Petit rouge-gorge familier,
Sur un arbre haut perché,
Sifflote si merveilleusement
Qu’un autre lui répond aussi joyeusement.
Je soupçonne même qu’il y en ai trois
Pas loin tout autour de moi.

Et à part ces chants envoûtants,
Rien d’autres je n’entends !
Perdue dans ce monde enchanteur,
Je ne vois pas passer l’heure.
Les oiseaux, chantez, chantez !
Encore, encore, continuez !

Durant tout le temps où j’écris,
Le rouge-gorge, haut perché, n’est pas parti.
Que je me sens bien,
Auprès de mes copains.

Après dix minutes, quand même, il s’est envolé,
Mais une mésange l’a aussitôt remplacé.


C’était vendredi après-midi que j’ai écrit ceci.

Le thème du jour : l’éco-anxiété. Vingt minutes de pause dehors pour changer de regard, pour observer, pour écouter, pour s’imprégner de ce qui est là, devant nous. Pour raconter le vivant. Pour moi, c’est un exercice qui va de soi : être là, simplement, le nez en l’air, les oreilles grandes ouvertes sur ce que le monde fait sans nous.

Un rouge-gorge chantait tout près. Je me suis dirigée vers lui. Et j’ai écrit. Quand mon bout de feuille a été rempli et qu’il est parti chanter ailleurs, j’ai redescendu les yeux vers le sol encore couvert de feuilles mortes. Et le bord du parking, lui aussi, avait ses habitants : des Pisaures admirables, et un diptère au nom tout trouvé pour la circonstance : Penthetria funebris.


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