Suite au mot d’enfant de mon fils (clic), voici la petite histoire que j’ai imaginée à l’approche d’Halloween :-)
Le petit garçon est là, tout occupé qu’il est à choisir la couleur de ses perles qui lui donneront un beau petit monstre pour Haloween. Cette année, il veut bricoler un mobile en perles à repasser.
Pas très patient, mais assez pointilleux dans ses décisions, Loulou a commencé à rassembler les perles vertes pâles pour faire la tête de son monstre. Il compte d’abord le nombre de perles qu’il a besoin dans une couleur, va les chercher, puis les dispose sur sa grille carrée selon le modèle choisi par lui, un peu plus tôt dans la journée. Loulou réfléchit intensément car il aimerait bien faire plusieurs petits monstres, mais avec des couleurs différentes. En effet, il n’est pas le seul enfant de la maisonnée, et il doit partager la couleur noire avec sa sœur aînée qui est occupée à faire un chat de la même couleur sur une autre grille.
Loulou
cogite. Tout en posant les perles avec précisions sur les petits picots de la grille en plastique, il additionne le nombre des perles brunes qu’il a besoin pour faire les chaussures avec celui qui regroupe les cheveux. Puis, alors, qu’il dépose la dernière perle verte du visage, il s’arrête, semble perdu dans une réflexion, et décide de tout décaler de deux rangées vers la gauche. Sans vraiment donner d’explications à ce geste, le petit garçon continue son bricolage avec plus d’énergie qu’au début. Comme s’il avait trouvé la solution à toutes ses questions, Loulou sourit, pioche ses perles de couleurs, les comptes et les dispose avec une rapidité déconcertante.
L’énergie qu’il utilise pour ce bricolage est particulière.
– Quatre minutes et vingt-six secondes, pour chercher, trouver et disposer les trente-sept perles vertes du visage. Ensuite, si je reporte ces chiffres sur mes trois autres monstres, je mettrai à peu près autant de temps à faire les quatre visages que ma sœur aura besoin pour son chat qui est plus grand. Donc, si je veux avoir les perles noires pour les cheveux, les yeux et la bouche, je dois avoir fini mes quatre têtes avant qu’elle n’ai atteint le bas du corps de son félin. Hum, hum, je pourrais y arriver.
On aurait presque pu l’entendre grommeler ça. Presque. Car si les lèvres de sa bouche bougeaient bien, aucun son ne sortait de sa gorge !
Même si Loulou était doué pour faire plusieurs choses en même temps, son attention partait souvent dans plusieurs directions et c’est donc, un peu moins de vingt minutes plus tard qu’il se rendit compte qu’il s’était trompé dans la disposition des épaules de ses … quatre monstres ! C’était un peu disproportionné : des épaules plus larges, plus hautes, avec un trou près du cou à gauche, et un bras droit plus étroit. Il a d’abord râlé. Vraiment. Rouspété. Presque pleuré. Mais, il s’est vite reprit et a corrigé ses erreurs en quelques déplacements de perles.
Durant ce temps, les perles vertes qui, elles, n’avaient pas bougé, emmagasinaient une quantité de lumière phénoménale. La table sur laquelle reposait les perles, les grilles, les modèles et tout le matériel nécessaire au bricolage, était en plein soleil. Et en ce milieu d’automne, ces rayons lumineux et chauffants étaient bien agréables dans ce salon.
Ce que Loulou ne savait pas, c’est que les perles vertes étaient magiques ! Il aurait pu s’en douter car la couleur n’était pas aussi vive que les autres, le rendu était différent selon l’angle de vue, et si la pièce avait été privée soudainement de lumière, il aurait pu voir ces perles briller comme autant de milliers petits soleils phosphorescents. Mais Loulou ne croyait pas trop à la magie…
Au lieu de quoi, sans savoir qu’il venait de créer de véritables monstres miniatures, Loulou alla déposer ses FrankEinstein sur la table à repasser de sa maman afin que celle-ci puisse leur donner toute leur solidité mérité.
C’est ainsi que les monstres prirent vie. Sous la chaleur du fer à repasser, les perles se gonflèrent et se collèrent les unes aux autres. Les quatre personnages tenaient sur une seule grille, et les trois rangées de picots libres qui les séparaient se rétrécissaient dangereusement. Heureusement, après quelques secondes où tous eurent très chauds, le fer s’éloigna. Aucun petit monstre ne collait à un autre. Tous étaient parfaits… Très vite, pourtant, profitant d’un instant de refroidissement sous une pile de livres qui était censée les raplatir, les petits FrankEinstein se faufilèrent et descendirent de la table basse. Déjà, rien qu’entre eux, une dispute éclata. L’un se vanta d’être le plus moche, le plus grand, le plus fort. Un autre lui répondit que lui avait hérité de l’intelligence de son créateur. Le troisième grogna, sans plus de vocabulaire, et cogna le quatrième qui était occupé à se repasser un nouvel œil de métal en lieu et place de la perle noire qu’il venait de perdre dans sa chute à la liberté.
La tension était telle qu’aucun d’entre eux ne remarqua le grand chat qui arrivait dans leur direction… un chat presque tout noir, un chat qui grognait intérieurement d’avoir des petites taches brunes sur son pelage jais… un chat qui jura vengeance…
Mais de tout ceci, rien ne se vit. Loulou, sa sœur et ses parents étaient à présent occupés à dîner, dans la pièce d’à côté.
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Coucou, Merci pour tes visites et commentaires :-) pas de suite prévue pour FrankEinstein, mais d’autres textes. Bon vendredi, bon week-end, bon halloween, bisous
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Oups… et la suite ?
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Coucou Cécile
Oh quelle charmante petite histoire de quatre monstres et un chat noir crées avec des perles !
Bisous du mercredi
Béa kimcat
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Et bien une belle histoire d’un sujet pourtant simple quelle imagination! merci bisous
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