8h30 et déjà 25 degrés
La tête libre, le regard attentif.
Rendez-vous à 9h pour un débriefing sur mon exposé, ma présentation orale « Apprendre à regarder vraiment ». J’arrive volontairement plus tôt, dans le seul but de regarder les minuscules et d’essayer d’apercevoir, sait-on jamais, le Pic noir.
Le petit bois qui borde le parking, j’y retourne comme on retourne voir un ami. C’est là que j’ai trouvé une pelote de rejection de rapace nocturne, là où j’ai observé des crottes de chevreuil fin janvier et où, fin février, j’ai vu l’une des premières araignées d’hiver.
Là où, bien sûr, j’avais vu et entendu pour la première fois le Pic noir, quinze jours auparavant.
Sans oublier les chants d’un tarin et d’un gobe-mouche gris !
La tête libre, le regard attentif.
J’avais confiance en mon rendez-vous. Je m’imaginais avoir plutôt bien réussi mon exposé, aucun mal à imaginer que j’avais réussi à émerveiller par mes photos, réussi à embarquer mon auditoire par mon histoire grâce aux retours positifs reçus juste après.
Et là, peu avant le bois, des petits trésors qui se dorent au soleil. Une poignée de Chrysomèles fastueux. Étymologiquement : des messagers magnifiques.
2, 4, 5, 6 je ne les comptent pas vraiment. Sur les feuilles vertes, leur corps brillant, vert métallique, se voit quand même comme une mouche sur mon nez. Des reflets rouges, bleus et violet. Waw ! Ça vaut bien quatre ou cinq photos. Minuscules, à peine plus grands qu’une tête d’épingle, ils restent là bien visibles à profiter des rayons du soleil d’été déjà bien actifs au petit matin.





Toutes les photos ont été faites avec mon smartphone. L’IA a recadré et mis en mode macro la dernière photo + amélioration de la netteté.
Arrive un papillon qui se pose et qui repart. Qui se repose et qui repart. Je vais finir par le capturer dans mon smartphone, non ? Oui, un très beau vulcain aux ailes très abîmées. Lui aussi décide de profiter des rayons du soleil, il vit dans doute ses derniers instants, alors tant que faire se peut, profites-en.

Un panorpe germanique, que j’identifie aisément se pose juste le temps du clic et repart aussitôt.

Ma journée à bien commencé.
J’entre dans le bois, et là, un concert de flûtes mélodieuses m’accueille : rouge-gorge, pinson, troglodyte et fauvette à tête noire.
Parmi ces gais chants, un tiit, tiit aigu et bref. Je pense à une sittelle mais c’est plus bref, moins fort, moins long. Ma copine BirdNet me dira un Grimpereau des jardins, que je finis par voir qui grimpe le long d’un tronc d’arbre. Il grimpe en tournant; rapidement, il disparait de mon champ de vision, mais son cri, lui, restera.
8h50. Il est l’heure de faire demi-tour. Je n’ai pas vu ni entendu « mon » Pic noir, mais je suis ravie de la micro balade sensorielle, limitée aux sens de l’ouïe et de la vue, en seulement vingt minutes.
Je repasse devant le buisson où il y avait tous ces messagers magnifiques, il n’y a plus personne.
Être là au bon moment, au bon endroit et savoir regarder vraiment,
va devenir ma devise naturaliste de l’été :-)
Ce court moment de la journée fut tellement merveilleux pour moi, que je n’ai gardé que ça en tête.
J’ai fait le plein de vitamine G* même par temps caniculaire.

Dans le bois, des dizaines de tipules colorées

Ainsi qu’un beau coléoptère couleur chocolat, un Lagria
*Vitamine G : G pour « green », une vitamine naturellement présente dans la nature, au contact de la verdure, du vert des arbres, des buissons, au grand air. Appelée ainsi par les anglais, la vitamine verte serait essentielle contre la déprime.
Vous voulez en savoir plus ? je vous invite à lire cet article.
