinture.

Le thème : kawaii (mignon en japonais). Le but : s’amuser, partager, avancer à son rythme et avec son envie.

Si vous voulez me rejoindre, n’hésitez pas à me le dire en commentaire, par email, par facebook :-)

Bon amusement !


Et comme je n’ai pas pu attendre le 4 juillet pour commencer à dessiner, voici mon premier dessin, mes premiers dessins. Le panda n’est pas parfait, mais ce sont ces petites imperfections qui font toute sa personnalité (rires). De plus, l’encre a coulé à deux endroits quand j’ai commencé à gommer les traces de crayons. Ce n’est pas grave, j’ai pris plaisir à lui donner vie.

J’ai classé ce défi dans la catégorie « art thérapie », car je n’ai pas encore créé la catégorie « dessin ». Toutefois, j’hésite à créer cette dernière, car dessiner, pour moi, fait un peu office de thérapie. Cela m’apaise, me calme, me permet de vider ma tête, de me recentrer, de me ressourcer… tout en m’amusant.

Il était une fois… une femme, une passeuse d’histoires

Interview de Marie-Claire Desmette,
de La Maison du Conte et de la Parole de Liège

Il était une fois une petite fille qui était née à Soignies. Cette petite-fille s’appelait Marie-Claire.

Marie-Claire avait un rêve : conter, raconter, partager une histoire ; monter un spectacle qui serait applaudi, qui serait plébiscité, qui serait reconnu, apprécié à sa juste valeur. Un spectacle, une histoire, un partage qui la ferait voyager. Qui la ferait rêver. Qui la ferait aimer. Un spectacle, une histoire qui serait nourrie d’une cause qui lui tient fort à cœur : la place de la femme dans la société, dans la vie. Une place parfois non reconnue à sa juste valeur, une place parfois trop éloignée de la réalité de la vie, une place parfois mal défendue, mal reconnue, mal racontée. Une inégalité qui est en progrès. Progrès trop lent.

Un jour, Marie-Claire s’inscrit à une formation sur l’art oratoire. Elle découvre Hamadi El Bousbi et les contes. Révélation. À plus de 50 ans, elle se sent enfin libre de partager ses valeurs, ses convictions, ses rêves. Qu’est-ce qu’elle aime cette place : en scène, devant un public, avec juste elle, son corps et sa voix. Comme elle aime dire « rien dans les mains, rien dans les poches ». Être elle, entièrement, pleinement. Transmettre et partager une histoire personnelle ou une cause qui lui tient à cœur avec uniquement sa présence, sa voix, ses gestes, son regard.

Avec des amies conteuses et amis conteurs, elle fonde « Parole Active », puis quelques temps après, après, « La Maison du Conte et de la Parole de Liège ». Nous sommes en 1992.  La petite fille a bien grandi, devenu femme, devenue épouse, devenue maman, devenue grand-mère.

De voyage en voyage, de conte en conte, d’histoire en histoire, Marie-Claire partage. Marie-Claire parle. Transmet. Donne. Elle écrit des poèmes, des contes, des histoires. Elle monte des spectacles. Elle donne vie à un livre.

Elle chemine dans cet art de la parole avec douceur, détermination et plaisir.

Copyright : ? (Si l’auteur.e de la photo se reconnaît, qu’il/elle me le signale pour que je puisse mettre son nom. Merci)

Durant toutes ces années, elle a vu la place du conte et du conteur évoluer, changer. Avant, il y avait beaucoup de demandes et peu de conteuses, peu de conteurs. Avant, il y avait davantage d’argent pour cet art, pour cet outil oratoire. Avant, il y a plus de demandes et moins de professionnels, donc plus de travail pour eux. Si aujourd’hui, le conte est davantage reconnu par le ministère de la culture (au côté du théâtre dans la rubrique « spectacle vivant »), s’il y a même bien plus de conteuses et de conteurs, il y a moins de subsides et les enveloppes prévues pour le conte, moins grosses. L’évolution du conte et des conteuses et des conteurs, en Belgique, reste encore assez mal déterminé.

Pour Marie-Claire, le conte traditionnel reflète assez bien la société : le héros est souvent de sexe masculin qui doit résoudre une quête et qui vit plein de péripéties. Quand il y a une fille, celle-ci est uniquement récompensée parce qu’elle est charitable. On en revient à la place de la femme. Un sujet très important pour elle : la grossesse de la femme et son accouchement. Pour elle, c’est la plus belle chose et le plus incroyable travail que peut faire la femme, uniquement la femme. Pendant longtemps, elle a cherché un conte qu’elle pourrait s’approprier et qui raconterait cette incroyable histoire, l’histoire d’une femme, histoire d’un travail, histoire de naissance. Une véritable histoire d’une femme enceinte, d’une héroïne qui accouche, qui donne la vie. Longtemps, elle a cherché. Des accouchements symboliques, ça ne manque pas. Mais le véritable enfantement, elle n’a pas trouvé. Alors, elle a écrit. Oui, elle l’a écrit. Son histoire, son héroïne.

Marie-Claire est marquée par ce conte qu’elle n’a pas trouvé. (Si vous en connaissez, surtout, n’hésitez pas à partager avec elle !) Alors, entre temps, elle a écrit Almeya. Almeya qui a du mal à tomber enceinte. Qui se voit conseiller de donner son premier enfant à la mer. Almeya qui attend finalement un heureux évènement a peur à présent de l’accouchement. Alors, la peur se transforme en travail. Ce conte personnel, Marie-Claire l’a eu en gestation, l’a porté en voix, l’a mis au monde, sans douleur, comme pour ses trois enfants auxquels elle a donné vie.

Un autre jour, ailleurs, du côté de Chiny, Marie-Claire présente un spectacle plus long, d’environ une heure : La genèse en gros sabots. Entre ses conteries, ses veillées contées, son travail dans diverses associations de contes et les formations qu’elle donne, Marie-Claire était là, à Chiny lors d’une journée professionnelle. Et là, son rêve s’est réalisé ! Dès le départ La Genèse en gros sabots est bien accueillit, remarqué, plébiscité. On lui demande de revenir, d’aller de-ci, de-là, ici et là-bas. C’est le conte qu’elle a le plus partagé, qui la fait le plus voyager. Marie-Claire a une préférence pour un public varié, d’adultes. La genèse en gros sabots ne s’y trompe pas. Interdit aux plus jeunes oreilles, la conteuse est en joie quand elle entend les rires du public. Elle est heureuse de voir l’air embarrassé de certaines personnes, entre autres les curés et les pasteurs. Son spectacle raconte la genèse d’Abraham à Joseph. Il parle entre autres de la fécondation de femmes ménopausées et de bien d’autres sujets délicats. C’est raconté avec dérision et raison, mais aussi pour dénoncer l’absurdité de certaines paroles qui n’ont jamais été remises en cause. Et elle le raconte avec l’accent picard pour honorer ses origines.

Des contes et des histoires, Marie-Claire en raconte et elle en écrit. Parfois grâce à une inspiration savamment dosée, parfois sur commande. Les lieux et les publics ne sont pas toujours bienveillants, plaisants, agréables. Si pour la plupart des présentations, elle prend beaucoup de bon temps et de plaisir à conter et à transmettre, parfois, un petit caillou vient briser l’instant magique. Comme cette fois où une bande d’adolescents est arrivée pour jouer les perturbateurs. Ça a tout gâché. Mauvais souvenir. Parfois, en maison de repos, ce n’est pas de tout repos non plus. Entre jongler avec l’un ou l’une résidant.e qui n’a plus toute sa tête et les interruptions des soignants pour venir en chercher d’autres, il n’est parfois pas aisé de tirer son épingle du jeu. Heureusement, il y a bien plus de bons moments que de mauvais.

Marie-Claire chemine dans les contes comme une abeille butine dans les fleurs. Si ce n’est que Marie-Claire tient la forme bien plus longtemps qu’une abeille ! Des contes et des histoires, elle en a adapté, s’en est approprié, un bon nombre ; elle en a écrit d’autres nombreux également. Elle avoue qu’elle en a même « volé » un à un ami conteur. Le conte d’origine était de Henri Gougaud. Mais au début, elle n’en savait rien. C’était l’histoire d’un lapin : « Comment le lapin fait bouger son nez ». Elle en a fait une ballade, elle a remplacé pas mal de mots par des sons.

Marie-Claire a bon pied bon œil ! Si les dates se mélangent quelques peu dans sa mémoire, elle se souvient d’énormément d’évènements, de moments particuliers, de temps partagés. Comme ce merveilleux moment dans la capitale. Invitée au Festival du Conte de Bruxelles « ô tour des contes » par l’organisateur Apollinaire Djouomou, elle était là en tant la conteuse doyenne de Belgique. Beaucoup de rencontres, beaucoup d’amitiés. Elle s’est sentie entourée, avec une affection et une bienveillance typique de l’Afrique :  de l’amour, de l’amour, de l’amour.

Copyright : Philippe Evrard

Marie-Claire va fêter ses 92 printemps à la mi-juillet 2022. Sa vie est un conte à lui tout seul. Elle pourrait être l’héroïne de sa propre histoire tant elle a vécu, elle a donné, elle a reçu, elle a offert. Qu’elle a inspiré la vocation de certaines conteuses, qu’elle a soufflé l’invitation à d’autres d’oser se lancer dans les contes, n’est point étonnant. Marie-Claire est énergie, partage, enthousiasme contagieux.

Aujourd’hui encore, elle reste toujours active dans le domaine des contes. Elle gère, seule, le mensuel de La Maison du Conte et de la Parole de Liège. Entourée d’une équipe de choc, elle poursuit ses aventures contées à travers toute la Belgique et même au-delà ! Entre spectacles, contes, poésie, chansons et dessins, Marie-Claire pétille la joie de vivre.

Parce que Marie-Claire est d’Or, j’ai choisi ce poème d’elle pour clore cet article-interview un peu particulier.

Cloisonnés

Rouge et or

                somptueuse volupté

                beauté des corps et des gestes

                tumultueux plaisir

                conscience inconscience

Bleu et or

                lagune paresseuse

                orteils en éventail sous les palmes

                soleil et sable

                ruisseau flânerie

Vert et or

                désirs souhaits projets

                courir devant soi

                caprice humour

                four-rire farce

Blanc et or

                liberté solitaire

                joie de sa force

                loin respirer

                sommet orgueil

Noir et or

                voile de fureur

                colères recuites

                justes injustes

                vengeance cruauté

et encore bien d’autres choses

derrière le front des respectables mères de famille

Si vous souhaitez découvrir davantage Marie-Claire / Marie-Conte sous d’autres plumes, je vous invite à faire la demande à votre moteur de recherche préféré, vous trouverez assurément votre bonheur.

Cécile (12/06/2022)