Elle se promène tranquillement sur le bitume brûlant.
Elle traverse mon chemin histoire que je l’observe bien.
Mais elle s’arrête subitement et semble me scruter vaillamment.
Je perçois des poils bien dressés que je n’ose toucher.
Alors j’attrape une brindille autour de laquelle elle s’entortille.
Elle tourne, elle tourne autour en y faisant tout le tour.
Mais refuse de s’y accrocher et se laisse glisser.
Elle ne veut pas que je la secoure, je poursuis ma route sans détour.

Le lendemain, quand les oiseaux ont commencé à chanter, merles, rouges-gorges, mésanges, tous en même temps, j’ai pensé à elle. As-tu survécu à leur appétit ? Es-tu bien cachée quelque part, à l’abri, en train de tisser ton cocon en paix ?

Le chant était beau, fort, généreux; un vrai cadeau. Et la chenille était encore là, en filigrane, quelque part derrière ces notes. Sous une forme plus impalpable, plus furtive, plus glissante. Celle qu’on appelle souvenir.


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