Survivre au marché de l’emploi : un parcours de résilience

Chercher, se former, évoluer, tout en restant soi-même

Chercher un emploi. Se former. Postuler. Évoluer. Tout en restant soi-même, en écoutant son corps, en prenant soin de sa santé, physique comme mentale. Se respecter.

C’est difficile. Terriblement difficile, dans le contexte économique et social d’aujourd’hui. Quand on a 45 ans et plus. Quand on est une femme.

Car oui, malgré les beaux discours, malgré les avancées proclamées, le déséquilibre persiste. Le jugement, la concurrence permanente, le dénigrement, les critiques… tout cela est bien réel, bien présent.


Je suis arrivée « libre » sur le marché de l’emploi en juin 2025. Durant les six années précédentes, j’avais travaillé à mi-temps (parfois un peu plus) pour le même employeur. Avant cela, une période de formation et de chômage, relativement courte. Et avant encore, j’ai travaillé sans interruption, de fin 1999 à fin 2017.

En six mois, j’ai suivi de nombreuses formations et ateliers pour développer une activité indépendante. Cela n’a pas abouti, pour plusieurs raisons. Après avoir accepté cet échec, je me suis lancée dans une formation longue, à temps plein. J’y suis encore.

Et quinze jours après avoir débuté cette formation, j’ai reçu non pas un, ni deux, mais trois messages : par mail, par courrier postal, et même par SMS, m’avertissant de la fin de mes indemnités au 1er juin 2027.

Trois messages en une semaine. Pour me rappeler que dans 15 mois, je n’aurai plus rien. Avant même de savoir si ma formation aboutira. Avant même qu’un stage soit envisageable. L’État ne nous accompagne pas, il nous compte. Il nous chronomètre. Et quand le temps est écoulé, il nous efface.

Depuis peu, le gouvernement belge a choisi d’ajouter de la précarité à la précarité. Moins de revenus pour ceux qui en avaient déjà trop peu. Des malades longue durée forcés à reprendre le travail. Des jeunes poussés non pas à se former, mais à travailler coûte que coûte, à accepter le stress, la violence morale, parfois physique, juste pour survivre.

J’ai de la chance, je le sais. Je peux bénéficier de deux ans d’indemnités. Mais les instances gouvernementales semblent tellement absorbées par leurs indicateurs qu’elles ne voient pas ce qu’elles engendrent : des dépressions, une perte de confiance en soi, des drames humains.

Si c’est involontaire, c’est une faute grave. Si c’est délibéré, c’est inexcusable.


Même en formation, je postule. Régulièrement. Et souvent, je n’obtiens aucune réponse alors même que mon profil correspond à la fonction. Je comprends la réalité : un poste, c’est parfois sept à dix candidats qualifiés en concurrence. Les employeurs n’ont pas toujours le temps de répondre à tout le monde. Mais quand même. Jusqu’où ce système impersonnel, ce silence institutionnalisé, va-t-il aller ?

Mon compagnon vit la même chose. Au chômage depuis peu, avec des qualifications plus larges et plus spécifiques que les miennes, il récolte les mêmes réponses : le silence, le refus automatique, ou parfois, un espoir fragile, un entretien qui surgit au détour de semaines de recherche.

Et puis, pour moi, il y a eu cette candidature.

Pour la première fois, j’ai reçu une réponse enthousiaste. Vraie. Humaine. J’ai appris que mon dossier avait été retenu parmi 150 autres. Je fais partie des 30 premières. Une deuxième sélection déterminera si je participe à une séance collective, puis à une mise en situation réelle.

Cela m’a redonné espoir, espoir en un employeur qui respecte, espoir en un travail juste, honnête, porteur de sens, en accord avec mes valeurs.

Mais je n’ai pas envie de devoir me battre pour ma place.

Et même si j’apprécie sincèrement les échanges avec la responsable du recrutement, même si je suis fière que mon profil ait émergé parmi plus d’une centaine d’autres, une réalité s’impose, un peu cruelle : je ne suis pas la seule à vouloir un travail qui me ressemble. Je ne suis ni unique, ni spéciale. Pour me démarquer, il me faudra sortir de ma zone de confort, me surpasser.

Est-ce que cela en vaut la peine ? Probablement.

Suis-je prête à mettre entre parenthèses ma formation, longtemps désirée, et un stage dans un domaine qui me tient à cœur ? Je ne le sais pas encore.


Alors, que faire ?

Nous vivons dans un pays qui se dit démocratique. Mais la démocratie ne se limite pas aux urnes, elle se mesure aussi à la dignité qu’elle garantit à chacune et chacun, au quotidien.

Que pouvons-nous faire ? La question reste ouverte. Mais elle mérite d’être posée, haut et fort.


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Auteur : ecrimagine

La lecture, l'écriture, la photographie et l'observation de la nature, sont pour moi de bonnes sources d'apaisement, de relaxation, d'imagination, d'évasion, de partage, de découverte,...