Suite au lapsus de mon papa (clic ici), mon imagination n’a fait qu’un tour, et mes doigts quelques lignes sur les touches de mon clavier.
Il est là, assis sur la chaise, l’enfant en face de lui. Il est occupé à se faire battre par sa petite-fille. Quelques gouttes de sueur perlent sur son front dégarni. La concentration est maximale, on peut deviner qu’il réfléchit beaucoup, qu’il essaye d’évaluer ses chances, d’estimer le taux de réussite à l’élaboration d’une nouvelle stratégie.
La « petite » a déjà 10 ans. Si elle gagne, ce n’est plus grâce à la chance du débutant, mais c’est parce qu’elle a la gnac de gagner. Elle déteste perdre. Elle adore jouer. Mais elle joue, toujours, pour gagner. Parfois, quand elle estime que son adversaire est un peu trop naïf, trop lent, ou trop gentil, elle change discrètement les règles… pour gagner.
Ici, elle n’a pas triché, elle a calculé. Méthodiquement, avec sa mémoire exceptionnelle, elle a compté les cartes, elle a retenu lesquelles étaient déjà passées, lesquelles il devait rester. Elle fait fi du troisième adversaire. Elle aussi, elle est concentrée à un niveau tel, que sa mère, couchée sur le fauteuil, ne compte quasiment pas dans la partie. Sa mère, pour elle, a déjà perdu. Rien qu’à regarder le nombre de ses cartes qu’elle a encore en mains, la petite estime qu’elle n’aura aucune chance de reprendre le dessus.
Et lui, il est là, en face d’elle, avec des yeux gris rendus plus gros par les verres de ses lunettes qui ne bougent pas. Pas un cils ne cligne, pas une paupière ne s’abaisse. Il en a marre de perdre avec ses petits-enfants, surtout à cette occasion où c’est lui qui les a initié à ce jeu de cartes. Soudain une étincelle surgit dans son regard. L’enfant, trop jeune encore pour interpréter ce sourire étrange, ce sourcil, à gauche, qui se redresse et cet œil, à droite, qui rétrécit, ne réalise pas que finalement, pour cette seconde manche, elle va perdre…
L’homme fait mine de se gratter à un pied. Non sans quitter de vue sa petite fille, il tire sur son lacet d’une main, et de l’autre, il ignore une première carte, puis une seconde pour se déchausser de son dernier trois rouge. Le trois de cœur se retrouve ainsi sur le dessus de la défausse et celle-ci lui permet de prendre une nouvelle carte qui s’avère compléter magnifiquement sa série de six dames déjà présentes entre ses mains. Avec cette septième dame qu’il retourne, il étale sa canasta pure. Toutes les cartes restantes sont éliminées, soit chez lui, dans d’autres séries incomplètes appelées brelans, soit chez les adversaires. Il termine brillamment son tour, les mains vides et les pieds en chaussettes.
Je vais essayer de dessiner l’image qui m’apparaît quand je lis « se déchausser d’une carte »… je ne suis pas très douée, mais rien que pour le plaisir d’essayer (et de rire de mes dessins), je vais vous montrer mes talents d’illustratrice ha ha
Revenez demain… juste pour rire :-)
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coucou Béa, je n’ai pas pu m’y mettre, je suis depuis malade à cause des médicaments pour le dos… pff. bon weekend bisous !
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pfff je n’ai pas pu m’y mettre, je suis un peu malade à cause des nouveaux médicaments pour le dos. Merci de ta visite et à bientôt, bise
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Ben, ça, c’est sûr, je vais revenir demain. :)
Bravo pour ce récit en attendant, j’ai adoré !
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Coucou Cécile
Oui on va revenir pour l’illustration après cette partie de cartes endiablée !
Bisous du mercredi
Béa kimcat
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