04 novembre 2015
Contrainte pour ce jeu d’écriture : Morceau choisi. J’ouvre un livre que je n’ai pas encore lu, je note les 3 premières phrases et je lui donne la suite que je veux…
Pour mon anniversaire, cette année, mes collègues m’ont offert 4 livres. Je suis occupée en lire un, le plus gros, et je choisi le second que je n’ai pas encore ouvert : La Langue de ma mère de Tom Lanoye, page 50.
Car entre-temps j’avais aussi passé l’hiver européen dans l’été torride et venteux du Cap, dans la maison victorienne où je tape ceci, sur cet ordinateur. Ce paragraphe, cette ligne, ces trois mots et aussi ceux-ci, et encore ceux-ci en ce moment même. Je les écris maintenant au lieu de l’année dernière. … L’année dernière n’est pourtant pas si loin, et pourtant j’ai l’impression que c’était à des années lumières. L’hiver là-bas, l’été ici, mes repères étaient chamboulés, comme tout le reste dans ma vie. Nous avons beau programmer une semaine, un mois, une année, penser à un mariage, à un bébé à venir, à un éventuel changement de travail ou même à un déménagement, on oublie parfois que les imprévus qui nous touchent indirectement peuvent aussi dérégler tout notre vie. Ceci là bas n’est pas un petit grain de sable dans l’océan ici. Ce n’est pas non plus la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Non. Cela ne se passe pas ailleurs. Ce n’est pas un mauvais rêve.
C’est cet été ici, que ma maman, cette dame pleine d’énergie, encore loin de la retraite, qui jongle parfaitement bien entre sa vie de femme, de collègue, de maman et maintenant de grand-mère grâce à ma petite sœur, a eu son accident. Un accident, une maladie, un imprévu, qui a bouleversé sa vie, celle de son mari, la mienne, la nôtre, celle de ma sœur, celle de ses collègues, celles de ses amis. Un accident pas comme les autres, un accident sans voiture, sans échelle, sans chute, sans la moindre goutte de sang visible à l’œil nu. Un accident, c’est un événement soudain et brutal. On pense d’abord à un accident de voiture, certes, mais il existe aussi l’accident vasculaire cérébral, plus connu sous l’abréviation d’AVC.
J’en avais déjà entendu parlé. J’avais même retenu les signes annonciateurs qui, le cas se présentant devant moi, m’auraient permis de réagir rapidement en téléphonant aux secours. C’est grâce à la rapidité de l’intervention de la prise en charge, qu’une personne victime d’un AVC a le plus de chance de récupération. Oui, mais voilà, je n’étais pas là. Son mari non plus, ses collègues non plus. C’est arrivé comme ça, sur le chemin du retour à la maison, un soir après le travail, à une centaine de mètres de la maison. Deux ou trois passants dans la rue, la voisine qui promène son chien sur le trottoir d’en face. Mais personne à ses côtés immédiats, personne pour voir les symptômes subits. Personne pour sonner l’alarme. Personne pour lui sauver la vie. Ce n’est que lorsqu’elle s’est effondrée par terre, tout près d’un arbre, qu’une automobiliste s’est arrêtée.
Aujourd’hui, mon monde s’est écroulé. Ma maman, ma petite maman qui hier encore était vaillante, alerte, autonome, dynamique, aujourd’hui me reconnaît à peine.
L’année passée, je n’avais pas prévu ça. Je devais écrire une pièce de théâtre, la troisième scène du deuxième acte était sur le point d’éclore. Mais ma maman, ma tendre maman, qui hier encore me téléphonait pour le menu d’anniversaire de mon épouse, est silencieuse aujourd’hui.
L’année passée, nous avions prévu un voyage. L’année passée, nous avions organisé tellement de choses. L’année passée, c’est dépassé. C’est si loin.
Et pourtant, la vie continue… pour moi, pour elle, pour nous…
Demain, est un autre jour.
J’avais en tête la 4ème de couverture de ce livre… j’ai donc écrit une suite inspirée du résumé.
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Bonjour superbe texte mais l’AVC est une chose qui me fait peur aussi, étant seule dans la maison si cela arriverais la nuit…si…si…J’avoue que j’y pense souvent même si comme me l’a confirmé le docteur mon coeur est très bon, mais d’un jour à l’autre tout peut basculer! bisous
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Coucou Cécile
Un exercice d’écriture très réussi. Une suite poignante. Terrible ces AVC qui ne préviennent pas ! Hier, l’une de mes amies est partie en catastrophe au chevet de son frère qui vient de faire cet accident cérébral, à 56 ans. Elle est anéantie… Il aurait des séquelles assez graves : paralysie d’un côté et perte de la parole…
Bisous
Béa kimcat
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