Trolls & Légendes : une plongée dans le merveilleux (malgré tout)
Je n’aime ni le monde, ni le bruit. Et pourtant, j’ai récidivé.
Cette année encore, je me suis aventurée au Festival Trolls et Légendes, qui se tient annuellement à Mons. Armée de mon casque anti-bruit comme d’un bouclier, et de mon amoureux comme bouée de sauvetage.
Le casque a fait ce qu’il a pu. J’étais dans ma bulle, une bulle fragile, légèrement tremblotante, accrochée à mon compagnon avec la détermination tranquille de quelqu’un qui sait exactement pourquoi il est là malgré tout. Mon appareil photo, lui, est resté sagement dans son sac. Quelques clichés au téléphone, c’est tout ce que j’ai réussi à arracher à mon stress. Mais ce n’est pas grave. Certaines choses se vivent, elles ne se capturent pas.
Il y a des stands devant lesquels on ralentit sans vraiment savoir pourquoi. Et puis on s’arrête. Et puis on ne repart plus.
C’est ce qui s’est passé avec cette artiste qui travaille à la main aux crayons de couleur & aquarelles. Ses illustrations m’ont immédiatement emmenée ailleurs. Nature, animaux, créatures fantastiques : un univers tout doux, merveilleux, un peu magique, exactement le genre d’endroit où j’aime me réfugier. Le temps de regarder chaque dessin, de faire mon choix, j’avais complètement oublié le bruit autour de moi.
Je suis repartie avec trois cartes postales et un marque-page. Des petits trésors.
J’ai pu échanger quelques mots avec elle, et quand elle m’a parlé de la retrouver sur les réseaux sociaux… j’ai souri. Je n’y suis plus. Heureusement, ma fille a trouvé son site internet*. Ce que j’ai entre les mains a encore plus de valeur. C’est peut-être mieux ainsi, des œuvres qui ne vivent que dans le monde réel, comme elle.
Arrivés tôt, on a pu faire le tour de presque tous les stands avant que la foule ne devienne vraiment dense. On a mangé à midi, serrés les uns contre les autres comme c’est la tradition dans ce genre d’événements.
Petit bémol cette année : pas de programme papier, et une organisation qui m’a laissé un goût amer. Moins de liens, moins de chaleur, plus commercial. Moins de cette magie un peu brouillonne et sincère des premières fois. C’est mon ressenti, il vaut ce qu’il vaut. Mais les visiteurs, eux, étaient tous respectueux; personne ne m’a bousculée, personne ne m’a marché sur les pieds. Ça compte.
En début d’après-midi, une belle surprise : je suis enfin tombée sur le stand d’Ynnis**, une maison d’édition que je cherchais, et qui n’était même pas mentionnée dans la liste des exposants sur le site du festival (merci pour l’info !).
Je voulais repartir raisonnablement. Je voulais juste le troisième tome du recueil sur les contes et légendes japonaises. Et le roman tiré de l’anime Arrietty, que j’avais vu il y a quelque temps et qui m’avait touchée. Et peut-être le premier tome de Kiki la petite sorcière, pour découvrir.
Sauf que l’exposant a prononcé les mots fatals : coffret, six tomes, prix exceptionnel.
Je suis une femme sans défense face aux livres bradés. C’est une faiblesse que j’assume totalement.
Mon amoureux, complice émérite, m’a offert l’intégrale. Je l’embrasse.
L’après-midi a pris un tour que je n’avais pas prévu : une séance de cinéma. Des années que je n’y étais plus allée.
Pendant que notre fille terminait son tour et écoutait les concerts, mon amoureux nous a emmenés à l’Imagix, juste à côté du festival. Et j’ai découvert Jumpers, un film Disney que je vous recommande chaleureusement.
C’est l’histoire d’une enfant qui aime profondément les animaux, et qui porte en elle une grande colère face aux injustices que l’Homme inflige à la nature et au vivant. Elle grandit, elle traverse la vie, et puis arrive une expérience hors du commun qui va lui permettre de communiquer avec les animaux.
Vous comprenez pourquoi ça m’a parlé.
Une journée intense, épuisante par moments, mais jalonnée de petites pépites. Des illustrations qui m’ont transportée, des livres qui m’attendent, un film qui m’a émue, et un amoureux sans qui tout ça n’aurait probablement pas été possible.
Et c’est avec cet article que j’inaugure le nouveau thème du blog que je continue d’apprivoiser, de réajuster, de chercher à rendre plus agréable à lire et à naviguer. Une recherche de tous les instants, comme tout ce qui mérite d’être fait avec soin.
*L’or.angerie, site internet de l’artiste, page « papeterie »
**Ynnis éditions, son site, pages « Romans »

